Vallon d'Ambin
| Vallon d'Ambin | |||
La partie amont du vallon d'Ambin depuis la pointe Sommeiller au sud. | |||
| Massif | Massif du Mont-Cenis (Alpes) | ||
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| Pays | |||
| Région | Auvergne-Rhône-Alpes | ||
| Département | Savoie | ||
| Commune | Val-Cenis | ||
| Coordonnées géographiques | 45° 12′ 08″ nord, 6° 51′ 56″ est[1] | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Savoie (département)
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| Orientation aval | Nord-ouest | ||
| Longueur | 15 km | ||
| Type | Vallée glaciaire suspendue | ||
| Écoulement | Ruisseau d'Ambin | ||
Le vallon d'Ambin est une vallée de France située en Savoie, dans le massif du Mont-Cenis.
Géographie

D'une longueur de quinze kilomètres, cette vallée glaciaire suspendue naît dans un cirque glaciaire à la frontière italienne dominé par le mont d'Ambin (3 378 m), la pointe Niblé (3 345 m), la pointe Ferrand (3 365 m), la pointe d'Ambin (3 303 m), le Grand Cordonnier (3 086 m), la pointe Sommeiller (3 332 m), la Rognosa d'Étache (3 373 m) et le Petit Vallon (3 236 m), sommets aux pieds desquels se logent les glaciers des Aiguilles, Ferrand, d'Ambin et Sommeiller, le tout dominant de nombreux lacs dont ceux d'Ambin, Noir et Blancs[1]. S'encaissant rapidement entre les versants, la vallée se dirige vers le nord, s'arque vers le nord-ouest avec en rive droite le vallon de Savine et le col du Petit Mont-Cenis, puis se dirige vers le nord-ouest avec en rive gauche le vallon d'Étache avant de déboucher dans la vallée de la Maurienne à Bramans après avoir franchi des gorges[1]. Elle est drainée par le ruisseau d'Ambin, affluent en rive gauche de l'Arc[1].
L'érosion induite par le passage des torrents et des glaciers au cours des différentes glaciations dans le vallon lui a donné sa morphologie typique de vallée glaciaire en « U »[2]. L'importance de ce phénomène a mené à l'excavation complète des roches siliceuses permo-triasiques jusqu'à dégager le socle cristallin de micaschistes qui forme le fond et les versants de la vallée, seuls les sommets l'encadrant conservant de manière partielle ces roches siliceuses[2]. Dans la partie aval du vallon, l'érosion a entaillé une couche de gypse du Trias supérieur reposant sur le socle cristallin, formant ainsi les gorges de raccordement avec la vallée de la Maurienne en amont de Bramans[2].
Le vallon est parcouru par la route départementale 100 de Bramans jusqu'au hameau du Planey, route qui se prolonge par des pistes carrossables[1]. De nombreux sentiers de randonnée dont le GRP Tour de la Haute-Maurienne et le chemin d'Assise la parcourent, reliant notamment les refuges d'Ambin, du Suffet, Lo Tsamou et de Bramanette[1]. Le tunnel de base du Mont-d'Ambin passe sous le vallon.
D'un point de vue administratif, le vallon se trouve sur le territoire communal de Val-Cenis depuis 2017, sur celui de Bramans auparavant.
Histoire
La position de la vallée proche de la ligne de crête principale des Alpes et des différentes frontières qui en découlent, sa topographie aux formes douces et sa communication relativement aisée avec les cols du Petit Mont-Cenis et Clapier à l'altitude relativement basse font que le vallon d'Ambin constitue une voie de communication naturelle entre les versants transalpins et cisalpins.

Ainsi, le vallon d'Ambin aurait été l'une des vallées qu'aurait empruntées Hannibal Barca lors de son passage des Alpes en 218 av. J.-C. au cours de la deuxième guerre punique dans l'hypothèse dite « de la Maurienne »[3],[2].
