Vsevolod Kotchetov

Vsevolod Kotchetov
Nom de naissance Всеволод Анисимович Кочетов
Naissance
Novgorod, Empire russe
Décès (à 61 ans)
Peredelkino, URSS
Auteur
Langue d’écriture russe
Genres

Vsevolod Anissimovitch Kotchetov (en russe : Всеволод Анисимович Кочетов), né le 22 janvier 1912 ( dans le calendrier grégorien) à Novgorod, Empire russe, et mort le à Peredelkino, URSS, est un écrivain soviétique et russe. Membre de l'Union des écrivains soviétiques[1].

Biographie

Vsevolod Kotchetov est né dans une famille de paysans, le plus jeune parmi huit enfants dont trois mourront de faim ou de maladie durant la Première Guerre mondiale[2]. Ses parents, trop pauvres pour être en mesure de s'occuper de lui, il quitte Novgorod pour Léningrad en 1927, où il est diplômé en 1931 d'une école technique, et travaille par la suite en tant qu'agronome[2]. En 1938, il devient journaliste pour le journal Leningradskaïa Pravda. Durant la Grande Guerre patriotique, il travaille en tant que journaliste pour différents journaux au front de Léningrad. Dès 1946, il se consacre à des activités littéraires et publie la nouvelle Sur les plaines de la Neva (На невских равнинах), décrivant les souvenirs de la guerre. En 1952, il publie un roman – La Famille Jourbine (Журбины) – qui met en scène la vie d'une dynastie de travailleurs (ce roman a d'ailleurs été adapté au cinéma sous le nom d'Une grande famille), qui sera de nombreuses fois réédité et traduit dans plusieurs langues.

En 1955-1959, il est rédacteur en chef de la Literatournaïa gazeta[3]. Au printemps 1957, il y fait publier les critiques féroces de l’almanach Literatournaïa Moskva qui fait quelques tentatives de retour en grâce des auteurs comme Nikolaï Zabolotski et Marina Tsvetaïeva. Il va jusqu'à obtenir une audience chez Nikita Khrouchtchev pour le mettre en garde contre les tendances libérales du comité de rédaction de l'almanach, dirigé entre autres par Vladimir Doudintsev et Margarita Aliguer, après quoi sa publication sera arrêtée.

Son roman Les Frères Yerchov (Братья Ершовы, 1958) qui condamne le phénomène du dégel et conçu comme une antithèse au roman de Vladimir Doudintsev L'homme ne vit pas seulement de pain, suscite un vif débat parmi les écrivains. Les Frères Yerchov raconte le destin des membres d'une famille de métallurgistes de génération en génération, les progrès techniques dans une usine métallurgique soviétique, le triomphe des idées novatrices, de l'intégrité et de la justice, alors que l'oeuvre de Doudintsev souligne le fossé qui sépare des officiels et de la bureaucratie soviétique et le simple représentant du peuple. Le débat est résumé par le journal Pravda, qui globalement approuve les idées développées par Kotchetov[4].

Le roman de Kochetov Le secrétaire du comité régional (1959-1961) est directement inspiré de l'affaire économique connue comme le miracle de Riazan.

En 1961-1973, il est le rédacteur en chef du mensuel littéraire Octobre[3]. C'est là qu'il publie en 1969 son roman Que voulez-vous exactement ? (Чего же ты хочешь?) où il présente l'idée du plan de destruction de l'URSS par le Bloc de l'Ouest[5]. Selon Kotchetov, vu que l'URSS dispose d'une forte défense militaire, l'ennemi ne pourra pas procéder par la force. A la place, il va pénétrer la vie spirituelle de la population soviétique. D'abord, on va séduire la vielle génération à l'aide de la religion. Chez l'homme d'age mur, on va éveiller le désir de consommation, afin de le détourner de la vie en collectivité et le concentrer sur son confort individuel. Ses besoins vont augmenter, ce qui va le pousser au vol et au détournement de fonds. Puis, en s'attaquant à la jeunesse, on va exploiter son sens naturel de protestation contre tout : parents, société, moralité - elle sera séduite par la destruction complète des idoles et des autorités antérieures, la glorification de l'impétuosité, la sexualisation de l'environnement. Kotchetov ne se contente pas de théoriser, il donne des exemples concrets de la vulnérabilité de ses compatriotes et sa vision d'avenir se révèle assez pessimiste. Cette attitude est critiquée notamment par Ievgueni Ievtouchenko devant le cinquième congres des écrivains soviétiques[6].

Le , Kochetov se suicide dans sa datcha de Peredelkino, en se tirant une balle avec son pistolet Walther PP. Il est inhumé à Moscou au cimetière Novodievitchi.

Décorations

Notes et références

  1. (en) Theodore Shabad, « Vsevolod Kochetov, 61, Dead; A Conservative Soviet Writer », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  2. (en) Patricia Blake, Half-Way to the Moon: New Writing from Russia (Anchor Books, 1965), p. xxxv
  3. (en) Ronald Hingley, Russian Writers and Soviet Society 1917–1978, Taylor & Francis, , 320 p. (ISBN 9781000386714, lire en ligne), p. 205
  4. (en) « New Soviet Novel Hailed By Pravda; Party-Approved Work Seen as Moscow's Answer to 'Not by Bread Alone' », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  5. (en) James F. Clarity, « Novel denounced by soviet liberal », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Klaus Mehnert, Moscow and the New Left : Is The Soviet Union Really Immune ?, University of California Press, , 290 p. (ISBN 9780520339095, lire en ligne), p. 91

Liens externes

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