Vincent Foly
Vincent Foly, né le à Cotonou et mort le , est un enseignant, journaliste béninois et fondateur et directeur de publication du quotidien La Nouvelle Tribune. Il est reconnu comme un défenseur de la liberté d'expression au Bénin.
Biographie
Jeunesse et formation
Il naît le à Cotonou[1]. Fils de Tossou Foly et Hounahin Acakpovi, il grandit dans un environnement marqué par l'amour des lettres[1]. Durant ses études universitaires commencées vers , il se spécialise en anglais[2]. Ensuite, il s'engage dans le service civique et patriotique (promotion «Victoire» de )[3].
Carrière professionnelle
De l'enseignement au journalisme
Avant de se consacrer aux médias, il mène une carrière d'enseignant d'anglais pendant plusieurs années, notamment en Côte d'Ivoire puis au Bénin, au sein du collège catholique Père Aupiais à Cotonou[1],[4],[5]. Amoureux des lettres, il développe en parallèle sa passion pour le journalisme à travers la rédaction de chroniques et d'articles de presse pour des médias à ses heures perdues[1],[5]. Après quelques années, il abandonne l'enseignement et se forme dans le domaine du journalisme. Il gravit alors les échelons comme chroniqueur, journaliste puis rédacteur en chef et directeur de publication dans plusieurs organes de presse locaux avant de fonder le sien[1],[6]. Il est plus tard surnommé «le doyen»[7].
Création de La Nouvelle Tribune
En , il fonde son propre journal, La Nouvelle Tribune, pour défendre ses convictions et offrir un espace de pluralisme médiatique[8],[6]. Sous sa direction, le journal s'est distingué par une ligne éditoriale engagée et critique, souvent perçue comme proche de l'opposition en raison de ses prises de position fermes sur la gouvernance[6],[9].
Battaille judiciaire et suspension
Le , le journal La Nouvelle Tribune est frappé d'une mesure conservatoire suivie d'une suspension «jusqu'à nouvel ordre» par la Haute Autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC) pour des propos jugés outrageants envers le chef de l'État Patrice Talon[6],[8]. Vincent Foly entame alors un long combat judiciaire de trois ans. La cour d'appel de Cotonou, jugeant la suspension illégale, condamne la HAAC, mais ce n'est que le que le régulateur a officiellement levé l'interdiction de parution[6],[8].
Décès et hommages
Vincent Foly meurt le des suites de complications liées au Covid-19, au centre de traitement d'Allada, à l'âge de 68 ans[6],[9],[10]. Son décès survient seulement un mois après la victoire judiciaire permettant la reparution de son journal. Sa disparition suscite une vive émotion nationale et une vague d'hommages unanimes de la part de la classe politique, notamment des anciens présidents Thomas Boni Yayi et Nicéphore Soglo, ainsi que de ses pairs journalistes qui saluent une «plume tranchée» et un homme d'une grande intégrité[9],[10]. Sa succession à la tête du journal est assurée par ses enfants, dont son fils Gildas Foly[11].
Références
- Gildas FOLY, « Vincent FOLY vit et vivra éternellement … en nous ! »
, sur La Nouvelle Tribune, (consulté le )
- ↑ Philippe Hado, « Bénin : un an après sa disparition, que retenir de Vincent Foly ? »
, sur La Nouvelle Tribune, (consulté le )
- ↑ Arnaud Éric Aguénounon, « Vincent Foly : Un homme, une histoire, un combat ! »
, sur La Nouvelle Tribune, (consulté le )
- ↑ Gaskiyani Info, « Témoignage d’un As de la plume : Tout m’opposait à Vincent Foly »
, sur Gaskiyaniinfo.bj, (consulté le )
- Benin@site_09, « Deuil dans les médias: Vincent Foly inhumé samedi dernier à Somè »
, sur Beninsite - L'Infos en continue, (consulté le )
- Maurice Thantan, « Bénin : décès de Vincent Foly, « doyen » respecté de la presse »
, sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
- ↑ Cochimau S. Houngbadji, « Bénin: décès de Vincent Foly, promoteur du quotidien "La Nouvelle Tribune" »
, sur Bénin Web TV, (consulté le )
- Matin Libre, « 03 sept. 2021-03 sept. 2023: Vincent Foly, deux ans déjà »
, sur Matin Libre, (consulté le )
- Eklou, « Disparition de Vincent Foly : Les professionnels des médias saluent une plume tranchée »
, sur https://lanation.bj/societe/disparition-de-vincent-foly-les-professionnels-des-medias-saluent-une-plume-tranchee, (consulté le )
- ↑ La rédaction, « Vincent Foly, trois ans après sa mort : Ce qu’est devenue « La Nouvelle Tribune » »
, sur Le matinal, (consulté le )
- Portail du Bénin
- Portail du journalisme
