Village urbain

Le village de Saifi dans le centre-ville de Beyrouth.

Le concept de village urbain dérive en droite ligne de la notion de quartier défini en tant qu’unité géographique de planification urbaine.

Un village urbain a la taille d’un quartier (agrégat de quelques îlots) et se caractérise par la mixité de son occupation des sols (résidentielle, commerciale, espaces publics…) qui offre une diversité des types de logements ainsi qu’une variété d’infrastructures et des fonctions garantissant un brassage social et une forte interaction entre les résidents.

Le principe de mixité de l’occupation des sols permet aux habitants d’accéder à un ensemble de fonctions et d’institutions dans un périmètre réduit. Concrètement, le village urbain se structure autour d’un core détenant l’occupation des sols la plus dense (des logements collectifs, des commerces, des bureaux…) et un ou des bâtiments symboliques pour la communauté (une école, une maison de quartier, une mairie annexe, un lieu de culte…). Autour de ce centre se greffent une ou deux couronnes dont l’utilisation des sols (logements, commerce, services…) devient de moins en moins intense à mesure que l’on s’éloigne du core, pour assurer une transition vers une zone périphérique peu dense (espaces verts, parcs, jardins individuels et collectifs).[source insuffisante]

Le concept de village urbain implique également des notions de construction sociale du lieu. En effet, l’un des principes du village urbain est d’introduire une diversité fonctionnelle et une mixité de l’occupation des sols permettant à des individus socialement hétérogènes de vivre à proximité de leur lieu de travail, de consommation et de loisirs. Il en résulte une "culture commune"[1].

Définitions

Le concept du village urbain a une origine contestée. Pour certains, il serait apparu dans les années 1960, pour décrire un quartier de Boston habité par des immigrants italiens[2]. Pour d'autres, il est l'héritage des travaux de l'architecte Leon Krier[3], repris par le collectif Urban Villages Forum dans les années 1980[4].

De nombreux espaces urbains aux caractéristiques très différentes sont appelés "villages urbains". Cependant, les définitions des chercheurs et leurs applications à l'analyse urbaine à l'international recouvrent communément les facteurs suivants :

  • Une densité élevée dans un périmètre restreint
  • L'intégration totale ou partielle au reste du tissus urbain d'une ville
  • Le souci d'une sociabilité dite "de village" avec une culture commune, où les habitants se connaissent, en rupture avec l'aliénation traditionnellement associée à la vie urbaine[5]. Cette sociabilité s'élabore parfois autour de facteurs ethniques ou liés à l'origine, le métier, etc.[6]
  • La mixité des fonctions (logements, commerces, institutions, etc.)
  • La promotion d'un mode de vie où il est possible d'accéder aux biens et services de base sans se déplacer hors du quartier[3]. Cette notion s'approche du concept de la walkable city[7].

L'exemple de la place Pierre-Roux (Marseille)[8]

Pendant les mesures sanitaires de confinement dues à la Covid-19, la place Pierre-Roux est analysée et photographiée pour rendre compte de sa qualité de village urbain, un aspect de l'urbanisme mal conservé dans les mémoires et les écrits.

Y sont recensés une cinquantaine d'habitants en logements collectifs et 13 établissements, dont des commerces, une association, des bureaux et la Cité de la musique de la ville. Des entretiens permettent d'établir les liens qu'entretiennent ceux qui vivent, travaillent et passent sur cette place : certains "prennent souvent des cafés ensemble" (dans un des bars installés sur la place), et tous semblent se connaître de vue au moins. Une tradition militante (fédérée par l'association Le Foyer du Peuple, "où l'on vend La Marseillaise"), ainsi que culturelle (organisée par les commerces) est remarquée.

Références

  1. Janet L. Abu-Lughod, From urban village to east village : the Battle for New York's Lower East Side, Blackwell, , XVI-386 p. (ISBN 1-557-86523-X)
  2. Pierre-Etienne Caza, « Le quartier Villeray: un village urbain? | UQAM », sur Actualités UQAM, (consulté le )
  3. Denise Pumain, Thierry Paquot et Richard Kleinschmager, Dictionnaire : La ville et l'urbain, Paris, Economica : Anthropos, , VI-320 p. (ISBN 2-7178-5224-7), p. 302
  4. « Urban Villages », (consulté le )
  5. Gérald Billard, « Un nouvel agencement de l'environnement urbain pour une nouvelle forme d'organisation sociale? Exemple de Seattle à travers la stratégie des Villages urbains », Annales de géographie, no 611,‎ , p. 84-93 (lire en ligne)
  6. Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky, « Village dans la ville ou village imaginaire ? Communautés migrantes de Mumbai », dans Véronique Dupont et Djallal Heuzé, La ville en Asie du Sud. Analyse et mise en perspective, (ISBN 978-2-7132-3145-2, lire en ligne), p. 175-199
  7. (en) Todd Litman, « Urban Village Planning for Community Livability. Guidance for Creating Complete Walkable Neighborhoods to Maximize Health, Wealth and Happiness », sur Victoria Transport Policy Institute
  8. Michel Samson et photographies de Pierre Ciot, Place du peuple, Marseille, Gaussen, , 83 p. (ISBN 978-2-35698-229-2)
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