Villa Paul Poiret

| Type | |
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| Fondation |
1924 à 1932 |
| Style | |
| Architecte | |
| Commanditaire | |
| Patrimonialité |
| Localisation | |
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| Altitude |
120 m |
| Coordonnées |
48° 59′ 56″ N, 1° 52′ 16″ E |
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Le château de Mézy ou villa Paul Poiret (du nom du couturier Paul Poiret) est une villa de style architecture moderne de 1924, de l'architecte français Robert Mallet-Stevens. Elle est achevée avec des éléments de style paquebot Art déco en 1932. Située à Mézy-sur-Seine, au nord-ouest de Paris, dans le département des Yvelines en Île-de-France, elle est inscrite aux monuments historiques depuis 1984[1],[2].
Présentation
Cette villa est une des premières villas « cubiques » avant-gardistes de l'architecture moderne du XXe siècle[3], construite en béton, acier et verre, par Robert Mallet-Stevens (en même temps que sa villa Noailles de 1923), pour le grand couturier Paul Poiret, avec 800 m2 de surface habitable, de grands volumes et grandes baies vitrées de 7 m de hauteur sous plafond, et une vue panoramique sur la vallée de la Seine depuis sa terrasse supérieure.
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Façade est, remaniée en style paquebot dans les années 1930. -
Vue intérieure -

Il ne peut cependant pas l'achever, l'entreprise de haute couture du maître d'ouvrage Paul Poiret ayant fait faillite en 1926. Elle achevée en 1932 par sa nouvelle propriétaire la comédienne Elvire Popesco, avec un ajout d'éléments style paquebot Art déco des années 1930. La demeure est depuis acquise jusqu'à ce jour par divers acquéreurs, avec intervention de divers architectes.
Histoire
Cette villa est implantée au 32, route d'Apremont à Mézy-sur-Seine, dans un parc de 4,8 hectares dominant le village et la vallée de la Seine, sur le flanc d'une proéminence connue sous le nom du « Gibet ». Elle est construite sur commande de 1921-1923 du couturier Paul Poiret[3], à l'architecte Robert Mallet-Stevens, inspirés de la doctrine esthétique du purisme de 1918 de Le Corbusier, née d'une critique du cubisme du début du XXe siècle. Robert Mallet-Stevens la décrit ainsi « Surfaces unies, arêtes vives, courbes nettes, matières polies, angles droits, clarté, ordre. C'est ma maison logique et géométrique de demain »[4].
Paul Poiret choisit cet emplacement car il peut y apercevoir le plan d'eau olympique Les Mureaux de Meulan-en-Yvelines, où s'était installé le Cercle de la voile de Paris en 1893 (lieu d'accueil des Jeux olympiques d'été de 1900 et 1924) dont il était membre. Il rejoint le cercle nautique de Chatou au début du siècle puis, quand celui-ci s'installe aussi aux Mureaux et devient le Yacht Club de l'Île-de-France il en dessine le pavillon. Il ne l'habite cependant jamais et occupe seulement la maison du gardien en attendant l'achèvement du chantier qu'il ne peut poursuivre, sa maison de couture ayant fait faillite en 1926. Dès les travaux cessent faute de moyens, seul le gros œuvre étant achevé[5].
