Xie Xuehong

Xie Xuehong
謝雪紅
Illustration.
Xie Xuehong en 1952.
Fonctions
Secrétaire générale de la Ligue de l'autonomie taïwanaise

(9 ans)
Prédécesseur création
Successeur Cai Xiao (en)
Biographie
Nom de naissance Siā A-lú
Date de naissance
Lieu de naissance préfecture de Taichū (Taïwan sous domination japonaise)
Date de décès (à 69 ans)
Lieu de décès Pékin (Chine)
Nationalité taïwanaise
Parti politique Parti communiste taïwanais (1928-1931)
Parti communiste chinois (1948-1958)
Ligue de l'autonomie taïwanaise (1947-1958)

Xie Xuehong (ou Hsieh Hsueh-hung ; chinois : 謝雪紅 ; pe̍h-ōe-jī : Siā Soat-hông ; - ), née Siā A-lú (謝阿女), est une révolutionnaire et femme politique taïwanaise. Militante pour les droits des femmes, elle cofonde le Parti communiste taïwanais, actif à Taïwan sous occupation japonaise. Persécutée par le Kuomintang après le repli de ses forces à Taïwan, elle se réfugie en Chine, où elle devient membre de la Ligue démocratique pour l'autonomie de Taïwan et du Parti communiste chinois.

Biographie

Xie naquit dans le comté de Changhua en 1901, au sein d'une famille ouvrière, quatrième d'une fratrie de sept[1]. Elle utilise au moins cinq autres noms au cours de sa vie[1]. À l'âge de 12 ans, elle est placée dans une autre famille. Sa famille adoptive la maltraite et, refusant d'épouser leur fils, Hong Xinhu, comme prévu, elle quitte leur domicile. Xie rencontre Zhang Shumin et l'épouse en 1918. Le couple vit un temps à Kobe, au Japon, où l'ère Taishō, marquée par la démocratie, influence profondément Xie. Peu après leur retour en Chine, le couple se sépare, Xie ayant découvert que Zhang est toujours marié à une autre femme. Elle commence alors à donner des cours de couture, tout en confectionnant et vendant des vêtements. Le Mouvement du 4 mai est un tournant politique pour Xie, qui rejoint par la suite la résistance de Chiang Wei-shui (en) contre l'occupation japonaise[2],[3],[4]. Xie étudie la sociologie à l'Université de Shanghai et participe au Mouvement du 30 mai 1925[4], année où elle est également invitée à rejoindre le Parti communiste chinois[5]. Xie part ensuite pour Moscou afin de poursuivre ses études à l'Université communiste des travailleurs d'Orient, où elle reste deux ans. En , elle retourne en Chine et entreprend des actions qui menent à la fondation du Parti communiste taïwanais (PCT) en 1928. Sous la direction de Sen Katayama, cofondateur du Parti communiste japonais (PCJ), Xie et Lin Mu-shun (zh) commence à recruter à Shanghai pour ce qui va devenir le TCP. Tous deux se rendent au Japon pour solliciter l'aide du PCJ concernant un projet de charte du parti, que Xie fait passer clandestinement devant les autorités japonaises à Shanghai à son retour en Chine en . La charte du TCP est approuvée par un responsable du Parti communiste chinois sous le pseudonyme de Peng Jung le , et la cérémonie de fondation du Parti communiste taïwanais a lieu deux jours plus tard[6].

L'idéologie de Xie se propage au sein du Parti populaire taïwanais de Chiang Kai-shek et de l'Association culturelle taïwanaise après qu'elle eut accédé à des postes de direction dans ces deux organisations. Elle est convaincue que le maintien d'une identité taïwanaise distincte et la participation de la bourgeoisie permettra au communisme de prospérer à Taïwan. D'autres s'y opposent et Xie est exclue du Parti communiste taïwanais en 1931. Plus tard dans l'année, elle est arrêtée et condamnée à 13 ans de prison pour avoir prôné le communisme. En 1939, Xie est libérée après avoir contracté la tuberculose[2],[3],[4].

