Álvar Fáñez

Álvar Fáñez
Statue d’Álvar Fáñez à Burgos,
œuvre du sculpteur Joaquín Lucarini (1953)
Biographie
Naissance
Décès
Pseudonyme
Minaya
Activité
Militaire
Conjoint
Mayor Pérez (d)
Enfant
Eilo Alvarez de Minaya (d)
Autres informations
Grades militaires

Álvar Fáñez (Royaume de León, vers 1047 - Ségovie, )[1] est un noble et militaire espagnol, l’un des principaux capitaines du roi Alphonse VI de León.

Alternant glorieuses victoires et défaites cuisantes, Álvar Fáñez dirigea plusieurs opérations de reconquête des taïfas musulmanes dans le nord de la péninsule ibérique, assura le repeuplement des territoires ainsi repris aux Maures, et plus tard, prit en charge la défense de la zone chrétienne contre l’expansion de l’empire almoravide. Plus particulièrement, il eut un rôle de premier plan dans la protection de la frange frontalière de la Castille entre Cuenca et Tolède, marches qui significativement étaient appelées « tierra de Álvar Fáñez » au milieu du XIIe siècle. Il fut dépêché par son roi à Valence pour y introniser l’ancien roi de la taïfa de Tolède et, une fois nommé gouverneur de Valence, pour soutenir celui-ci de 1085 à 1086. Il périt en aidant à réprimer une révolte à Ségovie fomentée par des partisans du roi d’Aragon contre les souverains de Castille et de Léon.

Son renom comme guerrier transparaît dans le Poema de Almería de 1147, où il est indiqué qu’il était « connu de tous » (cognitus omnibus), que le Cid l’encensait et qu’il n’était surpassé que par celui-ci en fait de mérites militaires. Mais sa figure fut plus particulièrement popularisée par le Cantar de mio Cid, poème fondateur de l’épique castillane où, au rebours des données historiques, il apparaît comme bras droit et principal lieutenant du Cid ; ce rôle aux côtés du Cid, pure création littéraire, peut s’expliquer d’une part par les liens de parenté réels entre les deux hommes et une présence commune à Valence à la fin du XIIe siècle, et d’autre part par la volonté du jongleur de donner au Cid un deutéragoniste (héros faisant pendant au personnage principal et lui servant d’interlocuteur privilégié), à l’exemple sans doute de Roland et Olivier de la Chanson de Roland.

Biographie

Origines et contexte historique

Peu avant sa mort en 1065, le roi et comte de Castille Ferdinand Ier de León partagea son royaume entre ses cinq enfants. À l’aîné Sanche échut le royaume de Castille, à Alphonse celui de León, à García celui de Galice, et à Urraca la seigneurie de Zamora, tandis qu’Elvira, la seigneuresse de Toro, entrait dans un monastère. Pour contraindre ses frères et sœurs à la réunification du royaume, le roi Sanche II de Castille s’employa à mettre sur pied une armée, dans laquelle allait se distinguer le jeune Rodrigo Díaz de Vivar, connu plus tard sous le nom populaire de « Cid Campeador ».

Situation politique de la péninsule Ibérique en 1085.

Álvar Fáñez, né vers 1047 dans le royaume de Léon, et dont le nom est souvent transcrit en espagnol moderne sous la forme Álvaro Háñez[2], est porteur d’un patronyme dont il est permis de déduire que son père a pu être un Fan Fáñez ou Han Háñez, infanzón (membre de la petite noblesse) de la vallée d’Orbaneja, dans l’actuelle province de Burgos[2]. On ne dispose d’aucun document de première main établissant de façon probante le lieu de naissance d’Álvar Fáñez (même si l’historien Andrés Gambra Gutiérrez postule qu’il était originaire du bassin de la rivière Pisuerga[1]), ni les noms de ses parents ou de ses frères et sœurs (si tant est qu’il en ait eu).

La mention la plus ancienne d’Álvar Fáñez (ou Álvaro Háñez) remonte à une lettre de gages de Chimène (Jimena en espagnol), datée du , ou peut-être de 1079, où est énoncé qu’Álvar Fáñez était sobrinus de Rodrigo Díaz, terme qui peut correspondre soit à neveu (‘sobrino’ en espagnol, interprétation qui a la préférence de Menéndez Pidal en 1929), soit à cousin (‘primo hermano’), soit à quelque lien de parenté secondaire. En l’espèce, l’onomastique autorise à assigner le nom Álvar à la famille maternelle du Cid, où Alvaro était le nom de lignage, cependant aucune dame de ce lignage n’est connue qui aurait été mariée à un Fan ou un Han, de sorte que le degré de parenté est impossible à déterminer[1],[3],[4]. Quant à son père, il pourrait s’agir de Fan Fáñez ou Han Háñez, infanzón de la vallée d’Orbaneja, ce qu’apparaissent confirmer plusieurs diplômes royaux d’Alphonse VI, datés entre 1072 et 1080 et au bas desquels on trouve la signature d’un Fan Fáñez, encore que les dates semblent quelque peu tardives et que cette thèse n’ait d’autre support que le fait qu’il était le seul personnage dans la documentation disponible à porter ce patronyme à la cour[3],[4],[2]. Alvar Fáñez lui-même surgit fréquemment dans des documents se rapportant aux années 1074-1114 — dont en particulier en 1076, dans la charte de Sepúlveda —, où il est identifié comme seigneur de Zorita de los Canes (1097, 1107), de la même façon que dans le vers 735 du Cantar de mio Cid[3]. Il figure ainsi dans quatorze diplômes royaux, et ce jusqu’en 1107, fait révélateur de son rang et aussi de sa présence régulière à la cour[1].

