Yasmin Altwaijri

Yasmin Altwaijri
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King Faisal Specialist Hospital and Research Centre (en) (depuis )
Distinction
100 Women ()

Yasmin Ahmed Almubarak Altwaijri, en arabe : ياسمين التويجري, est une épidémiologiste saoudienne. Elle réalise ses études de médecine entre l'Arabie saoudite et, grâce au parcours de son mari, les États-Unis où elle découvre l'épidémiologie. De retour dans son pays, elle devient une spécialiste du domaine en mettant en place des études pionnières sur l'obésité, les conditions de vie et la santé mentale. Elle s'est plusieurs fois engagée pour la place des femmes dans les sciences en pointant la compatibilité du métier avec les attentes sociales saoudiennes.

Biographie

Yasmin Altwaijri naît dans une famille de la classe moyenne où son père soutient les études et sa femme l'encourage à être financièrement indépendante[1]. Altwaijri étudie la santé communautaire à l'Université du Roi-Saoud à Riyad, où elle obtient sa licence en 1992[2]. Elle souhaite devenir médecin et poursuivre ses études à l'étranger, ce qui est alors impensable socialement pour une femme en Arabie saoudite[3]. C'est donc après son mariage, et la fin des études en médecine de son mari, qu'elle parvient à trouver un poste aux États-Unis et à son mari, que le couple s'installe aux États-Unis et qu'elle y poursuit ses études supérieures[3]. Altwaijri étudie auprès de Johanna Dwyer (en), directrice du Centre de nutrition Frances Stern de l'École Friedman des sciences et politiques de la nutrition (en) de l'Université Tufts[3]. Elle y obtient sa maîtrise en 1996 et, séduite par l'épidémiologie qui permet d'aller à l'origine des problèmes de santé[3],[2]. Elle y débute son doctorat en épidémiologie nutritionnelle portant sur les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires commencent pendant l’enfance[4]. Elle le finit à l'Université du Texas en 2002[3],[2].

Après son retour d'un séjour à Boston en 2002, Altwaijri rejoint l'Université des sciences de la santé du roi Saoud ben Abdelaziz (en). Elle intègre ensuite l'hôpital spécialisé et centre de recherche du roi Faisal à Riyad, où elle dirige le centre de recherche en épidémiologie[5].

Son mari est compréhensif, ce qui lui permet de pouvoir mener sa carrière[6]. Pour encourager ses enfants à rester actifs, elle les inscrits, fille comme garçon, à des compétitions de natation, ce qui leur a permis de participer aux Jeux olympiques juniors de l'Amateur Athletic Union (en) aux États-Unis[4].

Travaux

Les recherches de Yasmin Altwaijri portent sur l'épidémiologie, discipline alors peu développée en Arabie Saoudite[1],[3]. Elle doit donc créer les différents outils et normes pour les études épidémiologiques de son pays, notamment chez les femmes, les enfants et les personnes adolescentes qui sont sa spécialité[2]. Elle est considérée comme une pionnière dans ce domaine et l'une des scientifiques les plus expérimentées du pays[7].

Les pédiatres s'appuient alors sur des courbes de croissances d'enfants américains, elle met donc en place des normes de croissance pubertaire pour les enfants saoudiens[1]. Ce travail lui permet de réaliser des recherches qui tiennent compte de facteurs propres à la vie en Arabie saoudite, tels que le niveau socio-économique, l’alimentation et la situation géographique[1]. Elle souligne l'importance des déterminants sociaux de la santé et plaide pour des changements sociaux et politiques favorisant des modes de vie plus sains[2]. Altwaijri milite pour l'intégration d'un programme d'éducation physique à l'école, aussi bien pour les filles que pour les garçons ; la création d'aires de jeux sécurisées dans les quartiers pour les enfants des deux sexes ; des espaces sécurisés où les adultes, hommes et femmes, peuvent pratiquer une activité physique ; et des clubs de sport abordables pour les femmes et les hommes[1].

Elle s'est particulièrement préoccupée de la santé des femmes, qui présentent un risque plus élevé d'obésité que les hommes saoudiens, notamment parce que des facteurs socioculturels limitent leurs possibilités de faire de l'exercice et les dissuadent de pratiquer un sport[1].

