Wenzel Hablik

Wenzel Hablik
Autoportrait de Wenzel Hablik en 1927
Biographie
Naissance
Décès
(à 52 ans)
Itzehoe
Nationalités
allemande (à partir de )
Bohême
Activités
Période d'activité
Conjoint
Elisabeth Lindemann (en)
Autres informations
Membre de
Mouvement

Wenzel August Hablik, également connu sous les noms de Wenceslav Hablik et Wilhelm August Hablik (né le à Brüx en Autriche-Hongrie, mort le à Itzehoe en Allemagne), est un artiste, peintre, architecte, concepteur graphique et artisan, associé aux courants artistiques de l'Arts and Crafts et de l'expressionisme allemand[1].

Biographie

Wenzel August Dominik Hablik naît le à Brüx en Autriche-Hongrie[2]. Il est le fils d'un menuisier[2].

En 1903, pendant ses études à Kahlenberg (près de Vienne), Wenzel Hablik se passionne pour les débuts de l'aéronautique, marqués par les premiers vols des frères Wright[3].

De 1905 à 1907, Wenzel Hablik étudie à Prague. Durant cette période, il conçoit un projet de livre de contes où des cristaux se métamorphosent en châteaux volants[3]. En 1908, il imagine une cité volante à bord de laquelle il réaliserait un projet de société meilleure, en harmonie avec la nature. Il se livre à des recherches et à des essais de vols afin de préparer sa concrétisation[3].

Il est membre de l'association Deutscher Künstlerbund, mais reste davantage connu pour ses gravures et ses tableaux, et pour ses liens avec le mouvement de l'expressionnsme allemand, notamment via l'association Arbeitsrat für Kunst[4],[5].

Vers la fin des années 1900, Wenzel Hablik abandonne le réalisme pour des peintures plus abstraites, qui s'inspirent toutefois de la vie organique, notamment aquatique, ainsi que des étoiles[6]. En 1909, Wenzel Hablik achève Schaffende Kräfte (Forces créatrices) une série de vingt gravures représentant des structures cristallines, qu'il expose en 1912[1],[7].

Pendant la Première guerre mondiale, Hablik est employé comme artiste de guerre sur le front d'Italie, durant les batailles de l'Isonzo[8].

En 1917, Wenzel Hablik épouse la tisserande et créatrice textile allemande Elisabeth Lindemann (1879–1960). Ils partagent un studio et un atelier à Itzehoe[9],[10].

Après la Première guerre mondiale, Wenzel Hablik peint et publie un portfolio consacré à la mer Das Meer (La Mer, 1918), et par la suite, un autre portfolio regroupant plusieurs architectures imaginaires futuristes, notamment des installations aériennes, comme dans Cyklus Architektur —Utopia (Cycle architectural — Utopie, 1925)[3].

Il reçoit, toujours durant les années 1920, des commandes pour réaliser l'ameublement et la décoration intérieure de plusieurs résidences[3].

En 1919-1920, il prend part au Gläserne Kette, une correspondance épistolaire entre plusieurs architectes proches du mouvement expressionniste allemand, dont Bruno Taut (qui lance l'idée), Hermann Finsterlin, Wassili Luckhardt et Hans Scharoun. Les artistes y développent une utopie dont l'architecture s'inspire des structures des cristaux[11].

Œuvre

Dans la lignée des œuvres de Bart van der Leck, les tableaux de Wenzel Hablik visent à remettre en cause les limites de l'architecture, par exemple par le recours à la peinture murale appliquée parfois même au sol et au plafond. Les expérimentations de Hablik ne s'appuient pas sur une théorie mais adoptent une approche ludique, proche de celle de Bruno Taut[12].

Son tableau Firmament, en 1913, constitue l'une des toutes premières représentations picturales de l'univers au début du XXe siècle, appuyée sur les découvertes alors toutes récentes rendues possibles par la photographie astronomique, grâce à laquelle les artistes peuvent désormais s'inspirer de vues de nébuleuses et de la Voie lactée[3]. Hablik s'intéresse à ce thème dès 1909 avec son tableau Nuit étoilée (Sternenhimmel Versuch)[13].

Hablik fabrique également des objets, comme la Boîte de la forme de Saturne en 1922, ainsi que de petites sculptures en forme d'animaux[3].

Wenzel Hablik crée également des motifs de tissage[6].

Plusieurs œuvres de Hablik figurent dans l'exposition Traces du sacré au Centre Pompidou à Paris en 2008, qui le rapproche d'autres artistes auteurs d'architectures utopistes, comme Bruno Taut et Hans Scharoun[14]. Ce lien entre Hablik et les architectures imaginaires est également mis en avant lors de l'exposition Architectures impossibles au Musée des beaux-arts de Nancy en 2023[15]. En 2017, il est exposé dans le cadre de l'exposition Au-delà des étoiles. Le paysage mystique de Monet à Kandinsky au Musée d'Orsay à Paris[13].

Publications

Le musée Wenzel Hablik, à Itzehoe en Allemagne.
  • Schiffbau und Künstlergeist. In: Neue Revue, volume 1, n°22, Berlin, 1908.
  • Die gegenwärtige Ausstellung, dans : Wenzel und Elisabeth Hablik (Malerei und Webarbeiten), Ausstellungen und Vorträge im Altonaer Museum, n°50, Altona, 1918.
  • Die freitragende Kuppel und ihre Variabilität …. dans la revue Frühlicht, numéro 3, Magdeburg, 1922 (numérisé sur Gallica).
  • Dom! dans : Oskar Beyer (Herausgeber), Schöpfung, Berlin, 1923.
  • Ewiges Handwerk. dans : Handwerkskunst im Zeitalter der Maschine, Kunsthalle Mannheim, 1928.

