Weh (Zhoa)

Weh
Administration
Pays Drapeau du Cameroun Cameroun
Région Nord-Ouest
Département Menchum
Démographie
Population 6 945 hab. (2005[1])
Géographie
Coordonnées 6° 27′ 33″ nord, 10° 07′ 14″ est
Altitude 1 072 m
Localisation
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Weh

Weh (ou We) est un village du Cameroun situé dans l’arrondissement de Fungom, dans le département de Menchum et dans la Région du Nord-Ouest. C'est aussi le siège d'une chefferie traditionnelle de 2e degré[2].

Localisation

Weh est situé à environ 59 km de Bamenda, le chef lieu de la région du Nord-Ouest, et à 327 km de Yaoundé, la capitale du Cameroun.

Histoire

L’histoire du village de Weh est liée à celle du fondom (royaume d'un fon) éponyme, dont les origines remontent à environ 1750. Les premiers habitants, issus d’une migration tikar depuis le pays bamoun, s’installent sous la conduite de Tshumbeiseng, considéré comme le fon fondateur de la dynastie. Par la suite, d’autres groupes rejoignent le territoire, comme les Ukpwa, qui fondent le quartier Kefum, et les Zhoa, qui séjournent temporairement avant de poursuivre leur migration. Ces vagues successives contribuent à l’essor d’une communauté unifiée, malgré des crises de pouvoir et des conflits avec les royaumes voisins, notamment les Aghem et les Kuk, ainsi que des raids répétés des Chamba au XIXe siècle[3].

À partir des années 1840, le fondom se dote d’un système politique plus organisé, structuré autour du fon et d’un conseil traditionnel composé des chefs de lignage et des chefs de quartier. L’économie repose alors sur l’agriculture, l’élevage, le commerce et le travail du fer, qui permet aux habitants de produire et d’exporter des outils et des armes. La vie religieuse occupe une place centrale, organisée autour du culte d’un dieu suprême, Keze, et de nombreuses sociétés rituelles et initiatiques[3].

Au début du XXe siècle, le village est intégré dans la colonie du Kamerun en 1912, avant d’être remplacés par le Cameroun britannique en 1915. Weh est alors administré dans le dans ce cadre jusqu’en 1961, date à laquelle il est rattaché à l’État camerounais indépendant. Malgré l’impact du colonialisme et des missions chrétiennes, les institutions traditionnelles et certains aspects de la culture locale se maintiennent jusqu’à nos jours[3].

Population

Lors du recensement de 2005, 6 945 habitants, dont 3 190 hommes et 3 755 femmes[1] ont été dénombrés.

Langue

C'est la principale localité où l'on parle une langue bantoïde des Grassfields du groupe Ring, le weh[4] – qui porte le même nom que le village.

Infrastructures

À Weh, il y a deux centres de santé, une pour Presbyterian Church in Cameroon, qui date de 1978 et l'autre qui appartient à l'État et qui date de 2015. Il y a sept écoles primaires - une école catholique et une école presbytérienne, quatre écoles publiques. Pour le secondaire, un lycée, un lycée technique et une CES[5].

Économie et société

Situé dans une zone rurale aux sols fertiles, à l'intersection de plusieurs routes, Weh est un village-carrefour qui a subi l'influence des cultures de nombreux commerçants ou voyageurs[6].

Notes et références

  1. Répertoire actualisé des villages du Cameroun. Troisième recensement général de la population et de l'habitat du Cameroun, Bureau central des recensements et des études de population, vol. 4, tome 7, 2005, p. 309 [1]
  2. « Chefferie Weh », in Annuaire des chefferies traditionnelles, Ministère de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, 2012, consulté le 30 juin 2018
  3. (en) Michael Kpughe Lang, « Weh », dans Saheed Aderinto, African Kingdoms : An Encyclopedia of Empires and Civilizations, ABC-CLIO, , 383 p. (ISBN 978-1-61069-579-4), p. 273-277
  4. Ethnologue [weh].
  5. (en) Plan de développement communal de Zhoa, février 2012
  6. (en) George Epah and Njang Cecilia Ntem, « Cultural Practices and Female Adolescent Self-Concept in Weh Village », in Willibroad Dze-Ngwa, E. S. D. Fomin, Daniel Abwa, Albert-Pascal Temgoua, Boundaries and History in Africa, African Books Collective, 2013, p. 513 (ISBN 9789956791019)

Annexes

Bibliographie

  • (en) K. C. Cheghe, General History of Weh, Université Yaoundé I, 2001 (mémoire de maîtrise)
  • (en) George Epah and Njang Cecilia Ntem, « Cultural Practices and Female Adolescent Self-Concept in Weh Village », in Willibroad Dze-Ngwa, E. S. D. Fomin, Daniel Abwa, Albert-Pascal Temgoua, Boundaries and History in Africa, African Books Collective, 2013, p. 501-428 (ISBN 9789956791019)
  • (de) C. Geary, We, die Genese eines Hauptlingstum im Grasland von Kamerun, Franz Steiner, Wiesbaden, 1976
  • (en) C. Geary, « The historical development of the chiefdom of We (Southern Fungom) », in Claude Tardits (dir.), Contribution de la recherche ethnologique à l'histoire des civilisations du Cameroun, vol. 2, CNRS, Paris, 1981, p. 383-392

Liens externes

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