Yasmin Altwaijri s'est ensuite intéressée aux questions de santé mentale mais aucune recherche sur ce sujet n'avait été menée auparavant en Arabie saoudite[8]. Avec la collaboration internationale de l'Université Harvard, de l'Université du Michigan et de l'Organisation mondiale de la Santé elle lance l'Enquête nationale saoudienne sur la santé mentale, une vaste étude évaluant l'impact des troubles mentaux au sein des communautés saoudiennes[8]. Lancée en 2009, elle visait à rencontrer 5 000 hommes et femmes à leur domicile afin de mener des entretiens dans tout le pays et 86% des personnes interrogées ont accepté d'y participer[9],[2],[3].

Engagement

Yasmin Altwaijri préside le Comité saoudien des femmes scientifiques, un réseau national de femmes scientifiques d'Arabie saoudite[1],[2]. Elle encourage les Saoudiennes à s'orienter vers les domaines scientifiques et technologiques, pointant les avantages d'un travail demandant peu de sorties extérieures[1]. Pour elle les femmes scientifiques peuvent utiliser les moyens de communication électroniques pour collaborer et réaliser des travaux importants sans « franchir les normes et coutumes de notre société »[1]. Elle souligne toutefois que des restrictions telles que l'interdiction de conduire pour les femmes rendent difficile leur accès au travail ou à une salle de sport[8].

Distinctions

Yasmin Altwaijri est l'une des trente-cinq femmes présentées dans le livre Arab Women Rising, qui rassemble des femmes de Tunisie et d'Arabie saoudite[10],[11]. Elle figure sur la liste 2014 des 100 femmes de la BBC[12].

Publications

  • (en) John J. McGrath, Ali Al-Hamzawi, Jordi Alonso et Yasmin Altwaijri, « Age of onset and cumulative risk of mental disorders: a cross-national analysis of population surveys from 29 countries », The Lancet Psychiatry, vol. 10, no 9,‎ , p. 668–681 (ISSN 2215-0366 et 2215-0374, PMID 37531964, DOI 10.1016/S2215-0366(23)00193-1, lire en ligne, consulté le ).
  • (en) Louisa Degenhardt, Meyer Glantz, Sara Evans-Lacko, Ekaterina Sadikova et Yasmin Altwaijri, « Estimating treatment coverage for people with substance use disorders: an analysis of data from the World Mental Health Surveys », World Psychiatry, vol. 16, no 3,‎ , p. 299–307 (ISSN 2051-5545, PMID 28941090, PMCID 5608813, DOI 10.1002/wps.20457, lire en ligne, consulté le ).
  • (en) Abdullah S. Al-Subaie, AbdulHameed Al-Habeeb et Yasmin A. Altwaijri, « Overview of the Saudi National Mental Health Survey », International Journal of Methods in Psychiatric Research, vol. 29, no 3,‎ , e1835 (ISSN 1557-0657, PMID 33245612, PMCID 7507437, DOI 10.1002/mpr.1835, lire en ligne, consulté le ).

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Yasmin Altwaijri » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Lisa Kaaki, « Yasmin Altwaijri: Mother, wife and scientist », Arab News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. (en) « Project Principle Investigators » [archive du ], Saudi National Health and Stress Survey (consulté le )
  3. (en) Julie Flaherty, « Breaking the Veiled Ceiling », Tufts Now,
  4. (en) Paige Peterson, « My Time in Saudi Arabia, Part IV », New York Social Diary,‎ (lire en ligne)
  5. (en) Reine Farhat, « Eight Arab women making an impact in their societies » [archive du ], Firnas, (consulté le )
  6. (en) « Dr Yasmin Altwaijri: A Mentor for Young Saudi Female Scientists », sur About Her, (consulté le )
  7. (en) Sarah Elzeini, « The Curious Case of the Gulf Woman », Foreign Policy Blogs, Foreign Policy Association, (consulté le )
  8. (en) Rahilla Zafar, « Yasmin Altwaijri: A Saudi Scientist Tackles Mental Health and Obesity », The Huffington Post,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. (en) « A day in the life of a top Saudi businesswoman », sur Wamda (consulté le )
  10. (en) Jane Mosbacher Morris, « 'Arab Women Rising' Profiles 35 Female Entrepreneurs Changing the World », The Huffington Post,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. (en) Rahilla Zafar et Nafeesa Syeed, Arab Women Rising: 35 Entrepreneurs Making a Difference in the Arab World, Knowledge@Wharton, (ISBN 9781629210797, lire en ligne)
  12. (en) « Who are the 100 Women 2014? », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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