Vincent Larivière

Vincent Larivière est professeur et chercheur en sciences de l'information à l'Université de Montréal. Sa pratique transdisciplinaire dans ce domaine croise la sociologie des sciences et les politiques scientifiques. Il est reconnu, entre autres, pour ses travaux en bibliométrie relatif aux revues nationales, au multilinguisme et au libre accès.

Travaux de recherche

Vincent Larivière complète un baccalauréat en science, technologie et société, ainsi qu'une maîtrise en histoire des sciences à l'Université du Québec à Montréal[1]. Son mémoire est dirigé par Yves Gingras et déposé en 2005 : L’astrophysique au Québec depuis 1945 : émergence, consolidation et internationalisation d’une communauté périphérique[2]. En 2009, il en tire un article, publié dans Sciensa Canadensis[3]. Entretemps, sous la direction de Jamshid Beheshti et d'Yves Gingras, il entreprend une thèse de doctorat à l'Université McGill qu'il dépose en 2010 : A bibliometric analysis of Quebec’s PhD students’ contribution to the advancement of knowledge[4]. Puis, il réalise un stage postdoctoral en archivistique et bibliothéconomie aux États-Unis, à l’Indiana University (2010-2011)[1].

En 2011, il entame sa carrière de professeur à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (EBSI) de l’Université de Montréal[5]. Peu après, en 2013, il publie une étude d'envergure sur la mainmise de quelques éditeurs sur le milieu de la publication savante[5] : The Oligopoly of Academic Publishers in the Digital Era[6]. Réalisée en collaboration avec Stefanie Haustein et Philippe Mongeon, elle s'appuie sur des données tirées de 45 millions d’articles scientifiques publiés entre 1973 et 2013[7]. Il apparait, entre autres, que les cinq éditeurs les plus importants ont publiés en 2013 plus de 50 % des articles. « Rien qu’à l’Université de Montréal, plus de 10 millions de dollars par an sont consacrés à tous ces abonnements. Et pourtant, ce sont des articles que, nous, chercheurs, avons produits gratuitement »[7], de souligner Vincent Larivière.

En 2015[8], il devient directeur scientifique d'Érudit, une infrastructure numérique ayant pour mission « de soutenir la publication numérique ouverte et la recherche en sciences humaines et sociales et en arts et lettres ». Titulaire, de la Chaire UNESCO sur la science ouverte depuis 2023[9], il s'attarde aux différentes dimensions de cette approche : libre accès, données ouvertes et évaluation par les pairs ouverte[5].

Au printemps 2024, le Fonds de recherche du Québec établit une Chaire de recherche du Québec sur la découvrabilité des contenus scientifiques en français. Vincent Larivière en est le cotitulaire[10] avec Marie-Jean Meurs, professeure en informatique à l'UQAM. Parmi ses visées, la Chaire documente la place du français dans les publications savantes. « La course à la publication internationale pousse les chercheurs à publier en anglais, observe-t-il. On perd alors le lien entre la science et la société qui la finance »[7]. Les travaux des cotitulaires traitent aussi de la découvrabilité de la science en français à l'ère des algorithmes[11].

En 2025, Vincent Larivière est récipiendaire du Prix Acfas Thérèse Gouin-Décarie, une distinction qui entend souligner les contributions importantes à la recherche en sciences sociales[12]. La même année, il est classé parmi les chercheurs les plus cités au monde selon la firme Clarivate[13].

Livres

  • 2018 : Vincent Larivière, Cassidy R. Sugimoto et Sophie Chisogne, Mesurer la science, Les presses de l'université de Montréal, (ISBN 978-2-7606-3951-5)
  • 2023 : Cassidy R. Sugimoto et Vincent Larivière, Equity for women in science: dismantling systemic barriers to advancement, Harvard University Press, (ISBN 978-0-674-91929-7)

Prix et distinctions

Notes et références

  1. « Nomination de Vincent Larivière – Note biographique - Secrétariat aux emplois supérieurs », sur www.emplois-superieurs.gouv.qc.ca (consulté le )
  2. (fr-CA) « Page du professeur Yves Gingras », sur Répertoire des professeures et professeurs (consulté le )
  3. Vincent Larivière, « L’astrophysique au Québec depuis 1945: émergence et consolidation d’une communauté scientifique périphérique », Scientia Canadensis, vol. 32, no 2,‎ , p. 21-46. (lire en ligne, consulté le )
  4. Vincent Lariviere, « A bibliometric analysis of Quebec's PhD students' contribution to the advancement of knowledge », sur escholarship.mcgill.ca (consulté le )
  5. « Prix Acfas Thérèse Gouin-Décarie - Vincent Larivière », sur www.acfas.ca (consulté le )
  6. (en) Vincent Larivière, Stefanie Haustein et Philippe Mongeon, « The Oligopoly of Academic Publishers in the Digital Era », PLOS ONE, vol. 10, no 6,‎ , e0127502 (ISSN 1932-6203, DOI 10.1371/journal.pone.0127502, lire en ligne, consulté le )
  7. Raphaëlle Corbeil, « Un chercheur qui étudie la science pour la rendre plus juste », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  8. « Une reconnaissance importante pour Vincent Larivière », sur Érudit, (consulté le )
  9. « Chaire UNESCO sur la science ouverte | Prof. Vincent Larivière », sur Chaire UNESCO sur la science ouverte (consulté le )
  10. « Chaire de recherche du Québec sur la découvrabilité des contenus scientifiques en français », sur DCSF (consulté le )
  11. (fr-CA) « Chaire de recherche du Québec sur la découvrabilité des contenus scientifiques en français », sur Fonds de recherche du Québec (consulté le )
  12. « Prix Acfas Thérèse Gouin-Décarie | Acfas », sur www.acfas.ca (consulté le )
  13. (en-US) « Clarivate Highly Cited Researchers 2025 », (consulté le )
  14. « Collège de nouveaux chercheurs et créateurs en art et en science », sur Prix et distinctions - Université de Montréal (consulté le )

Liens externes

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