Carrière militaire

Alphonse VI d'après une miniature du XIIIe siècle.

Álvar Fáñez accomplit la plus grande partie de su brillante carrière militaire au service du roi Alphonse VI de León[3]. Selon Prudencio de Sandoval, Álvar Fáñez aurait commencé par combattre aux côtés du Cid, d’abord contre le roi García de Galice, puis contre le roi Alphonse VI de León. À l’issue de la première bataille contre ce dernier sur les rives de l’Esla, Álvar se retrancha avec ses troupes dans une petite localité non loin de la ville de León, d’où il réussit à empêcher les forces ennemies de franchir le pont de Villarente. En 1072, en récompense de sa vaillance, le roi Sanche fit de lui et de ses descendants les bénéficiers du site et des domaines attenants. Le lieu, nommé tout d’abord Villa Fañe, figure sous ce nom sur la charte de peuplement octroyée dans la décennie 1180 à la proche bourgade Mansilla de las Mulas. Le nom Villa Fañe, contracté par la suite en Villafañe, sert à désigner tant la localité que le lignage, et a donné lieu à l’actuel nom toponymique.

Après que le roi Sanche eut péri lors du siège de Zamora le (selon la tradition par le fait du gentilhomme léonais Vellido Dolfos), sans laisser d’héritier, son frère Alphonse, alors exilé à Tolède, s’empara du trône de Castille. À partir de ce moment, une documentation abondante fait état des liens d’Álvar Fáñez avec le nouveau roi de León Alphonse VI, de qui il était vassal et le capitaine. C’est au service de ce roi qu’il combattit les Maures (aussi bien les taïfas que les Almoravides), lesquels, si l’on en croit la chronique Kitab al-Iktifá d’Ibn al-Kardabous, le redoutaient fort.

La tradition orale veut que, avant la reconquête de Guadalajara, Álvar Fáñez parcourut avec le Cid la vallée de la rivière Henares (alors limite de la marche médiane d’al-Andalus), effectuant diverses incursions militaires, s’emparant de Castejón et du château de Jadraque, et semant la panique chez les Sarrazins à Hita, à Guadalajara et à Alcalá. Toutefois, la campagne de Henares supposément menée par le Cid n’est documentée par aucune source, si ce n’est le Cantar de mio Cid, raison pour laquelle elle est à considérer, selon Montaner Frutos, « comme fictive, avec une certitude presque totale »[5] ; si certes le passage concerné du poème épique pourrait être une transposition de l’algarade punitive que Rodrigo Díaz accomplit vers 1080 et qui lui valut son premier bannissement, il n’est pas établi pour autant qu’il ait été accompagné à cette occasion par Álvar Fáñez. La documentation le concernant ne consigne pas sa présence régulière à la cour d’Alphonse VI avant 1093, abstraction faite de sa signature douteuse sous la charte de Sepúlveda de 1078[6]. Il reste qu’Álvar Fáñez remplit bien l’office de gouverneur de Sepúlveda, et qu’il œuvra effectivement à repeupler ce territoire en 1076[7], comme le signale en particulier Menéndez Pidal[8].

Dans la chronique latine Chronica Adefonsi Imperatoris (1147-1149), Álvar Fáñez est longuement évoqué sous le qualificatif de « strenuus dux » (duc actif, résolu), en référence à sa défense de Tolède en 1109, ainsi que dans le poème épique castillan Poema de Almería, qui s’appuie sur la Chronica Adefonsi Imperatoris et dans lequel les vers 204 à 232 sont voués à son éloge et aussi à celui de ses ancêtres et de ses descendants. En outre, les Anales Toledanos II font mention à plusieurs reprises d’Álvar Fáñez. Saint Pierre Pascal, écrivant vers 1300, le place à la même hauteur que des héros tels que Fernán González, Alphonse VI et le Cid. Pourtant, sa dernière apparition en littérature se produit dans une sphère aussi peu héroïque qu’il est possible, à savoir dans l’exemplum XXVII du Comte Lucanor, qui fait référence principalement à sa femme « Doña Vascuñana ». Néanmoins, son rang de héros épique se maintint ensuite dans toutes les chroniques relatives au Cid, et le Poème de Zamora lui attribue un rôle important dans les événements de 1072[9].

