Vauban (Marseille)

Vauban
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Bouches-du-Rhône
Ville Marseille
Arrondissement Marseille
Canton Marseille-Vauban
Arrondissement municipal 6e
Démographie
Population 9 277 hab. (2022)
Densité 15 831 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 17′ 01″ nord, 5° 22′ 31″ est
Superficie 58,6 ha = 0,586 km2
Transport
Bus Autobus de MarseilleLigne 49Ligne 60Ligne 74
Localisation
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Vauban
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Vauban

Vauban est un quartier du 6e arrondissement de Marseille, niché au pied de la basilique Notre-Dame de la Garde (côté sud).

Administrativement, il dépend de la Mairie de secteur du 6/8[1] et appartient à la 5ème circonscription électorale et au 12ème canton de Marseille

Il doit son nom à Vauban, ingénieur et architecte, Commissaire Général des fortifications sous Louis XIV et responsable des fortifications de nombreuses villes, dont le nom fut attribué à l'artère principale du quartier.

Sur le plan de la géographie urbaine, Vauban est un quartier de transitions et de fortes pentes (allant de 6 à 15 %). Le quartier s'articule principalement autour du boulevard Vauban et de la place Valère Bernard, où se développe l'offre commerciale. Il est littéralement adossé aux falaises de calcaire blanc de la colline de « la Bonne Mère ». Cette configuration escarpée lui vaut le surnom de « balcon sur Marseille », car certaines ruelles offrent des panoramas plongeants sur la ville et la Méditerranée. Ses rues étroites, sinueuses et parfois entrecoupées de longs escaliers (comme la rue Pythagore) empêchent une circulation dense. Les maisons de ville y sont imbriquées les unes sur les autres, ce qui renforce le cachet villageois du quartier.

Une curiosité architecturale surplombe le quartier en haut de la face sud de la falaise. Il s'agit de la plus haute maison de Marseille, édifiée en 1987 par l'architecte André Stern et surnommée le "Nid d'aigle"[2]. Elle est inaccessible en voiture, on ne peu y accéder que par un escalier de 230 marches[3].

Jusqu'au milieu du 19e siècle, ce secteur, surnommé "Gratte-Semelle" en raison de son sol de pierres sèches, était une immense étendue de garrigue et de roches où les Marseillais venaient chasser ou possédaient de petites cabanes de campagne. Le paysage aride a été profondément marqué par l'exploitation de carrières de calcaire au début du 20ème siècle.

L'urbanisation débute véritablement à partir de la seconde moitié du 19e siècle durant laquelle les populations ouvrières trouvent ici à se loger et construisent des baraques sur les pentes escarpées. Des ouvriers et des maçons — dont une très forte communauté d'immigrés italiens et corses — s'installent sur ces hauteurs pour travailler dans les industries environnantes (Menpenti, Capelette, port maritime). C'est donc un quartier historiquement récent au regard de l'histoire doublement millénaire de la ville.

En 1851, l'arrivée des eaux du canal de Marseille (grâce au réservoir de la rue Lacédémone) a permis d'accélérer l'urbanisation. En 1864, l’évêque de Marseille décida d’y fonder la paroisse Saint-François d’Assise et d'y bâtir une église, située juste en face de la Maison du Peuple, encore existantes aujourd'hui.

Vue du quartier Vauban à Marseille en 1919 (négatif sur plaque de verre, format 13x18 cm, fonds Édouard Cornet, Archives municipales de Marseille, côte 115 Fi 1517)

Dans les années 1850, de nouvelles rues font leur apparition, en partant du quartier Puget, situé plus au nord, reliant ainsi le quartier au centre ville. L’histoire de l'expansion coloniale française se retrouve dans de nombreuses appellations des rues (rues de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guinée, des Antilles, du Cambodge, d'Angkor, etc.).

Pour l'anecdote, l'astronome prussien, Ernst Wilhem Tempel, installa un temps dans les années 1860 un observatoire astronomique dans un pigeonnier de la rue Pythagore.

En 1905, Pierre Honoré, industriel marseillais, entama l’exploitation d’une carrière dans la roche de Notre-Dame de la Garde. Ce grignotage de la colline fut contesté car il menaçait l’édifice religieux. L'exploitation cessera le 25 novembre 1919 par décret du Président de la République pour la conservation de la colline qui sera par la suite reboisée[4]. Dans les années 1970, un percement à travers l'ancienne carrière a donné naissance au boulevard du Bois Sacré, permettant de scinder la colline pour relier directement Vauban au quartier voisin du Roucas-Blanc, et d'accéder directement sur la Corniche Kennedy.

Le quartier Vauban est aujourd'hui un quartier très prisé pour son aspect villageois, son offre commerciale de proximité et sa situation géographique, idéalement situé à proximité du Vieux Port et de la Corniche, ainsi que de la plage du Prophète. Cet attrait s'inscrit dans le cadre d'un processus de gentrification de nombreux quartiers marseillais et modifie peu à peu le caractère sociologique du quartier. Cette mutation est notamment visible à travers la hausse du prix de l'immobilier[5] et l'installation de nombreux bars et restaurants.

Le quartier Vauban dispose de 2 écoles publiques (maternelle et primaire, écoles Vauban-Guadeloupe), du groupe scolaire privé Notre-Dame de France, d'une Maison du Bel âge destinée aux activités des personnages âgées et qui abrite un bureau de Poste, et de plusieurs locaux associatifs. La crèche situé rue de la Martinique, toujours en activité, existe depuis 1901. Il s'agit de la première crèche municipale créée à Marseille[6], comme l'indique le panneau apposé à l'entrée. À son ouverture, cette structure novatrice pour l'époque combinait plusieurs fonctions : elle accueillait un « ouvroir » pour les femmes enceintes constituant un espace de travail et d'entraide et une crèche pour les enfants des ouvrières du quartier.

Plusieurs parcs agrémentent également le quartier, comme le parc de la Cômerie ou dit parc des Soeurs franciscaines (situé entre la rue Lacédémone et la rue Breteuil) ou le jardin du Bois sacré qui mène à pied à Notre-Dame de la Garde.

Desservi par un tramway jusque dans les années 50, Vauban est aujourd'hui relié au centre ville par 3 lignes de bus : le 60 (reliant le musée du Mucem à Notre-Dame de la Garde), le 57 (vers la Belle de Mai en passant par le Vieux Port, le quartier du Panier, le Mucem et la Joliette) et le 74 (vers Les Réformés - Canebière, en passant par Castellane et la place Jean Jaurès).

Article connexe

Notes et références

  1. « Accueil | Mairie 6ème et 8ème arrondissements - Ville de Marseille », sur mairie-marseille6-8.fr (consulté le )
  2. [vidéo] « Focus: la maison la plus haute de Marseille », LCM, , 2:3 min (consulté le )
  3. Dominique Milherou, « Le Nid de l’Aigle d’André Stern, la plus haute villa marseillaise », sur Planète Marseille (consulté le )
  4. Dominique Milherou, « Ancienne Carrière Pierre Honoré et la Trouée de Vauban, Marseille », sur Planète Marseille (consulté le )
  5. « Castellane, Vauban... Tout savoir sur les prix de l'immobilier dans le 6ème arrondissement de Marseille », sur Challenges, (consulté le )
  6. Dominique Milherou, « La première crèche Municipale de Marseille, 62 rue de la Martinique », sur Planète Marseille, (consulté le )
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