Victoria Donda

Victoria Donda
Fonctions
Députée argentine
Buenos Aires
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Députée argentine
Buenos Aires
-
Députée argentine
Buenos Aires
-
Biographie
Naissance

Escuela de Mecánica de la Armada (centro clandestino de detención) (d)
Nationalité
Formation
Activités
Père
Jose Maria Laureano Donda (d)
Mère
María Hilda Pérez (d)
Fratrie
Eva Donda (d)
Autres informations
A travaillé pour
National Institute Against Discrimination, Xenophobia and Racism (en)
Partis politiques
Movimiento Libres del Sur (en) (jusqu'en )
Somos (en) (depuis )
Site web
Œuvres principales
Mi nombre es Victoria (d)

Victoria Analía Donda Pérez, née le à Buenos Aires, dans le centre de détention clandestin de l'école de mécanique marine (ESMA), est une avocate et femme politique argentine. Elle est la plus jeune députée élue, en 2007. Ses parents sont des disparus de la dictature en Argentine (1976-1983).

Sa mère, Maria Hilda Pérez, enceinte de 5 mois, accouche en détention, avant d'être assassinée. Le bébé est confié à la famille de Juan Antonio Azic (es), un agent des forces spéciales de l'ESMA. En 2004 un test sanguin révèle qui est sa mère biologique et retrouve sa sœur, également confiée de force à une famille d'adoption.

Biographie

Naissance dans un centre de détention clandestin (1979)

Victoria Analia Donda est née le dans le centre de détention clandestin de l'école de mécanique marine (ESMA)[1],[2]. Ses parents Maria Hilda Pérez ou Corita et José Maria Donda surnommé Cabo. Sa mère Maria Hilda Pérez est arrêtée dans une gare alors qu'elle est enceinte de 5 mois, avec la complicité d'Adolfo Donda (es), le frère aîné de son père, un militaire de la marine chargé des opérations à l'ESMA[3]. Maria Hilda Pérez est emmenée avec une cagoule sur la tête à la station de police de Moron numéro 3, qui dépend alors de la 7e brigade de l'air[3].

Blason ovale dessiné en noir sur fond blanc, figurant deux armes surmontées d'un M majuscule et d'un slogan
Emblème des Montoneros

José Maria Donda, le père de Victoria, membre des Montoneros est arrêté un mois plus tard et envoyé dans le même centre que sa mère. Il est torturé et confronté à Maria Hilda, mais les deux prétendent ne pas se connaître, et ils sont séparés. Maria Hilda est emmenée à la maternité de l'ESMA, une simple salle avec des matelas crasseux sur le sol. Jorge Luis Magnacco[4], obstétricien, surveille l'accouchement. Adolfo Donda promet à la jeune mère qu'elle retrouvera son mari et sa famille, mais elle est assassinée 15 jours après l'accouchement, probablement au cours d'un vol de la mort, tout comme son père[5]. Une garde-côte nommé Héctor Febres lui enlève le bébé pour le confier à Juan Antonio Azic (es) qui travaille dans les forces spéciales de la marine à l'ESMA[6],[7]. Astiz et sa femme élèvent la petite Victoria comme leur propre fille, avec une autre enfant également kidnappée[6].

Alicia Ruscovsky, incarcérée à l'ESMA apprend de la bouche d'Alfredo Donda le sort réservé aux parents de Victoria, alors qu'il tente de l'intimider en lui disant qu'il n'a pas même eu pitié de sa propre frère[6] :

« C'est la guerre. Et en temps de guerre, on ne peut pas faire preuve de pitié envers l'ennemi. Je n'en ai pas fait preuve envers mon propre frère, qui était un montonero. Je n'en ai pas fait preuve envers ma belle-sœur, qui a été détenue ici à l'ESMA, comme toi. Et elle a été transférée, comme tu le seras aussi si tu ne fais pas ce qu'on te demande. Je n'ai fait preuve d'aucune complaisance ni d'aucun sentiment de culpabilité. Parce que c'est la guerre et qu'ils étaient dans le camp adverse. C'est comme ça : soit nous gagnons, soit vous gagnez. Alors tu ferais mieux de cracher le morceau[8]. »

Dix années après la mort de Maria Hilda Pérez, Alfredo Donda réussit même à retirer la garde de la sœur biologique de Victoria, Eva Daniela, à sa grand-mère Leontine Puebla de Pérez (es)[6].

