Voie romaine de la vallée du Fier

Voie romaine de la vallée du Fier
La voie vue du nord-ouest.
Présentation
Type
Voie romaine, structure archéologique romaine (d)
Patrimonialité
Localisation
Localisation
Coordonnées
45° 54′ 20″ N, 6° 12′ 22″ E
Carte

La voie romaine de la vallée du Fier est une portion de voie d'époque antique longeant le Fier dans la commune de Dingy-Saint-Clair, dans le département français de la Haute-Savoie (région Auvergne-Rhône-Alpes).

La portion de voie et l'inscription gravée sur sa paroi sont classées au titre des monuments historiques en 1929.

Localisation

La portion de la voie s'inscrit sur la rive droite du défilé de Dingy parcouru par le Fier entre Dingy-Saint-Clair et Nâves-Parmelan, à une trentaine de mètres au-dessus du lit du Fier. La voie traversait le Fier au sud-est du secteur aménagé, sur un pont détruit à la fin du XIXe siècle[1].

Selon Frédéric Lontcho, cette section fait partie de l'itinéraire public ouvert entre Seyssel et Aix-les-Bains à l'époque de l'empereur Claude[2] ; Philippe Leveau estime plutôt qu'il s'agit d'une voie privée dont le propriétaire, un riche allobroge, autorise l'usage aux habitants locaux[3].

Historique

Si l'aménagement de la voie sous le règne de Claude était attesté, il daterait alors de la fin de la première moitié du Ier siècle.

L'inscription est mentionnée pour la première fois au XVIe siècle[4],[5].

La portion de voie et l'inscription gravée sur sa paroi sont classées au titre des monuments historiques par arrêté du [6].

Description

Voie

La voie et l'inscription vues du sud-est.

La section de voie aménagée, d'orientation générale du sud-est vers le nord-ouest, mesure environ 120 m de long. Elle est tout d'abord, à partir du sud-est, supportée par un mur de soutènement puis par deux arcades de 7 m d'ouverture. Viennent ensuite deux passages retaillés pour asseoir la voie, respectivement longs de 18,90 et 26,60 m. Au niveau des passages retaillés, la roche calcaire est entaillée verticalement et la voie atteint une largeur moyenne de 4 m[7].

Trois niches vides, pratiquées dans la roche, jalonnent le passage qui a été retaillé[8]. Il est possible qu'elles accueillaient de petits autels votifs[9]. Chacune de ces niches est rattachée à l'une des parties de la section aménagée, l'une au niveau du mur de soutènement et une à chacun des passages retaillés[7].

Inscription lapidaire

L'inscription dédicatoire.

L'inscription est gravée, à l'entrée nord-ouest de la section aménagée, dans un cadre mouluré mesurant 0,88 × 0,62 m[10]. Parfaitement conservée et lisible, elle a été traduite[4].

« L(VCIVS) TINCIVS

PACVLVS

PERVIVM FEC(IT) »

« Lucius Tincius

Paculus

a fait faire ce passage »

Cette inscription indique que Lucius Tincius Paculus, disposant assurément d'importants moyens financiers, a fait construire à ses frais un pont sur le Fier et entailler le rocher qui a permis d'y installer la voie[11].

Deux autres inscriptions, illisibles, sont signalées sur la paroi. Une troisième est perdue ; placée à l'autre extrémité de la zone aménagée, elle aurait pu être identique à celle conservée[12].

Notes et références

  1. ↑ Albanis Beaumont, Description des Alpes grecques et cottiennes (...), vol. 1, Didot l'aîné, , 280 p. (lire en ligne), p. 111-112.
  2. ↑ Lontcho 2014, p. 10.
  3. ↑ Leveau 2021, p. 140.
  4. Bertrandy, Chevrier et Serralongue 1999, p. 223.
  5. ↑ (it) Emmanuel-Philibert de Pingon, Storia della real Casa - storie generale, c. 1552, manuscrit, fo 182.
  6. ↑ Notice no PA00118387, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. (it) Patrizia Basso, Via per montes excisa: strade in galleria e passaggi sotterranei nell'Italia romana, L'Erma di Bretschneider, , 441 p. (ISBN 978-8-8826-5005-6, lire en ligne), p. 303.
  8. ↑ Bertrandy, Chevrier et Serralongue 1999, p. 223-224.
  9. ↑ Leguay 1983, p. 281.
  10. ↑ Leguay 1983, p. 202.
  11. ↑ Jean-Pierre Renaud, « L'étude des voies antiques ; éléments pour de nouvelles perspectives », Archéologie en Languedoc, no 27,‎ , p. 80 (lire en ligne [PDF]).
  12. ↑ Bertrandy, Chevrier et Serralongue 1999, p. 224.

Voir aussi

Bibliographie

  • François Bertrandy, Michèle Chevrier et Joël Serralongue, La Haute-Savoie, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, coll. « Carte archéologique de la Gaule » (no 74), , 412 p. (ISBN 2-8775-4062-6, lire en ligne).
  • Jean-Pierre Leguay (dir.), Histoire de la Savoie (1) : La Savoie des origines à l'an mil: Histoire et archéologie, Éditions Ouest-France et FeniXX, , 442 p. (lire en ligne), p. 202.
  • Philippe Leveau, « Voies privées, grands domaines et évergétisme routier. Études de cas », Aquitania : une revue interrégionale d'archéologie, t. 37 « Tracer la route. Journée d’étude du 27 février 2020 à Bordeaux »,‎ , p. 129-143 (DOI 10.3406/aquit.2021.1642).
  • Frédéric Lontcho (dir.), « Dossier : voies romaines et vieux chemins de Gaule - les ponts », L'Archéologue, no 131,‎ , p. 9-13 (ISSN 1255-5932).

Articles connexes

Liens externes

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