Édouard Fournier

| Rédacteur en chef Le Théâtre | |
|---|---|
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 60 ans) Rue des Saints-Pères (6e arrondissement de Paris) |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Rédacteur à | |
| Enfants |
Paul-Albert Fournier (d) Louis Édouard Fournier |
| Distinctions | Liste détaillée |
|---|

Édouard Fournier, né le à Orléans et mort le à Paris 6e, est un homme de lettres, dramaturge, historien, bibliographe et bibliothécaire français.
Biographie
Issu d'une famille d'artistes serruriers réputés, il fait de bonnes études au collège d'Orléans et fait ses débuts dans la carrière du journalisme, en 1842, en publiant quelques feuilletons littéraires dans le journal le Loiret[1]. Encouragé par le bon accueil reçu par cet essai, il s’occupe d’un travail d’érudition, publié en 1817, sous le titre de Souvenirs historiques et littéraires du Loiret. Se sentant du goût pour la critique, il publie, la même année, une étude sur la Musique chez le peuple ou l'Opéra national, son passé et son avenir, travail qu’il a complété, par la suite, avec Léon Kreutzer, par un essai sur l’Art lyrique au théâtre (1849)[2].
Tout en publiant de très nombreuses études historiques, littéraires, bibliographiques et théâtrales, il édite de nombreux auteurs et fournit de très nombreux d'articles à l’Encyclopédie universelle, au Supplément du Dictionnaire de la conversation, à l’Histoire des villes de France, au Moniteur, au Constitutionnel, à L'Illustration, à La Revue française, à l’Encyclopédie du XIXe siècle, à la seconde Revue française, au Théâtre, dont il a été rédacteur en chef de 1853 à 1855, à La Patrie, où il a rédigé une chronique parisienne ; puis la revue hebdomadaire du théâtre et des livres, etc.[3]. À la fin de 1863, il a pris en main la direction de la Revue des provinces, organe de la décentralisation littéraire[4].
Bien qu’essentiellement connu comme érudit, il a néanmoins également écrit pour le théâtre, mais, le plus souvent, en collaboration, notamment avec Pol Mercier, pour diverses scènes parisiennes, l’Odéon, les Néo-Thermes, le Théâtre-Lyrique, le Théâtre-Français, les Bouffes, le Vaudeville[3].
Comme éditeur scientifique, il a procédé à l’édition des œuvres de Nicolas Boileau, Voltaire, Jean-François Regnard, Beaumarchais, La Fontaine, Marivaux[3].
En 1866, l’Académie française lui décerne le prix Halphen pour l'ensemble de ses œuvres critiques et en 1881, sa veuve reçoit le prix Monbinne en mémoire des œuvres de son mari. Il a été décoré de la Légion d’honneur, le [3].
Son travail avait amené une déperdition de force qui s’est aggravée de jour en jour. La guerre de 1870 et la Commune lui ont porté un coup dont il ne s’est pas relevé. Pendant la Commune, il s’était réfugié à Versailles, avec un de ses fils, Paul-Albert Fournier (d). Il continuait de travailler, mais fatigué. Revenu à Paris, il a repris ses occupations, mais la souffrance, l’a arrêté bien des fois, au milieu de son travail. Une maladie de foie s’était déclarée, l’affaiblissant malgré tous les soins qu’il recevait. Son dernier hiver a été particulièrement rude. Ayant dû garder la chambre, pendant deux mois, quand il est ressorti, il avait le teint jaune et défait. Il ne devait pas se remettre de la crise plus terrible, qui l’a emporté, presque subitement[5]. Il a été inhumé au cimetière du Montparnasse ; ses restes ont été transférés à l'ossuaire du Père-Lachaise en 1992.
La rue Édouard-Fournier du 16e arrondissement de Paris lui rend hommage[6].
Marié à Claire Émilie Renguédé, il est le père de Paul-Albert Fournier (d) (1847-1925), aquafortiste[7] qui a été préfet et directeur au ministère de l'Intérieur, officier de la Légion d'honneur[8], et du peintre Louis Édouard Fournier[9].
Jugements
« Édouard Fournier sait tout. Il ne sait que cela, mais il le sait bien[10] !… »
Publications

- Essai historique sur l'orthographe, 1849.
- avec Francisque Michel (ill. Albert Racinet), Histoire des hôtelleries, cabarets, hôtels garnis, restaurants et cafés, et des anciennes communautés et confréries d'hôteliers, de marchands de vins, de restaurateurs, de limonadiers, etc., Paris, Ferdinand Seré (d), coll. « Le Livre d'or des métiers », (réimpr. Adolphe Delahays, 1858), 2 vol. , t. 1 (lire en ligne sur Gallica) , t. 2 (lire en ligne sur Gallica).
- Un prétendant portugais au XVIe siècle, lettre à M. M. D'Antas, sur Don Antonio, prieur de Crato, suivie d'études sur un prédicateur portugais à Paris en 1610, la Rosalinda et l'origine portugaise de la Fiancée du roi de Garbe, 1851.
