Yukon (fleuve)

Yukon
Ųųg Han/Yuk Han (Gwichʼin)
Illustration
Descente du Yukon en canoë.
Emplacement du Yukon et de son bassin versant.
Caractéristiques
Longueur 3 190 km
Bassin 847 600 km2
Bassin collecteur Yukon
Débit moyen 7 000 m3/s (delta) [1],[2]
Cours
Source Glacier Llewellyn au Lac Atlin
· Localisation District de Atlin Colombie-Britannique, Canada
· Altitude 668 m
· Coordonnées 59° 10′ N, 133° 50′ O
Embouchure Mer de Béring
· Localisation Région de recensement de Kusilvak
· Altitude m
· Coordonnées 62° 35′ 55″ N, 164° 48′ 00″ O
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche White, Fortymile, Birch, Tanana, Nowitna, Innoko
· Rive droite Tagish, Lac Atlin, Teslin, big Salmon, Pelly, Stewart, Klondike, Porcupine, Christian, Chandalar, Melozitna, Koyokuk, Anvik, Atchuelinguk , Andreafsky
Pays traversés Drapeau du Canada Canada, Drapeau des États-Unis États-Unis
Régions traversées Colombie-Britannique, Yukon, Alaska
Principales localités Whitehorse, Dawson, Fort Yukon

Le Yukon est un fleuve majeur d'Amérique du Nord dont le nom signifie « grande rivière » dans la langue autochtone gwich'in.

Prenant sa source en Colombie-Britannique, il traverse le territoire canadien du Yukon (auquel il donne son nom) et se poursuit vers l'ouest à travers l'État américain de l'Alaska et se jette dans la mer de Béring au niveau du delta du Yukon-Kuskokwim. Le plus long fleuve dans la région du nord-ouest américain, le Yukon mesure 3 190 kilomètres[3],[4] de long avec un débit moyen de 6 400 à 7 000 m3/s[2],[5],[6]. La superficie totale du bassin versant est de 854 700 km2[6], dont 323 800 km2 se trouvent au Canada[7]. La superficie totale est plus de 35 % plus grande que celle de la France[note 1].

Toponymie

Il a plusieurs noms pour ce fleuve dans diverses langues autochtones dont:

Le nom Yukon provient de ųųg han, une contraction des mots chųų gąįį han dans la langue gwich'in, qui signifie « rivière d'eau blanche » et fait référence à la couleur pâle des eaux due à la fonte glaciaire s'écoulant dans le fleuve Yukon[8] :

« Monsieur, j'ai le grand plaisir de vous informer qu'après bien des efforts et des difficultés, j'ai enfin réussi à atteindre la rivière Youcon, ou rivière aux eaux blanches, ainsi nommée par les autochtones Gwich'in en raison de la couleur pâle de ses eaux. ..., j'ai l'honneur de demeurer votre obéissant serviteur »

— John Bell , Correspondance de John Bell, de la Compagnie de la Baie d'Hudson, à George Simpson, ()[9],[note 2].

La contraction est Ųųg Han si le /ųų/ reste nasalisé, ou Yuk Han s'il n'y a pas de nasalisation vocalique[note 3].

Dans les années 1840, les différentes nations dénées ont des opinions divergentes quant à la signification littérale de Yukon. En 1843, les Holikachuks déclarent à la Compagnie russo-américaine que leur nom pour le fleuve est Yukkhana et que ce nom signife « grand fleuve » :

« Le Yukon se dit Kvikhpak en langue kangulit (yupik); Yukkhana dans le dialecte des Inkilik (holikachuk) vivant en aval; et Yuna dans celui des Koyukon vivant en amont. Tous ces termes signifient la même chose : « Grand Fleuve ». J’ai conservé les noms locaux pour mieux distinguer les différentes tribus riveraines. »

— Lieutenant Zagoskin, 1848 , Note no 63 traduite dans le livre de H.Michael en 1967[12],[note 4],[note 5].

Deux ans plus tard, les Gwich'ins informent la Compagnie de la Baie d'Hudson que leur nom pour la rivière est Yukon et que ce nom signifie « rivière d'eau vive »[9]. « Rivière d'eau vive » correspond en fait à des mots gwich'ins qui peuvent être abrégés en Yukon[note 6].