Il la revend en 1930 à la comédienne Elvire Popesco[6], qui l'achève en 1932 avec des transformations de l'architecte Paul Boyer[6], dénaturant quelque peu le projet initial. Cet architecte y ajoute notamment des éléments style paquebot Art déco des années 1930, en vogue de l'époque, avec des fenêtres en forme de hublot et des rambardes en forme de bastingage, ce qui vaut à la villa le surnom de « paquebot » (ou également de « château de Mézy »)[5]. Elvire Popesco y vit jusqu'en 1985, date après laquelle la villa abandonnée se dégrade fortement, alors qu'elle vient d'être inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Elle est acquise en 1989 par l'homme d'affaires Sidney Nata[6], qui y organise en 1991 « la confrontation de Mézy » (réunion de 17 personnalités de l'architecture internationale[6],[7] telles que Norman Foster, Ricardo Bofill, Jean Nouvel, Renzo Piano, etc. pour participer à un projet de réalisation d'un lotissement de 17 maisons manifestes), réunion sans lendemain[3],[8]. En 2006, Laurent Brun, constructeur et promoteur[3],[8] et son épouse, marchand d'art, s'en rendent acquéreurs, lors de sa vente aux enchères publiques pour un montant de 1,8 million d'euros, pour y habiter et pour la restaurer « dans l'esprit initial de Robert Mallet-Stevens ». La villa est ouverte au public épisodiquement, notamment à l'occasion des journées européennes du patrimoine. La réhabilitation du bâtiment, lancée en 2008, dure neuf mois, menée entre autres par l'architecte Jean-Michel Wilmotte, avec modification de la terrasse, des façades, changement des huisseries, mise aux normes de l'installation électrique, aménagement des sous-sols. La maison du gardien reste alors, quant à elle, murée et sans huisseries. Cette demeure historique est depuis acquise par divers propriétaires, en 2012[9], puis début 2016 avec une mise à prix de 1,2 million d'euros[10], puis en 2016 avec Gilbert Wahnich, président d'une société spécialisée dans l'immobilier qui construit des centres commerciaux, la G2AM[11], puis en , par le promoteur Jean-Pierre Jarjaille, qui en fait l'acquisition pour 2,2 millions d'euros[8],[12], puis en 2025[8].
Au cinéma
La villa apparait dans quelques films, dont :
- 2006 : Prête-moi ta main, d'Éric Lartigau, avec Alain Chabat[2],[13] ;
- 2012 : Holy Motors, de Leos Carax, avec Michel Piccoli[11],[13] ;
- 2014 : 96 Heures, de Frédéric Schoendoerffer, avec Gérard Lanvin[2] ;
- 2015 : Une famille à louer, de Jean-Pierre Améris, avec Benoît Poelvoorde[13].
Notes et références
- ↑ « Château de Mézy dit le Gibet dit aussi Villa Poiret », notice no PA00087541, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- Joséphine Bindé, « L’incroyable villa moderniste de Paul Poiret, conçue par Mallet-Stevens, est à vendre », sur Beaux Arts Magazine,
- Frédéric Edelmann et Nathaniel Herzberg, « Folie des grandeurs à la villa Poiret », sur Le Monde,
- ↑ Aurélien Lemonier, « Robert Mallet-Stevens – Château de Mr Paul Poiret à Mézy – 1921-23 », sur Design Luminy. Les Beaux-Arts de Marseille.
- Bénédicte Burguet, « Le paquebot moderniste de Paul Poiret », sur Vanity Fair no 5 pages 88-89, .
- Florian Bardou, « Yvelines : la villa Poiret, un bijou d’architecture à vendre pour 4 millions d’euros », sur Libération,
- ↑ Architecture de collection : Norman Foster, Alvaro Siza, Rem Koolhaas, James Stirling, Arata Isozaki, Renzo Piano, Frank Gehry, Richard Meier, Vittorio Gregotti, Hans Hollein, Mario Botta, Ricardo Bofill, Tadao Ando, Coop Himmelblau, Henri Ciriani, Jean Nouvel et Christian de Portzamparc.
- Florian Bardou, « Yvelines : la villa Poiret, un bijou d'architecture à vendre pour 4 millions d'euros », sur Libération, .
- ↑ « À saisir chef-d'œuvre de Mallet Stevens », sur Le Figaro, p. 35,
- ↑ « Mézy-sur-Seine : la villa Poiret mise aux enchères au tribunal », sur Le Parisien, (consulté le )
- Clarisse Fabre, « La villa Poiret de Mallet-Stevens aux mains d'un homme d'affaires », sur Le Monde,
- ↑ Hendrik Delaire, « La villa Poiret s'envole à 2,2 millions… et un euros », sur Le Parisien,
- « Robert Mallet-Stevens et le cinéma », sur Centre des monuments nationaux
Voir aussi
- Style paquebot
- Purisme - cubisme
- Architecture moderne
- Histoire de l'architecture
- Journées européennes du patrimoine
- Liste des monuments historiques des Yvelines
Liens externes
- Ressources relatives à l'architecture :
- [vidéo] « Villa Paul Poiret », sur YouTube
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