Variations sur un thème de Robert Schumann, op. 9

Johannes Brahms

Les Seize Variations sur un thème de Robert Schumann, op. 9 est un thème et variations pour piano du compositeur allemand Johannes Brahms, écrites en 1854.

Contexte et création

Johannes Brahms compose ses Variations lors de l'été 1854[1]. Elle paraissent en novembre de la même année chez Breitkopf & Härtel, conjointement avec les Variations sur un thème de Robert Schumann, op. 21, de Clara Schumann[1].

Structure

L'œuvre comprend un thème et seize variations :

  1. Thema – Ziemlich langsam
  2. Variation 1
  3. Variation 2 – Poco più moto
  4. Variation 3 – Tempo di tema
  5. Variation 4 – Poco più moto
  6. Variation 5 – Allegro capriccioso
  7. Variation 6 –Allegro
  8. Variation 7 – Andante
  9. Variation 8 – Andante (non troppo lento)
  10. Variation 9 – Schnell
  11. Variation 10 – Poco Adagio
  12. Variation 11 - Un poco più animato
  13. Variation 12 – Allegretto, poco scherzando
  14. Variation 13 – Non troppo Presto
  15. Variation 14 – Andante
  16. Variation 15 – Poco Adagio
  17. Variation 16

Analyse

Thème

Le thème choisi est celui de l'Albumblatt no 1 extrait des Bunte Blätter (en)[2].

Variation 1

Le thème se retrouve à la basse, entremêlé d'accords traduisant la mélancolie de la pièce[2].

Variation 2 – Poco più moto

Le compositeur ne retiens que la basse du thème et laisse de côté la mélodie, le tout dans une métrique à
[2].

Variation 3 – Tempo di tema

La variation reprend le
original tandis que le thème est donné à la main gauche, la main droite faisant des sixtes en triolets[2]. La variation, déjà modulante, est d'un climat douloureux[2].

Variation 4 – Poco più moto

Le musicologue Jean-Alexandre Ménétrier la décrit comme la première variation « Brahms »[2]. Elle se fait sur des groupes de doubles croches alternés par les deux mains, paraphrasant le thème[2].

Variation 5 – Allegro capriccioso

Cette variation est la première variation « Kreisler », reprenant les accords alternés et rapides des Variations sérieuses de Felix Mendelssohn[2].

Variation 6 – Allegro

C'est une variation très modulante, dans une métrique à
présentant des triolets de doubles croches dont émerge le mince souvenir du thème[2].

Variation 7 – Andante

Seconde variation « Brahms », le chromatisme descendant apporte un climat fortement déprimé[2].

Variation 8 – Andante (non troppo lento)

Cette variation, tout aussi mélancolique que la précédente, est dans l'esprit d'une romance sans paroles[2]. La basse procède d'un canon à l'octave, dans des trémolos de caractère très orchestral[2].

Variation 9 – Schnell

C'est à nouveau une variation « Kreisler », mêlant le thème à une paraphrase de l'Albumblatt no 2 des Bunte Blätter, op. 99[2].

Variation 10 –Poco Adagio

Cette variation, en ré majeur, montre le talent contrapuntique du compositeur[2]. Le thème, donné au soprano, est accompagné par son propre renversement à la main gauche, tandis que des doubles croches dans les parties intermédiaires donnent en diminution le thème principal[2]. On trouve, au ténor et dans les dernières mesures, le thème de Clara Schumann[2].

Variation 11 – Un poco più animato

Nouvelle variation « Brahms », composée, avec la dixième pour la fête de Clara Schumann le [2]. Sur le manuscrit est écrit la phrase « Les roses et l'héliotrope sont en fleurs »[2]. Le thème se retrouve morcelé en doubles croches qui se développe sur une basse immuable[2].

Variation 12 – Allegretto, poco scherzando

Cette nouvelle variation « Kreisler » est un scherzo spirituel en doubles croches détachées, dont chaque phrase se termine sur un crescendo en syncope[2].

Variation 13 – Non troppo Presto

Schumann voyait dans cette variation de « douces sonorités métaphysiques »[2]. Dans un mouvement perpétuel de doubles croches, cette variation est une étude pour les tierces et les sixtes à la main droite[3].

Variation 14 – Andante

Dernière variation « Brahms », sur des arpèges en doubles croches piquées dans une métrique à
[3]. Dans cette variation, on retrouve un canon à la seconde[3].

Variation 15 – Poco Adagio

Cette avant-dernière variation s'enchaîne avec la suivante, et le compositeur joue sur l'enharmonie des tonalités de sol bémol majeur et fa dièse majeur[3]. Cette variation apporte une note d'espoir sous forme d'un canon à la sixte entre le chant et la basse, dans un flot d'arpèges aux appoggiatures très schumaniennes[3].

Variation 16

La dernière variation, en fa dièse majeur mais très obscurci ne contient que des parties éparses du thème[3]. La basse évoque un glas funèbre[3]. Elle évoque inévitablement le destin funeste de Robert Schumann qui a envoyé à Johannes Brahms une lettre le , mais qui en avait écrit une autre, plus impulsive qu'il n'a pas envoyé où il écrit qu'il trouvait cette variation « splendide et ravissante dans son fa dièse majeur »[3].

Références

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (fr + de + en) Margit L. McCorkle, Sonja Gerlach, Hans Kann et Ernst Herttrich, Variations pour piano [« Variationen für Klavier »], Breitkopf & Hartel, , 156 p. (ISMN M-2018-0440-8). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • François-René Tranchefort (dir.) et Jean-Alexandre Ménétrier, Guide de la musique de piano et de clavecin, Paris, Fayard, (ISBN 9782213016399). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes

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