Vila Chã de Braciosa

Vila Chã de Bracisoa
Vila Chã de Braciosa
Administration
Pays Drapeau du Portugal Portugal
Région Nord
Sous-région Tras Os Montes
Concelho Miranda do Douro
Géographie
Coordonnées 41° 25′ 43″ nord, 6° 20′ 46″ ouest
Fuseau horaire Portugal
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Portugal
Voir sur la carte topographique du Portugal
Vila Chã de Bracisoa
Géolocalisation sur la carte : Portugal
Voir sur la carte administrative du Portugal
Vila Chã de Bracisoa

Vila Chã de Braciosa (en mirandais Bila Chana de Barciosa ) est une ville portugaise et siège de la paroisse de Vila Chã de Braciosa dans la municipalité de Miranda do Douro, une paroisse de 42,82 km2 de superficie [1] et 259 habitants (recensement de 2021)[2], ayant donc une densité de population de 6 hab. /km² .

La paroisse est composée de trois villages :

  • Vila Chã de Braciosa
  • Freixiosa
  • Fonte de Aldeia

Démographie

La population recensée était[2] :

População da Freguesia de Vila Chã de Braciosa[3]
AnnéePop.±%
1864766—    
1878814+6.3%
1890813−0.1%
1900875+7.6%
1911947+8.2%
1920976+3.1%
19301 007+3.2%
19401 052+4.5%
19501 014−3.6%
19601 026+1.2%
1970628−38.8%
1981568−9.6%
1991459−19.2%
2001391−14.8%
2011327−16.4%
2021259−20.8%

Emplacement

La freguesia (paroisse) de Vila Chã de Braciosa est située au nord-est de la sous-région Trás-os-Montes, sur le plateau du Mirandais, appartenant à la municipalité de Miranda do Douro dans le district de Bragança et à environ 15 km du siège municipal de Miranda do Douro. Elle a Duas Igrejas, Palaçoulo et Picote comme paroisses limitrophes.

L'ensemble du territoire de la paroisse est inclus dans le Parc naturel international du Douro.

Patrimoine

À Vila Chã, la maison paroissiale et l'église principale se distinguent, cette dernière étant à l'origine de style roman mais considérablement modifiée, ainsi que la chapelle de Santa Cruz.

En ce qui concerne le patrimoine archéologique de cette paroisse, des preuves ont été trouvées de l'existence probable de deux forts de colline, « Castrilhouço » et « Castralheiras », et de deux tours de guet, « Sentinela » et « Belage ».

Histoire

Peuplée depuis l'Antiquité, comme en témoigne l'existence d'un village fortifié sur son territoire, cette région est une terre de traditions, dotée d'une architecture typique caractérisée par des constructions en granit. Elle conserve le dialecte mirandais, toujours reconnue par la constitution portugaise comme langue officielle du Portugal. Cette langue est encore parlée par certaines personnes dans au sein de la municipalité de Miranda do Douro, y compris à Vila Chã de Braciosa.

Fonte de Aldeia est un petit village appartenant à cette paroisse, dont l'établissement aurait pour origine le fort romain qui existait sur le Monte da Trindade, dont il ne reste presque aucune trace.

À Fonte de Aldeia existait jadis une confrérie de fidèles assez riche et importante, qui bénéficiait même du soutien du royaume voisin de León. Chaque membre de cette confrérie offrait une quantité prédéterminée de grain, déposée dans un grenier. Plus tard, en cas de pénurie, ce grain servait de prêt à la Quarta (25 %) aux familles qui en faisaient la demande. Douze messes annuelles étaient également célébrées pour le repos des âmes des frères défunts.

Traditions

Les traditions de Vila Chã de Braciosa incluent l'organisation de festivals annuels.