Comme les Holikachuks font commerce régulièrement avec les Gwich'ins et les Yup'iks, ils sont en mesure d'emprunter la contraction gwich'in et de confondre sa signification avec celle de Kuig-pak [Grande-Rivière], le nom yupik de la même rivière. C'est pourquoi les documents suggèrent que les Holikachuks ont emprunté la contraction Ųųg Han [Rivière d'eau vive] au gwich'in et supposé, à tort, que cette contraction a la même signification littérale que le nom yupik correspondant Kuig-pak [Grande-Rivière].

L'extrémité supérieure du fleuve Yukon du lac Marsh jusqu'au confluent de la rivière Pelly à Fort Selkirk est initialement connue sous le nom de rivière Lewes, avant qu'il ne soit établi qu'il s'agit du Yukon[16].

Histoire

Pendant les glaciations, le bassin de la rivière Yukon aurait constitué une région en partie libre de glace. La partie supérieure du bassin aurait été reliée à un corridor ouvert entre la bordure occidentale de la calotte glaciaire canadienne et les glaciers des montagnes Rocheuses. Ce corridor aurait non seulement permis la circulation de la faune, mais aussi, possiblement, celle des premiers groupes humains, entre la Béringie et l'intérieur du continent nord-américain. Durant le Dernier maximum glaciaire, l’expansion des glaces aurait entraîné la fermeture de ce passage[17].

De nombreuses communautés autochtones vivent le long du Yukon depuis des millénaires et jouent un rôle crucial dans leur culture et mode de vie. Ces groupes disposent de liens économiques étroits et complexes antérieurs à l'arrivée des Européens[18].

Camp de mineurs sur le Yukon durant la ruée vers l'or du Klondike.

Le territoire de l'Alaska est exploré dès 1831 par des marchands de fourrures russes, qui contrôlent le territoire par l'entremise de la Compagnie russe d'Amérique. Après l'achat de l'Alaska par les États-Unis en 1867, l'Alaska Commercial Company s'installe sur le territoire et construit plusieurs postes le long du fleuve. La Compagnie de la Baie d'Hudson arrive dans la section canadienne du Yukon à partir du milieu du 19ᵉ siècle et construit Fort Yukon et Fort Selkirk.

Après la découverte d'importantes quantités d'or au Klondike dans le ruisseau Bonanza en 1896, un grand nombre de prospecteurs arrive dans la région, commençant la ruée vers l'or du Klondike qui dura jusqu'au début du 20ᵉ siècle. Étant le moyen de déplacement le plus pratique dans la région, le Yukon fut l'une des principales voies de transport pour cet afflux de personnes. Si certains chercheurs d'or remontèrent le Yukon à partir de la mer de Béring pour atteindre le Klondike (Dawson City), la majorité d'entre eux le descendirent après avoir franchi le col Chilkoot et suivi une chaîne de lacs.

Des bateaux à aubes tels que le S.S. Klondike continuèrent de naviguer sur le fleuve jusqu'aux années 1950, date d'achèvement de la route du Klondike[19].

Cours d'eau

Carte du bassin du Yukon.

Bien que les géologues, géographes, hydrologues et écologistes s'accordent à dire que la source du fleuve Yukon se situe dans la partie nord de la chaîne côtière glaciaire de Colombie-Britannique[20],[18], son origine exacte fait encore débat. Selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis, la source généralement admise du fleuve Yukon est le glacier Llewellyn, à l'extrémité sud du lac Atlin, en Colombie-Britannique[6]. D'autres suggèrent que sa source est le lac Lindeman, à l'extrémité nord de la piste Chilkoot. Certains affirment que la source du fleuve Yukon serait en réalité le lac Teslin et la rivière Teslin, dont le débit est plus important lorsqu'elle rejoint le Yukon à Hootalinqua.

Quoi qu'il en soit, le lac Atlin se déverse dans le lac Tagish via la rivière Atlin, tout comme le lac Lindeman après s'être déversé dans le lac Bennett. Le lac Tagish se déverse ensuite dans le lac Marsh par la rivière Tagish. Le fleuve Yukon proprement dit prend sa source à l'extrémité nord du lac Marsh, juste au sud de Whitehorse.

Lac Laberge, Yukon, Canada.

