Wagap
| Wagap | ||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Collectivité | ||
| Province | Province Nord | |
| Commune | Poindimié | |
| Aire | Paici-Camuki | |
| District | Wagap | |
| Chef | Jean-Noël Lepeu | |
| Démographie | ||
| Population | 78 hab. (1996) | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | 20° 53′ 00″ sud, 165° 16′ 01″ est | |
| Localisation | ||
| Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Calédonie
| ||
Wagap ou Ouagap est une tribu kanake et un village français de Nouvelle-Calédonie, située sur le territoire de la commune de Poindimié, dans le district coutumier également appelé Wagap et l'aire coutumière Paici-Camuki.
Histoire
Ancien poste militaire[1] et mission catholique de la région de Touho, Charles Lemire décrit le village dans son Voyage à pied en Nouvelle-Calédonie et description des Nouvelles-Hébrides en 1884 : « Une grande église, deux maisons à étages avec balcons, voisines d'une fontaine sculptée, s'élèvent à côté du village indigène... »[2].
Le poste militaire a été établi en 1802 et est en ruine à la suite d'un cyclone lorsque Lemire le visite[3]. Victor de Rochas visite le lieu dans les années 1860 et y étudie le sol argilo-sablonneux ainsi que les cultures[4].
Jules Patouillet, cherchant à étudier les populations, s'y installe en 1867 et y épouse le style de vie des Canaques[5].
En 1870, le rapport des Missions catholiques indique « Population : 2 400 habitants, dont 764 catholiques, 30 catéchumènes. Il y a eu, en 1870, 166 baptêmes d'adultes, dont 21 à l'article de la mort, 60 baptêmes d'enfants de dix à dix-huit ans »[6].
Contextes
En , les missionnaires maristes français maintenaient une présence limitée dans le nord de la Nouvelle-Calédonie depuis presque deux décennies. Peu après l'annexion française en 1853, ils s'étaient installés à Touho et à l'endroit appelé par les Européens « Wagap », parmi des gens qu'ils désignaient d'ordinaire sous le terme collectif de « tribu de Wagap ». Cette « tribu » était alors dépeinte comme puissante, turbulente et divisée en plusieurs factions. Malgré l'attitude favorable envers les missionnaires du supposé « grand chef » connu par les Européens sous le nom d'« Emmanuel Apengou » et localement sous celui d'Apitéèngen, la « tribu de Wagap » avait donné à la mission beaucoup de fil à retordre[7].
En , presque dix années de « tutelle » française n'avaient pas exercé une influence notable sur la plus grande partie de la Grande Terre, si ce n'est celle de quelques expéditions punitives très dévastatrices sur le plan matériel, mais peu coûteuses en vies humaines. Pourtant, dès 1855, les Français ont imaginé que la colonie était assaillie par une série de coalitions du Nord, dont on supposait que la raison d'être était la résistance à l'influence missionnaire et par extension au régime colonial. En vertu des attitudes ethno- centriques et égocentriques courantes des colonisateurs, les administrateurs et les missionnaires pensaient que les conflits entre Mélanésiens devaient exprimer soit une opposition, soit un soutien, à la France et au christianisme. De plus, ces colonisateurs estimaient que leurs opposants locaux devaient leur statut social et politique du moment à leur rejet de la présence européenne. Vers la fin de 1861, Apengou de Wagap mourut. Deux mois plus tard, une nouvelle coalition, prêtée dans les textes coloniaux aux « criminels desseins » de la « famille du grand chef »,23 détruisit la mission de Touho et assiégea celle de Wagap : ce furent les premiers faits de « l'affaire de Wagap de 1862 [7]».
Identifications
Selon Bensa et Rivierre, les traditions orales cèmuhî sont des histoires culturelle- ment spécifiques, utilisées dans les stratégies politiques locales, au sein de contextes où le pouvoir est instable et dépend de « l'accumulation d'un capital symbolique » plutôt que matériel. Dans un tel jeu politique, les acteurs tissent la toile de leurs relations personnelles, en manipulant les ingrédients mythiques que sont les toponymes, les noms et les symboles.24 De telles histoires n'ont rien à voir ni avec les traditions dominantes de l'historiographie occidentale, qui tantôt célèbre tantôt démonise les personnages, ni avec la tendance de l'anthropologie à dépersonnaliser et à détemporaliser systématiquement ses données. Notre epistemologie pluraliste et antipositiviste entend prendre en compte autant de registres d'expression apparemment contradictoires, en favorisant la coexistence et le tissage de modes différents de représentation.
Nous examinerons d'abord une série de représentations relatives à deux acteurs kanak du passé colonial et indigène, en essayant de les localiser socialement et spatialement ; ensuite, nous considérerons la production poétique et politique relative aux images de ces deux hommes et de quelques- uns des événements où ils apparaissent. Ces hommes sont Apengou et aussi « Kahoua de Poyes », mais seul Apengou a laissé des traces significatives dans les histoires indigènes recueillies par Bensa et Rivierre : selon le texte kanak écrit que Rivierre a publié - c'est-à-dire l'histoire officielle du lignage Waka Amo, le lignage même d'Apitéèngen (Apengou) - ce dernier aurait été encore vivant en 1862 en tant qu'acteur politique central de l'« affaire de Wagap ».25 La personne et les actions de cet homme, en fait décédé depuis peu quand éclata « l'affaire », ont projeté leur ombre sur la compréhension coloniale de l'affaire.
Bibliographie
- Wagap, histoire de la côte Est, Nouvelle-Calédonie, Société d'études historiques de la Nouvelle-Calédonie, 1896
Notes et références
- ↑ Supprimé dans les années 1870 (voir Les Missions catholiques, vol.3-4, 1870, p. 112)
- ↑ Voyage à pied en Nouvelle-Calédonie et description des Nouvelles-Hébrides, 1884, (Lire)
- ↑ Op. cit.
- ↑ Victor de Rochas, La Nouvelle Calédonie et ses habitants: productions, mœurs, cannibalisme, 1862, p. 19-32
- ↑ Trois ans en Nouvelle-Calédonie, 1873, cité par Numa Broc, Dictionnaire des Explorateurs français du XIXe siècle, T.4, Océanie, CTHS, 2003, p. 306-307
- ↑ Les Missions catholiques, vol. 3-4, 1870, p. 112
- Bronwen Douglas, « L'histoire face à l'anthropologie : le passé colonial indigène revisité », Genèses, vol. 23, no 1, , p. 125–144 (ISSN 1155-3219, DOI 10.3406/genes.1996.1390, lire en ligne, consulté le )
Lien externe
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