Âanati-Har

Âanati-Har
Image illustrative de l’article Âanati-Har
Dessin du scarabée du roi Âanati-Har
Période Deuxième Période intermédiaire
Dynastie XIVe ou XVe dynastie
Fonction principale roi

Âanati-Har est un roi hyksôs de la XIVe ou de la XVe dynastie, pendant la Deuxième Période intermédiaire. Son nom est attesté sur deux scaux-scarabées.

Attestations

Âanati-Har est attesté par deux sceaux-scarabées, dont l'un est fait de stéatite et provient peut-être de Tell Basta dans le delta du Nil ; l'un est conservé Musée égyptien de Berlin (51/73) tandis que l'autre se trouve dans une collection privée[1],[2].

Le nom d'Âanati-Har sur les scarabées est accompagné du titre de « Héqa-Khasout », qui peut se traduire par « Souverain des terres étrangères » et qui a donné le mot « Hyksôs ». Ce titre a été particulièrement donné aux premiers rois hyksôs de la XVe dynastie.

Identité

Souverain

Le roi n'est pas mentionné dans ce qu'il reste du Canon royal de Turin, mais l'état fragmentaire du papyrus ne permet pas de déterminer s'il y était inscrit à l'origine. Jürgen von Beckerath l'a ainsi placé dans la XVIe dynastie[3]. Cependant, depuis l'étude de Kim Ryholt sur la Deuxième Période intermédiaire, cette dynastie est aujourd'hui considérée de manière consensuelle comme étant une dynastie thébaine[4],[5]. Le titre de « Héqa-Khasout » est utilisé exclusivement en Égypte par des chefs et des rois d'origine canaanéenne[6] ; cela ferait donc de lui un roi sémite ayant gouverné un territoire de la Basse-Égypte.

Vassal

Ces sceaux sont importants car le nom d'Âanati-Har n'apparaît pas dans un cartouche ; il n'existe donc aucune preuve qu'il ait régné en tant que roi. Nicholas Geoffrey Lempriere Hammond a donc proposé qu'il puisse s'agir d'un prince hyksôs[7] sous l'autorité de la XVe dynastie à Avaris[8].

Chef

En l'absence de cartouche, Kim Ryholt soutient également qu'Âanati-Har n'a jamais régné sur la Basse-Égypte. De plus, Ryholt souligne que la typologie de l'un des scarabées (l'élytre divisé par trois lignes) est typique de ceux produits sous la XIIe dynastie. Ryholt en déduit qu'Âanati-Har était un chef cananéen contemporain de cette dynastie et qu'il entretenait peut-être des relations commerciales avec l'Égypte. Selon Ryholt, le titre de « Héqa-Khasout », principal argument en faveur d'une datation sous la XVe dynastie, se retrouve également sur des sceaux des XIIe dynastie et la XIVe dynastie et ne permet donc pas de situer chronologiquement Âanati-Har plus précisément[9].

Cependant, Daphna Ben-Tor (he), James P. Allen et Suzan J. Allen remarquent que le critère typologique adopté par Ryholt (l'élytre divisé par trois lignes) n'est pas spécifique à la XIIe dynastie, mais est également attesté pour la XIe dynastie mais aussi la Deuxième Période intermédiaire. Ils indiquent également que le titre de « Héqa-Khasout », contrairement à ce qu'indique Ryholt, n'est jamais attesté pendant la XIIe dynastie, et encore moins pour un chef dirigeant un territoire en Canaan. Au contraire, ce titre est utilisé exclusivement en Égypte par des chefs et des rois d'origine canaanéenne[6].

Titulature

Notes et références

  1. ↑ Martin 1971, p. 30, nos 349 & 350.
  2. ↑ Ryholt 1997, p. 122.
  3. ↑ von Beckerath 1999, p. 116-117.
  4. ↑ Ryholt 1997, p. 151-162.
  5. ↑ Ben-Tor, Allen et Allen 1999, p. 65-66.
  6. Ben-Tor, Allen et Allen 1999, p. 63.
  7. ↑ Hammond, Gadd et Sollberger 1970, p. 58.
  8. ↑ Schneider 2002, p. 73.
  9. ↑ Ryholt 1997, p. 121-123.

Bibliographie

  • (en) Nicholas Geoffrey Lempriere Hammond, Cyril John Gadd et Edmond Sollberger, History of the Middle East and the Aegean region C. 1800-1380 B.C., Cambridge University Press,  ;
  • (en) Darrell D. Baker, The Encyclopedia of the Pharaohs, vol. I : Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International, (ISBN 978-1-905299-37-9) ;
  • (en) Daphna Ben-Tor, Susan Allen et James Peter Allen, « Seals and Kings », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 315,‎ , p. 47–74 (lire en ligne) ;
  • (en) Janine Bourriau, « The Second Intermediate Period (c. 1650–1550 BC) », dans Ian Shaw (dir.), The Oxford History of Ancient Egypt, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-280458-7, lire en ligne) ;
  • (en) William Matthew Flinders Petrie, Scarabs and cylinders with names, Londres, (lire en ligne), p. 15.1 ;
  • (en) Geoffrey Thorndike Martin, Egyptian administrative and private-name seals, principally of the Middle Kingdom and Second Intermediate Period, Griffith Institute, (ISBN 978-0900416019) ;
  • (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, coll. « Carsten Niebuhr Institute Publications » (no 20), , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
  • (de) Thomas Schneider, Lexikon der Pharaonen, Düsseldorf, Albatros, , 327 p. (ISBN 978-3-491-96053-4, OCLC 491346060)
  • (de) Jürgen von Beckerath, Handbuch der Agyptischen Konigsnamen, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, coll. « Münchner Ägyptologische Studien (MÄS) » (no 49), , 2e éd. (1re éd. 1984), 314 p. (ISBN 3-8053-2591-6, lire en ligne).
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