Vêpres marseillaises

Les Vêpres marseillaises sont un mouvement xénophobe marseillais envers les Italiens, qui, pendant trois jours en , furent l'objet de violences.

Analogie historique

Ce nom fait référence aux Vêpres siciliennes : en , les Français établis en Sicile furent massacrés et chassés du sol sicilien.

Diaspora italienne

En , environ 241 000 Italiens vivent en France[1]. Au recensement de , la commune de Marseille comptait 57 900 Italiens, à elle seule, sur une population totale de 360 000 habitants, soit 16 % de cette population. À cette époque les Italiens ont la réputation d'accepter sans rechigner les travaux les plus durs, en faisant baisser les salaires.

Dee 1860 à 1890 la France est touchée par un important ralentissement de la croissance et une succession de crises, c’est l’époque de la « grande dépression du capitalisme » ; les travaux les plus pénibles sont à nouveau recherchés alors que les patrons entendent réduire les coûts de main-d’œuvre par l’embauche de migrants[2].

Déclenchement

Le traité du Bardo du fait passer la tutelle de la Tunisie de l'Italie à la France. Le , les troupes françaises, de retour d'Afrique, sont acclamées par les Marseillais. Quelques coups de sifflet, que la foule attribue aux Italiens, la Tunisie faisant l'objet d'une concurrence entre l'impérialisme italien et français, mettent le feu aux poudres.

Événement

Environ 15 000 Français essayèrent d'attaquer un club italien. S'ensuivirent quatre jours d'affrontements avec la réaction dure des Italiens, qui se termina par 3 morts, 21 blessés et 200 arrestations[3]. Certains commentateurs politiques, dont le plus représentatif est l'économiste libéral Paul Leroy-Beaulieu, encouragent ouvertement la xénophobie envers les Italiens[4],[5].

Ces violences s'inscrivent dans un contexte de xénophobie de certains ouvriers français : entre et , 89 incidents xénophobes sont répertoriés dont 67 qui opposent les populations ouvrières françaises et italiennes[2].

Cependant, les relations entre les communautés de travailleurs étaient bonnes dans l'ensemble. Les syndicats appellent à la solidarité entre ouvriers français et italiens[4].

Références

Voir aussi

Bibliographie

  • Georges Liens, « Les “Vêpres marseillaises” (), ou la crise franco-italienne au lendemain du traité du Bardo », Revue d'histoire moderne et contemporaine, Société d'histoire moderne et contemporaine, vol. 14, no 1,‎ janvier–mars 1967, p. 1–30 (DOI 10.3406/rhmc.1967.2933, lire en ligne).
  • Renée Lopez, chap. 3 « Concurrence et affrontements : Les Vêpres marseillaises », dans Émile Temime (dir.), Migrance : Histoire des migrations à Marseille, vol. 2 : L'expansion marseillaise et l'« invasion italienne » (-), Aix-en-Provence, Édisud, , 207 p. (ISBN 2-85744-414-1), p. 127–144.
  • Stéphane Mourlane et Céline Regnard, « Les Vêpres marseillaises », dans Empreintes italiennes : Marseille et sa région, Lyon, Lieux Dits, , 133 p. (ISBN 978-2-36219-077-3), p. 92–93.

Articles connexes

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