- Histoire des cordonniers et des artisans dont la profession se rattache à la cordonnerie... depuis leur fondation jusqu'à leur suppression en 1789, précédée de l'histoire de la chaussure depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec Paul Lacroix et Alphonse Duchesne, coll. « Le Livre d'or des métiers », Paris, F. Seré, 1852.
- avec Paul Lacroix et Ferdinand Seré, Histoire de l'imprimerie et des arts et professions qui se rattachent à la typographie : comprenant l’histoire des anciennes corporations et confréries depuis leur fondation jusqu’à leur suppression en 1789, Paris, Adolphe Delahays, coll. « Le Livre d’or des métiers », (lire en ligne sur Gallica).
- Paris démoli, mosaïque de ruines (préf. Théophile Gautier), Paris, Auguste Aubry, (lire en ligne sur Gallica) , nouvelle édition augmentée, Paris, Édouard Dentu, (lire en ligne sur Gallica).
- Les Lanternes. Histoire de l'ancien éclairage de Paris, suivi de la réimpression de quelques poèmes rares : Les Nouvelles Lanternes, 1755 [par de Valois d'Orville] ; Plaintes des filoux et écumeurs de bourses contre nosseigneurs les réverbères, 1769 ; Les Ambulantes à la brune contre la dureté du temps, 1769 ; Les Sultanes nocturnes, 1769, 1854.
- Curiosités des inventions et découvertes, 1855.
- Curiosités militaires, 1855.
- L’Esprit des autres, Paris, (lire en ligne sur Gallica).
- Variétés historiques et littéraires, recueil de pièces volantes rares et curieuses en prose et en vers, 10 volumes, 1855-1863.
- Lettres inédites de la marquise de Créqui à Sénac de Meilhan, 1782-1789, mises en ordre et annotées par Édouard Fournier, précédées d'une introduction par Sainte-Beuve (1856.
- L’Esprit dans l’histoire : recherches et curiosités sur les mots historiques, Paris, (lire en ligne sur Gallica).
- Jacques-Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris, augmentée d'une notice sur Dulaure et continuée jusqu'à nos jours par Édouard Fournier, 3 vol., 1858.
- Le Vieux-neuf, histoire ancienne des inventions et découvertes modernes, 2 vol., 1859.
- Énigmes des rues de Paris, Paris, Édouard Dentu, , 372 p., in-12 (lire en ligne sur Gallica) Nouvelle édition : ornée d'un frontispice, Paris, Édouard Dentu, (lire en ligne sur Gallica).
- Histoire du Pont-Neuf, Paris, Édouard Dentu, , 2 vol. : front. ; in-18 (OCLC 12772571), 1re partie (lire en ligne sur Gallica), 2de partie (lire en ligne sur Gallica).
- Le Jeu de paume, son histoire et sa description, notice par M. Edouard Fournier, suivie d'un traité de la courte-paume et de la longue-paume, des biographies des principaux paumiers, etc., 1862.
- Le Roman de Molière : suivi de fragments sur sa vie privée, d'après des documents nouveaux, Paris, (lire en ligne sur Gallica).
- L'Art de la reliure en France aux derniers siècles, 1864.
- Chroniques et légendes des rues de Paris, Paris, (lire en ligne sur Gallica).
- La Comédie de Jean de La Bruyère, 2 vol., 1866.
- Les Prussiens chez nous, 1871.
- Histoire de la butte des Moulins, suivie d'une étude historique sur les demeures de Corneille à Paris, 1877.
- Souvenirs poétiques de l'école romantique : 1825 à 1840, Paris, (lire en ligne sur Gallica).
- Paris-Capitale, 1881)
- Paris démoli (préf. Théophile Gautier, Nouvelle édition revue et augmentée), Paris, Édouard Dentu, , lxxxiii-455 p., in-8º (lire en ligne sur Gallica).
- Histoire des enseignes de Paris, revue et publiée par Paul Lacroix, 1884.
- Études sur la vie et les œuvres de Molière (préf. Auguste Vitu), revues et mises en ordre par Paul Lacroix, Paris, , xiv-464-36 p., in-18 (lire en ligne sur Gallica).
- Histoire des jouets et des jeux d'enfants, 1889.
- Une Malouine au temps de la Révolution. Madame de Bassablons d'après les documents de l'époque, 4e éd., 1922.
Théâtre
- Christian et Marguerite, comédie en 1 acte, en vers, avec Pol Mercier, Paris, Comédie-Française, .
- Le Roman du village, comédie en vers, en 1 acte, avec Pol Mercier, Paris, Théâtre de l'Odéon, .
- Les Deux Épagneuls, opéra-comique en 1 acte et en vers libres, musique de Charles Manry, Paris, Néo-Thermes, .
- Jacqueline ou la Fille du soldat, opéra-comique en 1 acte, avec Eugène Scribe et Léon Battu, musique de Jules Costé et du comte d'Osmond, Paris, Opéra-Comique, .
- Le Chapeau du roi, opéra-comique en 1 acte, musique de Henri Caspers, Paris, Théâtre-Lyrique, .