Découverte de son identité biologique (2004)

En 2004 un test sanguin révèle que Victoria n'est pas la fille biologique de Juan Antonio Azic[6] mais la fille de Maria Hilda Pérez et José Maria Donda Maria Hilda avec 99,9% de probabilité[9]. Victoria a alors 27 ans[10], et fait la connaissance de sa sœur biologique, mais les deux jeunes femmes ont une approche différente de leur situation[6]. Si, pour Victoria, Alfredo Donda est l'assassin qui a tué son père, pour Eva Daniela il est le père qui l'a élevée[6]. Le , Victoria Donda demande l'annulation de son faux enregistrement de naissance et demande à être enregistrée sous le nom le nom de Victoria Analia Donda Pérez avec sa véritable filiation[11].

En 2011, Alfredo Donda est condamné à la réclusion à perpétuité pour un meurtre, et 18 cas de tortures et disparitions forcées, et en 2024 à 15 ans de réclusion comme co-organisateur de l'adoption forcée de sa nièce[12]. Juan Antonio Azic doit purger une peine de prison de 18 ans pour disparition forcée et torture (dont le cas d'un bébé de 20 jours)[6]. Héctor Febres (es) meurt en prison, le , alors qu'il devait témoigner le au cours du procès pour crimes contre l'humanité[13].

Députée argentine

Photographie couleurs de 3 personnes au premier plan discutant lors d'une séance au Parlement
Débat de la loi de l'urgence alimentaire, à la chambre des députés, en 2019

Victoria Donda est devenue en 2007, à 29 ans, la plus jeune élue au Parlement argentin[14]. Elle fait partie de Front de tous (en espagnol : Frente de Todos), couramment appelé Todos ou abrégé FDT, une coalition électorale argentine, créée à l'occasion des élections générales de 2019. En 2015, elle a été remarquée par les médias lorsqu'elle a allaité sa fille pendant une séance au Parlement[15].

En 2022, elle démissionne de son poste au National Institute against Discrimination, Xenophobia and Racism (en) (INADI), avec une lettre très critique envers le gouvernement d'Alberto Fernandez[16].

Bibliographie

  • Moi, Victoria, enfant volée de la dictature argentine, Robert Laffont, 2010 (ISBN 978-2221112090)[17].
  • (en) Antonius Robben, Argentina betrayed: memory, mourning, and accountability, University of Pennsylvania Press, coll. « Pennsylvania studies in human rights », (ISBN 978-0-8122-9491-0). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.

Ascendance

Notes et références

  1. UNESCO Centre du patrimoine mondial, « Musée et lieu de Mémoire de l’ESMA - Ancien centre clandestin de détention, de torture et d’extermination », sur UNESCO Centre du patrimoine mondial (consulté le )
  2. Rédaction, « Un procès en Argentine sur le vol de bébés ravive la mémoire de l'Esma », sur Le Point, (consulté le )
  3. Robben 2018, p. 107.
  4. (es) « Nieto/a - Donda Pérez, Victoria », sur www.abuelas.org.ar (consulté le )
  5. Terrafemina, « Victoria Donda nous raconte son Argentine », sur www.terrafemina.com, (consulté le )
  6. Robben 2018, p. 108.
  7. (es) Ailín Bullentini, « El testimonio de Victoria Donda Pérez en el juicio por su apropiación | "¿En qué fosa tiraron a mi papá?", le preguntó a su tío, el represor Adolfo Donda », sur PAGINA12, (consulté le )
  8. (en) Miguel Bonasso, « Página/12 » Accès libre, sur www.pagina12.com.ar (consulté le )
  9. (de) « Opfer der Militärdiktatur: Vom eigenen Onkel verraten », sur FAZ.NET, (consulté le )
  10. Paul Euzière (PDF), « Notes de lecture », dans Victoria Donda - Moi, Victoria, enfant volée de la dictature argentine, Robert Laffont, , 2 p. (lire en ligne)
  11. (es-AR) « Donda Pérez, Victoria Analia – Subsecretaría de Derechos Humanos » (consulté le )
  12. (en) rédaction avec AFP, « Victoria Donda’s uncle sentenced to 15 years jail for her dictatorship abduction », sur Buenos Aires Times, (consulté le )
  13. (es) Adriana Meyer, « La jueza no se baja del caballo », sur www.pagina12.com.ar, Página/12, Buenos Aires (consulté le )
  14. Eddy Sabeba, « Une députée argentine allaite son bébé en plein parlement, le web s'enflamme », sur www.terrafemina.com, (consulté le )
  15. rédaction, « Une députée argentine saluée sur Internet après avoir allaité sa fille au Parlement », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
  16. (en) rédaction, « Victoria Donda resigns as head of INADI anti-discrimination body », sur Buenos Aires Times, (consulté le )
  17. « "Moi, Victoria, enfant volée de la dictature argentine", de Victoria Donda : née dans un centre de torture », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

Liens externes


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