Violaine de Filippis-Abate

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Violaine De Filippis-Abate, née le , est une avocate, autrice, chroniqueuse et militante féministe. Elle intervient principalement sur les questions de violences sexistes et sexuelles et d’accès au droit pour les femmes.
Biographie
Elle grandit à Villefranche-sur-Saône[1]. Elle étudie le droit à Lyon et Bordeaux, bénéficiant d'une bourse sur critères sociaux[2] et obtient le certificat d’aptitude à la profession d’avocat à 24 ans[3]. Elle reprend des études de philosophie en 2021[2]. Elle indique que son engagement féministe s’inscrit dans un parcours personnel marqué par des violences sexuelles[4] subies durant ses études[5]. Elle cite l'avocate et militante Gisèle Halimi parmi ses références[6].
À partir de 2015, elle participe comme avocate à des permanences associatives gratuites, destinées aux femmes victimes de violences sexistes et/ou sexuelles[7]. Elle intervient également sur les questions d'indépendance économique des femmes[8].
En 2021, elle s'inscrit au barreau de Paris. Porte-parole de l'association Osez le féminisme ! de 2022 à 2024, elle cofonde l'association action juridique femmes en 2024[9],[10]. Lors d'un débat avec la journaliste Apolline de Malherbe, elle déclare que son engagement public vise entre autres à sensibiliser l’opinion aux insuffisances de prévention et de traitement des violences faites aux femmes[11].
Autrice et Chroniqueuse
En , son premier essai Classées sans suite paraît aux éditions Payot et bénéficie d'un bon accueil de la critique journalistique, notamment de la part de Causette[12], du Parisien[13], Les Inrocks[14]et de 20 Minutes[15]. Les Inrocks classent le livre dans le top 10 des meilleurs essais féministes de l'année 2023[16].
En 2025, elle publie La Résistance écarlate : les femmes face au nouveau backlash, également bien accueilli et qualifié "d'utilité publique" par le Monde[17].
Elle tient une chronique écrite hebdomadaire pour L'Humanité depuis 2022[18].
Procès médiatisés
Son premier procès médiatique est celui contre les producteurs du spectacle Miss France en 2021, visant à obtenir un salaire pour les candidates du spectacle[19],[20], et la suppression des critères discriminants[21]. À la suite de cette action, la production annonce un contrat de travail[22], ainsi que la suppression de la plupart des critères[23]. En 2023, elle fait condamner TF1 et Endemol[24] pour avoir diffusé des vidéos de deux candidates seins nus, sans leur consentement[25]. À la suite de la suppression du critère d’âge, Angélique Angarni-Filopon est élue à 34 ans[26].
En 2022, elle défend l'association MaMaMa contre la mairie de Saint-Denis et l'ancien député Mathieu Hanotin[27], qui les menace d'expulsion. Les médias relaient l'action[28],[29] en pointant la dangerosité que représenterait cette expulsion pour des dizaines de milliers de femmes en situation de précarité et leurs enfants[30]. L'association obtient le droit de rester sur les lieux pendant un délai d'un an et sans payer de loyer[31].
En 2025, elle obtient la condamnation des cyberharceleurs de l'artiste et activiste Typhaine D[32]. Elle est également l'avocate partie civile dans l'affaire du féminicide d'Éléonore Places dont le meurtrier est condamné à 30 ans de réclusion[33].
Prises de position et travaux féministes
Investigations obligatoires en cas de plainte et spécialisation des juridictions
Elle dénonce régulièrement les carences du système judiciaire dans l'accueil et la prise en charge des femmes victimes de violences physiques ou sexuelles[34] et demande que des actes d'enquêtes soient obligatoirement réalisés[35] lorsqu'une femme vient déposer plainte[36]. Elle milite ainsi également pour la création de juridictions spécialisées permettant de lutter contre les violences faites aux femmes[37].
Création d'une charte constitutionnelle pour l'égalité femmes-hommes
Elle milite pour une charte portant sur l’égalité femmes-hommes, qui, au même titre que la charte de l’environnement, serait intégrée au bloc de constitutionnalité en préambule de la Constitution de 1958[38].
Lutte contre l'extrême droite
Elle s'oppose régulièrement à l'extrême droite et ses relais comme le journal Valeurs actuelles[39]. Lors des élections législatives de l'été 2024, elle s'engage activement contre le Rassemblement national et appelle à la mobilisation : « Je pense qu’aujourd’hui, encore plus qu’à un autre moment, c’est important de se mobiliser, que ce soit sur le terrain, dans les manifestations mais aussi sur les réseaux sociaux, qui sont un vecteur de transmission d’informations extrêmement puissant (...) La vision du RN des femmes (…) c’est la femme au foyer, économiquement dépendante du conjoint, c’est la bonne française qui va faire beaucoup d’enfants. »[40]. Après les résultats des législatives, elle pointe le manque de femmes élues[41].
