Vol Red Wings Airlines 9268

Vol Red Wings Airlines 9268
RA-64047, le Tupolev Tu-204 impliqué dans l'accident, ici à l'aéroport de Moscou-Domodedovo en juin 2011.
RA-64047, le Tupolev Tu-204 impliqué dans l'accident, ici à l'aéroport de Moscou-Domodedovo en juin 2011.
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeSortie de piste à l'atterrissage
CausesDéfaillance du système de freinage, erreur de pilotage, approche non stabilisée
PhaseAtterrissage
SiteAéroport international de Vnoukovo, Moscou, Russie
Coordonnées 55° 35′ 02″ nord, 37° 15′ 18″ est
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilTupolev Tu-204-100B
CompagnieRed Wings Airlines
No  d'identificationRA-64047
Lieu d'origineAéroport de Pardubice (en), République tchèque
Lieu de destinationAéroport international de Vnoukovo, Moscou, Russie
Passagers0
Équipage8
Bilan
Morts5
Blessés4 (dont un au sol)
Survivants3

Géolocalisation sur la carte : Russie
(Voir situation sur carte : Russie)
Vol Red Wings Airlines 9268

Le , le vol Red Wings Airlines 9268, assuré par un Tupolev Tu-204, s'est écrasé lors de l'atterrissage à l'aéroport international de Vnoukovo, en Russie, après un vol de convoyage depuis l'aéroport de Pardubice (en), en République tchèque. Il n'y avait aucun passager à bord, mais 5 des 8 membres d'équipage ont été tués[1] lorsque l'appareil a percuté un fossé et des structures autoroutières après une violente sortie de piste.

Cet accident a marqué la deuxième perte totale d'un Tu-204, ainsi que le premier accident aérien mortel impliquant ce type d'appareil, depuis sa mise en service en 1989. C'est également la première perte totale d’un appareil de Red Wings Airlines, depuis sa création en 1999.

Avion et équipage

L'aéronef impliqué, un Tupolev Tu-204-100B immatriculé RA-64047 (numéro de série 1450743164047), a été construit en 2008. Propulsé par deux moteurs Soloviev PS-90A, il totalise 8 672 heures de vol et 2 482 cycles (décollage/atterrissage) au moment de l'accident.

Le commandant de bord, Gennady Dmitrievitch Shmelev (58 ans), totalisait plus de 14 500 heures de vol, dont plus de 3 000 sur Tu-204. Le copilote, Evgueni Ivanovitch Astashenkov (52 ans), totalisait plus de 10 000 heures de vol, dont plus de 500 sur Tu-204. Le mécanicien navigant, Igor Nikolaïevitch Fisenko (54 ans), totalisait également plus de 10 000 heures de vol, dont près de 1 600 sur Tu-204.

Contexte

RA-64049, le Tu-204 impliqué dans l'accident du 20 décembre.

L'accident du vol 9268 est la deuxième sortie de piste impliquant un Tupolev Tu-204 de Red Wings Airlines en neuf jours. Le , un vol entre Moscou et Novossibirsk(effectué par un Tu-204 immatriculé RA-64049) a dépassé de 1 150 pieds (350 m) la fin de la piste 25 à l'aéroport de Novossibirsk-Tolmatchevo, suite à une défaillance des freins lors de l'atterrissage. Les 70 personnes à bord ont toutes survécu et les dégâts matériels ont été mineurs.

Suite à cet incident, quatre jours plus tard, Rosaviatsiya (Agence fédérale du transport aérien de Russie) a émis une consigne de navigabilité obligatoire exigeant de Red Wings et de tous les autres exploitants du Tu-204 qu'ils inspectent et appliquent une lubrification supplémentaire aux interrupteurs du mécanisme d'entraînement du système de freinage, situés sur l'amortisseur principal, « avant le prochain décollage ».

Le , la veille de l'accident du vol 9268, Rosaviatsiya a également notifié officiellement Tupolev, le constructeur de l'appareil, qu'un dysfonctionnement des freins était à l'origine de la sortie de piste du Tu-204 de Red Wings à Novossibirsk. Le , le directeur de Rosaviatsiya, Alexandre Neradko, a annoncé qu'un examen préliminaire de l'enregistreur de paramètres (FDR) indique que l'avion a atterri dans la zone prévue pour le toucher des roues, mais que, comme lors de l'incident du à Novossibirsk, le système de freinage de cet avion semble également avoir défailli lors de la sortie de piste mortelle à Moscou[2].

