Victor Aimé Huber

Victor Aimé Huber (1800-1869), diplômé de médecine, est un réformateur social allemand, historien de la littérature qui a essayé de promouvoir le mouvement coopératif en Allemagne.

Biographie

Fils de Ferdinand et Thérèse Huber, tous deux écrivains, né le 10 mars 1800 à Stuttgart, il apprend le français dans sa petite enfance pendant le séjour de ses parents en Suisse jusqu'à l'âge de 5 ans, date à laquelle son père meurt et oblige sa mère à revenir en Allemagne à Ulm d'abord puis à Hofwil en Suisse chez un ami de son père Emanuel von Fellenberg. Il reçoit là une éducation spécialisée dans un établissement créé par ce dernier qu'il quitte à l'âge de seize ans en conflit avec son protecteur[1].

Il étudie la médecine à Göttingen et passe son doctorat à Wurtzbourg en 1820. Après un voyage à Paris et en Espagne, il se consacre à des études historiques et linguistiques qui le conduisent à devenir en 1828 professeur d'histoire et de langues modernes en 1828 à Brême, en 1832 à Rostock, en 1836 à Marbourg et en 1843 à Berlin[2].

Sa vocation politique est façonnée d'abord par ses parents qui avaient été de fervents admirateurs de la Révolution française, puis par ses rencontres avec Benjamin Constant à Paris et avec les "exaltados" en Espagne. Il se convertit au conservatisme au contact de la communauté piétiste de Brême et publie en 1841 à Marbourg où il enseigne la littérature espagnole, Sur les éléments, la possibilité ou la nécessité d'un parti conservateur en Allemagne[3]. Appelé par le roi Frédéric-Guillaume IV à l'Université de Berlin, il prend la direction de la revue Der Janus[4] de 1845 à 1848 pour exprimer la pensée du gouvernement. Au moment de la Révolution de 1848, il participe à la création du journal conservateur Kreuzzeitung mais se heurte aux conservateurs prussiens et décide de créer sa propre revue Concordia[5] à partir du 1er mai 1849 à Berlin[6].

En 1851, il abandonne sa chaire de professeur d'université pour se retirer dans sa propriété de Wernigerode dans le Harz. Il expose ses désillusions en 1852 dans une brochure intitulée Rupture avec la Révolution et avec la noblesse[7]. Il essaye d'intéresser les élites politiques de son pays au système coopératif[8] qu'il considère capable de résoudre les problèmes sociaux de la classe ouvrière mais sans y parvenir[6].

Il meurt le 19 juillet 1869 à Wernigerode; il n'a pas eu d'enfants avec sa femme Augustine Klugkist avec qui il était marié depuis 1830.

Notes et références

  1. (de) R. Elvers, Huber, Victor Aimé, Allgemeine Deutsche Biographie, (lire en ligne)
  2. (de) Hans-Joachim Schoeps, Huber, Victor Aimé, Neue Deutsche Biographie, (lire en ligne)
  3. Ueber die Elemente, die Möglichkeit oder Notwendigkeit einer konservativen Partei in Deutschland, Marbourg, 1841
  4. Janus, Jahrbücher deutscher Gesinnung, Bildung und Tat (janvier 1845-mars 1848)
  5. Concordia, Blätter der gemeinnützigen Baugesellschaft, Berlin, 1949
  6. Jacques Droz, « Victor-Aimé Huber : un conservateur social du milieu du XIXe siècle », Archives de sociologie des religions, no 10,‎ , p. 41-47 (lire en ligne)
  7. Bruch mit Revolution und Ritterschaft, Berlin, 1852
  8. Notamment dans son ouvrage: Ueber Association und deren Verhältnis zur inneren Mission, Halle, 1855

Liens externes

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