Vues et Voix
| Vues et Voix | |
| Situation | |
|---|---|
| Région | Québec |
| Création | 1976 |
| Ancien nom | La Magnétothèque |
| Changement de nom | 2011 |
| Type | entreprise d’économie sociale |
| Domaine | livre audio |
| Siège | Montréal |
| Langue | français |
| Organisation | |
| Effectifs | 20 employés, 400 bénévoles |
| Présidente-directrice générale | Marjorie Théodore |
| Personnes clés | Claudia Larochelle, porte-parole |
| Site web | https://www.vuesetvoix.com |
Vues et Voix (anciennement La Magnétothèque) est une association à but non lucratif canadienne située à Montréal dont la mission consiste à produire des enregistrements sonores dans le but de rendre les documents imprimés accessibles aux personnes ayant une déficience visuelle ou d'autres limitations pouvant restreindre l'accès à la lecture.
Historique
Origines et mission initiale
La Magnétothèque, qui deviendra Vues et Voix 35 ans plus tard, est fondée en 1976 par André Hamel, un étudiant à la maîtrise à l'Université de Montréal qui vient de perdre la vue. Inspiré par l'organisme américain Recording for the Blind & Dyslexic (désormais Learning Ally)[1], Hamel souhaite offrir un accès gratuit à la lecture pour toute personne se retrouvant dans l’incapacité de consulter ou d’utiliser des ouvrages imprimés dans leur format traditionnel[2].
Pendant la première décennie de son existence, l'organisme a surtout comme objectif d'enregistrer des documents pédagogiques pour les étudiants malvoyants. Son financement vient alors principalement du ministère de l'Éducation du Québec[1]. Rapidement, l'organisme élargit son offre documentaire afin de répondre aux divers besoins exprimés par les usagers, qu’ils soient liés aux loisirs, à la formation ou au milieu professionnel[2]. À cette époque, l’enregistrement des livres sonores est réalisé sur des bandes magnétiques, un support apprécié pour son format compact, sa facilité d’entreposage ainsi que sa reproduction rapide et en grande quantité à partir d’un seul exemplaire[3].
Croissance et reconnaissance de l'organisme
En 1979, l’organisme atteint déjà une production de 350 ouvrages sonores totalisant près de 7700 heures d’enregistrement, grâce à six studios d’enregistrement professionnel et à l’implication d’environ 225 bénévoles[3]. Cette même année marque également le lancement de la première campagne de financement de l’organisme sous le slogan « J’entends lire… », accompagnée d'un « lecture-o-thon ». Cette activité de lecture publique vise à recueillir des fonds et à promouvoir l'importance de l'accès à la lecture, avec la participation de plusieurs figures publiques, dont Michel Tremblay, Pierre Dufresne, Rita Lafontaine et Michel Louvain[4].
En 1981, René Lévesque, alors premier ministre du Québec, assume la présidence d’honneur lors d'une campagne de financement ultérieure intitulée « Donnez pour voir ». Cette initiative vise à soutenir les activités de l’organisme, à financer l’ouverture d’un deuxième studio à Québec et à mieux répondre aux besoins diversifiés de sa clientèle[5]. Elle contribue par le fait même à accroître la notoriété de l'organisme auprès du grand public, entraînant une augmentation du nombre de clients et de bénévoles lecteurs[6].
Toujours en 1981, la reconnaissance publique de l’organisme s’intensifie lorsque la Magnétothèque reçoit le Prix annuel des Caisses Desjardins pour souligner son approche novatrice et la qualité de son engagement au sein de la communauté[5]. Parallèlement, l’organisme lance le premier magazine-cassette mensuel francophone, qui propose des extraits de revues et de périodiques populaires enregistrés sous format audio[6].
L’année suivante, en 1982, une subvention fédérale destinée aux projets communautaires permet l’ouverture d’un deuxième studio à Sainte-Foy, à Québec. Comprenant six cabines d’enregistrement, ce centre vise à recruter de nouveaux lecteurs bénévoles afin d’accroître la production de documents sonores[7].
En 1985, la Magnétothèque obtient une reconnaissance officielle du Gouvernement du Québec à titre de bibliothèque spécialisée destinée aux personnes en situation de handicap. À partir de 1986, le ministère des Affaires culturelles (désormais le ministère de la Culture et des Communications) lui donne le mandat de produire des livres audios destinés aux loisirs. Dans cette optique, l'organisme doit respecter les orientations établies pour le développement des bibliothèques publiques[1].
En 1986, l’organisme met également sur pied une radio communautaire destinée aux personnes ayant une déficience visuelle ou rencontrant des obstacles à la lecture des documents imprimés. Des bénévoles y lisent quotidiennement des articles de périodiques, des revues francophones et des éditoriaux dans le but de favoriser l’accès à l’information et l’intégration sociale de ses auditeurs[8].
Fusion et modernisation
En 2001, les collections de l’Institut Nazareth et Louis-Braille et de la Magnétothèque fusionnent pour créer le Service Québécois du livre adapté (SQLA)[1].
En 2004, l’organisme bénéficie d’un appui financier du ministère de la Culture et des Communications pour moderniser ses outils technologiques dans le cadre du projet intitulé « En route vers la numérisation »[9]. La transition vers le numérique se déroule donc en trois étapes : la modernisation des cabines d’enregistrement et la formation des bénévoles aux nouvelles technologies, la production des nouveaux livres en format numérique, puis la transformation progressive des collections analogiques existantes vers le format numérique[10].
À partir de 2005, c'est la Bibliothèque et Archives nationales du Québec qui est responsable de diffuser les livres sonores produits par l'organisme[11], via le Service québécois du livre adapté[12]. L'organisme s’oriente alors exclusivement vers la production de livres audios[10].