Accident

Il neigeait avant l'accident et il y avait un vent latéral important avec des rafales allant jusqu'à 29 nœuds (54 km/h). L'approche a été effectuée sur la piste 19 de l'aéroport international de Vnoukovo, qui est longue de 3 060 m. Le commandant Shmelev était alors le pilote en fonction (PF) durant cette approche. Celle-ci s'est déroulée sans déviation significative de la trajectoire de descente, et l'avion a survolé le seuil de piste à une altitude de 49 pieds (15 m) et avec une vitesse de 140 nœuds (260 km/h). Cinq secondes après la réduction de la poussée des réacteurs, jusqu'au ralenti, il a touché le sol entre 2 900 et 3280 pieds (900 et 1 000 m) du début de la piste, à une vitesse de 124 nœuds (230 km/h). Au moment de l'atterrissage, seul le train d'atterrissage principal gauche était en contact avec la piste.

Lors de l'atterrissage, les rafales de vent latérales, venant depuis la droite, ont atteint 11,5 m/sec (41 km/h). Environ 10 secondes se sont écoulées entre le passage du point d'altitude de 13 pieds (4 m) et le contact avec le sol. Trois secondes après le contact, la jambe du train avant s'est violement comprimée. À ce stade, le signal de compression de la jambe de train principal droit n'avait pas encore été détecté. Presque simultanément au contact du train avant avec le sol, l'équipage a enclenché l'inversion de poussée des moteurs et actionné les freins mécaniques.

Par mesure de sécurité, les deux trains d'atterrissage principaux devaient être comprimés simultanément avant le déploiement des inverseurs de poussée. Le train d'atterrissage droit n'ayant pas été comprimé, les inverseurs ne se sont jamais déployés et le passage en mode « Inversion maximale » a entraîné une augmentation de la poussée des deux moteurs. Outre l'absence d'inversion de poussée, les aérofreins et les spoilers ne se sont pas déployés automatiquement et l'équipage n'a pas tenté de les actionner manuellement.

La vitesse minimale atteinte par l'appareil, environ 7 à 8 secondes après l'atterrissage, était de 108 à 111 nœuds (200 à 205 km/h), avant d'augmenter jusqu'à 130 nœuds (240 km/h). Cette augmentation de la vitesse, combinée au roulis de l'avion, a provoqué la compression alternée des jambes du train d'atterrissage principal gauche et droit. L'équipage a tenté d'actionner les inverseurs une seconde fois, mais sans succès, faute de compression simultanée des deux jambes de train. Les freins de roue étaient également inefficaces, car ils nécessitaient également la compression de la jambe du train pour fonctionner correctement.

Le vol 9268 a dérapé hors de la piste 32 secondes après l'atterrissage, à une vitesse d'environ 116 nœuds (215 km/h). Pendant le dérapage, sur ordre du commandant de bord, le mécanicien navigant a coupé les moteurs via la procédure d'arrêt d'urgence. L'avion a continué à rouler hors de la piste, ralentissant lentement en raison des irrégularités au niveau de la chaussée et de la neige. À ce moment-là, les deux jambes du train d'atterrissage se sont comprimées, ce qui a entraîné l'activation des aérofreins et des spoilers, ainsi que celui des inverseurs de poussée. Le TU-204 a percuté un talus à une vitesse sol d'environ 100 nœuds (190 km/h)

À 16 h 35 heure locale (12 h 35 GMT), l'avion a quitté la fin de la piste 19 et s'est disloqué en trois morceaux en percutant un fossé entre la clôture de l'aéroport et l'autoroute M3. Des débris se sont éparpillés sur la chaussée, notamment des éléments de l'intérieur de l'appareil, des sièges et deux roues qui ont heurté le dessous de l'échafaudage du système d'éclairage d'approche et une voiture présente sur l'autoroute. L'accident a été filmé par une caméra embarquée fixée sur un autre véhicule. Le poste de pilotage s'est également détaché du reste de lépave.

Schéma montrant l'emplacement des membres d'équipage et la gravité de leurs blessures, lors du crash du vol 9268.

Selon le rapport officiel, les membres de l'équipage dans le cockpit (le commandant de bord, le copilote et le mécanicien de bord) ont tous été tué sur le coup. Une hôtesse de l'air a été éjectée de l'appareil et a atterri sur une route adjacente ; son décès a été constaté dans l'ambulance qui la transportait à l'hôpital. Trois autres membres d'équipage, dont la chef de cabine, ont réussi à s'extraire de l'avion par des ouvertures dans le fuselage et ont été transportés à l'hôpital dans un état grave. La dernière hôtesse de l'air a été extraite des débris par les secouristes et transportée à l'hôpital, où elle a finalement succombé à ses blessures[2].

Notes et références

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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