Parmi les nombreux faits et gestes qui lui sont attribués figurent notamment les suivants :

  • À des dates assez mal précisées, il donna ordre de construire le château de Huelves (ou castillo de Acuña, dont il ne reste que quelques maigres ruines) et participa à la reconquête des bourgs d’Alcocer (dont une des portes a été baptisée de son nom), d’Horche, de Mondéjar, de Romanones, de Tendilla, de Santaver (sur le cours supérieur de la rivière Guadiela), de Tolède et de Valdeavero (jusque-là du ressort d’Alcolea de Torote, mais devenu ensuite prélature, puis seigneurie royale). À Tendilla, dans l’actuelle province de Guadalajara, il existe une montagne appelée de Barafañez en son honneur. À Huete, province de Cuenca, également reconquise par les troupes d’Alphonse VI, il y a de même un morne nommé Álvar Fáñez.
Bastion (à gauche) dit d’Álvar Fáñez dans la ville de Guadalajara.
  • En 1077, il reconquit Medina del Campo[10].
  • Il exerça comme gouverneur de Valence de 1085 à 1086.
  • Le soir du , en route vers Guadalajara, il prit des mains des Maures le bourg de Horche. Un monument à Álvar Fáñez commémorant l’événement y a été érigé.
  • Le lendemain, jour de la Saint-Jean, par une action hardie de ses troupes, il s’empara de Guadalajara, ville cernée de murailles. La ville garde encore le bastion dit d’Alvar Fáñez (Torreón de Alvarfáñez), par où il est dit qu’il pénétra dans la ville[11]. Certains historiens ont affirmé que ses habitants ont exprimé leur reconnaissance en incorporant l’effigie d’Álvar Fáñez dans l’écusson de la ville. Pour Montaner Frutos, les armoiries de Guadalajara ne sont autres que l’adaptation héraldique du sceau municipal originaire, à l’égal d’une multitude d’autres exemples d’armes municipales[12].
  • En 1086, il fut défait à Peñafiel par les Almoravides sous le commandement de l’émir Youssef ben Tachfine.
  • le , il dirigea la charge des troupes léonaises d’Alphonse VI, qui furent défaites à la bataille de Zalaca (dite aussi bataille de Sagrajas), dans les environs de Badajoz, par les Almoravides du même Youssef ben Tachfine[1].
  • En 1088, il était à la tête des troupes qui mirent à sac la région de Murcie et prirent la forteresse d’Aledo[1].
  • Fin 1088 ou début 1089, il prit le commandement d’une expédition militaire punitive contre le roi ziride Abdallah Al-Muzaffar de la taïfa de Grenade, entreprise en raison de l’aide que le roi andalou avait apportée à l’Empire almoravide[13],[1]. Son intervention fut une réussite et Alphonse VI, suivant ses recommandations, obtint du roi grenadin le paiement de 30 mille methcales au titre d’arriérés depuis la bataille de Sagrajas. Dans les mémoires d’Abdallah ben Bologhin, il est signalé qu’Álvar Fáñez était à cette époque « le commandant en chef des chrétiens dans les confins des royaumes de Grenade et d’Almería »[1].
  • En 1091, il s’allia avec les troupes du roi Al Mutamid ibn Abbad de Séville contre les Almoravides, mais fut battu à Almodóvar del Río (dans l’actuelle province de Cordoue) lors d’un affrontement sanglant, dont il sortit blessé[13],[1].
  • Vers la fin du XIe siècle, dans le cadre des efforts de repeuplement de la zone, il fonda le village d’Íscar (dans l’actuelle province de Valladolid). Ce fait nous est rappelé par l’infant Don Juan Manuel dans son œuvre Le Comte Lucanor, par la phrase « Don Álvar Háñez era muy buen omne et muy onrado et pobló a Ixcar » (Don Álvar Háñez était un homme très bon et très honorable et peupla Íscar).
Forteresse de Zorita de los Canes.
  • Probablement vers 1094, Álvar Fáñez se rendit maître de la zone sud-est du royaume de Tolède, comprenant les places de Zorita, Belinchón, Uclés, Huete, Santaver, Masatrigo, Alarcón et Cuenca, naguère domaine patrimonial des souverains dhunnunides, puis passé sous l’autorité d’al-Qadir après la capitulation de Tolède. En 1097, il fut désigné gouverneur des forteresses frontalières de la vallée du Tage et de la Guadiela, nommément Santaver et Zorita de los Canes, qu’il avait mission de défendre contre la pression soutenue des Almoravides. Cette même année, il fut battu par le gouverneur almoravide de Murcie, Muhammad ibn Aisa (fils de Youssef ben Tachfine), près de Cuenca, et perdit cette ville, qu’il saura reconquérir, mais pour une très courte durée seulement, en 1111[13],[1],[3].
  • Au printemps 1108, il commandait les armées de León lors de la bataille d’Uclés, où il subit une lourde défaite face aux armées d’Ali ben Youssef. Au cours de cette bataille périt l’infant Sancho Alfónsez, fils du roi Alphonse VI[1]. Álvar Fáñez réussit à se dégager de l’encerclement almoravide et se dirigea vers le nord pour protéger le cours supérieur et moyen du fleuve Tage[1].
  • Après la mort d’Alphonse VI en 1109, Urraque Ire lui conféra le titre de seigneur de Peñafiel et le nomma lieutenant-gouverneur et commandant militaire de la ville de Tolède (Toletule dux). Entre 1109 et 1110, l’émir almoravide Ali ben Youssef mena une vaste campagne militaire sur le territoire tolédan. Plusieurs localités furent mises à sac, dont la ville de Talavera, ce qui valut aux attaquants un butin considérable. Parvenue à Tolède, qu’Álvar Fáñez était chargé de défendre, la troupe almoravide (la même qui l’avait vaincu l’année précédente à Uclés) détruisit le château de San Servando et le bourg d’Aceca, avant de mettre le siège devant Tolède pendant sept jours, auquel Álvar Fáñez résista valeureusement[13],[1],[3]. Cette défense héroïque est consignée en détail dans la Chronica Adefonsi Imperatoris, qui forme un ensemble avec le Poème d’Almería[14].
  • Selon les Anales Toledanos, il reconquit Cuenca en [1], encore qu’il n’ait su garder cette place que pendant une brève période[13]. Au début de 1113, il reprit au nom de la reine Urraca la ville de Tolède et consentit à ce que plus tard dans l’année la reine fasse don du monastère dévasté de San Servando à l’archevêque de Tolède. À l’été de la même année, il ne fut pas en mesure toutefois d’empêcher une incursion almoravide sous la conduite du gouverneur de Cordoue, Grenade et Almería de s’emparer de la forteresse d’Oreja, sur le Tage, action qui eut pour effet de consolider les positions musulmanes d’Alcalá et d’Uclés, à partir desquelles Tolède allait être ensuite constamment attaquée[1].
Château de Peñafiel, dont le commandement était confié à Álvar Fáñez.

