William Lee (inventeur)
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Le révérend William Lee (vers 1550 - 1614) est un ecclésiastique anglais, inventeur de la machine à tricoter les bas, considéré comme l'un des premiers contributeurs à la mécanisation de l'industrie du textile.
C'était une machine à tricoter manuelle dont la forme rappelait les métiers à tisser de l'époque.
Après avoir terminé ses études aux Christ College puis à Saint John's College à Cambridge[1], William Lee revient vivre chez lui à Calverton près de Nottingham. En 1589, il invente la machine à tricoter les bas et permet à la bonneterie de devenir la principale activité des Midlands[2].
Le tricot pose des problèmes techniques qui restent longtemps sans réponse. Ce tissage à un fil semble être apparu au XVe siècle. Avec l’invention de Lee, on passe rapidement du tricotage manuel à une machine dont l’automatisme est déjà avancé et qui doit encore faire l’admiration de Diderot au milieu du XVIIIe siècle[3].
Dans les premières années de son invention, William Lee se voit refoulé de partout. Il présenta son métier à tricoter à la reine Élisabeth Iᵉʳ, qui refusa de lui accorder un brevet, estimant que son invention « plongerait [ses sujets] assurément dans la misère, privés de leur emploi, ils deviendraient des mendiants ». Lee quitta l'Angleterre pour tenter sa chance en France, sans succès. Il revint alors en Angleterre pour demander un brevet auprès de Jacques Iᵉʳ, successeur d’Élisabeth Iᵉʳ, mais essuya un nouveau refus, par crainte que son invention ne provoque une instabilité politique[4]. Il se retrouve même menacé, tant son invention bouleverse la production et donne de crainte à la population ouvrière.
Avec les grèves d’imprimeurs du milieu du XVIe siècle, ce sont les premières manifestations ouvrières et destructions de machines[3].
En 1666, la machine de William Lee est introduite en France par Jean Hindret qui fonde la manufacture du château de Madrid à Neuilly-sur-Seine.
On parlerait aujourd'hui de « destruction créatrice » pour décrire cette innovation technologique qui remplacera par la suite les méthodes existantes et bousculera l'ordre économique et sociale [4].
Voir aussi
Notes et références
- ↑ « William Lee », sur Victorian Web (consulté le )
- ↑ Les Luddites – Bris de machines, économie politique et histoire
- Histoire des techniques - Bertrand Gille
- Daron Acemoglu et James A. Robinson (trad. Patrick Hersant, préf. Philippe Aghion), Pourquoi les nations échouent : Prospérité, puissance et pauvreté, Paris, Flammarion, coll. « Champs essais », , 1ʳᵉ édition française 2025 éd., 263-264 p. (ISBN 978-2-0804-9340-8)
Bibliographie
- Bertrand Gille (dir.), Histoire des Techniques, Paris, Gallimard, coll. « La Pléiade », 1680 p. (ISBN 978-2-07-010881-7, lire en ligne)
- Maurice Daumas (dir.), Histoire Générale des techniques, Paris, PUF, coll. Quadrige, t.2, pp. 237-240
- Vincent Bourdeau, François Jarrige, Julien Vincent. Les Luddites – Bris de machines, économie politique et histoire. Editions è®e (ISBN 2-915453-11-X)
- André Boisseau (préf. Jean Darbot), Mémoires de mailles, Troyes, La Maison du boulanger, , 454 p. (ISBN 978-2-913052-31-4, présentation en ligne)
Liens externes
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