Au nord de Whitehorse, le fleuve Yukon s'élargit pour former le lac Laberge, rendu célèbre par le poème de Robert W. Service, « The Cremation of Sam McGee (en) ». Parmi les autres grands lacs faisant partie du système du fleuve Yukon, on compte le lac Kusawa (qui se jette dans la rivière Takhini) et le lac Kluane (qui se jette dans la rivière Kluane, puis dans la rivière White).

Une portion du fleuve dans le Yukon, entre le lac Laberge et la rivière Teslin est surnommé la section « Thirty Mile » et est classée rivière du patrimoine national et fait partie du Parc historique national de la ruée vers l'or du Klondike[21],[22].

Le fleuve traverse les localités de Whitehorse, Carmacks et Dawson City au Yukon puis, en Alaska, Eagle, Circle, Fort Yukon, Stevens Village, Rampart, Tanana, Ruby, Galena, Nulato, Grayling, Holy Cross, Russian Mission, Marshall, Pilot Station, Saint Mary's (accessible depuis le Yukon à Pitkas Point) et Mountain Village. Après Mountain Village, le chenal principal du Yukon se divise en de nombreux bras qui s'étendent à travers le delta. Plusieurs localités se trouvent après le head of passes, nom donné localement à cette division du chenal : Nunum Iqua, Alakanuk, Emmonak et Kotlik. Parmi ces localités du delta, Emmonak est la plus importante, avec environ 760 habitants lors du recensement de 2000[23].

Les rapides Five Fingers et Rink, en aval de Carmacks, constituent des obstacles et peuvent poser un danger à la navigation sur le fleuve Yukon.

Le fleuve Yukon à Carmacks au Canada (août 2017).

Ponts

Le pont qui enjambe le Yukon à Carmacks (Yukon), sur la route du Klondike.
Le pont E.L Patton sur le Yukon permet à la route Dalton de franchir le fleuve au nord de Fairbanks.

Malgré sa longueur, il n'y a que quatre ponts permettant le passage de véhicules sur la rivière, listés de l'amont vers l'aval :

Un traversier assure la traversée de la rivière à Dawson City en été; il est remplacé par un pont de glace traversant la rivière gelée en hiver. Un projet de construction d'un pont permanent a été annoncé en , mais il a été suspendu par la suite en raison des coûts beaucoup plus élevés que prévu au budget.

Whitehorse compte également deux ponts réservés aux piétons, ainsi qu'un barrage sur la rivière et une centrale hydroélectrique. La construction du barrage a inondé les rapides de White Horse, qui avaient donné le nom à la ville, et a créé le lac Schwatka.

Le transport fluvial s'effectue également en été par barge, permettant l'acheminement de marchandises lourdes, de pétrole et de véhicules vers les communautés des rivières du Yukon, Tanana, Innoko et Koyukuk. Ce service est assuré par la société Ruby Marine et dessert Tanana sur le fleuve Yukon et Nenana sur la rivière Tanana[24].

Écologie

Certaines des pentes supérieures de ce bassin versant (par exemple les collines Nulato) sont boisées d'épinettes noires. Ce lieu près de la péninsule de Seward représente la limite la plus occidentale de l'épinette noire[25], l'un des conifères les plus répandus du nord de l'Amérique du Nord.

La rivière traverse plusieurs parcs et réserves naturelles, notamment :

Traversée du lac Laberge en canoë.

Les fleuves Yukon et Mackenzie présentent des concentrations de sédiments en suspension beaucoup plus élevées que les principaux fleuves de l’Arctique sibérien[26]. Toutefois, l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis ne classe pas le fleuve Yukon parmi ses bassins versants dégradés, et les données sur la qualité de l’eau de l'Institut d'études géologiques des États-Unis montrent des niveaux relativement bons de turbidité, de métaux et d’oxygène dissous[27]. De même, un rapport canadien sur l'environnement au Yukon évaluant la qualité des eaux du fleuve Yukon émet un indice de qualité bonne pour la plupart du fleuve, bien que certaines régions soient qualifiées de médiocres[28].

Le Yukon River Inter-Tribal Watershed Council (en), une initiative conjointe de 70 Premières Nations et tribus d'Alaska et du Canada, a pour objectif de rendre à nouveau l'eau du fleuve et de ses affluents potable en complétant et en analysant les données gouvernementales.

