Virtus (déesse)

Virtus
Déesse de la mythologie romaine
Pièce gauloise avec l'image de Virtus
Pièce gauloise avec l'image de Virtus
Caractéristiques
Fonction principale Déesse de la bravoure et de la force militaire
Associé(s) Honos
Équivalent(s) Arété
Culte
Région de culte Empire romain
Temple(s) Temple de Virtus et Honos à Rome
Lieu principal de célébration Rome
Famille
Père inconnu
Mère Veritas

Dans la mythologie romaine, Virtus (prononciation latine : /wɪrt̪uːs̠:/) est la déesse de la bravoure, de la force militaire et de la virilité (le virtus romain). La divinité équivalente grecque était Arété[1]. La divinité était associée au dieu romain Honos (personnification de l'honneur) et était souvent honorée avec lui, comme dans le temple de Virtus et Honos à la Porte Capène à Rome.

Temples et culte

En 234 av. J.-C., Quintus Fabius Maximus Verrucosus, après sa victoire sur les Ligures, fit construire un temple dédié à Honos juste à l'extérieur de la Porte Capène, l'une des principales portes de Rome[2],[3].

Après avoir vaincu et tué le roi gaulois Viridomaros à la bataille de Clastidium, et obtenu les spolia opima, Marcus Claudius Marcellus fit vœu de construire un temple à Honos et à Virtus[4]. Il renouvela ce vœu après la prise de Syracuse en 212 av. J.-C., durant la deuxième guerre punique, et, en tant que consul en 208, il tenta de l'honorer en ré-dédiant le temple existant au nom des deux dieux. Le Collège des pontifes refusa d'autoriser cela, aussi Marcellus restaura-t-il le temple d'Honos construit par Quintus Fabius Maximus Verrucosus douze ans plus tôt[2],[3] et fit construire un second sanctuaire attenant dédié à Virtus, formant ainsi un temple double[5],[6],[7]. Marcellus fut tué dans une embuscade près de Venosa plus tard dans l'année, et le temple fut consacré par son fils en 205[8].

Un autre temple dédié à Honos et Virtus fut construit par Caius Marius durant son cinquième consulat en 101 av. J.-C., grâce au butin pris aux Cimbres et aux Teutons[3]. Le sanctuaire fut probablement construit sur les pentes du Capitole, et Vitruve fait l'éloge du travail de son architecte, Caius Mucius[9]. C'est ici que le Sénat romain a voté pour rappeler Cicéron d'exil en 57 av. J.-C[10],[3].

Représentations

La déesse était représentée de diverses manières, par exemple, sur les pièces de monnaie de Tetricus Ier, elle pouvait apparaître comme une matrone, un vieil homme ou un jeune homme, avec un javelot, un casque de combat ou seulement vêtue d'une cape. Dans le domaine des reliefs funéraires, Virtus n'est jamais montrée sans un compagnon masculin[11]. Souvent, leur présence dans ce domaine de l'art sert à complimenter et à aider le protagoniste du relief lors d'une scène d'intense bravoure ou de virilité[12].

Virtus à l'époque moderne

Aux États-Unis en 1776, Virtus est devenu la figure centrale du sceau de Virginie et du drapeau d'État qui a suivi, qui comporte le sceau. Le billet de quatre dollars de Virginie, une monnaie continentale, avait également Virtus représentée sur son avers.

Billet de quatre dollars de Virginie de 1776 (avers) avec Virtus sur la gauche du billet.

Notes et références

  1. J. Rufus Fears (en) , "The Theology of Victory at Rome: Approaches and Problem," Aufstieg und Niedergang der römischen Welt II.17.2 (1981), pp. 747–748, 776 (note 201).
  2. Cicéron, De natura deorum, ii. 61.
  3. Samuel Ball Platner & Thomas Ashby, "Honos et Virtus, Aedes", dans A Topographical Dictionary of Ancient Rome (en).
  4. Tite-Live, xxvii. 25, xxix. 11.
  5. Tite-Live, Ab Urbe condita libri, xxvii. 25.
  6. Plutarque, Vies parallèles, "La Vie de Marcellus", 28.
  7. Symmaque, Epistulae, i. 20.
  8. Tite-Live, xxv. 40, xxvii. 27, xxix. 11.
  9. Marcus Vitruvius Pollio, De architectura, vii. praef. 17, iii. 2. § 5.
  10. Cicéron, Pro Sestio, 116, Pro Plancio (en), 78, De divinatione, i. 59.
  11. L Hansen, MUSES as models: learning and the complicity of authority, The University of Michigan, , 280 p.
  12. L Hansen, MUSES as models: learning and the complicity of authority, The University of Michigan, , 281 p.

Voir aussi

Article connexe

Bibliographie

  • (es) Manuel Bendala Galán, « Virtus y pietas en los monumentos funerarios de la Hispania Romana », dans Desiderio Vaquerizo Gil (es), Espacios y usos funerarios en el Occidente Romano, Cordoue, , p. 67-86.

Liens externes

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