En plus du gouvernorat de Tolède, Álvar Fáñez était seigneur de vastes domaines sis au sud de cette ville[3]. Il était par ailleurs seigneur de Sotragero, de Villafañe et de Zorita de los Canes.

Il périt au milieu d’ en tentant d’étouffer à Ségovie une rébellion provoquée par quelques insurgés[3] partisans d’Alphonse 1er d’Aragon contre Urraca Ire de Castille et León et contre Alphonse VII[15]. Ségovie retourna sous la tutelle du roi d’Aragon, lequel devait peu après remettre également la main sur Tolède[1]. Le monastère de Cardeña affirmait héberger les cendres du héros[16].

Liens biographiques avec le Cid

Dans une lettre de gages de Chimène (Jimena), datée du , ou peut-être de 1079, il est énoncé qu’Álvar Fáñez était sobrinus du Cid, terme qui peut correspondre soit à neveu (‘sobrino’ en espagnol), soit à cousin (‘primo hermano’), soit à quelque lien de parenté secondaire[3],[4]. Dans la Crónica de Castilla, le lien de parenté avec le Cid est décrit en ces termes : « Álvar Fáñez, son cousin germain »[17]. Dans le Cantar, il est indiqué que les filles du Cid sont les cousines d’Álvar Fáñez (vers 2858 et 3438)[3].

Les documents montrent que dans la réalité historique Álvar Fáñez, s’il a pu accompagner brièvement le Cid au début du bannissement de celui-ci, n’avait pour le reste qu’assez peu à voir avec lui et ne fut certainement pas sa main droite, ni son conseiller militaire, ni son émissaire auprès du roi, ni son indéfectible compagnon d’armes, ainsi qu’il est dépeint dans le Cantar de mio Cid. Il fut un guerrier presque aussi éminent que le Cid lui-même, voire, en un certain sens, un citoyen plus respecté que celui-ci[3]. Il se dégage des données biographiques que le rôle d’Álvar Fáñez dans le Cantar est une création littéraire, sans guère de rapport avec son parcours réel, hormis sa renommée de grand homme de guerre et ses liens de parenté[18].

Mariage et descendance

Álvar Fáñez épousa Mayor Pérez, fille de Pedro Ansúrez, comte de Saldaña et de Carrión et seigneur de Valladolid, personnalité de haute considération et de grande influence à la cour d’Alphonse VI, et de son épouse la comtesse Eylo Alfonso. De ce mariage sont nées au moins deux filles, à la nombreuse descendance[19],[1], certains membres de laquelle ont pu prendre possession de Villa Fáñe et donné naissance au patronyme Villafañe. Ce sont en particulier :

  • Eylo Álvarez, qui épousa en premières noces Rodrigo Fernández de Castro el Calvo et en secondes noces le comte Ramiro Froilaz[19].
  • Urraca Álvarez, mariée au comte Rodrigo Vélaz, avec qui elle eut plusieurs enfants[19].

Devenue veuve, Mayor convola en secondes noces avec Martín Pérez de Tordesillas.

