Willie Doyle

William Joseph Gabriel Doyle
Fonctions
Aumônier militaire
Biographie
Naissance
Décès
(à 44 ans)
Langemarck
Nom de naissance
William Joseph Gabriel Doyle
Surnom
Willie Doyle
Formation
Activité
Militaire
Autres informations
Ordre religieux
Compagnie de Jésus
Étape de canonisation
serviteur de Dieu
Arme
Conflit
Distinctions

Willie Doyle, de son vrai nom William Joseph Gabriel Doyle, né le à Dalkey, Irlande, et mort le à Langemarck, est un prêtre catholique irlandais. Membre de la Compagnie de Jésus, il est aumônier militaire auprès des Fusiliers royaux de Dublin (Royal Dublin Fusiliers) pendant la Première Guerre mondiale. Il meurt au combat.

Il est récipiendaire de la Military Cross. Depuis 2022, sa cause en béatification est ouverte. Il est donc considéré comme serviteur de Dieu au sein de l’Église catholique.

Origines et jeunesse

William Doyle naît à Dalkey, aujourd’hui un quartier de Dublin, en Irlande, le [1]. Il est le benjamin d’une fratrie de sept enfants, fils de Hugh Doyle et de Christine Byrne[2]. Il fait ses études au Ratcliffe College, un internat catholique situé à Leicester, en Angleterre.

Vocation et ordination

La lecture du livre de saint Alphonse de Liguori Instructions and Consideration on the Religious State[3], l'incite à devenir prêtre. En , il rejoint la Compagnie de Jésus (les Jésuites) en Irlande[4],[5]. Il rejoint ensuite le St Stanislaus College de Tullabeg[6]. Après avoir terminé son noviciat, il est affecté à l’enseignement. Il enseigne au Belvedere College, à Dublin, et au Clongowes Wood College, dans le comté de Kildare, entre 1894 et 1898[7].

Il poursuit ensuite des études de philosophie au Collège Saint-Augustin à Enghien, en Belgique, et au Stonyhurst College, en Angleterre[8]. De 1904 à 1907, il étudie la théologie au Milltown College (une communauté jésuite) de Dublin[9] et à l’University College de cette même ville.

Il est ordonné prêtre catholique le [5]. Il entreprend ensuite son tertiat (troisième année de formation spirituelle) à l’abbaye de Drongen, Tronchiennes, en Belgique[5]. Il prononce ses vœux définitifs le . De 1909 à 1915, il fait partie de l’équipe missionnaire jésuite, parcourant l’Irlande et la Grande-Bretagne pour prêcher des missions paroissiales et conduire des retraites[5].

En 1914, il participe à la fondation d’un monastère de Clarisses Colettines à Cork. Il est l’un des premiers membres de la Pioneer Total Abstinence Association (Association des Pionniers de l’Abstinence Totale), et son fondateur, le Père James Cullen, le considére comme un potentiel futur dirigeant de l’organisation.

Première Guerre mondiale et mort

Pendant la Première Guerre mondiale, Doyle se porte volontaire[5] pour servir dans le Army Chaplains' Department (service des aumôniers) de l’armée britannique.

Il rejoint la France en avec la 16e Division irlandaise (en) et devient aumônier du 8e bataillon des Royal Irish Fusiliers[2], qu’il accompagne sur le front occidental. Son courage lui vaut rapidement une réputation remarquable. En , près de Mazingarbe, il est pris dans une attaque de gaz allemande[10]. Sa conduite exemplaire lui vaut une citation militaire britannique. Son colonel recommande alors son nom pour la Military Cross, mais la distinction lui est refusée au motif « qu’il n’était pas resté assez longtemps au front ». En compensation, il reçoit le « parchemin du mérite » de la 49e brigade irlandaise (en).

Au cours de la bataille de la Somme, en , il participe aux attaques et aux prises de Guillemont et Ginchy et sert sans relâche auprès des blessés. Pour sa bravoure, il reçoit finalement la Military Cross en [2].

Nommé en aumônier du 8e bataillon des Royal Dublin Fusiliers, toujours au sein de la 16e Division irlandaise[2], il est présent lors de la bataille de la crête de Messines le

Le , au cours de la bataille de la crête de Frezenberg (lors de la troisième bataille d'Ypres), Doyle est tué alors qu’il portait secours aux blessés[11]. Frappé par un obus en fin de journée, il disparaît sur le champ de bataille. Son corps ne sera jamais retrouvé[2].

Postérité

Hommage militaire

À titre posthume, Willie Doyle est recommandé pour la Croix de Victoria, mais elle ne lui est finalement pas attribuée. Selon l’historien Patrick Kenny, l’anticatholicisme aurait pu influencer la décision de l’armée britannique de ne pas lui décerner cette distinction[12].

