Vision après le sermon

Vision après le sermon
Artiste
Date
Lieu de création
Type
Technique
Dimensions (H × L)
72,2 × 91 cm
Mouvements
No d’inventaire
NG 1643
Localisation

Vision après le sermon (aussi nommée La lutte de Jacob avec l'Ange) est une peinture à l'huile du peintre français Paul Gauguin, terminée en 1888.

La toile, exposée à la Galerie nationale d'Écosse à Édimbourg, représente une scène de la BibleJacob lutte contre un ange. L'œuvre a été réalisée en Bretagne, à Pont-Aven.

Histoire

La toile est peinte par Paul Gauguin pendant son second séjour à Pont-Aven en août-. Il revient alors de son séjour à la Martinique où sa palette s'est enrichie de couleurs vives, et se découvre un nouveau style (primitivisme, couleur en aplats, pas de perspectives) au contact des artistes bretons de l'école de Pont-Aven[1].

La création de cette toile mit Gauguin en conflit avec Émile Bernard qui revendiquait la paternité sur « le style et la composition de ses Bretonnes dans la prairie »[1].

Description

La peinture dépeint des paysannes bretonnes en costume typique au moment où elles quittent l'église. Ayant écouté le sermon, elles ont la vision de la lutte de Jacob avec l'ange, une histoire de la Genèse. Gauguin présente le sujet comme une hallucination collective. Van Gogh a écrit : « Le paysage et la scène de la lutte n'existent que dans l'imagination des gens dans la prière, à la suite du sermon »[1].

La réalité terrestre est séparée du monde de l'imagination par le tronc d'un pommier représenté en diagonale. La vache en haut à gauche représente la simplicité de la vie rurale. En outre, les vêtements sombres des femmes symbolisent la terre.

La scène de lutte, pieds-nus, est évocatrice dans ce contexte du gouren. Le style iconographique est emprunté des estampes japonaises (sumô de Hokusai)[1].

Postérité

La Lutte bretonne de Paul Sérusier renvoie à la fois à Vision après le sermon et aux Enfants luttant, que Paul Gauguin exécute la même année[2].

Selon la conservatrice au musée d’Orsay Isabelle Morin Loutrel, Albert Aurier « a fait de cette oeuvre l’icône du symbolisme » quand il écrit en 1891 « Loin, très loin, sur une fabuleuse colline dont le sol apparaît de vermillon rutilant, c’est la lutte biblique de Jacob avec l’Ange. Tandis que ces deux géants de légende, que l’éloignement transforme en pygmées, combattent leur formidable combat, des femmes regardent […]. Elles ont les attitudes respectueuses et les faces écarquillées des créatures simples écoutant d’extraordinaires contes […][1]. »

Notes et références

  1. Jérôme Coignard, « Chef-d'oeuvre de Gauguin : focus sur La Vision après le sermon », sur Connaissance des Arts, (consulté le )
  2. « La Lutte bretonne », sur Musée d'Orsay, (consulté le ).

Liens externes

  • icône décorative Portail de la peinture
  • icône décorative Portail de l'impressionnisme et du postimpressionnisme
  • icône décorative Portail des années 1880
  • icône décorative Portail de la France au XIXe siècle
  • icône décorative Portail de l’Écosse