Yonne (IGP)

Yonne
Type d'appellation(s) IGP départementale
Reconnue depuis 1968 (VDP)
et 2009 (IGP)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Bourgogne
Sous-région(s) vignoble de la Basse-Bourgogne
Localisation Yonne
Climat océanique dégradé à influence continentale
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 750 heures (à Auxerre)[1]
Sol calcaires ou argilo-calcaires
Superficie plantée 30 à 20 hectares (en 2023)[2]
Nombre de domaines viticoles une dizaine[3]
Cépages dominants chardonnay B[n 1], sauvignon B, pinot gris G, pinot noir N et tressot N
Vins produits blancs, rouges et mousseux
Production 958 hectolitres (en 2023)[2]
Rendement moyen à l'hectare 62 hl/ha (en 2023)[2]

Un yonne[n 2] (prononcé : [jɔn]) est un vin d'indication géographique protégée départemental (il y a des IGP régionales, des IGP départementales et des IGP de zone) qui peut être produit sur tout le département de l'Yonne, c'est-à-dire sur le vignoble de la Basse-Bourgogne.

Sont autorisés sous ce nom la production de vins blancs, rosés et rouges, ainsi que mousseux rosés et blancs ; dans la pratique, la production est très faible, l'essentiel concernant des vins tranquilles blancs et rouges.

Historique

Le vignoble de la Basse-Bourgogne participait à l'approvisionnement en vin de Paris, de la Normandie et de la Picardie aux époques médiévale et moderne : la production descendait en barriques par voie fluviale, l'Yonne rejoignant la Seine à Montereau. Les 40 000 hectares de vignes de l'Yonne au XIXe siècle sont ravagées à la fin du siècle par le phylloxéra, puis le vignoble n'est que partiellement replanté[3], car les vins du Midi (plus alcoolisés et sucrés) arrivant par wagon-foudre font désormais concurrence.

La création des appellations à partir des années 1930 impose des limites notamment en termes d'aire de production, de cépages, de rendement et de vinification : la production en-dehors de cet encadrement n'a droit qu'au nom générique de « vin de table » (les actuels VSIG). Pour valoriser cette production, tout en lui conservant de la liberté, le « vin de pays de l'Yonne » est officiellement reconnu par le décret du [4].

Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP)[5] et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[6] ; le vin de pays de l'Yonne devient donc le l'IGP « Yonne »[7]. Son cahier des charges est publié en [8].

Vignoble

Aire de production

Image externe
Carte des communes concernées

L'IGP yonne peut être produit sur tout le département homonyme, soit sur un total de 423 communes[8].

Dans la pratique, la surface consacrée à ce vin est très réduite. En 2023, sur les 8 365 hectares de vignes déclarés en production sur le département :

Il n'y aurait qu'une dizaine de producteurs, notamment à Paron, à La Celle-Saint-Cyr, à Treigny et à Champvallon[3].

Climatologie

Encépagement

Si les cépages autorisés pour produire l'yonne sont plus nombreux que pour les vignobles d'AOC du département (qui sont souvent en monocépage), la liste est assez limitée pour une IGP :

Il n'y a pas de contrainte relative à l'assemblage des cépages.

Rendements

Le cahier des charges autorise de monter le rendement viticole jusqu'à un maximum de 110 hectolitres par hectare pour les vins rouges, rosés et blancs[8].

Vins

Selon le cahier des charges, l'indication géographique protégée yonne peut être complétée par le nom d'un ou de plusieurs cépages, ainsi que par les mentions « primeur » ou « nouveau ».

La production d'IGP yonne mousseux doit se faire avec une seconde fermentation alcoolique en bouteille[8] : c'est la « méthode traditionnelle », celle utilisée pour produire le champagne.

Volumes

Selon les Douanes, la superficie et la production déclarées ont été de[2] :

Année yonne blanc yonne rouge
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2018 1,23 75,3 61 2,09 123 58
2019 1,41 48,1 34 4,22 148,1 35
2020 5,03 119,5 24 4,52 171,24 38
2021 3,49 26,5 8 2,58 46 18
2022 8,25 218,48 26 5,16 158,17 31
2023 10,49 652,59 62 6,55 305,64 47
2024 12,5 233,36 19 7,18 46,5 6

La production vinicole de l'Yonne est sensible aux aléas climatiques, ce qui explique la variabilité des rendements, particulièrement en 2024[10],[11],[12],[13]. La production en rosé et en mousseux reste anecdotique.

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.

Références

  1. « Normales et records pour 1991-2020 à Auxerre », sur infoclimat.fr (consulté le ).
  2. « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  3. Lydia Berthomieu, « Loin des plus célèbres AOC, les vins IGP de l'Yonne savourent leur liberté », sur lyonne.fr, .
  4. « Décret modifié n° 68-807 du 13 septembre 1968 abrogeant des dispositions législatives relatives au vin », publié au JORF du .
  5. « Règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant organisation commune du marché vitivinicole », publié au Journal officiel de l'Union européenne du .
  6. INAO, « La réforme des vins de pays » [PDF], , p. 5.
  7. « Liste des noms d'unités géographiques plus petites que l'État membre visées à l'article 51 du règlement (CE) n° 1493/1999 (vins de table avec indication géographique) », publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .
  8. « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « Yonne » » [PDF], p. 34-39, homologué par l’arrêté du publié au JORF du .
  9. Paul Brunet, La sommellerie de référence - Le vin et les vins au restaurant, Nanterre, Editions BPI, , 743 p., p. 158
  10. « Le VCI permettra de limiter l’impact de la grêle dans le Chablisien »
  11. « Détail d'un communiqué - 2024 : une année aux multiples défis - Les vins de Chablis », sur www.chablis.fr (consulté le )
  12. « Les 100 000 hl de VCI qui changent tout pour les vins de Chablis », sur www.vitisphere.com (consulté le )
  13. « VITICULTURE Impacts et perspectives liés au contexte économique actuel : De l’international au local Juin 2025 »

Voir aussi

Liens externes

Articles connexes

  • icône décorative Portail de la vigne et du vin
  • icône décorative Portail de la Bourgogne
  • icône décorative Portail de l’Yonne