Considérations linguistiques

Álvar Fáñez comme anthroponyme

Suivant la tradition de l’époque, le nom Álvar Fáñez implique en principe que son propre prénom était Álvar et celui de son père Fañe, Hanne ou Johannes. Le prénom Álvar, d’origine germanique et correspondant au prénom actuel Álvaro, signifie ‘homme sage’, ‘homme averti’. Fañe est un prénom peu usité dont l’origine fait débat. Selon l’Enciclopedia heráldica y genealógica hispano-americana (1919-1963) des frères García Carraffa, il proviendrait de l’arabe hanne, ‘petite rivière’, ‘ruisseau’. Pour d’autres auteurs, il s’agirait d’une forme gotique du prénom hébreu Yohanan, passée en grec et en latin sous la forme Johannes et parvenue dans le nord de l’Europe avec le christianisme. Cette forme s’est conservée dans les langues germaniques comme Hanne, Hanna, Hannelore, dans les parlers anglosaxons comme John, et en castillan comme Juan. La graphie nn (concurremment avec d’autres, tels que n, ni, etc.) figure en castillan médiéval le phonème nasal palatal /ñ/.

Minaya est un petit nom affectueux, employé à répétition dans le Cantar de mio Cid. Ce surnom n’apparaît pourtant jamais uni en tant que tel à son nom de famille dans aucun des nombreux documents juridiques ni dans les chroniques latines, ce qui ne laissa d’intriguer les premiers éditeurs du Cantar, en particulier Menéndez Pidal[16]. Toutefois, il s’agit bien du surnom historique, étant en effet documenté, mais sous la forme Meinaya, Meinnaya, meo annaia, etc. dans deux documents de l’année 1110, où Álvar Fáñez signe en tant que « Meaania [qui doit se lire Meanaia] don Álvaro » et que « [M]io anaya Alvar Fanez ». Menéndez Pidal a lui-même établi que Minaya est un surnom d’affection consistant en un possessif roman (mi) antéposé au substantif basque ‘anai’ (=‘frère’), auquel est adjoint le déterminatif enclitique basque ‘-a’ pour composer ‘anaia’[20],[16]. La présence de ce mot basque s’explique par la circonstance qu’après l’instauration du comté de Castille, le repeuplement de celui-ci fut pendant longtemps redevable à des colons basques. La famille comtale elle-même, à l’égal de la famille royale de León, avait depuis des générations des liens matrimoniaux avec des Basques de Navarre et d’Alava[21].

Dans le Cantar de mio Cid, la forme ‘mianaia’ se retrouve comme ‘meanaia’ et ‘mio anaya’, avec le possessif diphtongué et atone, en particulier où il se présente avec aphérèse du premier a et contraction de la diphtongue (minaya), quoiqu’au vers 1418 figure également la graphie Mianaya. Ce même surnom est attesté sous différentes variantes dans d’autres textes castillans, notamment comme Miennaya ou Mienaya[20],[22]. Ce surnom, après qu’Álvar Fáñez en a été doté, est ensuite soit utilisé seul pour le désigner, soit antéposé ou postposé au nom Álvar Fáñez : Álvar Fáñez Minaya ou Minaya Álvar Fáñez ; jamais cependant il n’est employé comme patronyme (sous la forme de Minaya)[21].

Álvar Fáñez comme toponyme

Il n’est pas établi si Minaya, localité de la province d’Albacete, dans la communauté autonome espagnole de Castille-La Manche, ait quelque rapport avec le personnage d’Álvar Fáñez, quand même la région où elle se situe fut parcourue à maintes reprises au XIe siècle tant par les armées maures et que par les armées chrétiennes, dans les rangs desquelles Álvar Fáñez était une figure éminente. Selon l’arabiste Asín Palacios, ce toponyme est dérivé de l’arabe et signifie « chemin ouvert et visible », et se retrouve dans plusieurs localités et lieux-dits espagnols (Villaminaya, Encinasola de Los Minayas, Los Minayas). Il n’est pas à écarter cependant que ce toponyme soit un patronymique issu d’un composé combinant, d’une part, le mot ibn (‘fils de’), devenu *ben ou *bin, puis *min, et d’autre part, le nom berbère ‘Yahya’[23].

Personnage littéraire

Álvar Fáñez dans le Cantar de mio Cid

Manuscrit du Cantar de mio Cid daté du XIVe siècle et conservé à la Bibliothèque nationale d'Espagne à Madrid.

À l’encontre de la datation proposée par Menéndez Pidal, qui situait la genèse du Cantar de mio Cid vers l’an 1140, c’est-à-dire peu après les faits relatés, les historiens modernes s’accordent à dater le poème aux environs de 1200 et à l’attribuer à un juglar (jongleur, troubadour) cultivé, familier (à en juger par les détails géographiques) avec la région de Medinaceli (dans l’actuelle province de Guadalajara), et ayant de solides connaissances en droit. Il se souciait davantage des effets dramatiques que de l’exactitude historique, ce qui est en consonance avec une date de composition plus tardive.

