Vaccin kinoïde

Un vaccin kinoïde est un vaccin qui entraine le système immunitaire à combattre non pas directement un agent pathogène (non-soi) mais des cytokines produites par l'organisme dans certaines pathologies et qui favorisent l'échappement immunitaire (en)[1].

Le vaccin kinoïde est un nouvel axe thérapeutique envisagé pour traiter certaines maladies rebelles à la vaccination, comme l'asthme[2], certaines infections virales ou des cancers.

On distingue deux types de plateforme pour ces vaccins :

Mode d'action

Un vaccin classique cherche à produire une réaction immunitaire contre toute substance ou structure porteuse d’un antigène étranger (virus, bactérie, cellule tumorale) responsable de la pathologie. Cette réponse immunitaire s'appuie sur la génération d’anticorps neutralisant l’antigène circulant et une réponse cellulaire effectrice, capable de détruire les cellules malades porteuses de l'antigène ciblé.

Mais l'approche vaccinale bute sur certaines pathologies comme le cancer, le sida, ou même le HPV après apparition de métaplasies ou dysplasies[1]. Dans ces cas des protéines ou les cellules malades produisent des cytokines immunosuppressives pour se protéger de la réponse immunitaire.

Les vaccins kinoïdes ciblent des cytokines ectopiques anormalement présentes dans les tissus affectés afin d'y restaurer l'efficacité de la réponse immunitaire. Il peut s'agir des[1] :

Les vaccins sont composés de molécules, non toxiques mais immunogènes, proches des cytokines ciblées.

Du fait du caractère autologue (ciblant une cytokine du soi), l'efficacité de ces vaccins est limitée dans le temps.

Vaccins en développement

Un vaccin contre l'asthme allergique sévère, ciblant les IL-4 et IL-13, donne des résultats encourageants sur modèle animal[3]. Il s'agit d'un vaccin conjugué, associée à une protéine porteuse (CRM197, cross-reacting material 197), une protéine non toxique dérivée de la toxine diphtérique. De tels vaccins pourraient s'appliquer à d’autres pathologies allergiques, comme la dermatite atopique ou certaines allergies alimentaires[4].

Un vaccin thérapeutique ciblant l'IgE humaine est testé sur modèle murin contre l'anaphylaxie dans les cas d'allergie sévère à un aliment[5] : cette complication grave de l'allergie, potentiellement mortelle, est due à une réponse inappropriée du système immunitaire impliquant l'IgE. Cet évènement constitue une urgence médicale absolue[6].

Notes et références

  1. Armand Bensussan, Bernard Bizzini, Philippe Pouletty et Robert C. Gallo, « Les kinoïdes - Une nouvelle génération de vaccins thérapeutiques », médecine/sciences, vol. 24, no 3,‎ , p. 306–313 (ISSN 0767-0974 et 1958-5381, DOI 10.1051/medsci/2008243306, lire en ligne, consulté le )
  2. Eva Conde, Vincent Serra, Pierre Bruhns et Laurent L. Reber, « Un vaccin ciblant les cytokines IL-4 et IL-13 protège contre l’asthme allergique chez la souris », médecine/sciences, vol. 38, no 1,‎ , p. 25–27 (ISSN 0767-0974 et 1958-5381, DOI 10.1051/medsci/2021232, lire en ligne, consulté le )
  3. Eva Conde, Vincent Serra, Pierre Bruhns et Laurent L. Reber, « Un vaccin ciblant les cytokines IL-4 et IL-13 protège contre l’asthme allergique chez la souris », médecine/sciences, vol. 38, no 1,‎ , p. 25–27 (ISSN 0767-0974 et 1958-5381, DOI 10.1051/medsci/2021232, lire en ligne, consulté le )
  4. Lisa DUJARDIN, « Bientôt un vaccin français contre l'asthme allergique », sur M comme Mutuelle, (consulté le )
  5. Eva Conde, Emma Lamanna, Aurélie Mougel et Jasper B. J. Kamphuis, « A vaccine targeting human IgE induces long-term protection against anaphylaxis in humanized mice », Science Translational Medicine, vol. 17, no 827,‎ , eads0982 (ISSN 1946-6242, PMID 41337542, DOI 10.1126/scitranslmed.ads0982, lire en ligne, consulté le )
  6. « Allergies alimentaires : vers un vaccin thérapeutique · Inserm, La science pour la santé », sur Inserm (consulté le )
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