Le , le traité de Turin officialise l'annexion du duché de Savoie et du comté de Nice qui sont cédés à l'Empire français par le royaume de Sardaigne. La frontière entre Savoie — dont dépend le vallon d'Ambin — et Piémont, alors délimitation culturelle et administrative interne au royaume de Sardaigne, devient ainsi une frontière internationale : suivant la ligne de crête au sud et à l'est du vallon d'Ambin, elle passe ainsi au sud de la pointe Michel au col Clapier en passant par la Rognosa d'Étache, la pointe Sommeiller, le mont d'Ambin et les dents d'Ambin et à l'est du col Clapier au signal du Petit Mont-Cenis en passant par le mont Giusalet, la pointe Droset, le col du Petit Mont-Cenis et la pointe de Bellecombe[4]. Le , au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et de la défaite de l'Italie fasciste aux côtés des forces de l'Axe, la frontière est modifiée par le traité de Paris, la France récupérant le haut du val Cenise autour du lac du Mont-Cenis : les versants à l'est du vallon depuis le col Clapier jusqu'au signal du Petit Mont-Cenis deviennent ainsi français, la frontière passant depuis au pied du mont Giusalet et du barrage du Mont-Cenis à l'est du col Clapier[1].
Quelques années après sa création dans ce secteur des Alpes, cette frontière est militarisée côté français avec le système Séré de Rivières à la fin du XIXe siècle et côté italien avec le Mur alpin construit dans les années 1930. Dans le secteur du vallon d'Ambin, des casemates sont construites sur le versant français du col du Petit Mont-Cenis, sous la roche d'Étache au droit du même col et sous la pointe de Bellecombe tandis qu'au hameau de La Thuile, un fortin abritant un poste de commandement et des chalets fortifiés sont protégés par des tranchées et des barbelés[5]. Ces fortifications jouent un rôle central au cours de la la bataille des Alpes en juin 1940 dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, le , des escarmouches surviennent entre des éclaireurs français du II/99e régiment d'infanterie alpine et des troupes italiennes du III/63e régiment d'infanterie de la 59e division Cagliari qui ont franchi la frontière au col Clapier et descendent le vallon de Savine[6]. Le lendemain, les troupes italiennes composées de la 59e division Cagliari et du bataillon Alpini Val Cenischia de la réserve générale soit 4 000 soldats lancent une offensive de grande ampleur entre le col du Mont-Cenis et le vallon du Charmaix[6],[5]. Passant par le col du Petit Mont-Cenis, le II/63e régiment d'infanterie descend sur La Thuile où ils sont rejoints par le III/63e régiment d'infanterie venant du vallon de Savine[6],[5]. Les combats entre les soldats italiens et les positions fortifiées tenues par les forces françaises de l'armée des Alpes durent la journée avant le repli français sur Bramans[5].
Sa qualité de voie de passage se poursuit avec la popularisation de la randonnée à partir de la seconde moitié du XXe siècle, de nombreux sentiers y étant aménagés et des refuges construits ou ouverts : le refuge d'Ambin en 1938[7], le refuge Lo Tsamou en 2014[8] ou encore le refuge du Suffet[1].
Activités
Parcourant le vallon, les sentiers de randonnée permettent de passer dans le secteur du mont Froid et du signal du Petit Mont-Cenis par le col de Sollières, dans le val Cenise et le vallon de Savine par le col du Petit Mont-Cenis, dans le vallon d'Étache par le lac Noir et le pas de la Coche, dans le vallon de Rochemolles par le col Sommeiller ou encore dans le val de Suse par le lac et le col d'Ambin[1]. En hiver, des itinéraires de ski de randonnée permettent plus de possibilités avec l'ascension de nombreux sommets et cols[1].
Du ski de fond peut être pratiqué au Cernay, dans le bas du vallon[1].
Références
- « Carte IGN classique » sur Géoportail.
- « Vallons et crêtes du massif d'Ambin : Haute Maurienne : affluents de rive gauche de l'Arc au sud-est de Bramans », sur geol-alp.com (consulté le )
- ↑ « Histoire du chalet Lavis-Trafford », sur chalet-lavis-trafford.com (consulté le )
- ↑ « EM » sur Géoportail.
- « Percée italienne dans le Val d'Ambin », sur labatailledesalpes.fr (consulté le )
- « Combats de rencontre au col du Clapier », sur labatailledesalpes.fr (consulté le )
- ↑ « Infos sur le refuge », sur refugedambin.ffcam.fr (consulté le )
- ↑ « Accueil », sur refuge-lotsamou.com (consulté le )
Liens externes
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