Dans cette œuvre fondatrice de l’épopée médiévale espagnole, Álvar Fáñez est cité une trentaine de fois, au titre de lieutenant et inséparable ami de Rodrigo Díaz, dit le Cid Campeador, le seul en qui celui-ci plaçait toute sa confiance dans les circonstances difficiles. Dans l’unique copie manuscrite qui a été conservée du poème épique et qui a été confectionnée en 1207 par un certain Per Abbat, il est désigné indifféremment par Minaya Álvar Fánez, Álvar Fáñez Minaya ou simplement par Minaya, avec certes quelques variantes graphiques (dont notamment Albarffanez, où le n représente phonétiquement la nasale palatale /ñ/). Les versions postérieures, en particulier celle réputée canonique de Ramón Menéndez Pidal (1911), ont adopté une graphie modernisée, la fixant sur l’actuelle Álvar Fáñez[24].

Cet Alvar Fáñez, ou Álvaro Háñez, est donc bien un personnage historique, proche parent de Rodrigo Díaz (cousin, ‘primo hermano', d’après la Crónica de Castilla, ou neveu selon le Cantar). Mais en dépit de ces liens de famille, il ne semble pas que l’Álvar Fáñez historique ait, comme dans le poème, accompagné le Cid Campeador en exil[25]. En plus des inexactitudes historiques, les documents d’époque établissent que dans nombre des cas où le poème évoque Álvar Fáñez aux côtés du Cid, il se trouvait en réalité à d’autres endroits. Dans son ouvrage El Cid histórico, l’historien Gonzalo Martínez Diez va plus loin encore et déclare, données biographiques à l’appui, qu’il n’a jamais fait partie des armées du Cid et qu’il agissait de façon totalement indépendante du Cid dans le cadre des campagnes militaires d’Alphonse VI[26],[1].

De ces données biographiques, il ressort que le rôle d’Álvar Fáñez dans le Cantar est une pure création littéraire, en contradiction avec la trajectoire de l’Álvar Fáñez historique. Le rôle imparti à Álvar Fáñez dans le Cantar peut s’expliquer non seulement par les liens familiaux, mais aussi par son activité dans la taïfa de Valence entre 1085 et 1086, qui ont pu faire admettre au poète — ou à la tradition dont celui-ci s’est inspiré — la présence d’Álvar Fáñez aux côtés du Campeador pendant son bannissement[18]. En effet, Álvar Fáñez fut dépêché dans cette ville par Alphonse VI pour qu’il y intronise l’ancien roi de la taïfa de Tolède al-Qadir et l’appuie dans ses premières années de règne, en 1085 et 1086[26]. Pour rappel, le roi de la taïfa valencienne à l’époque du premier bannissement de Rodrigo Díaz était Abou Bakr ibn ‘Abd al-Aziz (mort en 1085), auquel succéda son fils Ousmane. Ce dernier fut déposé après seulement quelques mois par al-Qadir, qui fut intronisé en 1086 avec le soutien d’Alfonso VI et d’Álvar Fáñez, qui s’était rendu sur les lieux sur ordre de son roi. Par la suite, El Qadir dut faire allégeance comme vassal à Rodrigo Díaz[3],[27]. Cette coïncidence géographique a pu avoir conduit l’auteur du poème à établir et exploiter un lien entre la donnée historique de l’activité d’Álvar Fáñez à Valence et les campagnes du Cid dans le Levant[26], et ce nonobstant que les trajectoires de ces deux personnages ne présentent guère de points de convergence[28].

Un autre motif permettant de comprendre pourquoi le poète s’est ingénié à unir la vie d’Álvar Fáñez à celle du Cid est son désir de mettre en scène un deutéragoniste, à l’instar d’Olivier dans la Chanson de Roland[3],[note 1]. Certains analystes ont désigné comme socle de cet appariement entre le Cid et Álvar Fáñez leur relation d’oncle à neveu, motif courant de compagnonnage dans la poésie épique française, plus particulièrement Roland et Olivier, et dans les romans arthuriens. Dans leur opinion, Álvar Fáñez aurait été préféré aux autres neveux attribués au Cid dans le Cantar car il représentait un personnage illustre au départ[18] ; d’autres modèles directs proposés par ces analystes sont Naime et Charlemagne (dans la même œuvre) et Girart et Fouque dans Girart de Roussillon[29],[30]. De même, le Poema de Almería évoque Álvar Fáñez comme lieutenant, formant avec le Cid un duo épique pareil à celui de Roland et Olivier (vers 228-229 : «Tempore Roldani si tertius Alvaros esset / post Oliveros... »)[31].

Dans le Cantar, Álvar Fáñez est le lieutenant et bras droit du Cid (« mío diestro brafo »)[25], et se trouve être, après le Cid, le personnage le plus souvent cité. Il fait figure d’une sorte d’alter ego du Cid, escortant celui-ci tant lors de ses campagnes de la Reconquista que dans l’exil, avec la fonction littéraire cruciale de lui permettre d’exprimer ses sentiments les plus intimes dans les moments critiques[26],[3]. Il intervient comme son conseiller permanent, plus particulièrement dans les questions stratégiques, et voue au Cid une fidélité inconditionnelle[26]. C’est avec lui en effet que le Campeador confère avant de prendre ses principales décisions, desquelles ensuite il lui confie souvent l’exécution[18]. Il est chargé de missions délicates, telles que celle d’émissaire auprès du roi Alphonse, à qui il offre des présents au nom du Cid en vue d’obtenir le pardon du roi. Il accomplit avec une singulière efficacité ce rôle d’émissaire et de médiateur entre le roi et le Cid, avançant pas à pas jusqu’à réaliser leur réconciliation[26].