Débit fluvial

Le débit interannuel ou module du Yukon est de 2 160 m3/s à Dawson City pour une surface de bassin versant de 264 000 km2, de 3 378 m3/s à Stevens Village pour une surface de bassin versant de 508 417 km2 et de 6 347 m3/s à Pilot Station à 225 km de son embouchure pour une surface de bassin versant de 831 390 km2. Débit minimum, moyen et maximum du Yukon à la ville Pilot Station (195 km en amont de l'embouchure)[1],[29],[30] :

Le fleuve présente une période de hautes eaux de mai à septembre avec un maximum en juin au moment de la fonte des neiges et une période d'étiage de décembre à avril. Les valeurs extrêmes mesurées à Pilot Station pour le débit mensuel sur la période 1975-1993 sont égales à 307 m3/s et 23 667 m3/s

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Pilot Station
(données calculées sur la période 1975-1993[31])

Pêche

Le fleuve Yukon abrite l'une des plus longues migrations de saumons au monde. Chaque année, les saumons quinnat, coho et kéta remontent leurs cours d'eau terminaux en Alaska, au Yukon et en Colombie-Britannique. Comme les saumons ne s'alimentent pas pendant leur migration de frai, ceux du fleuve Yukon doivent disposer d'importantes réserves de graisse et d'énergie pour alimenter leur périple de plusieurs milliers de kilomètres. Les saumons quinnat, qui arrivent à l'embouchure du Yukon début juin, effectuent le plus long voyage – jusqu'à 3 200 kilomètres à contre-courant – dont on estime que 35 à 50 % se dirigent vers le Canada. De ce fait, le saumon quinnat est réputé pour sa chair particulièrement riche et grasse et est l'espèce de saumon du Pacifique la plus chère[32].

Roue à Poisson, Fleuve Yukon, Alaska

Les villages riverains du Yukon ont toujours dépendu, et dépendent encore, du saumon pour leurs besoins culturels, de subsistance et commerciaux. Traditionnellement, le saumon est séché, fumé et congelé pour la consommation humaine et celle des chiens de traîneau. Parmi les méthodes de pêche courantes sur le Yukon, on trouve les filets maillants, les filets dérivants, les épuisettes et les roues à poissons (en). Le choix du matériel dépend largement des caractéristiques variées du fleuve selon les zones. Dans certaines parties du fleuve, l'absence de remous rend la pêche au filet fixe efficace, tandis qu'ailleurs, les affluents sont trop étroits pour que la pêche à la dérive soit pratique.

Au cours des 20 dernières années, le recrutement du saumon, c'est-à-dire le nombre d'adultes remontant les rivières, a subi plusieurs chocs. La fin des années 1980, les années 1990 et les années 2000 ont été marquées par une réduction drastique des remontées de diverses espèces de saumons. À l'été 2023, le Service de la pêche et de la faune des États-Unis a dénombré 58 500 saumons quinnat, soit le deuxième plus faible nombre jamais enregistré[33]. En 2008 et 2009, le département du Commerce des États-Unis a émis une déclaration de catastrophe fédérale pour les pêcheries commerciales de saumon quinnat du fleuve Yukon, exigeant la fermeture complète de la pêche commerciale ainsi que des restrictions sur la pêche de subsistance[34],[note 8]. Les causes profondes de ces faibles remontées font toujours débat, notamment concernant les effets des changements climatiques sur l'approvisionnement alimentaire en mer et la prévalence des maladies chez les adultes remontant le fleuve, les méthodes de pêche utilisées et les effets de la flottille de chalutiers ciblant le colin de la mer de Béring sur l'approvisionnement alimentaire et les prises accessoires de saumon[36],[37]. En 2010, le Conseil des pêcheries du Ministère de la Chasse et de la Pêche de l'Alaska a émis la toute première restriction concernant la taille des mailles des filets sur le Yukon, la réduisant à 190 mm (7,5 po)[38]. En 2021, la division de pêche commerciale de l'Alaska interdit toute pêche du saumon chinook et kéta, y compris pour la subsistance[32],[39].

Diverses organisations œuvrent à la protection et à la bonne santé des populations de saumon pour l’avenir. La Yukon River Drainage Fisheries Association a été fondée en 1990 par consensus de pêcheurs représentant l’ensemble du bassin versant, en réaction aux catastrophes survenues dans les années précédentes. Ses objectifs comprennent la représentation des pêcheurs villageois qui gèrent traditionnellement ces ressources, la facilitation de la communication entre les pêcheurs et les gestionnaires des pêches, et la préservation de l’intégrité écologique des populations de saumon et des connaissances écologiques traditionnelles des cultures locales[40].