Xie reprend son activisme politique en 1945, lors de l'arrivée des forces du Kuomintang à Taïwan, déclarant que « Taïwan doit être gouvernée par des Taïwanais »[4]. En , elle fonde l'Association populaire de Taïwan, dissoute par le gouvernement du Kuomintang en [7]. La même année, elle convoqua la 27e brigade et participe aux événements du 28 février depuis son fief de Taichung, exhortant la population à ne pas endommager de biens ni à blesser qui que ce soit[4]. Trois semaines plus tard, elle s'enfuit à Hong Kong, où elle fonde la Ligue pour l'autonomie démocratique de Taïwan[8],[9],[10], avant de s'installer à Xiamen. Sous sa direction, la ligue s'oppose aux objectifs de la Ligue formosane pour la réémancipation, qui prône l'indépendance formelle ou la mise sous tutelle[8]. Dès sa fondation, Taimeng soutient la libération de Taïwan du contrôle de Chiang Kai-shek et du Kuomintang[7]. En Chine, Xie est active au sein de la Ligue de la jeunesse chinoise et siège à la Conférence consultative politique du peuple chinois[9]. Cependant, Xie continue de militer pour le droit de Taïwan à l'autodétermination, des positions pour lesquelles le Parti communiste chinois la prend pour cible lors de la campagne anti-droite[4],[11],[12] ; elle est accusée d'être une « partisane de l'indépendance de Taïwan » et une « nationaliste ethnique locale »[13].

Les mesures prises contre Xie comprennent sa destitution de la direction de Taimeng, son exclusion du PCC et son exclusion de l'Assemblée nationale populaire, toutes en 1958[14],[15]. Xie décède à Pékin en 1970, alors qu'elle est confrontée à des critiques durant la Révolution culturelle. Elle est réhabilitée à titre posthume par le Parti communiste chinois en 1986[4],[11],[12].

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Xie Xuehong » (voir la liste des auteurs).
  1. (zh) Lily Xiao Hong Lee, 中國婦女傳記詞典: The Twentieth Century, 1912–2000, M.E. Sharpe,‎ (ISBN 9780765607980, lire en ligne), p. 591
  2. (en) Ya-chen Chen, « Taiwanese Communist Feminist, Xie Xuehong: Li Ang’s Literary Portrait of Xie Xuehong’s Pre-1949 Feminist Activism in Taiwan », dans (En)Gendering Taiwan, Springer International Publishing, (ISBN 978-3-319-63217-9, DOI 10.1007/978-3-319-63219-3_3, lire en ligne), p. 25–52
  3. (en) Ya-chen Chen, « Taiwanese Communist Feminist, Xie Xuehong: Li Ang's Literary Portrait of Xie Xuehong's Pre-1949 Feminist Activism in Taiwan », American Journal of Chinese Studies, vol. 19, no 2,‎ , p. 119–126 (ISSN 2166-0042, lire en ligne, consulté le )
  4. Han Cheung, « Taiwan in Time: A leftist under three regimes », Taipei Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. (en) C. L. Chiou, « The uprising of 28 February 1947 on Taiwan: The official 1992 investigation report », China Information, vol. 7, no 4,‎ , p. 1–19 (DOI 10.1177/0920203X9300700401, S2CID 220850755)
  6. Han Cheung, « Taiwan in Time: The ill-fated Taiwanese leftists », Taipei Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. Han Cheung, « Taiwan in Time: The Taiwanese who hoped to 'liberate' Taiwan », Taipei Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. (en) Dangerous Strait: The U.S.--Taiwan—China Crisis, Columbia University Press, (ISBN 9780231135658, lire en ligne), p. 49
  9. (en) Murray A. Rubinstein, Taiwan: A New History, M. E. Sharpe, (ISBN 9780765614940, lire en ligne), p. 317
  10. (en) George N. Katsiaficas, Asia's Unknown Uprisings, Volume 2: People power in the Philippines, Burma, Tibet, China, Taiwan, Bangladesh, Nepal, Thailand, and Indonesia, 1947–2009, PM Press, (ISBN 9781604868562, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 255–256
  11. Ben Blanchard, « China tries to reclaim Taiwan political heroine », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. (en) Lily Xiao Hong Lee, Biographical Dictionary of Chinese Women: v. 2: Twentieth Century, Routledge, (ISBN 9781315499239, lire en ligne), p. 648–649
  13. (zh) 帝塚山大学教養学部紀要, vol. 30-31, 帝塚山大学教養学部,‎
  14. « News from the mainland », Free China Review,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. « News from the mainland », Free China Review,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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