Fresque murale sur le siège paroissial représentant l'un des personnage (la vieille femme) défilant lors de la Fête de l'Enfant Jésus

Le premier jour de l'an, on célèbre la Fête de l'Enfant Jésus (Festa do Menino), qui fait partie des rites du solstice d'hiver. Cette fête est également connue sous le nom de Fête du Nouvel An et Fête de la Vieille Femme. Tout au long de la matinée, une tournée de mendicité et de salutations aux habitants se déroule au son de la cornemuse et au son des danses exécutées par la vieille femme, le danseur et la danseuse, généralement interprétés par de jeunes villageois. La vieille femme est généralement incarnée par un homme au visage noirci de liège brûlé, vêtu d'une veste et d'une jupe de laine grossière, d'un collier en noix de galle, d'une cruche de vin avec qu'il porte parfois à sa bouche. Il porte également une grande croix de liège brûlé à la main avec laquelle il enduit de sang les passants et de l'autre un pieu surmonté de vessies de porc remplies d'air d'où il suspend les saucisses (souvent les alheiras) qu'il reçoit. Avec ses danseurs, il saute et danse au rythme de la gaita en faisant le tour du village. La messe solennelle a ensuite lieu vers midi et comprend la participation des acteurs et du joueur de cornemuse (gaita). Elle est suivie d'une fête, avec l'allumage d'un grand feu de joie sur la place de l'église et des danses jusqu'à la nuit tombée, tandis que les artistes continuent de solliciter l'aumône auprès des personnes présentes à la Fête de l'Enfant[4].

L'une des fêtes les plus singulières est la fête de la Sainte Trinité à Fonte de Aldeia (Santíssima Trindade), qui a lieu le dimanche précédant le Jeudi Saint, en mai ou juin, selon le calendrier liturgique. Autrefois, ce pèlerinage servait de prétexte à des règlements de comptes entre les bandes de jeunes des villages voisins. Après avoir assisté aux cérémonies religieuses, ces derniers se livraient à des querelles d'une telle ampleur qu'il fallait envoyer des troupes à cheval depuis Bragança pour tenter de rétablir l'ordre. Aujourd'hui, les querelles ont disparu, mais le caractère unique de la Fête de la Sainte Trinité réside dans la tradition des groupes de jeunes des villages voisins qui, après la messe, se rassemblent et, munis de grandes branches d'arbres et de drapeaux représentant leurs associations, font le tour de la chapelle en acclamant la jeunesse, dans une joie et une camaraderie sincères. Plus tard, la procession redescend vers le village où se déroule la fête populaire.

Chaque année, le 8 mai, la fête des Sartigalhos (nom mirandais désignant les sauterelles) est célébrée à Fonte de Aldeia. La légende raconte qu'autrefois, la paroisse fut ravagée par une telle invasion de sauterelles que toutes les récoltes furent anéanties. Terrifiés et désespérés, les habitants implorèrent l'intervention divine et la Vierge Marie de mettre fin au fléau. Leurs prières furent exaucées et, pour commémorer cet événement, une fête avec huit intendants est organisée le 8 mai.

Enfin, une autre fête célébrée est celle de Sainte-Barbe (Festa de Santa Bárbara), qui a lieu en août. Sur une semaine de festivité, cet évènement marque généralement le retour au village des nombreux émigrants, pour la plupart d'entre eux de France.

Légende maure

On raconte qu'un jour de janvier, un jeune chevrier, gardant ses chèvres le long de la rivière Vila Chã, entendit une voix dire : « Antonio, cueille une rose. » « Tiens ! Des roses en janvier ! » répondit-il. En s'approchant, il vit que la voix appartenait à une jeune fille qui tenait une rose à la main. Surpris par cette proposition, le chevrier accepta la fleur avec joie. Cependant, la jeune fille lui conseilla de ne la montrer à personne. De retour chez lui, Antonio déposa la rose au fond d'un vieux coffre, parmi les vêtements. Le lendemain, sa mère, voulant déplacer le coffre, découvrit la magnifique fleur et resta sans voix. Elle décida alors de montrer aux voisins le trésor que son fils avait caché. À la vue de la rose, ils se transformèrent aussitôt en charbon, et Antonio ne revit jamais la jeune fille, que l'on prit pour une Maure.

Notes et références

  1. « Carta Administrativa Oficial de Portugal CAOP 2013 » [archive du ], IGP Instituto Geográfico Português (consulté le )
  2. Instituto Nacional de Estatística, « Censos 2021 - resultados definitivos »,
  3. Instituto Nacional de Estatística (Recenseamentos Gerais da População) - https://www.ine.pt/xportal/xmain?xpid=INE&xpgid=ine_publicacoes
  4. Benjamin Pereira, Mascaras Portuguesa,
  • icône décorative Portail du Portugal