Suppression du délai de carence en cas d'arrêt maladie
Elle milite pour l'introduction d'un droit à arrêt maladie sans délai de carence, pour tous les salariés, femmes et hommes, permettant ainsi aux femmes de s'arrêter en cas de règles trop douloureuses, sans être discriminées par la création spécifique d'un congé menstruel[42].
Lutte contre la culture sexiste et le continuum des violences
En , plusieurs journaux réagissent après sa prise de parole sur le caractère systémique des féminicides : l'avocate pointe le rôle de la culture judéo-chrétienne dans le sexisme ordinaire, qui conduit parfois jusqu'au féminicide ; expliquant que les violences faites aux femmes existaient bien avant les phénomènes d'immigration[43],[44]. Valérie Pécresse menace de couper une subvention à l'association Osez le féminisme ! à la suite de cette prise de parole[45].
Laïcité
Elle considère que toutes les religions ont été interprétées de manière oppressive pour les femmes et considère que la justice reste fermement ancrée dans une culture sexiste héritée entre autres des interprétations religieuses[46].
Réforme de l'index éga-pro
Elle collabore avec la députée féministe Albane Gaillot[47],[48] et rédige notamment une proposition de loi en faveur d'une réforme de l'index éga-pro[49].
Publications et colloques
- La Chronique féministe[50], L'Humanité, Chronique hebdomadaire, 2022 à aujourd'hui.
- Où en sommes nous dans l'application réelle des droits des femmes ? La Sorbonne, 2022[51].
- Classées sans suites, Payot et Rivages, .
- Harcèlement moral et sexuel dans la recherche : Définir et s’informer pour mieux agir, Colloque, CNRS et Université de Nanterre, 2024[52]
- Le congé menstruel[53], Dalloz, Revue de droit du travail, ISSN 1951-0152, 2024.
- La résistance écarlate, Payot et Rivages, 2025.
Références
- ↑ « Fête des Conscrits, à Villefranche-sur-Saône: un collectif porte plainte pour discrimination sexiste », sur RMC (consulté le )
- « #41 Violaine De Filippis-Abate Avocate, autrice, chroniqueuse "J'exerce un métier où je suis libre de penser et d'agi », sur Ausha (consulté le ).
- ↑ « Maître Violaine de Filippis-Abate - Barreau de Paris », sur france-avocat.net (consulté le ).
- ↑ [vidéo] « 🔴 Violences commises dans la culture : audition de Me Anne Bouillon et Me Violaine de Filippis-Abate », Assemblée nationale, , 90:6 min (consulté le )
- ↑ Wagaia, « Common Language | KDPRESSE », sur www.kdpresse.com (consulté le )
- ↑ Violaine De Filippis Abate, Classées sans suite, France, , 208 p., p. 200
- ↑ « Interview : Violaine de Filippis-Abate, avocate pour Osez le Féminisme ! », sur Feministoclic, (consulté le ).
- ↑ « #10 Saison 3-Violaine de Filippis: Avocate en droit des affaires et entrepreneure féministe », sur Podcasts Français (consulté le ).
- ↑ « Les viols et violences sexuelles face à la Justice | INA », sur ina.fr (consulté le )
- ↑ Par Christine Mateus Le 27 mai 2024 à 15h53, « « Il va finir par me tuer » : après une plainte pour violences conjugales, l’angoissante attente », sur leparisien.fr, (consulté le ).
- ↑ « "Miss France" attaqué aux prud'hommes: l'échange tendu entre avocate de l’association "Osez le féminisme" et Apolline de Malherbe sur RMC », sur RMC (consulté le )
- ↑ « Violaine De Filippis-Abate, autrice de "Classées sans suite" : "Il faut avant tout créer des juridictions spécialisées" », (consulté le ).
- ↑ Christine Mateus, « Violences impunies faites aux femmes : « La justice est aussi embourbée dans le sexisme ordinaire » », sur leparisien.fr, (consulté le ).
- ↑ « Violences sexistes et sexuelles: “80% de mes dossiers aboutissent à des classements sans suite” | Les Inrocks », sur lesinrocks.com (consulté le ).
- ↑ « 80 % des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite », sur 20minutes.fr, (consulté le ).
- ↑ « Notre top 10 des essais féministes sortis en 2023 | Les Inrocks », sur lesinrocks.com (consulté le ).
- ↑ « Comment faire face à la contre-offensive mondiale sur les droits des femmes ? », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « La chronique féministe de Violaine de Filippis Abate », sur humanite.fr, (consulté le ).
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- ↑ (en-US) Maria Noyen, « The Miss France pageant is accused of breaking French labor laws by choosing contestants based on their looks », sur Insider (consulté le ).
- ↑ (en) Leah Dolan, « Miss France pageant faces lawsuit for requiring all contestants to be at least 5-foot-5, unmarried and child-free », sur CNN, (consulté le ).
- ↑ Cassandre Leray, « Pour l’édition 2022 de Miss France, les candidates auront un contrat de travail », sur Libération (consulté le ).
