Viol antisémite à Courbevoie

Le viol antisémite à Courbevoie ou viol antijuifs à Courbevoie[1] est celui d'une jeune fille de douze ans, survenu le dans un local désaffecté de cette commune des Hauts-de-Seine. Il s'inscrit dans le cadre de la recrudescence de l'antisémitisme en France depuis le début de la guerre de Gaza.

Le jugement est prononcé le par le tribunal judiciaire de Nanterre, reconnaissant que « la victime n'aurait pas été violée si elle n'avait pas été juive ».

Les faits

Le , à 18 h, alors que l'adolescente rentre chez elle, son ex-petit ami, âgé de douze ans, lui tend un guet-apens dans un square de Courbevoie (Hauts-de-Seine) en compagnie de deux autres garçons âgés de treize ans qu'elle ne connaît pas[2].

La fillette est kidnappée, séquestrée, injuriée, humiliée, battue, violée et subit une tentative d'extorsion. Elle dit avoir été traitée de « sale juive » et sommée par ses agresseurs de justifier pourquoi elle cachait sa religion juive[3]. L'un des agresseurs filme la scène, un autre lui profère des menaces de mort si elle dénonce les faits à la police. La jeune fille est hospitalisée pour des blessures physiques et psychologiques[4].

Ce viol fait suite au harcèlement subi par la jeune fille dans son collège et une mise à l'écart du fait de sa religion[5]. « Cela a commencé en par des saluts nazis, des croix gammées sur les tables à l'école et des blagues sur la Shoah », expliquent ses parents au Parisien.

Suites judiciaires

Trois jours après les faits, les enquêteurs mettent en examen et incarcèrent en détention provisoire les deux garçons de treize ans[6],[7], et prononcent une mesure éducative provisoire pour l'ex-petit ami[8],[9].

Le procès ouvre le [10]. Deux jours plus tard, le jugement est prononcé par le tribunal judiciaire de Nanterre. Ce dernier reconnaît que « la victime n'aurait pas été violée si elle n'avait pas été juive ». Les deux garçons âgés de treize ans au moment des faits sont condamnés à neuf et sept ans de prison ferme[11]. L'ex-petit ami de la victime est, quant à lui, condamné à une mesure éducative de cinq ans, au vu de son âge légèrement inférieur à celui de la responsabilité pénale des mineurs[2]. Il n'avait pas participé aux viols, mais avait fomenté l'agression, car, récemment converti à l'islam, il reprochait à son ex de lui avoir caché qu'elle était juive, et s'estimait trahi[2].

En , l'un des deux complices de l'ex-petit ami voit sa peine réduite en appel à sept ans de prison[12].

Réactions officielles

Cette affaire suscite un fort retentissement national[6] en plein milieu de la campagne pour les élections législatives anticipées des et .

De nombreuses personnalités politiques s'emparent du fait-divers et dénoncent l'antisémitisme, tandis que le Président Emmanuel Macron demande « un temps d'échanges » sur le racisme et l'antisémitisme dans les établissements scolaires[13].

Des manifestations de soutien ont lieu à Courbevoie, à Paris et dans quelques villes de France à l'appel de diverses organisations dont SOS Racisme. Lors d'un rassemblement à Paris contre l'antisémitisme, la gauche, dont La France insoumise, est accusée par certains participants de la droite et du centre d'alimenter « la haine qui mène au pire[14] » : « Dans quelques semaines, nous devrons défendre la République et nous refuserons que des partis jusque-là républicains se soient alliés avec ceux qui ont engendré cette haine », déclare alors le président de l'Union des étudiants juifs de France[14].

Le viol comme acte raciste, viol par des adolescents

Selon les lois françaises, violer quelqu'un en raison de sa race, de son origine ou de sa religion (vraie ou supposée) est considéré comme un acte de racisme et constitue un facteur aggravant du crime de viol.

Les actes de viol sont en nette agmentation en France, notamment parmi les moins de 13 ans, où ils ont triplé entre 2001 et 2005. Ils sont aussi en hausse parmi les Français et forte diminution parmi les étrangers[15].

Les recherches sur les mineurs délinquants sexuels sont très limitées et presque inexistantes lorsque cette délinquance s'accompagne de violences racistes. Philomag analyse cet évènement hors norme le et cite Jean-Paul Sartre : « L’antisémitisme canalise les poussées révolutionnaires vers la destruction de certains hommes, non des institutions »,« de sorte que seule la violence demeure, désinhibée, s’abattant sur les hommes comme dit Sartre, mais aussi sur les petites filles »[16].

Références

  1. ↑ Ambre Lepoivre, « Le calvaire de l’adolescente victime d’un viol antijuifs à Courbevoie », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. « Deux mineurs condamnés à neuf et sept ans de prison pour le viol à caractère antisémite d’une jeune fille de 12 ans : « Elle n’aurait pas été violentée ni violée si elle n’avait pas été juive » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. ↑ Sarah Brethes, « Derrière l’agression de Courbevoie, le fléau de l’antisémitisme et des violences sexuelles perpétrées par des mineurs », Mediapart,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ « «Notre fille a vécu l’antisémitisme dans sa chair» : les parents de la fille de 12 ans violée à Courbevoie témoignent », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ Par Ronan Folgoas et Jean-Michel Décugis Le 24 juin 2024 à 20h12 et Modifié Le 25 Juin 2024 À 07h27, « Collégienne de 12 ans violée à Courbevoie : « Notre fille a vécu l’antisémitisme dans sa chair » », leparisien.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. « Viol à caractère antisémite à Courbevoie : «Tout cela ressemble à une expédition punitive» », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ Claire Lefebvre, « Viol d’une jeune fille juive à Courbevoie : « On ne peut pas demander à l’école de régler tous les maux de la société ! » », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ Ambre Lepoivre, « Courbevoie : deux adolescents mis en examen et écroués pour viol et violences antisémites sur mineure », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ AFP, « Courbevoie : trois mineurs mis en examen pour viol aggravé et violences antisémites sur une fille de 12 ans », Libération,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  10. ↑ « Viol antisémite d’une fille de 12 ans à Courbevoie : le procès des trois mineurs s’ouvre ce mercredi », Libération,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  11. ↑ AFP, « Viol antisémite d’une jeune fille à Courbevoie : deux mineurs condamnés à 9 et 7 ans de prison ferme, le troisième à une mesure éducative », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. ↑ « Viol à caractère antisémite à Courbevoie : la peine d’un mineur réduite en appel à sept ans de prison », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. ↑ Coppélia Piccolo, « Viol à caractère antisémite à Courbevoie : «Toute la France devrait être dans la rue» pour soutenir la victime », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. « Après l’affaire du viol à Courbevoie, le camp présidentiel s’en prend à Jean-Luc Mélenchon : « Chacun doit se souvenir des mots qui ont été prononcés » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ Juliette Rabaux, Les mineurs délinquants sexuels, Journal du droit des jeunes, vol. 265, no 5, (ISSN 2114-2068, DOI 10.3917/jdj.265.0015, lire en ligne), p.15-21
  16. ↑ philomag, « Quel antisémitisme dans le viol de Courbevoie ? | Philosophie magazine », www.philomag.com,‎ (lire en ligne, consulté le )
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