Victoire Ingabire Umuhoza

Victoire Ingabire Umuhoza
Victoire Ingabire le 13 décembre 2011.
Biographie
Naissance
Nationalité
Rwandaise
Activité
Autres informations
Partis politiques
Rassemblement républicain pour la démocratie au Rwanda (en) (-)
Développement et Liberté pour tous (d) (depuis )

Victoire Ingabire Umuhoza, née le , est une femme politique rwandaise. Elle est aux Pays-Bas durant le génocide de 1994 et rentre au Rwanda en . Elle est la présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), parti d'opposition rwandais actif au Rwanda, en Europe et aux États-Unis. Elle a tenté de se présenter à l'élection présidentielle de 2010, mais son parti n'a pas été reconnu par les autorités.

Détenue depuis , elle est jugée et condamnée à 15 ans de prison pour « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre, minimisation du génocide de 1994 et propagation de rumeurs dans l'intention d'inciter le public à la violence ». Elle est finalement libérée en , à la suite d'une décision de grâce présidentielle.

Elle est de nouveau détenue depuis .

Biographie

Famille et études

Victoire Ingabire Umuhoza est mariée et mère de trois enfants. Après sa formation en droit commercial et comptabilité, en 1997, elle entreprend des études supérieures en économie commerciale et gestion des entreprises, aux Pays-Bas.

Carrière

Elle commence sa carrière en s'engageant par une entreprise privée de dimension mondiale installée aux Pays-Bas, où elle est chargée de contrôler et coordonner les services comptables de 25 filiales installées en Europe, en Asie et en Afrique.

En , elle démissionne de son poste pour se préparer à retourner dans son pays natal et contribuer à la reconstruction du pays. Dans son discours à Gisozi (Kigali Memorial) en date du , elle souligne que ceux qui ont commis le génocide ainsi que ceux qui ont commis d'autres crimes de guerre et crimes contre l'humanité doivent être traduits devant la justice. Elle est alors arrêtée et jugée pour propos révisionnistes. Elle est remise en liberté le lendemain sous contrôle judiciaire, avec l'interdiction de quitter Kigali en attendant son procès. Elle est arrêtée à nouveau le pour « organisation d'un groupe terroriste »[1].

Elle est surnommée par ses partisans, la « Aung San Suu Kyi rwandaise »[2].

En 1997, elle adhère au Rassemblement républicain pour la démocratie au Rwanda, un parti politique de l’opposition démocratique. Un an plus tard, elle devient Présidente de la section Pays-Bas du RDR. En 2000, elle est nommée présidente du RDR au niveau international. Elle amène son parti à s'affirmer et à condamner le génocide en cours.

De 2003 à 2006, elle assume la présidence de l'Union des forces démocratiques rwandaises (UFDR), une plateforme regroupant des formations politiques d’opposition, et dont le RDR est un membre actif.

Rassemblement de l'opposition démocratique

Depuis , elle est la présidente des Forces démocratiques unifiés (FDU-Inkingi), une formation politique née de l'intégration des trois partis politiques : Alliance démocratique rwandaise (ADR-Isangano), Forces de résistance pour la démocratie (FRD) et du RDR et de l'adhésion individuelle d'autres personnalités politiques.

Elle est, par le bureau politique de son parti, candidate officielle du parti FDU à l’élection présidentielle de 2010[3]. Le régime ne reconnaît pas sa formation politique, l'empêchant ainsi de concourir[1]. Elle est incarcérée le , après plusieurs mois en résidence surveillée après avoir dénoncé une « mascarade » électorale. Elle est accusée d'« organisation d'un groupe terroriste »[1]. Son procès s'ouvre en [4]. Le , la prison à perpétuité est requise contre Victoire Ingabire[5]. Elle est jugée et condamnée à 8 ans puis à 15 ans de prison pour « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre, minimisation du génocide de 1994 et propagation de rumeurs dans l'intention d'inciter le public à la violence ». La Cour a cependant confirmé le verdict d'acquittement pour « propagation de l'idéologie de génocide » et « mise en place d'un groupe armé », estimant que « les preuves disponibles n'étaient pas suffisantes pour condamner »[6]. Elle est finalement libérée huit ans plus tard, le , à la suite d'une décision de grâce du président Paul Kagame[7]. Le , Victoire Ingabire n'est pas autorisée à se présenter à l'élection présidentielle du 15 juillet 2024, après une décision de la Haute Cour de Nyamirambo[8],[9].

Victoire Ingabire est de nouveau arrêtée en . Elle est accusée d'« associations de malfaiteurs et incitation publique à s'opposer au gouvernement » pour avoir organisé des réunions qui, selon l'accusation, visaient à renverser le gouvernement[10].

Publications et articles

Auteur de nombreux articles et publications, elle a adressé plusieurs memoranda au Conseil de sécurité, à l’Union européenne, à l’Union africaine et à différents Chefs d’États, et tenu des conférences sur la situation socio-politique et économique de son pays et celle de la région des Grands Lacs.

Notes et références

  1. « L'opposante rwandaise Victoire Ingabire arrêtée à Kigali », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. « En l’honneur du Leader Victoire Ingabire : une chaîne humaine autour de l’ambassade rwandaise à Bruxelles », Rwandinfo [1]
  3. Les Fdu-Inkingi décident de participer aux élections présidentielles de 2010 (01.10.08) - RWASTA.net
  4. « Belgique : la diaspora rwandaise se mobilise autour de victoire Ingabire », sur Jambo News (consulté le ).
  5. « Rwanda: prison à vie requise contre l'opposante Victoire Ingabire », AFP, 25 avril 2012 [2]
  6. « Rwanda : l'opposante Victoire Ingabire condamnée à 15 ans de prison en appel », Le Monde, .
  7. Christophe Châtelot, « Au Rwanda, le président Paul Kagame fait un geste envers son opposition. Le chef de l’Etat a libéré l’opposante Victoire Ingabire, qui l’avait défié en 2010 », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. RFI, « Rwanda: l'opposante Victoire Ingabire n'est pas autorisée à se présenter à la présidentielle », RFI,‎ (lire en ligne)
  9. « Rwanda : l'opposante Victoire Ingabire n'est pas autorisée à se présenter à la présidentielle », sur information.tv5monde.com, (consulté le )
  10. « Le Rwanda arrête Victoire Ingabire, principale opposante à Paul Kagame, accusée de complot », Radio France internationale, .

Liens externes

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