Victor d'Assomption

Victor d'Assomption
Fonctions
Conseiller général

(6 ans, 1 mois et 6 jours)
Élection 25 février 1951
Réélection 30 mars 1952
Circonscription Porto-Novo
Président Sourou Migan Apithy
Prédécesseur Jean Agier
Biographie
Nom de naissance Victor Cosme Marie d'Assomption
Date de naissance
Lieu de naissance Porto-Novo (Dahomey)
Nationalité Béninoise
Parti politique RPF
Fratrie Antoine d'Assomption
Diplômé de École de médecine de l'AOF
Profession Médecin
Distinctions Voir distinctions

Victor d'Assomption, né le à Porto-Novo, au Dahomey (actuel Bénin), est un médecin et homme politique béninois. Il est conseiller général du Dahomey de 1951 à 1957.

Biographie

Naissance et études

Fils de Lucien Népomucène d'Assomption, interprète principal, et de Louisa Fructuoso de Barros, Victor d'Assomption naît le à Porto-Novo, au Dahomey[1]. Il effectue sa scolarité secondaire dans sa ville natale, à l'École primaire supérieure Victor-Ballot, dont il est diplômé en 1918[2]. Il poursuit ensuite ses études au Sénégal, où il intègre l'École de médecine de l'Afrique-Occidentale française. Il est de la même promotion que Félix Houphouët-Boigny, futur président de la Côte d'Ivoire[3]. Avec une mention assez bien[4], il devient, en 1925, « médecin auxiliaire indigène »[n 1],[3].

Carrière professionnelle

Victor d'Assomption retourne au Dahomey afin d'y exercer son métier. Il progresse dans la hiérarchie du service de santé colonial, nommé à partir du , médecin africain de 1re classe[5], puis promu médecin africain principal de 4e classe le [6], il obtient le grade de médecin africain principal de 3e classe le [7]. Il est également médecin-chef du poste médical à Sakété dans les années 1950[8],[9].

Au cours de sa carrière, il reçoit plusieurs distinctions honorifiques. Alors en service à l'hôpital de Porto-Novo, il se voit décerner, par décision du ministre des colonies du , la médaille de bronze des épidémies, en témoignage de son engagement lors des épidémies de peste et de fièvre jaune qui ont sévi en Afrique-Occidentale française (AOF) en 1927[10]. Il est en activité à Sakété quand il est nommé au grade de chevalier de l'ordre de la Santé publique, le [11].

Carrière politique

À l'image d'une partie de l'élite dahoméenne de cette époque, Victor d'Assomption s'engage en politique. Pour sa première participation à des élections, il se présente aux législatives françaises du , pour lesquelles deux sièges de députés du Dahomey à l'Assemblée nationale française sont à pourvoir. Inscrit sur la liste du Rassemblement du peuple français, il a comme colistier Jacques Stifkens, chef de bureau de la régie des chemins de fer de l'AOF[12],[13]. Afin de préparer sa campagne électorale, il se met en disponibilité de ses fonctions de médecin du 3 au [8]. Mais il n'est toutefois pas élu, n'obtenant que 3,64 % des votes. Sourou Migan Apithy de l'Union française et Hubert Maga du Groupement ethnique du Nord-Dahomey deviennent députés pour 5 ans[14].

À la suite de la démission du conseiller général Jean Agier, le [15], une élection partielle est organisée au premier collège, dans la circonscription de Porto-Novo, afin d'attribuer le siège vacant. Victor d'Assomption est élu à l'Assemblée territoriale le en battant Gatien Vieyra[16],[17].

Candidat à sa propre succession lors des élections territoriales de 1952, il figure sur la liste de l'Union pour la défense des intérêts généraux du Dahomey, aux côtés notamment de Francis Covi[18] ; il est réélu le [19].

Vie privée

Victor d'Assomption a un frère jumeau, Antoine Damien Lucien[1], également médecin et conseiller général de 1947 à 1952.

Il se marie, le , à Porto-Novo, avec Amélie Eugénie Bernadette Talon[1].

En , sa fille Georgette meurt au cours d'une opération chirurgicale, à l'hôpital de Dakar[9].

Distinctions

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. À l'issue de leur formation à l'École de médecine de l'AOF, la France délivre aux étudiants africains le diplôme de « médecin auxiliaire indigène ». Ces derniers effectuent des études plus courtes qu'en métropole, qui ne leur permettent pas d'exercer sur le territoire métropolitain. Ce titre s'inscrit dans un contexte de discrimination et de ségrégation raciales et établit une hiérarchie entre les médecins métropolitains, considérés comme supérieurs, et les médecins africains, placés dans une position subordonnée. À partir de 1944, et notamment après la conférence de Brazzaville, le titre de « médecin africain » remplace celui de « médecin auxiliaire indigène », afin d'accorder une plus grande reconnaissance au rôle et au travail des praticiens africains, sans pour autant supprimer les inégalités statutaires avec les médecins métropolitains.

Références

  1. « Acte d'état civil no 18, naissance de Victor Cosme Marie d'Assomption », sur Archives nationales d'outre-mer, Registre des actes de l'état civil, Colonie du Dahomey et dépendances (cercle de Porto-Novo), (consulté le ), p. 14.
  2. Ballot 1992, p. 12.
  3. « Gouvernement général : Service de santé », Les Annales coloniales, Paris, no 168,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. Grah Mel 2003, p. 108.
  5. « Médecins, pharmaciens et sage-femmes auxiliaires du cadre de l'Afrique-Occidentale française », Bulletin officiel du ministère des colonies, Paris,‎ , p. 417 (lire en ligne, consulté le ).
  6. « Promotions », Journal officiel de la République française, Paris, no 202,‎ , p. 8577 (lire en ligne, consulté le ).
  7. « Ministère de la France d'outre-mer : Service de santé », Journal officiel de la République française, no 267,‎ , p. 10710 (lire en ligne, consulté le ).
  8. « Arrêtés et décisions du gouverneur : Arrêtés rapportés », Journal officiel du Dahomey, Porto-Novo, no 22,‎ , p. 303 (lire en ligne, consulté le ).
  9. « Georgette d'Assomption n'est plus », France-Dahomey, Porto-Novo, no 26,‎ , p. 6 (lire en ligne, consulté le ).
  10. « Médaille d'honneur des épidémies », Journal officiel de la République française, no 180,‎ , p. 8652 (lire en ligne, consulté le ).
  11. « Ministère de la Santé publique et de la population : Au grade de chevalier », Journal officiel de la République française, no 63,‎ , p. 2609 (lire en ligne, consulté le ).
  12. « Les candidatures », France-Afrique, no 433,‎ , p. 4 (lire en ligne, consulté le ).
  13. Ministère de l'Intérieur 1953, p. 436.
  14. « Assemblée nationale - Séance du 26 juillet 1951 » [PDF], sur 4e.republique.jo-an.fr, Journal officiel de la République française, (version du sur Internet Archive).
  15. « Séance du mardi 31 octobre 1950 », Journal officiel du Dahomey, Porto-Novo, no 23,‎ , p. 17 (lire en ligne, consulté le ).
  16. « Ouverture de la première session ordinaire 1951 du Conseil général du Dahomey », France-Dahomey, Porto-Novo, no 298,‎ , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
  17. « Élection au Conseil général du Dahomey », France-Afrique, Dakar, no 397,‎ , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
  18. « Liste des candidats », L'Étoile du Dahomey, Cotonou, 3e série, no 32,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
  19. Oudard 1953, p. 378.
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