Le général William Hickie (en), commandant en chef de la 16e Division irlandaise, décrit pourtant le Père Doyle comme « l’un des hommes les plus courageux ayant combattu ou servi ici ».

Bien que son corps n’ait jamais été retrouvé, son nom est honoré au mémorial de Tyne Cot[2].

Archives et première biographie

Tout au long de sa vie, Doyle écrit abondamment, laissant derrière lui une importante correspondance et de nombreux écrits spirituels. Une partie de ces documents est mise à la disposition d’Alfred O’Rahilly, qui publie en 1920 une première grande biographie, traduite en français dès 1927 (cf. bibliographie). Ses papiers sont aujourd’hui conservés aux archives jésuites de Leeson Street, à Dublin[5].

Procès de canonisation

La biographie d’O’Rahilly contribue à faire de Doyle un héros national et nourrit une dévotion populaire à son égard. En , son nom est proposé une première fois pour une cause en canonisation, mais la procédure n’aboutit pas[5].

En , une nouvelle étape est franchie avec la création de la Father Willie Doyle Association[13], destinée à promouvoir son procès en canonisation. En , le Supplex Libellus, requête officielle en vue de l’ouverture de la cause, est remis à l’évêque Thomas Deenihan[14]. Après consultation de la Conférence des évêques d’Irlande et du Dicastère pour les causes des Saints, l’évêque publie le un édit annonçant l’ouverture officielle de la cause. La session inaugurale se tient le à la cathédrale du Christ-Roi de Mullingar[15].

Dans la culture populaire

Malgré sa relation parfois tendue avec l’Église catholique en Irlande, l’écrivain et dramaturge irlandais Brendan Behan a toujours manifesté une grande admiration pour le Père William Doyle. Il lui rend hommage dans ses mémoires Borstal Boy, publiées en 1958. La biographie d’O’Rahilly compte d’ailleurs parmi ses ouvrages de chevet[16].

Le chanteur folklorique irlandais Willie « Liam » Clancy a reçu son prénom en hommage à Doyle ; sa mère éprouvant une vive affection pour ce dernier, bien qu’ils ne se soient jamais rencontrés.

Autres

Un vitrail dédié à sa mémoire se trouve dans l’église Saint-Finnian de Dromin, dans le comté de Louth, en Irlande.

Textes de Willie Doyle

  • (en) Retreats for working men : why not in Ireland ?, .
  • (en) Vocations, .
  • (en) Shall I be a priest ?, .

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Alfred O'Rahilly, Father William Doyle S.J., Paris, Longmans, Green and Co, , 379 p. (lire en ligne)
    Il existe plusieurs éditions de ce livre. La quatrième édition est sortie en 1922.
  • Alfred O'Rahilly (trad. de l'anglais), Vie du Père William Doyle, Paris, P. Lethielleux, , 412 p.
    Traduction en français de la biographie de 1920 par O'Rahilly
  • (en) Patrick Kenny, To raise the fallen : A selection of the War Letters, Prayers and Spiritual Writings of FR Willie Doyle SJ, Veritas, , 192 p. (ISBN 978-1-84730-807-8)
  • (en) Sean Downes, « Our Lady of Victories », Ireland's Own, no 5603,‎ , p. 22-23

Notes et références

  1. (en-US) « About Fr Willie – The Father Willie Doyle Association » (consulté le ).
  2. (en) « Father William Doyle », sur dublin-fusiliers.com (consulté le ).
  3. (en) Saint Alphonse de Liguori, Instructions And Considerations On The Religious State, Londres, Richardson and Son, , 180 p. (lire en ligne).
  4. (en) « Doyle, Willie, 1873-1917, Servant of God, Jesuit priest and chaplain - Irish Jesuit Archives », sur jesuitarchives.ie (consulté le ).
  5. (en) David Murphy, « Doyle, William Joseph Gabriel », dans Dictionary of Irish Biography, Cambridge University Press, (DOI 10.3318/dib.002761.v1, lire en ligne).
  6. O'Rahilly 1927, p. 9-12.
  7. O'Rahilly 1927, p. 12-21.
  8. O'Rahilly 1927, p. 21-25.
  9. O'Rahilly 1927, p. 26-33.
  10. O'Rahilly 1927, p. 314-323.
  11. O'Rahilly 1927, p. 398.
  12. Kenny 2017, p. 27.
  13. (en-US) « About the Father Willie Doyle Association – The Father Willie Doyle Association » (consulté le ).
  14. (en-US) Patrick Corkery S.J, « An Irish Jesuit known for practical jokes and wartime heroism is on the path to sainthood », sur America Magazine, (consulté le ).
  15. (en) « Fr. Willie Doyle SJ », sur Diocese of Meath (consulté le ).
  16. Kenny 2017, p. 32.

Liens externes

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