Église Notre-Dame-de-la-Voie d'Athis-Mons

Église Notre-Dame-de-la-Voie
Vue arrière avec le clocher.
Vue arrière avec le clocher.
Présentation
Culte Catholique
Type Église paroissiale
Rattachement Diocèse d'Évry-Corbeil-Essonnes
Début de la construction 1951
Fin des travaux 1954
Architecte Maurice Laurence (1917-)
Style dominant Architecture contemporaine
Géographie
Pays France
Région Île-de-France
Département Essonne
Ville Athis-Mons
Coordonnées 48° 42′ 01″ nord, 2° 23′ 14″ est
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Église Notre-Dame-de-la-Voie
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Église Notre-Dame-de-la-Voie

L'église Notre-Dame-de-la-Voie est une église paroissiale de culte catholique, dédiée à Notre-Dame de la Voie (patronne des cheminots), située dans le quartier Athis-Val de la commune française d'Athis-Mons et le département de l'Essonne[1]. L'église a été reconstruite suite aux bombardements alliés de la gare de triage de Juvisy-sur-Orge le qui ont détruit l'église Notre-Dame de Lourdes.

Situation

L'église Notre-Dame-de-la-Voie est située au 102 avenue Jean-Jaurès dans le quartier Athis-Val au niveau du lit de la vallée de la Seine, à côté des voies ferrées de la gare de triage de Juvisy côté Orge, à mi-chemin entre la gare d'Athis-Mons et la gare de Juvisy-sur-Orge.

Histoire

Le développement du Val d'Athis est lié à l'agrandissement de la gare de triage de Juvisy, ouverte en 1884, sur la ligne de la compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO), mise en service en date du . La gare de triage s'est progressivement étendue entre l'Orge et la Seine vers Athis-Mons et les employés se sont installés à proximité. Le Val s'industrialise et des ouvriers s'y installent également.

Église Notre-Dame de Lourdes

Carte postale de l'église Notre-Dame de Lourdes - Athis-Val (1911).

L'église paroissiale Notre-Dame de Lourdes[2], sise rue Roquelaure, est consacrée par Charles Gibier, évêque de Versailles, le et la paroisse d'Athis-Val est érigée le avec l'abbé Villain comme premier curé[3]. La nef est à charpente métallique en colonnes de fonte et son sous-sol dispose d'espaces pour des activités paroissiales (presbytère, salle de spectacle de 250 m2 et salle de jeux).

L'église disposait d'une longueur totale de 37,25 m sur une largeur de 18 m au niveau de la nef et de 27 m au niveau de la croisée du transept. Le plancher en fer était surélevée à une hauteur de 3,65 m.

« Un escalier en pierre à deux volées en façade principale, disposant d'un clocher avec une flèche en béton armé, et deux escaliers extérieurs en béton armé en façades latérales permettaient l'accès de la rue au plancher de l'église. Le rez-de-chaussée était en pierre de taille en façade principale et en meulière sur toutes les autres façades et refends. L'église elle-même était en brique pleine pour la façade principale, chœur, sacristie et partie basse du clocher ; en brique en remplissage d'ossature métallique pour le reste de l'église, nef et transept, avec ravalement d'ensemble en ciment-pierre. Un enduit de ciment recouvrait la charpente métallique. Les vitraux étaient à verres de couleur losangés pour la façade principale, la nef et le transept, et ceux du chœur à personnages[2]. »

De 1935 à 1938, le peintre belge Camille Lambert, installé à Juvisy-sur-Orge, décore de 22 tableaux de peinture à l'huile exécutés sur toiles encollées la nef, le chœur et la tribune de l'église[2],[4],[5]. Ces fresques procurent une certaine notoriété à « la petite église blanche du Val ».

Val d'Athis en ruine et l'église Notre-Dame de Lourdes après les bombardements alliés du 18 avril 1944.

