Walter Spitzer

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 93 ans) 14e arrondissement de Paris |
| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Activités |
| Distinctions |
|---|
Walter Spitzer, né le à Cieszyn en Pologne, à la frontière de la Tchécoslovaquie et mort le à Paris, est un artiste peintre, lithographe et sculpteur français, d'origine polonaise, survivant et témoin de la Shoah.
Biographie
Famille
Walter Spitzer naît le à Cieszyn en Pologne[1], à la frontière de la Tchécoslovaquie. Il est le fils de Samuel Spitzer, un fabricant de liqueur[2]. Sa mère, Margaret[2] (Gretta) Spitzer[3], est employée des chemins de fer[2]. Il a un frère aîné, Harry Spitzer[2]. La famille est peu pratiquante mais elle respecte les fêtes religieuses juives[2].
Seconde Guerre mondiale
Son père, Samuel Spitzer, meurt de maladie après une chirurgie[3], en [4].
En , les Juifs sont bannis de Cieszyn et Walter Spitzer et sa famille se réfugient à Strzemieszyce Wielkie ou Strzemieszyce[2] (aujourd'hui Dąbrowa Górnicza), où il travaille comme photographe et soudeur[4].
En 1940, son frère Harry Spitzer est arrêté par les Allemands[3].
Déportation
En 1943, à l'âge de 16 ans, Spitzer est déporté au camp de concentration de Gross-Rosen, situé près de la gare ferroviaire de Breslau (appelé aujourd'hui Wroclaw, en Pologne), puis à Blechhammer, camp de travail rattaché à Auschwitz[5],[6].
À Auschwitz, il est tatoué avec le numéro « 78489 ». C'est à Auschwitz qu'il est séparé de sa mère[3]. Après une tentative d'évasion[2], elle est exécutée par les nazis[5].
En , il fait partie d'une marche de la mort d'Auschwitz vers Buchenwald. À la libération, il sert d'interprète pour une unité de l'armée américaine[4].
Arrivée en France
Vers la fin de 1945, Spitzer immigre en France[4]. Il passe quelque temps à Moissac (Tarn-et-Garonne) avec son ami Jules Fainzang[2]. Il étudie aux Beaux-Arts de Paris. Il consacre sa vie à la mémoire de la Shoah[4].
Descendance
Walter Spitzer a quatre enfants : Catherine, Anne, Benjamin et Eva[5].
Mort
Il meurt le , à l’hôpital Saint-Joseph à Paris, dans le 14e arrondissement[1], après avoir lutté une semaine contre le Covid[5].
Décorations
Officier de la Légion d'honneur (2018)[7]
Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres[5]
Officier de l'ordre national du Mérite (2019)[5]
Œuvres
Écrits
- « Les Auschwitz : témoignages », de Georges Snyders, Jacqueline Fleury et Walter Spitzer, Rodéo d'Âme, 2012, (ISBN 978-2-9529128-9-1)[9]
Livres illustrés
- La Condition Humaine, André Malraux, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1961.
- La Voie Royale, André Malraux, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1961.
- Les Noyés de l'Altenburg, André Malraux, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1961.
- Le Temps du Mépris, André Malraux, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1961.
- Les Conquérants, André Malraux, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1961.
- La Tentation de l'Occident, André Malraux, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1961.
- L'Espoir, André Malraux, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1961.
- Les Bestiaires, Henry de Monterlant, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1964.
- Le Chaos et la Nuit, Henry de Monterlant, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1964.
- La Nausée, Jean-Paul Sartre, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1964-65.
- Le Mur, Jean-Paul Sartre, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1964-65.
- L'Âge de Raison, Jean-Paul Sartre, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1964-65.
- Le Sursis, Jean-Paul Sartre, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1964-65.
- La Mort dans l'Âme, Jean-Paul Sartre, illustré de lithographies originales. Editions Lidis, Imprimerie Nationale, 1964-65.
- L'Odyssée (1924-1932), Níkos Kazantzákis, traduction de Jacqueline Moatti, lithographies originales de André Cottavoz, Paul Guiramand, André Minaux et Walter Spitzer. Editions Richelieu, Plon, 1968-1969, FRBNF33061452.
- Au Bon Beurre, Jean Dutourd, illustré de lithographies originales. Editions André Sauret, Monte-Carlo, 1972.
- Belle Marquise d'après Molière, illustré de gravures originales de Mario Avati, Michèle Bardet, J.J.J. Rigal, Jean Peschard, Denis Morog, Walter Spitzer, Lars Bo, Claude Bogratchew, Louis Chavignier, Yves Jobert, Yves Charnay, Michel Giraud, André Gas, Michel Potier, Michel Mathonnat, Alain Loiselet, Noël Gouilloux et Ludmilla Balfour. Editions Les Impénitents, 1974.
Monuments
- Square de la Place-des-Martyrs-Juifs-du-Vélodrome-d'Hiver (place des Martyrs-Juifs-du-Vélodrome-d'Hiver)
- Mémorial des victimes de la Rafle du Vélodrome d'Hiver, Walter Spitzer, sculpteur, et Mario Azagury, architecte (1994).
- Monuments aux morts du 15e arrondissement de Paris, Monument aux victimes des persécutions racistes et antisémites (1995), quai de Grenelle[Où ?]
Notes et références
- Insee, « Acte de décès de Walter Spitzer », sur MatchID (consulté le ).
- Peggy Frankston. Walter Spitzer-cnrd2016. USC Shoah Foundation. Paris. 15 novembre 1995.
- (en) Cover for a set of etchings by Walter Spitzer inscribed by the artist, sur collections.ushmm.org.
- (en) Walter Spitzer: Children in a Concentration Camp. Ghetto Fighters House Archives.
- « Décès de Walter Spitzer, artiste peintre français et survivant de la Shoah » sur fr.timesofisrael.com, le 14 avril 2021.
- ↑ Roxana Azimi, « L’artiste Walter Spitzer, rescapé de la Shoah, est mort sur lemonde.fr, 15 avril 2021.
- ↑ « Décret du 15 novembre 2018 portant promotion et nomination », sur legifrance.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ « Décret du 31 décembre 2006 portant promotion et nomination », sur legifrance.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ Snyders, Georges, (1917-2011). et Spitzer, Walter, (1927- ...)., Les Auschwitz : témoignages, Rodéo d'âme, impr. 2012, 76 p. (ISBN 978-2-9529128-9-1 et 2952912890, OCLC 862782100, lire en ligne)
Voir aussi
Articles connexes
- Tenou'a
- Rafle du Vélodrome d'Hiver
- Elie Wiesel
- Parce que j'étais peintre
- Níkos Kazantzákis
- Liste des monuments aux morts du 15e arrondissement de Paris
- Georges Yoram Federmann
- Pierre Bichet
- Liste des peintres juifs de l'École de Paris
- Les Mangeurs de lotus
- Place des Martyrs-Juifs-du-Vélodrome-d'Hiver
- Les Bestiaires
- Ulysse (poème)
- Christophe Cognet
- Square de la Place-des-Martyrs-Juifs-du-Vélodrome-d'Hiver
- Andrée Bordeaux-Le Pecq
- André Cottavoz
- Liste des œuvres publiques du 15e arrondissement de Paris
Liens externes
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Portail de la peinture
- Portail de la gravure et de l'estampe
- Portail de la sculpture
- Portail du judaïsme
- Portail de la Pologne
- Portail de Paris
- Portail de la Seconde Guerre mondiale
- Portail de la Shoah