Musée

En 1995, le Wenzel Hablik Museum est fondé à Itzehoe en Allemagne pour rassembler et exposer la plupart des œuvres de l'artiste, ainsi que ses collections de cristaux, de minéraux, de coquillages et d'escargots[16],[17].

Notes et références

  1. (en) « Wenzel August Hablik », sur Oxford Reference,
  2. « Wenzel Hablik - Steinburger Geschichte », sur www.steinburger-geschichte.de (consulté le )
  3. « Wenzel Hablik visionnaire : les fables utopiques d’un architecte du cosmos – Vie des arts », sur Érudit (consulté le )
  4. (de) Systemadministrator, « Deutscher Künstlerbund e.V. » [archive du ], sur www.kuenstlerbund.de (consulté le )
  5. (en) Iain Boyd Whyte, Modernism and the Spirit of the City, Routledge, (ISBN 978-1-135-15866-8), p. 10
  6. « HABLIK, Wenzel - Le Delarge -Le dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains », sur www.ledelarge.fr (consulté le )
  7. Timothy O. Benson et al., Expressionist Utopias, Berkeley, University of California Press, 2001, p. 210.
  8. (en-US) Bruce Sterling, « Wenzel Hablik: Crystal Cities in the Air », Wired,‎ (ISSN 1059-1028, lire en ligne, consulté le )
  9. « Elisabeth Lindemann | Object:Photo | MoMA », sur www.moma.org (consulté le )
  10. « Vita Hablik-Lindemann | Wenzel-Hablik-Museum », sur wenzel-hablik.de (consulté le )
  11. (en) Valerie J. Fletcher, Dreams and Nightmares: Utopian Visions in Modern Art, Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, , p. 71
  12. Anne-Marie Châtelet, « L’art et le mur. Les relations entre peintres et architectes au début des années vingt », dans Actes du Ve congrès national d'archéologie et d'histoire de l'art : Bordeaux, 21-24 octobre 1999, Publications de l’Institut national d’histoire de l’art, coll. « Voies de la recherche », (ISBN 978-2-917902-58-5, lire en ligne)
  13. « Au-delà des étoiles. Le paysage mystique de Monet à Kandinsky | Musée d'Orsay », sur www.musee-orsay.fr (consulté le )
  14. cda, « Sur les chemins du sacré et du spirituel », sur Connaissance des Arts, (consulté le )
  15. Florence Larcher, « Exposition : « Architectures impossibles », Nancy, Musée des beaux-arts, 19 novembre 2022-19 mars 2023 », sur Collectif d'Historiens de l'Art de la Renaissance, (consulté le )
  16. (de) M. V. S. Import, « Wenzel Hablik (Berlin) », sur db deutsche bauzeitung, (consulté le )
  17. « Wenzel-Hablik-Museum | », sur wenzel-hablik.de (consulté le )

Bibliographie

  • Julie Kennedy, « Wenzel Hablik visionnaire : Les fables utopiques d’un architecte du cosmos », Vie des arts, vol. 43, no 175,‎ , p. 49-51 (lire en ligne)
  • (en) Anthony Tischhauser et Eugene Santomasso, W. Hablik : Designer, Utopian, Architect, Expressionist, Artist, 1881–1934, Londres, Architectural Association Publications,
  • (de) Katrin Maibaum (éditeur scientifique) et Katharina Gräber (éditeur scientifique), Wenzel-Hablik Museum, Wenzel Hablik - Expressionistische Utopien : Malerei, Zeichnungen, Architektur (catalogue de l'exposition tenue au Martin-Gropius-Bau, à Berlin, du 2 september 2017 au 14 janvier 2018), Münich, Prestel Verlag, , 207 p. (ISBN 978-3-7913-5702-7 et 3-7913-5702-6, EAN 9783791357027, SUDOC https://www.sudoc.fr/219920001)
  • (de) Gerda Breuer, Museum Künstlerkolonie Darmstadt (Allemagne), Mathildenhöhe (Darmstadt, Allemagne), Wenzel Hablik Stiftung (Izehoe, République tchèque), Wenzel Hablik, Architekturvisionen 1903-1920 (catalogue d'une exposition tenue successivement à Darmstadt aux Ateliers im Museum Künstlerkolonie du 5 mai au 18 juin 1995 ; à Darmstadt, à l'Institut Mathildenhöhe en 1995 ;et à Itzehoe, au Wenzel Hablik Stiftung, également en 1995), Darmstadt, Häusser, , 111 p. (ISBN 3-89552-013-6 (édité erroné), SUDOC https://www.sudoc.fr/075518759)
  • (it) Wenzel Hablik, attraverso l'espressionismo: Firenze, Museo Mediceo, Palazzo Medici Riccardi, 7 dicembre 1989 - 21 gennaio 1990, Vienna, Hochschule für angewandte Kunst in Wien, 22 marzo - 26 aprile 1990, Schleswig, Schleswig-Holsteinisches Landesmuseum Schloß Gottorf, 16 settembre - 11 novembre 1990 = Wenzel Hablik, Expressionismus und Utopie, Centro Di, coll. « Cat[aloghi] / Centro DI », (ISBN 978-88-7038-179-5, SUDOC https://www.sudoc.fr/021545901)

Liens externes

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