- La Charmeuse, opéra-comique en 1 acte, musique de Henri Caspers, Paris, Théâtre des Bouffes-Parisiens, .
- Le Diable rose, pièce à ariettes en 1 acte, avec Pol Mercier, musique de Hermine Déjazet, Paris, Théâtre Déjazet, .
- Titus et Bérénice, opérette bouffe en 1 acte, musique de Léon Gastinel, Paris, Théâtre des Bouffes-Parisiens, .
- Corneille à la butte Saint-Roch, comédie en 1 acte, en vers, Paris, Théâtre-Français, .
- Le Paradis trouvé, comédie en 1 acte, en vers, avec Pol Mercier, Paris, Théâtre de l'Odéon, .
- La Fille de Molière, comédie en 1 acte, en vers, Paris, Théâtre de l'Odéon, 15 janvier 1863, Édouard Dentu, (lire en ligne sur Gallica).
- Racine à Uzès, comédie en 1 acte, en vers, Paris, Théâtre du Vaudeville, .
- La Valise de Molière, comédie en 1 acte, en prose, Paris, Théâtre-Français, .
- Gutenberg, drame en 5 actes et en vers, Paris, Théâtre de l'Odéon, .
- La Vraie Farce de Maître Pathelin, mise en 3 actes et en vers modernes, Paris, Comédie-Française, .
Éditions scientifiques
- Antoine Furetière, Le Roman bourgeois : ouvrage comique, Paris, (lire en ligne sur Gallica).
- Les Caquets de l'accouchée, récit anonyme de 1622, 1855.
- Gaultier-Garguille, Chansons, 1854.
- Marie-Catherine-Hortense de Villedieu, Récit en vers et en prose de la farce des Précieuses, 1856.
- Alexis Piron, Œuvres, 1857.
- Les Tragédies de Sophocle, texte grec avec un commentaire critique et explicatif, 1867.
- Le Théâtre français au XVIe et au XVIIe siècle, ou Choix des comédies les plus curieuses antérieures à Molière, avec une introduction, des notes et une notice sur chaque auteur, 1871.
- Œuvres complètes de Nicolas Boileau, précédées de la vie de l'auteur d'après des documents nouveaux et inédits, 1873.
- Voltaire, Théâtre complet, 1874.
- Jean-François Regnard, Œuvres complètes, précédées d'une introduction d'après des documents entièrement nouveaux, 1875.
- Beaumarchais, Œuvres complètes, 1876.
- Jean de La Fontaine, Œuvres : théâtre, fables, poésies, etc., 1876.
- Marivaux, Théâtre complet, 1877.
- Abraham Du Pradel, Le Livre commode des adresses de Paris pour 1692, précédé d'une introduction et annoté, Paris, , lx-321, 399 p., appendices ; 2 vol. in-16 , t. 1 (lire en ligne sur Gallica) , t. 2 (lire en ligne sur Gallica).
- Scarron, Théâtre complet, 1879.
- Louis-Benoît Picard, Théâtre choisi, 1881.
- Le Mystère de Robert le Diable, mis en deux parties, avec transcription en vers modernes en regard du texte du XIVe siècle et précédé d’une introduction par Édouard Fournier, Paris, Édouard Dentu, , xxx-105 p., in-16 (OCLC 9685656, lire en ligne sur Gallica).
Références
- ↑ Adolphe Bitard, « Fournier, Édouard : contenant les noms et pseudonymes de tous les personnages célèbres du temps présent », dans Dictionnaire général de biographie contemporaine française et étrangère, Paris, M. Dreyfous, , ii-1198 p., in-8º (lire en ligne sur Gallica), p. 482-3.
- ↑ « Fournier (Edouard) », dans Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, vol. viii, (lire en ligne sur Gallica), p. 682-683.
- Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, Paris, L. Hachette, , 3e éd., x-1862 p., 26 cm (lire en ligne sur Gallica), p. 683.
- ↑ « Édouard Fournier », Le Voleur illustré, Paris, vol. 53, t. 32, no 1195, , p. 352 (ISSN 2419-6185, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « M. Édouard Fournier », Le Monde illustré, Paris, vol. 24, t. 46, no 1208, , p. 328 (ISSN 0996-228X, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, 7e édition, 1963, t. 1 (« A-K »), « Rue Édouard-Fournier », p. 469.
- ↑ Fiche exposant Salon 1873, base salons du musée d'Orsay.
- ↑ Dossier base Léonore, Archives nationales de France.
- ↑ Archives de Paris 7e, année 1917, décès, acte nº 706 (vue 29/31).
- ↑ « Nécrologie », Le Ménestrel, Paris, Heugel, vol. 46, no 24, , p. 193 (ISSN 2391-3096, lire en ligne sur Gallica).
Liens externes
- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Ressource relative à la littérature :
- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative à la vie publique :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- (en) Travaux par ou sur Édouard Fournier sur Internet Archive
- Portail de l’historiographie
- Portail de la littérature
- Portail du théâtre