- ↑ « Miss France 2023 : quels sont les nouveaux critères de sélection ? », sur aufeminin, (consulté le ).
- ↑ Oanna Favennec, « Deux finalistes filmées seins nus durant le concours Miss France obtiennent la condamnation de TF1 et Endemol - ici », sur ici Gascogne, (consulté le ).
- ↑ « Miss France 2019 : TF1 et Endemol condamnés à verser 40.000 euros à miss Corse après avoir été filmée seins nus », sur www.corsematin.com, (consulté le )
- ↑ Maïté Charles, « Miss France 2025 critiquée pour ses 34 ans : pourquoi reproche-t-on toujours aux femmes de vieillir ? », sur Ouest-France.fr, (consulté le ).
- ↑ Hajera Mohammad, « Une association dépose plainte contre le maire de Saint-Denis pour trafic d’influence et corruption passive », sur France Inter, (consulté le ).
- ↑ « Saint-Denis : la mairie et une association se poursuivent mutuellement en justice sur fond de conflit larvé », sur Franceinfo, (consulté le ).
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- ↑ Alexandre Arlot, « Corruption ou calomnie ? À Saint-Denis, duel de plaintes entre l’association MaMaMa et la mairie », sur leparisien.fr, (consulté le ).
- ↑ Lucie Beaugé, « Après des mois de lutte, l’association MaMaMa autorisée à rester un an dans ses locaux », sur Libération (consulté le ).
- ↑ Guillaume Deleurence, « Typhaine D : quand la justice décortique la violence masculine en ligne », sur POLITIS, (consulté le )
- ↑ « Féminicide d’Éléonore : l’ex-militaire qui avait tué sa compagne alors qu’il allait être jugé pour violences, condamné à 30 ans de prison », sur leparisien.fr, (consulté le )
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- ↑ [vidéo] « Baisse de l'élucidation des crimes: "On manque de budget dans la justice et c'est une des causes du manque d'investigations", déplore Violaine de Filippis, avocate et cofondatrice du collectif Action Juridique Féministe » (consulté le )
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- ↑ « L'inscription de l'IVG dans la Constitution », sur info.gouv.fr (consulté le )
- ↑ [vidéo] « BFM TV : Florence Mendez, Typhaine D, Violaine de Filippis vs "valeurs actuelles" », Typhaine D, , 42:31 min (consulté le )
- ↑ « Législatives 2024 : l’avocate Violaine de Filippis dénonce la violence des partisans du RN, "en manifestation" et "sur les réseaux" sociaux », sur Franceinfo, (consulté le ).
- ↑ « Baisse du nombre de femmes à l’Assemblée : "Quand les femmes avancent dans leur droit, la société se durcit", juge une avocate féministe », sur Franceinfo, (consulté le ).
- ↑ « Congé menstruel : craignant un "accroissement des discriminations", Osez le féminisme propose la suppression du délai de carence "pour tous" », sur Franceinfo, (consulté le ).
- ↑ «Notre culture judéo-chrétienne» engendre les «féminicides», selon la porte-parole d'«Osez le féminisme», sur lefigaro.fr, (consulté le ).
- ↑ « Pour la porte-parole d’Osez le féminisme, "c’est la culture judéo-chrétienne" qui engendre les féminicides », sur Valeurs actuelles, (consulté le ).
- ↑ Michel Revol, « Passe d’armes entre Pécresse et Osez le féminisme », sur Le Point, (consulté le ).
- ↑ « Mâcon Infos - Le Web Journal du Mâconnais - LIVRE : «Classées sans suite», de Violaine De Filippis, sur les femmes victimes de violences face à la justice », sur www.macon-infos.com (consulté le )
- ↑ Albane Gaillot et Violaine de Filippis, « Il faut repenser l’index de l’égalité salariale », sur Libération (consulté le ).
- ↑ « Proposition de loi, n° 5237 », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le )
- ↑ « Proposition de loi n°5237 - 15e législature », sur Assemblée nationale (consulté le ).
- ↑ « « Protéger les femmes, qu’elles le veuillent ou non » : comment Donald Trump menace les droits des femmes - La chronique féministe de Violaine de Filippis Abate - 21 janvier 2025 | L'Humanité : lire, agir », sur L'Humanité (consulté le )
- ↑ « Où en sommes-nous dans l'application réelle des droits des femmes en 2022 ? | Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne », sur www.pantheonsorbonne.fr (consulté le )
- ↑ EconomiX, « Harcèlement moral et sexuel dans la recherche - EconomiX - UMR 7235 », sur EconomiX (consulté le )
- ↑ Djaouida Séhili, Miu Shibuta et Violaine De Filippis, « Le congé menstruel, un progrès pour l'egalité entre les hommes et les femmes? », Revue de droit du travail, no 1, , p. 9–16 (ISSN 1951-0152, lire en ligne, consulté le )
Liens externes
- « Marine Le Pen prostitue le féminisme », sur humanite.fr (consulté le )
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