En , les gouvernements américain et canadien ont adopté le Yukon River Salmon Agreement afin de mieux gérer une ressource partagée à l’échelle internationale et d’assurer le retour d’un plus grand nombre de saumons d’origine canadienne à la frontière[41]. L’accord est mis en œuvre par le biais du Yukon River Panel, un organisme international composé de 12 membres, à parts égales américains et canadiens, qui conseille les gestionnaires des pêcheries du fleuve Yukon en matière de restauration, de conservation et de gestion coordonnée.

Les organisations tribales telles que le Association of Village Council Presidents, le Council of Athabascan Tribal Governments, et le Tanana Chiefs Conference (en) travaillent à préserver le saumon du fleuve Yukon afin de promouvoir la bonne santé des personnes, des cultures et des communautés.

Affluents

Liste des principaux affluents

Le fleuve principal et ses affluents (triés dans l'ordre de l'embouchure en remontant le courant)[42],[5] :

Territoire du Yukon

Alaska

Dans la culture populaire

Voir aussi

Notes

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Yukon River » (voir la liste des auteurs).
  1. Superficie de la France = 632 702 km2.
  2. John Bell est également cité par Coates et Morrison en 1988[10].
  3. Les voyelles du gwich'in peuvent être nasalisées ou non. Un crochet sous une voyelle, comme dans « ų », indique qu'elle est nasalisée[11]. Le français, quant à lui, ne possède pas de voyelles nasalisées.
  4. Zagoskin n'est pas entré en contact avec les Gwich'in et n'a pas eu accès à l'information selon laquelle Yukon signifie rivière d'eau vive en Gwich'in – la langue d'où provient le mot. Cependant, Yukkhana ne correspond pas à une expression holikachuk signifiant littéralement « grand fleuve ». En Holikachuk, grande rivière ou grande eau serait xinmiksekh, xinchux, toomiksekh, ou toochux; xin [rivière], too [eau][13]
  5. Donald J. Orth, dans Dictionary of Alaska Place Names (1967), affirme : « Trente-neuf pages de "sources" citées, représentant plus d'un siècle de recherches, n'ont pas permis de vérifier l'affirmation de Zagoskin selon laquelle Yukon signifie « grand fleuve »...
    Les Inuits… l’appelaient de façon descriptive « Kuikpak », ce qui signifie « grande rivière ». Le nom indien « Yukon » signifie probablement la même chose. »[14]. Orth n’emploie pas le terme « probablement » lorsqu’il aborde la signification de Kuikpak. Son utilisation de « probablement » se limite à l’analyse de la signification de Yukon, ce qui indique que l’affirmation de Zagoskin selon laquelle Yukon signifie « grande rivière » n’a jamais été vérifiée. De plus, les « Sources » d’Orth n’incluent même pas la correspondance de la Compagnie de la Baie d'Hudson, qui précise que Yukon signifie « rivière d’eaux vives » en gwich’in. Les « Sources » d’Orth n’incluent pas non plus de dictionnaires autochtones.
  6. En gwich'in, les adjectifs, tels que choo (grand) et gąįį (blanc), suivent les noms qu'ils qualifient. Ainsi, « eau blanche » se dit chųų gąįį et « rivière d'eau blanche » se dit « chųų gąįį han ». ą, į, ų sont nasalisés en a, i, u (page ii) ; les adjectifs suivent les noms (page xii); nitsii ou choo (grand) (page 19); chųų choo (océan / grande eau) (page 88); han (rivière) (page 105); chųų (eau) (page 142); dagąįį (blanc) (page 144)[15].
  7. cfs :Cubic feet / second
  8. En 2010, pour compenser le manque à gagner, le Département du commerce débloque une aide de 5 M$[35].

Références

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  2. Martin, Whitmus et Hachmeister 1987
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  5. Eric Tilman, « Rivers Network - Yukon », sur Rivers Network (consulté le )
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  11. Peter 1979, p. ii
  12. Michael 1967, p. 295
  13. Kari 1978, p. 22
  14. Orth 1967, p. 6-44; 1069
  15. Peter 1979, p. 19
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Bibliographie

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Liens externes

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