Ce statut particulier d’Álvar Fáñez se manifeste avec évidence dans la tirade 47 du poème, où la trame s’attarde sur le personnage et où l’attention se déplace du Cid vers son lieutenant, lorsque celui-ci se voit confier sa première ambassade auprès du roi don Alphonse[32]. Cette première mission diplomatique sera suivie d’une seconde, assortie d’un nouveau cadeau pour le roi et de la requête portée par Álvar Fáñez d’autoriser que la famille du Cid se réunisse avec celui-ci (vers 1270-1286)[33]. Cette mission une fois remplie, Álvar Fáñez prend le chemin de Cardeña, où on s’affaire joyeusement aux préparatifs pour le départ de la famille à destination de Valence (vers 1391-1430)[34].

Álvar Fáñez se fait aussi le porte-voix auprès du Cid de l’opinion commune et des sentiments de la troupe, toujours sous le signe de la loyauté inconditionnelle[26],[18].

Ses compétences en matière de stratégie militaire se font jour pendant l’encerclement d’Alcocer par l’armée musulmane (vers 652-664), lorsque, au bout d’un siège de trois semaines, le Cid, sur le conseil d’Álvar Fáñez, décide d’attaquer les assiégeants par surprise à l’aube (vers 665-680)[35]. Dans la suite, lors des conseils de guerre, Álvar Fáñez prendra presque à chaque fois la parole pour proposer la tactique à adopter pour la bataille à venir[36]. Ainsi, après que le Cid a pris Murviedro, place de haute importance stratégique, les troupes maures de Valence s’efforcent d’arrêter l’avancée du Cid, en l’assiégeant dans cette ville, mais les troupes du Campeador, grâce à un plan conçu par Álvar Fáñez, parviennent à leur infliger une défaite totale (vers 1098-1156)[37].

Avec le printemps suivant (vers 1618-1620), les armées se mobilisent, et en l’espèce, le roi du Maroc se dispose à reprendre Valence par la mer (vers 1620-1629). L’attaque des Almoravides donne lieu à une première bataille dans les zones maraîchères (huertas) autour de Valence, d’où les cavaliers du Cid obligent les musulmans à se retirer. Le Cid décide alors de rompre définitivement le siège le lendemain et il est convenu qu’Álvar Fáñez prenne sous ses ordres un flanc mobile, tandis que le Cid se placerait à la tête du gros de l’ost chrétien (vers 1685-1698). La mise en œuvre du plan de bataille proposé par Álvar Fáñez, qui est le même que celui de Murviedro, leur permet de remporter une nouvelle et nette victoire, ramassant un butin plus important que jamais (vers 1699-1740)[38].

C’est aussi Álvar Fáñez qui, en sa qualité de lieutenant du Campeador, est chargé de superviser sur le champ de bataille le recueil du butin et de le consigner par écrit, prérequis indispensable à la subséquente procédure de répartition[39].

Le Poema de Almería pour sa part ouvre une parenthèse dans le catalogue des troupes d’Alphonse VII, remontant deux générations en arrière pour célébrer les gloires d’« una fardida lança » (une fougueuse lance, vers 489), nommément Álvar Fáñez. Ainsi, vers 1148, les esprits de ce temps voyaient le Cid et Álvar Fáñez comme compagnons, à l’égal de Roland et Olivier, avec la même hiérarchie, et au rebours de la réalité historique[40].

Álvar Fáñez el Mozo

La locution espagnole familière « andar por los cerros de Úbeda » (marcher dans les collines d’Úbeda) remonte à l’époque de l’expulsion des Almohades hors de cette ville en 1234[41]. Il a été relaté qu’Álvar Fáñez el Mozo (« le garçon »), l’un des capitaines du roi saint Ferdinand de Castille, disparut peu avant le début des combats et qu’il ne refit son apparition à Úbeda qu’après que la ville eut déjà été reconquise. Interrogé par le roi sur son absence, Álvar répondit avec aplomb qu’il s’était égaré dans les montagnes d’Úbeda. Cette déclaration fut prise ironiquement par les gens de cour et s’utilise depuis lors quand quelqu’un, dans une conversation, change délibérément de sujet pour n’avoir pas à parler de quelque chose qu’il préfère éluder. Il a éte insinué qu’Álvar Fáñez était amoureux d’une Maure et manqua l’assaut en raison d’un rendez-vous qu’il avait avec son amoureuse à la même heure, mais d’autres versions circulent[42].

On ignore les liens de parenté de cet Álvar Fáñez avec le capitaine d’Alphonse VI, mais compte tenu du caractère peu commun du nom, du distinguo que faisait el Mozo avec une personne plus âgée que lui, et de l’écart entre les dates, il est tentant d’en inférer que le premier soit un descendant du second.

