Yugnat999

Yugnat999
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Pseudonyme
Yugnat
Nationalité
Française
Activité
Artiste numérique, créateur de mèmes

Yugnat999 (souvent abrégé Yugnat) est un créateur de mèmes et artiste numérique français. Il est notamment associé à la structuration de communautés francophones autour du mème, et au lancement en 2016 du groupe Facebook « Neurchi de mèmes », fréquemment présenté comme un point de départ des communautés dites « neurchis »[1],[2],[3],[4].

Parcours

Création des « neurchis » (Facebook)

Plusieurs médias situent l’émergence du premier « neurchi de mèmes » en 2016, autour d’un groupe Facebook lancé par Yugnat999, intitulé « Neurchi de mèmes »[3],[2],[4]. Le terme « neurchi », présenté comme un verlan de « chineur », est ensuite repris pour désigner une constellation de groupes thématiques organisés autour de la publication et de la collecte de mèmes[2]. Society revient sur l’essor de ce modèle de groupes, en décrivant l’époque des « neurchis » comme une phase structurante pour la circulation des mèmes francophones sur Facebook[5].

Passage à Instagram et consolidation d’une pratique de publication

À partir de la seconde moitié des années 2010, Yugnat999 développe une activité de création et de publication sur Instagram, régulièrement décrite comme intensive et fondée sur le détournement et la recontextualisation d’images circulantes (captures d’écran, images existantes, montages texte/image)[1],[6]. Numéro indique un rythme de publication de « six ou sept mèmes par jour » et décrit une pratique centrée sur la transformation du sens d’images liées à l’actualité, à la culture populaire et aux usages sociaux[6]. Society évoque également ce basculement de Facebook vers Instagram dans un contexte de modération et de signalements sur les plateformes[5].

Reconnaissance médiatique et projet éditorial

À partir de 2018, Yugnat999 fait l’objet d’articles et d’entretiens dans la presse culturelle en ligne, notamment Manifesto XXI (2018), Le Monde (Pixels, 2020), Les Inrockuptibles (2021), Numéro (2023), Society (2025) et NYLON France (2025)[7],[4],[1],[6],[5],[8].

En 2025, il publie Memaganda, présenté comme un ouvrage visant à fixer sous forme imprimée une sélection de mèmes et à documenter leur dimension esthétique et culturelle[9],[6],[10].

Démarche artistique

Le mème comme langage visuel et matériau de création

Dans plusieurs entretiens, Yugnat999 défend l’idée que le mème dépasse la simple blague et constitue un langage visuel codé, lié à la circulation des images et à leurs usages sociaux[8],[6]. Manifesto XXI insiste sur la dimension collective, itérative et transformable du mème, décrit comme une forme fondée sur l’appropriation et la variation d’images préexistantes[7].

La Moleskine Foundation Collection décrit son travail comme une pratique articulée autour de la curation et de l’appropriation de phénomènes mémétiques, en mettant l’accent sur la recherche d’identification du public à partir de situations, de codes et de références circulantes[11].

Processus : détournement, recontextualisation et écriture (franglais, observation sociale)

Les Inrockuptibles et Numéro décrivent une production reposant sur la sélection d’images existantes, leur recontextualisation et l’ajout de texte (souvent en franglais), avec une attention portée aux micro-situations du quotidien et aux signaux culturels partagés par les communautés en ligne[1],[6]. Dans ce cadre, l’auteur peut endosser une position d’interprète et de commentateur, en rejouant le sens des images par le montage et la légende plutôt que par la production d’images originales au sens photographique ou graphique traditionnel[7],[6].

Cristallisation éditoriale : Memaganda

Selon Numéro, le projet Memaganda naît notamment de la volonté de lutter contre l’obsolescence rapide des contenus et de conserver une trace matérielle d’un corpus de mèmes[6]. La fiche de la Maison Européenne de la Photographie présente Memaganda comme un « manifeste » autour du mème, en insistant sur sa dimension esthétique et sur l’ambition de saisir un langage oscillant entre absurdité, critique sociale et art[9].

Présentations en contexte d’exposition

En 2022, Yugnat999 apparaît dans le cadre de Moleskine Detour 2.0 Paris (Palais de Tokyo), qui expose des carnets issus de la collection Moleskine[12],[11]. La Moleskine Foundation Collection associe à Yugnat999 un carnet intitulé French breakfast (2022)[11].

En 2023, il figure parmi les artistes de l’exposition collective DAWA au 3537 (Paris), commissariée par Latif Samassi ; Mixte Magazine mentionne explicitement l’exposition de « mèmes créés par Yugnat999 » dans le parcours[13],[14].

Couverture médiatique

Yugnat999 fait l’objet de portraits et d’entretiens dans la presse et les médias culturels, notamment Manifesto XXI (2018), Le Monde (2020), Les Inrockuptibles (2021), Numéro (2023), Society (2025) et NYLON France (2025)[7],[4],[1],[6],[5],[8].

Voir aussi

Notes et références

  1. Bruno Deruisseau, « Qui est Yugnat999, le plus célèbre créateur de mèmes français ? », sur Les Inrockuptibles, (consulté le )
  2. Emma Deunf, « Les neurchis de mèmes, une sous-culture web très politique », sur StreetPress, (consulté le )
  3. « Le lexique de l’humour sur Internet : comprendre les mèmes et ne plus se sentir à l’écart », sur Numerama, (consulté le )
  4. « « Mèmes décentralisés », ou l’humour Web qui se moque des « Jean-Pierre Pernaut » de l’humour internet », sur Le Monde (Pixels), (consulté le )
  5. « Les mèmes de la vie de YUGNAT999 », sur Society, (consulté le )
  6. Alexis Thibault, « Les confessions insolentes de Yugnat : « J’ai inventé le mème sur Internet » », sur Numéro, (consulté le )
  7. Coco Spina, « Yugnat999. Meme pas peur », sur Manifesto XXI, (consulté le )
  8. Camille Laurens, « « Je suis un peu une caricature de moi-même. » Yugnat 999 », sur NYLON France, (consulté le )
  9. « Yugnat999 – Memaganda », sur Maison Européenne de la Photographie (e-librairie), (consulté le )
  10. (en) « MEMAGANDA curated by yugnat999 », sur JBE Books, (consulté le )
  11. (en) « French breakfast — Moleskine Foundation Collection », sur Moleskine Foundation Collection, (consulté le )
  12. (en) « Moleskine Detour 2.0 Paris », sur Palais de Tokyo, (consulté le )
  13. (en) « DAWA », sur 3537, (consulté le )
  14. Antoine Leclerc-Mougne, « Expo : au 3537, Latif Samassi met le « Dawa » une dernière fois », sur Mixte Magazine, (consulté le )

Liens externes

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