Zacharie Dupuis

Zacharie Dupuis
Fonctions
Gouverneur de Montréal
(intérim)

(1 an)
Monarque Louis XIV
Prédécesseur Balthazard Flotte de La Frédière (intérim)
Successeur Pierre de Lamotte de Saint-Paul

(1 an)
Monarque Louis XIV
Prédécesseur Étienne Pézard de LaTouche (intérim)
Successeur Balthazard Flotte de La Frédière (intérim)

(moins d’un an)
Monarque Louis XIV
Prédécesseur Lambert Closse (intérim)
Successeur Étienne Pézard de LaTouche (intérim)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Saverdun (Royaume de France)
Date de décès
Lieu de décès Montréal (Nouvelle-France)
Nationalité Française
Conjoint Jeanne Fauvenel
(premier mariage)
Jeanne Groisard
(second mariage)
Profession Militaire

Zacharie Dupuis, né en 1608 (?) à Saverdun est un militaire de l'Ancien Régime, colon de la Nouvelle-France.

Biographie

Plaque commémorative[1] à Verdun

Originaire de Saverdun, dans le Sud-Ouest de la France (aujourd'hui en Ariège), Zacharie Dupuis arrive en 1655 en Nouvelle-France et devient commandant au fort de Québec un an plus tard. Il est envoyé peu après par le gouverneur Lauzon en plein cœur de l'Iroquoisie pour fonder une mission jésuite chez la tribu des Onnontagués. La mission fondée se nomme Sainte-Marie de Gannentaha, sur les rives du lac Gannentaha (aujourd'hui le lac Onondaga), près de l'actuelle ville de Syracuse, dans l'État de New York.

Le gouverneur concède une terre aux jésuites et par ce fait officialise la prétention au nom du roi de France de l'Iroquoisie face aux prétentions des Hollandais, et plus tard des Anglais, pour ce territoire à la fin du XVIIe siècle. La mission, ainsi que les autres Français, au nombre d'environ 50, présents à Onnontahé, fuient le lieu en 1658, face à la menace d'être massacrés.

Zacharie Dupuis s'installe à Ville-Marie (aujourd'hui Montréal), comme aide-major de la garnison et après la mort tragique du major Lambert Closse, due à une attaque iroquoise, Zacharie Dupuis succède à ce dernier[2]. Témoin privilégié des débuts difficiles de la folle entreprise (débuts de Montréal), Zacharie Dupuis endosse le rôle de gouverneur intérimaire de Montréal, en l'absence du gouverneur, Paul Chomedey de Maisonneuve, parti en France en 1662 et 1665.

Le , Paul de Chomedey, voyant que les troupes du roi tardaient à arriver, met sur pied par ordonnance la milice de la Sainte-Famille appelée « Soldats de la très sainte Vierge »[3].

En 1668, M. de Maisonneuve, afin de protéger la colonie naissante contre les attaques des Iroquois, composait une compagnie militaire sous le nom de Milice de la Sainte-Famille de Jésus, Marie, Joseph. Ce fut aussi à Montréal que le P. Chaumonot et Mme d’Ailleboust exercèrent d’abord leur zèle pour le culte de la sainte Famille, avant que Mgr de Laval les fît descendre à Québec pour les mettre tous deux à la tête de la confrérie de la Sainte-Famille qui y fut érigée canoniquement le [4].

Le Major Dupuis a ordre de faire insinuer le présent ordre au greffe de ce lieu, et rassemble les noms de ceux qui se feront enrôler[5].

Paul de Chomedey, gouverneur de l’île de Montréal et des terres qui en dépendent: Sur les avis qui nous ont été donnés en divers endroits, que les Iroquois avaient formé le dessein d’enlever de surprise ou de force cette habitation, et le secours que Sa Majesté nous a promis n’étant point arrivé encore; nous attendu que cette île appartient à la Sainte-Vierge, avons cru devoir inviter et exhorter ceux qui sont zélés pour son service de s’unir ensemble par escouades, chacune des sept personnes et après avoir élu un caporal à la pluralité des voix, de venir nous trouver pour être enrôlés dans notre garnison, et en cette qualité suivre nos ordres pour la conservation de ce pays. Nous promettons de notre part que, dans les dangers qui pourront se rencontrer aux occasions militaires, les intérêts des particuliers nous seront toujours chers, et que nous serons prêts à ôter du rôle ceux qui se feront inscrire pour les fins susdites, toutes les fois qu’ils nous en requerront. Ordonnons au sieur du Puis, major, de faire insinuer le présent ordre au greffe de ce lieu, et ensemble les noms de ceux qui se feront enrôler, pour leur servir de marque d’honneur comme ayant exposé leur vie pour les intérêts de Notre-Dame et le salut public[5]».

Pour ses loyaux services, les seigneurs de Montréal, les Sulpiciens, concèdent en 1671 à Zacharie Dupuis un fief noble[6], sans droits de justice, de 320 arpents, au bas du Sault Saint-Louis (aujourd'hui rapides de Lachine à 6 km du centre-ville de Montréal).

La femme de Zacharie Dupuis, Jeanne Groisard, jouissait d’une certaine notoriété à Ville-Marie (Montréal). Elle était amie de Marguerite Bourgeoys, et Jeanne Mance lui témoignait une réelle affection. Elle rencontrait certainement Jeanne Mance autour d’un bon vin, c’est ce que révèle l’inventaire après décès de Jeanne Mance dont voici l’extrait.

« Item, Une demye barrique de Vin clairet À laquelle Il y en manque environ Un quart, que lade. Damoiselle Dupuy, adit estre a elle, come. l’ayant fait apporter dans Icelle Cave[7] ».

Ce fief est nommé Verdun, pour évoquer le lieu d'origine de Zacharie Dupuis, sa ville natale de Saverdun. Le nom de l'arrondissement de Verdun, au sud-ouest de Montréal, remonte donc à Zacharie Dupuis.

Notes et références

  1. "L'emplacement de la plaque à l'aide de Google Street View pour voir si les différentes photos permettaient de préciser la date de disparition. Vérification faite, il s'avère que la plaque figurait encore à son emplacement sur la photo datée de septembre 2012, mais qu'elle n'y figurait plus sur la photo datée de juin 2014. J'ai donc inscrit ces dates comme moment de la disparition de la plaque dans sa fiche : Plaque du fief de Verdun - Répertoire du patrimoine culturel du Québec" Marie-Eve Ouellet Conseillère en patrimoine culturel, Ph.D. Direction des politiques et de l'évaluation patrimoniale Ministère de la Culture et des Communications 225, Grande Allée Est, bloc C, R.-C. Québec (Québec)  G1R 5G5
  2. Roland-J. Auger, Volume I (1000-1700) Dictionnaire biographique du Canada, Université Laval / University of Toronto, 2003, (lire en ligne), DUPUY, ZACHARIE
  3. Archambault, R.P. 1941. La dévotion à la Sainte-Famille, L’œuvre des Tracts, 16 p
  4. Archambault, R.P. 1941. La dévotion à la Sainte-Famille, L’œuvre des Tracts, 16 p.
  5. Faillon, Étienne-Michel. 1866. Histoire de la colonie française en Canada, Bibliothèque paroissiale, tome 2, p. 252, tome 3, p. 15 et 339
  6. Un peu d'histoire... bref historique de Verdun Site officiel de l'arrondissement de Verdun
  7. BAnQ, cote CN601,S17,D834 En ligne: https://advitam.banq.qc.ca/notice/489254

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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