La nef de l'église Notre-Dame de Lourdes a été éventrée par un wagon, projeté sur deux-cents mètres lors des bombardements alliés de la gare de triage du [6], qui ont réduit le Val à un amas de décombres et ont généré 4 000 sinistrés, 392 morts[a] et des centaines de blessés[3]. Des éléments structurels comme le clocher, des parties de la façade centrale et des murs latéraux de l'église présentent des altérations et fissures irréparables qui entraînent la démolition de l'édifice.

Nef éventrée de l'église Notre-Dame de Lourdes lors des bombardements alliés du .

La construction d'une nouvelle église

« Le dossier de reconstitution à l'identique est transmis à la délégation de Seine-et-Oise du MRU par l'architecte Maurice Laurence, expert pour l'immobilier, en octobre 1949 ; il relève du Plan national, l'évaluation se montant à plus de 3 millions valeur 1939. L'évaluation des dommages de guerre du mobilier cultuel, classé en deuxième catégorie, a lieu en 1952. »[2]

À titre provisoire, une baraque-chapelle est installée au centre du quartier Athis-Val.

L'église nouvelle Notre-Dame-de-la-Voie est reconstruite sur un site voisin dans l’avenue Jean Jaurès en trois années de travaux, après trois années de préparation, « la troisième reconstruite en France depuis la libération et la première en Seine-et-Oise. » La première pierre est posée le et bénie par l'évêque auxiliaire de Versailles, Henri Audrain[7]. L'évêque de Versailles, Alexandre Renard, inaugure la nouvelle église Notre-Dame-de-la-Voie[8], patronne des cheminots, le , dix ans après la destruction de la première église[7].

Notre-Dame de la Voie est donnée pour patronne aux cheminots par le pape Pie X le .

La statue Notre-Dame de Lourdes qui se trouvait au sommet du clocher de l'ancienne église détruite par les bombes a été installé au chevet de la nouvelle église et a servi de monument aux 392 morts jusqu'à l'inauguration en 1959 d'une stèle aux victimes des bombardements du , située 125 avenue du .

Le chanoine Laurent

Le chanoine Laurent est le curé de la paroisse lors des bombardements du .

« Après les bombardements, il donnait la main aux sauveteurs pour retirer les blessés et les morts enfouis sous les décombres. Je le revois aussi, en soutane, frappant à toutes les portes pour prévenir de la présence de bombes à retardement dans le Val »[6]

— Hermine Coquenlorge

Il a été co-président du comité intercommunal de secours aux sinistrés créé en 1944 et a pris une part active dans la défense des habitants concernés auprès des pouvoirs publics.

La stèle du chanoine Laurent (décédé en 1982) a été installée rue du chanoine Laurent en face de l'église pour honorer la mémoire de cet homme qui a oeuvré à aider les sinistrés et à la reconstruction du quartier du Val d'Athis et de son église.

Le chanoine Laurent est enterré dans le cimetière d'Athis-Mons.

Description

L'architecte Maurice Laurence conçoit un projet de reconstruction comprenant une église et un presbytère reliés par un portique[2].

Structure de l'église

Le bâtiment révèle une architecture novatrice en béton armé et est centré autour de l'autel intégré dans la tour-clocher élargie ; l'autel est placé sur un podium situé 2 m au-dessus du sol de la nef.

Les dimensions extérieures de l'église sont de 38 m de longueur sur 20,2 m de largeur. La nef mesure 19,2 m sur 22,2 m, sa hauteur est de 11 m et celle du chœur de 13,15 m[2]. La surélévation du chœur a permis l'installation d'une crypte et d'une salle de catéchisme en sous-sol.

La hauteur partant du sol de la crypte jusqu'au coq du clocher atteint 35 m.

La chapelle provisoire de la reconstruction subsiste à côté de l'église[2].

Crypte

Une chapelle souterraine est construite sous le chœur et le maître-autel surélevé, et est entourée des murs de la tour-clocher.

