Yael Bartana

Yael Bartana
Yael Bartana, 2013
Biographie
Naissance

Kfar Yehezkel (en)
Nom dans la langue maternelle
יעל ברתנא
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Membre de
Jewish Renaissance Movement in Poland (d)
Représentée par
Annet Gelink Gallery (d), LIMA (d)
Site web
Distinction
Œuvres principales
Wall and Tower (d)

Yael Bartana (hébreu : יעל ברתנא ; née le à Kfar Yehezkel, un moshav de la vallée de Jezreel) est une artiste contemporaine vidéaste israélienne.

Biographie

Yael Bartana étudie à l'Ecole Bezalel des arts et du design à Jérusalem, puis poursuit sa formation à la School of Visual Arts de New York et à la Rijksakademie d’Amsterdam[1].

Au cours des années 2000, elle acquiert une reconnaissance internationale grâce à ses installations vidéo et à ses films explorant les rapports entre mémoire, identité nationale, militarisation et utopies politiques[2].

Ses œuvres sont présentées dans plusieurs institutions internationales, notamment au Museum of Modern Art de New York, au Centre Pompidou et à la Tate Modern[3],[4].

Démarche artistique

Le travail de Yael Bartana mobilise fréquemment les codes visuels de la propagande politique, des cérémonies collectives et des commémorations nationales[5]. Ses vidéos et installations interrogent les relations entre mémoire historique, identité collective et pouvoir symbolique[6].

Plusieurs critiques d’art soulignent l’ambiguïté volontaire de ses œuvres, qui empruntent à la fois aux langages du militantisme, de la fiction politique et du cinéma documentaire[7].

Biennales et expositions internationales

Yael Bartana a été retenue pour la documenta XII (2007) et la Biennale de São Paulo (2010).

Elle représente la Pologne à la 54e Biennale de Venise. Bien que de nationalité israélienne, le fait que ses ancêtres aient été polonais lui permet de représenter ce pays. Elle présente un triptyque de trois vidéos : Mary Koszmary (2007), Mur i wieza (2009) et Zamach (2011) sous le titre générique « ...and Europe will be stunned ». L’œuvre met en scène un mouvement fictif appelant au retour de trois millions de Juifs ashkénazes en Pologne. À travers cette fiction politique, Bartana interroge les relations entre mémoire de la Shoah, nationalisme européen et identité juive contemporaine. Le questionnement est ici celui des nationalismes au XXe siècle : du sionisme au nationalisme polonais ainsi que la question du conflit israélo-palestinien[8],[9],[10]. Le projet suscite une importante réception critique internationale et fait l’objet de nombreuses analyses universitaires consacrées aux notions de post-nationalisme, de mémoire collective et de performativité politique[11].

Réception critique

Les œuvres de Yael Bartana ont fait l’objet de commentaires soulignant leur usage des codes esthétiques de la propagande et des cérémonies politiques[12],[13].

Plusieurs analyses universitaires interprètent son travail comme une réflexion sur les formes contemporaines du nationalisme et sur les mémoires conflictuelles européennes et israéliennes[14].

D’autres critiques mettent en avant l’ambiguïté politique volontaire de ses œuvres, certaines lectures voyant dans cette ambiguïté une force critique, tandis que d’autres y perçoivent une difficulté à distinguer ironie, satire et adhésion aux symboles mobilisés[7].

Positions et déclarations post 7 octobre 2023

Dans un entretien donné à la revue d'art Spike Art Magazine, Yael Bartana déclare que le 7 Octobre et la guerre à Gaza ont profondément affecté le contexte dans lequel ses œuvres sont interprétées. Elle insiste sur la nécessité d’éviter des lectures simplificatrices ou strictement binaires des événements et des récits politiques associés. Concernant les appels au boycott des artistes israéliens, elle exprime une position critique, estimant qu’il convient de distinguer les États des individus et se disant réservée à l’égard des sanctions visant des artistes en raison de leur nationalité[15].

Expositions

Prix

  • Artes Mundi (Pays de Galles, 2010)[9]
  • Prix Dazibao (Montréal, 2009)
  • Prix de Rome (Académie des beaux-arts, Amsterdam, 2005)
  • Dorothea von Stetten KinstPreis (Kunstmuseum, Bonn, 2005)
  • Nathan Gottesdiener Foundation Israeli Art Prize (2005)
  • Prix Anselm Kiefer (2003)

Notes et références

  1. (en) « Yael Bartana », sur Artsy (consulté le )
  2. (en) « Yael Bartana », sur Guggenheim Museum (consulté le )
  3. (en) « Yael Bartana », sur Tate (consulté le )
  4. « Yael Bartana », sur Centre Pompidou (consulté le )
  5. « Mur i Wieza (Wall and Tower) », sur Centre Pompidou (consulté le )
  6. (en) Jennifer Allen, Yael Bartana, Hatje Cantz,
  7. (en) « Yael Bartana », sur Frieze (consulté le )
  8. Eilat 2011
  9. (en) « Yael Bartana at the Polish Pavilion for the 2011 Venice Biennale », sur Culture.pl, (consulté le )
  10. (en-US) Daniel Horn, « Yael Bartana », sur Artforum, (consulté le )
  11. (en) Katarzyna Bojarska, « Memory and Politics in Yael Bartana's Trilogy », Journal of Visual Culture,‎
  12. (en-US) A. J. Goldmann, « Imagining a World Ruled by Women », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  13. (en-US) Roberta Smith, « Yael Bartana: And Europe Will Be Stunned », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  14. (en) Erica Lehrer, « Postmemory and Political Imagination in Yael Bartana's Work », Third Text,‎
  15. (en) « Yael Bartana: The Idea of Utopia in the Wrong Hands Can Be Very Dangerous », sur Spike Art Magazine, (consulté le )
  16. Jessica Steinberg, « 7 octobre : Le musée d'art de Tel Aviv expose une collection de Mareva et Arthur Essebag », sur The Times of Israël, (consulté le )
  17. (en) « From ashes to art: Arthur Essebag's journey of healing through Israeli creativity », sur The Jerusalem Post, (consulté le )
  18. (en) « Yael Bartana », sur Jewish Museum Berlin (consulté le )
  19. « mediacityseoul.org/2010/ »(Archive.orgWikiwixGoogle • Que faire ?).
  20. « modernamuseet.se/en/Malmo/Exhi… »(Archive.orgWikiwixGoogle • Que faire ?).
  21. « artesmundi.org/artistProfile.p… »(Archive.orgWikiwixGoogle • Que faire ?).
  22. « artabase.net/exhibition/1470-y… »(Archive.orgWikiwixGoogle • Que faire ?).
  23. « http://www.thejewishmuseum.org/exhibitions/bartana09 »(Archive.orgWikiwixGoogle • Que faire ?)

Bibliographie

  • (fr) (en) Galit Eilat, « Pologne. Yael Bartana », art press. Supplément Biennale Venise, no 379,‎ , p. 34-35 (ISSN 0245-5676)

Liens externes

  • icône décorative Portail de l’art contemporain
  • icône décorative Portail d’Israël