Notes et références

Notes

  1. ↑ Le terme ‘deutéragoniste’ signifie, selon le dictionnaire de l’Académie française : « acteur tragique qui jouait les seconds rôles, par opposition à protagoniste ».

Références

  1. (es) Andrés Gambra Gutiérrez, « Álvar Fáñez », sur Diccionario biográfico español, Madrid, Real Academia de la Historia (consulté le )
  2. A. Montaner Frutos (2011), p. 638.
  3. C. Smith (1986), p. 342.
  4. A. Montaner Frutos (2007), p. 296.
  5. ↑ A. Montaner Frutos (2011), p. 716.
  6. ↑ A. Montaner Frutos (2011), p. 638-639.
  7. ↑ A. Montaner Frutos, Prólogo, p. XLII.
  8. ↑ C. Smith (1986), p. 346.
  9. ↑ C. Smith (1986), p. 343-344.
  10. ↑ Reconquista de Medina del Campo, sur le site En camino desde Alicante.
  11. ↑ Torréon de Alvarfáñez en Guadalajara, sur le site de la municipalité.
  12. ↑ A. Montaner Frutos (2007), p. 300.
  13. A. Montaner Frutos (2011), p. 639.
  14. ↑ C. Smith (1986), p. 91.
  15. ↑ A. Montaner Frutos (2007), p. 471.
  16. C. Smith (1986), p. 344.
  17. ↑ (es) Inés Fernández-Ordóñez, « El Mio Cid a través de las crónicas medievales », dans : Ochocientos años del "Mio Cid": una visión interdisciplinar (ouvrage collectif, sous la direction d’Emiliano Valdeolivas & Jesús Gómez), Madrid, Ministerio de Educación Cultura y Deporte, Subdirección General de Información y Publicaciones, , 200 p. (ISBN 978-84-369-4620-8, lire en ligne), p. 153-176.
  18. A. Montaner Frutos (2007), p. 298.
  19. (es) Margarita Torre, Linajes nobiliarios de León y Castilla, Salamanque, Junta de Castilla y León, (ISBN 84-7846-781-5).
  20. A. Montaner Frutos (2011), p. 720-721.
  21. (es) María Teresa Echenique Elizondo, « Vascos y vascuence en textos romances », dans Rafael Lapesa & José Muñoz Garrigós (dir.), Homenaje al profesor Lapesa: XI Curso de Lingüística Textual, Murcia 25-29 Abril 1988 (ouvrage collectif), Murcie, Editum : Ediciones de la Universidad de Murcia, , 236 p. (ISBN 978-8476842201, lire en ligne), p. 121-126.
  22. ↑ A. Montaner Frutos (2011), p. 128, annotation du vers 438.
  23. ↑ (es) Ángel Plaza Simón, « Villarrobledo Histórico: El Paleolítico en Villarrobledo (Apuntes de Historia I) », (consulté le ).
  24. ↑ A. Montaner Frutos (2000), p. 85-92.
  25. A. Montaner Frutos (2007), p. 4.
  26. A. Montaner Frutos (2011), p. 640-642.
  27. ↑ A. Montaner Frutos (2007), p. 401.
  28. ↑ A. Montaner Frutos, Prólogo, p. LXV.
  29. ↑ (it) Alberto Várvaro, « Dalla storia alia poesía épica: Alvar Fáñez », dans : Marco Boni & Alessandro Martinengo (dir.), Studi di Filología Romanza offerti a Silvio Pellegrini (ouvrage collectif), Padoue, Liviana Editrice, , 722 p., p. 660-665.
  30. ↑ (es) Diego Catalán, « El Mió Cid, nueva lectura de su intencionalidad política », dans Symbolae Ludovico Mitxelenae septuagenario oblatae (ouvrage collectif), vol. 2, Vitoria, Instituto de Ciencias de la Antigüedad, Universidad del País Vasco, (ISBN 84-600-4142-5), p. 815.
  31. ↑ A. Montaner Frutos, Prólogo, p. LXXVII.
  32. ↑ A. Montaner Frutos, Prólogo, p. CLXXXV.
  33. ↑ A. Montaner Frutos (2007), p. 79.
  34. ↑ A. Montaner Frutos (2007), p. 91.
  35. ↑ A. Montaner Frutos (2007), p. 41.
  36. ↑ A. Montaner Frutos (2007), p. 44.
  37. ↑ A. Montaner Frutos (2007), p. 69.
  38. ↑ A. Montaner Frutos (2007), p. 105 & 109.
  39. ↑ A. Montaner Frutos (2007), p. 112.
  40. ↑ F. Rico, Estudio preliminar, p. XXXII-XXXIII.
  41. ↑ La date de la conquête de Baeza est donnée par Gonzalo Argote de Molina, Nobleza del Andaluzia, Séville (Espagne), 1588, feuillet 88.
  42. ↑ (es) Sergio C. Fanjul, « Jauja, Babia y otros lugares de la España imaginaria que existen en realidad », Verne / El País, Madrid, Ediciones El País S.L.,‎ (lire en ligne).

Bibliographie

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