Yvonne Moreau

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 91 ans) Autun (Saône-et-Loire) |
| Nom de naissance |
Yvonne Marie Marceau |
| Pseudonyme |
Estafette rouge |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Conjoint |
Lazare Moreau |
| Membre de | |
|---|---|
| Conflit | |
| Distinction |

Yvonne Moreau, née Marceau le à Larochemillay et morte le à Autun[1], est une institutrice et résistante française[2]. Elle a participé aux actions du maquis Louis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Biographie
Jeunesse
Yvonne Marceau est née à Larochemillay (Nièvre) le . Son père Francis est journalier et sa mère Lazarine (née Jault) est couturière.
Elle passe son enfance dans le Morvan, entre Larochemillay et Arleuf.
Elle commence ses études à l'école normale d'institutrices de Nevers en .
Engagement dans la Résistance
Dès le début de l'Occupation, elle cherche à entrer en contact avec des organisations qui se mettent en place pour résister.
A la Toussaint 1942, elle prend le poste d'institutrice à Millay. Elle ramasse des tracts imprimés en français et parachutés par les Anglais. Elle assure leur transport de nuit et leur distribution à Nevers et Imphy, où elle a tissé des liens lors de stages pendant sa formation d'institutrice[3]. À la fin de l'année 1943, les voyages liés aux transports d’informations et de tracts cessent, pour cause de dénonciation à Imphy[4].
Le , Yvonne Marceau fera la connaissance de Lazare Moreau (alias Oscar), résistant assidument recherché par les Allemands, aguerri pour l’utilisation des explosifs. Celui-ci est caché et a besoin de chaussures puisqu’il s’est enfui pieds nus. A la demande d’un ami, André Barnay, elle lui porte des chaussures.
Tout début , la résistante rencontre le Capitaine Louis, connaissant ses engagements, il accepte l’aide qu’elle lui propose[5]. Elle devient agent de liaison du maquis Louis où elle acquiert le surnom d'« estafette rouge », en raison de la couleur de son pull-over. Elle est également en relation avec l’abbé Bonin, curé de Millay, énergiquement investi dans l’organisation de la lutte contre le STO, dans l’aide aux prisonniers de guerre, dans l’accueil des résistants, dans ses contacts permanents avec le maquis Louis.
Le , Yvonne Marceau réussit à sortir de la clinique de Luzy, Henri Goulot, blessé à la suite d’une attaque au lieu-dit Le Chalet, commune de Larochemillay[6],[7]. Il est « rapatrié » au maquis des Fraichots.
Le , un groupe de gendarmes qui se rend en car au maquis Louis provoque un émoi dans la population de Larochemillay qui croit à une attaque allemande et s'enfuit ou se cache. Yvonne Moreau est la première à se risquer et à se porter au-devant d'eux. Elle leur indique finalement le chemin du maquis[8],[9].
Le , la ville de Luzy est libérée, après l’installation de petits groupes dans les villages des alentours : Yvonne Marceau participe activement à la libération.
L'après-guerre
Yvonne épouse Lazare Moreau en 1946. Elle est institutrice à Millay jusqu’en 1976.
A la retraite, Yvonne Moreau s'est consacrée à l'histoire de ces hommes et femmes, qui, par leur courage et leur patriotisme, ont contribué à libérer la France, dans un livre « Moi, Yvonne MOREAU, résistante... ou Les mémoires d'une jeune fille engagée », publié en 2010. Elle s'implique avec son mari dans la création du Musée de la Résistance de Saint Brisson.
Yvonne Moreau contribuera à faire vivre la mémoire de la Résistance jusqu'à sa mort en 2013, elle repose au cimetière de Larochemillay.
Distinctions et hommages posthumes

Le , Duff Cooper, l'ambassadeur de Grande-Bretagne en France, adresse à Yvonne Moreau une lettre de reconnaissance comportant l'attribution de la « silver laurel leaf » (Feuille de laurier d'argent) pour sa « Brave Conduct » (conduite courageuse)[10].
En 2010 elle est nommée chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur en tant qu'ancienne institutrice et ancienne résistante : "68 ans de services civils et militaires"[11].

Depuis 2018, l’école primaire de Millay, ex école des filles, porte son nom[12],[13]. C’est dans cette école qu’elle a exercé jusqu’en 1976.
Notes et références
- ↑ Relevé des fichiers de l'Insee
- ↑ « Une belle cérémonie a rendu hommage à la résistante », Le journal du Centre, (lire en ligne)
- ↑ France 3 Régions, « Nièvre : Millay rend hommage à Yvonne Moreau, héroïne de la Résistance »
- ↑ Moreau 2010, p. 15.
- ↑ Moreau 2010, p. 17.
- ↑ Moreau 2010, p. 34.
- ↑ Ducroc 1991, p. 126.
- ↑ Moreau 2010, p. 32.
- ↑ Ducroc 1991, p. 139.
- ↑ Sauge 2022, p. 159.
- ↑ « Yvonne Moreau - JORFSearch », sur jorfsearch.steinertriples.ch (consulté le )
- ↑ Sauge 2022, p. 170.
- ↑ France 3 Bourgogne, « Yvonne Moreau, une femme de la Résistance dans la Nièvre »,
Annexes
Bibliographie
- Pierre Ducroc, Maquis Louis, Nevers, auto-édition, , 216 p.
- Yvonne Moreau, Moi, Yvonne Moreau, résistante...ou Les mémoires d'une jeune fille engagée, Amicale du Maquis Louis LUZY, , 52 p.
- Carine Sauge, Un maquis original, Louis, War Office, Morvan Terre de Résistances - ARORM, , 2e éd., 216 p. (ISBN 978-2-9508378-9-9)
- Hubert Verneret, « Le Maquis Louis et la bataille d'Autun : Journal d'un Maquisard », Les annales des pays nivernais, Camosine, no 133, (ISSN 0153-7121)
Articles connexes
- Résistance intérieure française
- Femmes dans la Résistance intérieure française
- Musée de la Résistance en Morvan
- Maquis Louis
Liens externes
- Archives conservées par : Service historique de la Défense (GR 16 P 429952)
- Ressource relative aux militaires :
- Portail de la Résistance française
- Portail de la Nièvre
- Portail du Morvan