Villa antique de Sainte-Nitasse

Villa antique de Sainte-Nitasse
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Commune Auxerre
Cité antique Sénons
Coordonnées 47° 47′ 04″ nord, 3° 36′ 26″ est
Géolocalisation sur la carte : Yonne
(Voir situation sur carte : Yonne)
Villa antique de Sainte-Nitasse
Villa antique de Sainte-Nitasse
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Villa antique de Sainte-Nitasse
Villa antique de Sainte-Nitasse

La villa antique de Sainte-Nitasse est une villa romaine, construite dans la commune d'Auxerre, dans le département français de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté.

La villa est sans doute occupée du Ier au IVe siècle avant qu'un établissement médiéval ne s'installe sur le site, mais au XIIIe siècle seulement. Sa superficie (4 000 m2) et son architecture témoignent de la richesse de ses propriétaires.

Le site, à l'issue des fouilles qui ont eu lieu de mai à , accueillera un aménagement routier.

Localisation

Le site archéologique se trouve à 3 km au sud-est d'Auxerre, entre la D 606 et la ligne ferroviaire de Laroche-Migennes à Cosne par Auxerre. L'Yonne, désormais canalisée, se situe plus à l'écart que dans l'époque antique[1]. Une mare, vestige de l'exploitation d'une ancienne gravière au milieu du XXe siècle, jouxte la zone fouillée au sud-est[2].

Dans la géographie antique, la villa se situe en territoire sénon, à proximité d'Autessiodurum (Auxerre), non loin d'une voie qui quitte la ville vers le sud-est. En 2002, la Carte archéologique de la Gaule mentionne ainsi plus d'une demi-douzaine de villas en périphérie d'Auxerre, en bordure ou proches de voies antiques attestée ou supposées[3].

Historique

Chronologie

Les premiers indice d'occupation du site datent de l'âge du bronze. La présence humaine est confirmée à la fin de La Tène[4].

La villa romaine est fréquentée à partir du Ier siècle apr. J.-C. ; après plusieurs remaniements, elle semble abandonnée au IVe siècle.

Ce n'est qu'au XIIIe siècle qu'un habitat médiéval apparaît en limite de l'habitat antique, sans que la période d'interruption dans la fréquentation puisse être expliquée ; son abandon est daté du XVIIe siècle après qu'il a connu au moins six états successifs[4]. Il s'agit peut-être, au moment de sa création, de l'installation temporaire de moines cordeliers avant qu'ils ne s'établissent de manière plus durable dans le centre d'Auxerre[5].

Les cartes des XVIIe et XVIIIe siècles ne montrent plus aucune trace de bâtiment à cet emplacement[1].

Mentions et fouilles

Site archéologique après les fouilles de 2025.

Le site est signalé au XIXe siècle[6],[7].

Des fouilles partielles sont engagées lors de la mise en exploitation d'une gravière en bord de l'Yonne en 1966 ; elles s'achèvent l'année suivante avec la destruction du site qui avait été signalé peu auparavant par des photographies aériennes[8].

À l'issue de diagnostics archéologiques préalables à la construction de la Liaison Sud d'Auxerre (LiSA), contournement routier de la ville dont les travaux doivent débuter en 2026, des fouilles sont entreprises sur le site par l'Institut national de recherches archéologiques préventives de mai à  ; elles intéressent une superficie de 1,6 ha. Les vestiges ne sont pas conservés à l'issue de ces fouilles[4].

Description

La villa occupe une superficie de 4 000 m2 et l'élévation des murs est parfois conservée sur plusieurs dizaines de centimètres, aucune activité agricole n'étant venue araser les vestiges[1]. L'importance du site se révèle bien plus grande que ne le laissaient présager les fouilles de 1966-1967 même si le fouilleur, à l'époque, est convaincu de n'avoir découvert qu'une partie du site[9].

Image externe
Vue du site en cours de fouilles sur inrap.fr

Sa pars urbana (secteur résidentiel) s'organise autour d'un jardin de plus de 450 m2. Un bassin et une fontaine le limitent au nord-est et au sud-ouest, ces équipements pouvant être aussi bien fonctionnels (irrigation, alimentation des thermes) pour le bassin qu'esthétiques ou rituels pour la fontaine[10]. Les galeries entourant ce jardin desservent de nombreuses pièces et locaux de service, dont peut-être une cuisine. Des thermes dont certaines pièces sont chauffées par hypocaustes sont installés dans l'une des ailes, au sud-est[10]. Les bâtiments semblent avoir fait l'objet de reconstructions jusqu'au IVe siècle[11],[6].

L'aménagement de la pars rustica (bâtiments agricoles), au nord-ouest de la précédente, est plus difficile à appréhender[6].

Des fragments de décor attestent du revêtement de certains murs, peut-être les chambres, par un enduit rouge sombre ; des mosaïques participent également à la décoration[9]. Le mobilier archéologique recueilli est peu nombreux mais il comprend un bloc de pierre gravé d'une grappe de raisin, montrant que dès cette époque la culture de la vigne est implantée dans la région[2],[5]. Du verre à vitre, rarement utilisé dans les habitats de ce type, est retrouvé lors des fouilles[12].

La taille, la complexité et les techniques de construction de la villa suggèrent que ses occupants possédaient un statut social élevé, appartenant peut-être à l'aristocratie ou à l'élite locale ou régionale des Gaulois romanisés, et disposaient d'un personnel nombreux et logé sur place[1].

L'habitat médiéval, de taille plus réduite, ne comprend qu'une demi-douzaine de pièces[5].

Notes et références

  1. Lisa Guyenne, « Pourquoi a-t-elle été abandonnée ? Une villa gallo-romaine "aristocratique" découverte sous une ancienne aire de gens du voyage », sur France3 Bourgogne-Franche-Comté, (consulté le ).
  2. François Savatier, « Une villa gallo-romaine monumentale révélée près d’Auxerre », sur Pour la science, (consulté le ).
  3. ↑ Delor 2002, p. 195.
  4. Titouan Stücker, « « On a été touché par l’intérêt du public » : les fouilles d'Auxerre Sainte-Nitasse s'arrêtent ce vendredi », L'Yonne républicaine,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. Alissa de Chassey, « À Auxerre, une gigantesque villa romaine découverte dans un état de conservation exceptionnel », sur Le Figaro, (consulté le ).
  6. « Une grande villa antique à Auxerre (Yonne) », sur le site de l'INRAP, (consulté le ).
  7. ↑ Delor 2002, p. 195-196.
  8. ↑ Martin 1968, p. 506-507.
  9. Martin 1968, p. 507.
  10. Laurie Henry, « Une villa gallo-romaine monumentale redécouverte près d'Auxerre », sur Science et Vie, (consulté le ).
  11. ↑ Delor 2002, p. 196.
  12. ↑ Camille Hazard, « En images : une villa romaine antique « exceptionnelle » découverte aux portes d’Auxerre », sur Paris Match, (consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

  • icône décorative Portail de l’archéologie
  • icône décorative Portail de la Rome antique
  • icône décorative Portail de l’Yonne