Willie McGee (condamné)

Willie McGee est un Afro-américain condamné pour viol en 1946 et exécuté en 1951. Il fut jugé 3 fois et 3 fois reconnu coupable.

Cette affaire a mobilisé la gauche américaine en faisant de McGee un innocent, victime du sud raciste et ségrégationniste. Le Congrès américain a organisé des manifestations et des pétitions en soutien à McGee[1]. Son affaire est aussi reprise à l'échelle internationale dans le cadre de la guerre froide. La gauche voulant présenter les États-Unis d'après-guerre comme un État raciste et ségrégationniste. Des manifestations sont organisées à Paris, Moscou (URSS de Staline) et en Chine (de Mao)[1]. En France Joséphine Baker, danseuse afro-américaine, a soutenu McGee[1]. Albert Einstein, physicien, a soutenu McGee[1]. Tout comme William Faulkner, écrivain américain, qui reconnaitra plus tard s'être trompé et avoir été instrumentalisé[1],[2]. Paul Robeson, athlète afroaméricain, également[1].

En 2010 la famille de McGee croyait encore en l'innocence de McGee et répétait encore la ligne de défense du condamné : la victime aurait menacé McGee de porter plainte pour viol s'il refusait de satisfaire ses appétits sexuels[1].

Les faits

McGee avait déjà 4 enfants et était âgé de 30 ans. Il travaillait comme livreur pour une épicerie. Le soir il va se saouler avec un ami en faisant la tournée des bars. Il dépose son ami à 4h du matin. Il avait dit alors plusieurs jours auparavant son intention de "se faire une femme blanche". Il rentre alors par la fenêtre de la maison de Willette Hawkins qui s'occupait de son bébé qui pleurait toute la nuit. Son mari dormait à l'autre bout de la maison, il avait passé la nuit à s'occuper du bébé qui pleurait. Pour éviter qu'elle ne crie, McGee menaça de tuer le bébé. Une fois le viol accompli, il fuit au volant de sa camionnette de livraison. Il est retrouvé endormi dans la camionnette par des employés de l'épicerie le lendemain.

La version de la défense

McGee entretenait une relation avec la victime. Elle l'aurait obligé à une relation sexuelle en lui faisant du chantage au viol. McGee était célibataire au moment des faits. Mais ses avocats vont trouver une femme se prétendant être son épouse. Cette femme attestait qu'il était présent à la maison au moment du crime. Ce témoignage sera reconnu faux des décennies plus tard.

Notes et références

  1. (en) Radio Diaries, « My Grandfather's Execution », NPR,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. ↑ (en) Alex Heard, The Eyes of Willie Mcgee: A Tragedy of Race, Sex, and Secrets in the Jim Crow South, HarperCollins Publishers, (ISBN 978-0-06-128415-1 et 978-0-06-199356-5)
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