Changement d'identité et diversification
Le , La Magnétothèque change d’identité, se nommant désormais Vues et Voix. Ce changement découle de l’abandon progressif de la cassette et du magnétophone au profit du format numérique, rendant l’ancienne appellation désuète[13]. L'organisme élargit alors son mandat pour inclure non seulement les personnes aveugles et malvoyantes, mais également les décrocheurs scolaires, les analphabètes, les individus en apprentissage du français, ainsi que les personnes présentant des limitations physiques ou des troubles d'apprentissage (comme la dyslexie)[14].
La présidente-directrice générale est Marjorie Théodore. En 2015, l'auteure et animatrice Claudia Larochelle devient porte-parole de Vues et Voix[15].
Confronté à une réduction de ses subventions, l’organisme entreprend en 2017 la production de livres audios commerciaux afin de financer la continuité de ses activités[16]. Ainsi, alors que les livres produits en collaboration avec le SQLA sont disponibles gratuitement aux personnes malvoyantes via la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Vues et Voix lance en , dans le cadre du Salon du livre de Montréal, une boutique en ligne qui propose des livres audios au grand public[17]. En 2019, l’organisme s’associe à nouveau au Salon du livre de Montréal en participant à la création d’un espace consacré exclusivement au livre audio, visant à mettre en valeur son caractère inclusif et accessible[16].
Mission et activités
Près de 20 employés et 400 bénévoles contribuent à la production d'environ 750 livres audios chaque année. Ces bénévoles, regroupés en paires, reçoivent une formation préalable portant sur les aspects techniques, la lecture à voix haute et l’annotation[10].
Le principal client de Vues et Voix est Bibliothèque et Archives nationales du Québec[18]. L’organisme doit suivre la Politique de développement des collections pour les livres adaptés du Service québécois du livre adapté, qui prend notamment en considération la facilité avec laquelle les documents peuvent être convertis en format sonore[10].
Les livres sont proposés en format adapté DAISY (Digital Accessible Information SYstem), qui est décrypté à l'aide du lecteur Victor auquel ont accès les personnes atteintes d'un handicap visuel. Ce format vise à reproduire aussi fidèlement que possible l'expérience de lecture d'un livre imprimé. Il permet au lecteur de naviguer aisément et de façon interactive à l'intérieur d'un document, en accédant rapidement à une page, un chapitre, une table des matières, un passage précis ou un signet, tout en offrant la possibilité d'ajuster la vitesse de lecture[19],[20].
Vues et Voix propose également sa propre radio, le Canal M, qui aborde des enjeux qui concernent les personnes ayant un handicap[21].
Notes et références
- Valérie R. Carbonneau, « Magnétothèque - La bibliothèque aux 10 000 livres sonores », Le Devoir, , p. 6 (lire en ligne)
- « Améliorer la vie des non-voyants depuis plus de 100 ans », sur Radio-Canada,
- Marie-France Bouillon, « Lire avec l'oreille », Le Soleil, vol. 21, no 29, , p. 6 (lire en ligne)
- ↑ « La Magnétothèque cherche $100,000 », Le Devoir, , p. 7 (lire en ligne)
- Marie Laurier, « Lévesque s'associe à la campagne de souscription de la Magnétothèque », Le Devoir, vol. 72, no 166, , p. 2 (lire en ligne)
- « Lancement du premier magazine sur cassette de la francophonie », La Presse, , p. 15 (lire en ligne)
- ↑ Pierre Martel, « La Magnétothèque ouvre un studio à Sainte-Foy », Le Soleil, , p. 2 (lire en ligne)
- ↑ Marie Laurier, « Nouveau service de la Magnétothèque - Les aveugles peuvent maintenant « lire » leur journal à la radio », Le Devoir, vol. 79, no 169, , p. 11 (lire en ligne)
- ↑ Office des personnes handicapées du Québec, Revue de l'année 2004-2005 : Action gouvernementale et personnes handicapées, (lire en ligne), p. 109
- Esther Laforce, Eve Lagacé, Karine Lamy et Christiane Melançon, « La Magnétothèque, une institution au service des malvoyants », Argus, vol. 34, no 2, , p. 36-40 (lire en ligne)
- ↑ « La Magnétothèque devient Vues et Voix », sur ici.radio-canada.ca, (consulté le ).
- ↑ « Historique », sur vuesetvoix.com (consulté le ).
- ↑ Ève Payette, « De la lecture pour les déficients visuels », Radio-Canada, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « La Magnétothèque s'offre une identité moderne et tourne une page importante de son histoire », sur newswire.ca, (consulté le ).
- ↑ « Claudia Larochelle devient la porte-parole de Vues et Voix », sur patwhite.com, (consulté le ).
- (fr-CA) Iris Gagnon-Paradis, « Lire avec ses oreilles », La Presse, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Lancement de la boutique en ligne « Vues et Voix » », sur salondulivredemontreal.com, (consulté le ).
- ↑ Benoit Valois Nadeau, « Appel à l'aide pour les livres audios adaptés », sur journalmetro.com, (consulté le ).
- ↑ « FAQ - Quels sont les avantages d'un livre audionumérique enregistré en format DAISY », sur banq.qc.ca (consulté le ).
- ↑ Ariane Chalifoux, « L’évolution du Service québécois du livre adapté et des collections adaptées au Québec en 2024 », Documentation et bibliothèques, vol. 70, no 4, , p. 12-19 (lire en ligne)
- ↑ Mario Girard, « Prête-moi ta voix », sur plus.lapresse.ca, (consulté le ).
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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