Matériau

Les murs de l'édifice sont en moellons à parement bosselé des carrières de Saint-Maximin (Oise), ainsi que ceux du presbytère et de la galerie de liaison[2].

L'autel est en pierre.

Les six colonnes de la nef et les deux piles formant la base du clocher sont en béton armé revêtu de moellons bosselés, les six poteaux de chacune des grandes baies des façades latérales ainsi que les meneaux les divisant sont en béton bouchardé. Le sol du chœur et le podium d'accès sont en béton avec revêtement de granito en marbre concassé blanc[2].

Cloche

La cloche de 1 900 kg provient de la fonderie Cornille-Havard de Villedieu-les-Poêles (Manche)[2].

Clocher

La croix en fer forgé et le coq en cuivre surmontant le clocher proviennent de l'entreprise Tisseyre[2] à Paris 15e.

Statue

Maurice de Bus, sculpteur, premier grand prix de Rome en 1937 et professeur à l'Ecole des arts appliqués à Paris, a réalisé une statue en calcaire de Notre-Dame de la Voie en haut-relief qui est installée sur la façade extérieure de l'église à côté du portail principal ; ses pieds reposent symboliquement sur un rail de chemin de fer en référence à sa qualité de patronne des cheminots[9].

Elle mesure 4 m de hauteur.

Vitraux

Maurice Rocher dessine les vitraux[10] de l'église Notre-Dame-de-la-Voie (maquette acceptée fin 1952). Jean Barillet, maître verrier et fils de Louis Barillet, les réalise. Les vitraux sont installés définitivement en . L'œuvre porte le nom de Verrières anagogiques : les Mystères du Rosaire. L'architecte a choisi d'employer la technique des dalles de verre colorées serties entre des claustras en béton armé bouchardé. Les motifs représentent des symboles exaltant les principaux mystères du Rosaire[11] :

  • Mystères joyeux : vitrail situé au dessus de la tribune des chantres ;
  • Mystères douleureux : vitrail situé à gauche en regardant l'autel
  • Mystères glorieux : vitrail situé à droite en regardant l'autel

Presbytère

Galerie

Notes et références

Notes

  1. ↑ Les bombardements de la gare de triage de Juvisy du tuent 392 personnes (267 à Athis-Mons et 125 à Juvisy-sur-Orge), dont huit sapeurs-pompiers. Les victimes comptent de nombreux cheminots et leur famille.

Références

  1. ↑ « Athis-Mons », sur Diocèse d'Évry-Corbeil-Essonnes (consulté le ).
  2. « Église paroissiale Notre-Dame-de-Lourdes », notice no IA91000488, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. Fr. Laurent s.d., p. 4.
  4. ↑ « Les 15 tableaux de Camille Lambert à ND de Lourdes (Athis-Mons) », sur dandylan.over-blog.comdandylan.over-blog.com (consulté le ).
  5. ↑ « Peinture monumentale : les Mystères du rosaire », notice no IM91001372, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  6. « Témoignages : Bombardement du Val : Retour en avril 1944 », sur mairie-athis-mons.fr, (consulté le ).
  7. Fr. Laurent s.d., p. 7.
  8. ↑ « Église paroissiale Notre-Dame-de-la Voie », notice no IA91000478, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  9. ↑ « Statue : Notre-Dame-de-la-Voie », notice no IM91001373, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  10. ↑ « Verrières anagogiques : les Mystères du Rosaire », notice no IM91001315, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  11. ↑ Fr. Laurent s.d., p. 8-10.

Voir aussi

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Chanoine Fr. Laurent (curé), Athis-Val et son église, inconnu, s.d., 16 p. (lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Maison de banlieue et de l'architecture, Sacrées bâtisses : Patrimoine religieux de XXe en Essonne, Athis-Mons, Maison de banlieue et de l'architecture, , 155 p.

Articles connexes

Liens externes

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