Église Saints-Pierre-et-Paul de Warneton

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50° 45′ 11″ N, 2° 57′ 03″ E |
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L'église Saints-Pierre-et-Paul de Warneton, aussi appelée cathédrale de la Lys est un édifice religieux catholique situé à Warneton, en Belgique.
Mentionnée dès le XIe siècle, l'église collégiale est desservie dès 1138 par un chapitre de chanoines qui forment une abbaye. Celle-ci est démantelée après la révolution française, mais l'église est conservée. Située sur la ligne de front de la Première Guerre mondiale, elle est détruite en 1915.
Reconstruite entre 1924 et 1926, l'édifice actuel adopte un plan basilical de style art déco et néo-byzantin qui surplombe la vallée de la Lys. Durant sa reconstruction, des tombeaux polychromes, dont celui de Robert de Cassel sont découverts et y sont depuis conservés. En 2021, l'église est classée Monument au Patrimoine Wallon.
Localisation
L’église paroissiale Saints-Pierre-et-Paul est implantée à Warneton en surplomb de la vallée de la Lys, à proximité des sites de l’ancienne abbaye et d'une motte castrale médiévale disparue. Cette position dominante contribue à son inscription marquante dans le paysage locale, ce qui lui vaut le surnom de « Cathédrale de la Lys »[1],[2],[3].
L'emplacement de l'église correspond à celui de l'ancienne église, au coeur d'un vaste contexte de sites fossoyés médiévaux qui ont pour la majorité disparu après les destructions de la Première Guerre Mondiale[4].
Histoire
Ancienne église
Le site est occupé depuis le Haut Moyen Âge et s'organise autour d'une église primitive dès le VIIe siècle dont l'existence n'est attestée qu'au XIe siècle[2].
Avant 1126 (peut-être 1080), des chanoines fondent un chapitre au service du Seigneur de Warneton, puis ils sont régularisés en tant qu'abbaye vers 1138 dans le cadre de la congrégation d'Arrouaise suivant la règle de saint Augustin. En 1177, le château de Warneton se dote d'une chapelle castrale. Ces établissements s'insèrent dans un ensemble médiéval plus vaste de la plaine de la Lys incluant Bas-Warneton et Comines[5],[6].
Une première église avec une tour de style roman est édifié avant le XVIIe siècle, peut-être en 1335, mais est détruite après un incendie en 1664. L'église est reconstruite en 1665 autour de la tour romane qui a résisté[2].

En 1347, une grosse cloche et deux petites sont fondues par l'abbé Thibaut. Deux nouvelles, très grosses, s'y rajoutent quatre ans plus tard. Un carillon de 42 cloches s'y rajoutera en 1386. Sous l'occupation française en 1626, les deux cloches les plus imposantes et le carillon seront transportés à Armentières par le maréchal de Gastion. Après l'incendie de 1664, la tour sera reconstruite et de nouvelles cloches sont fondues. Afin de les protéger, on démolira 16 marches de l'escalier pour empêcher les Jacobins français d'accéder au sommet et d'enlever les cloches. Sans succès, les cloches furent conduites à Lille. Seules deux petites cloches, cachées par le jardinier de l'abbaye, furent préservées. De nouvelles cloches furent fondues en 1802, puis dérobées durant la Première Guerre mondiale. Les cloches actuelles datent de la reconstruction de 1925[6]. L'ancienne église est détruite en 1915 par lors de la Première Guerre mondiale, Warneton se trouvant sur la ligne de front[1].
Le domaine abbatial est démantelé après la révolution française, mais la tradition monacale persiste dans le folklore au travers de la Fête des Mountches[3],[7]. Les célébrations reprennent dans l'église abbatiale et paroissiale en 1802[réf. nécessaire].
Reconstruction

L’édifice actuel est reconstruit à partir du et sa construction dure quatre ans. Le projet de reconstruction est dû à l’architecte communal Jean Robert Vanhoenacker (nl), assisté de John Van Beurden (nl) et Joseph Smolderen. Lors des travaux de reconstruction, deux tombeaux polychromes du XIVe siècle sont découverts. Ils sont replacés dans une crypte aménagée sous la tour. Ces monuments funéraires sont attribués à Robert de Cassel, seigneur de Warneton décédé en 1331, et à Anselme Van de Walle, abbé de Warneton[1]. Le troisième caveau retrouvé ne comportait aucune polychromie mais était encore recouvert d'une lame en pierre bleue de Tournai, représentant un abbé[8].
L'église est consacrée par l'évêque de Bruges le et l'édifice surprend par ses dimensions hors norme, deux fois plus grand que l'ancienne église[2].
Le , l'église, la place de l'Abbaye, le site archéologique de l'ancienne abbaye ainsi que la motte castrale ont été officiellement classés comme Monument au Patrimoine Wallon par Valérie De Bue, ministre en charge du Patrimoine[10],[1],[11],[12],[13],[2].
Architecture
Par son ampleur et ses qualités architecturales, l’édifice constitue un élément majeur du patrimoine communal. Il adopte un plan basilical et est construit en béton, briques jaunes et calcaire, avec des toitures en ardoises[1],[2].
L’église s’inscrit dans le style Art déco, mêlant du néo-roman et du néo-byzantin, tant par ses modénatures que par son décor intérieur, et est conçue comme une œuvre d’art globale. Elle comprend une nef de trois travées précédée d’un portail de façade, éclairée par trois hauts vitraux, flanquée d’une tour latérale et bordée de bas-côtés. L’ensemble est complété par un transept et un chœur entourés de chapelles et d’une sacristie[1],[2].
L’édifice repose sur un soubassement saillant en moellons et intègre des éléments en grès provenant de l’église antérieure. Les façades présentent des arcatures, des jeux de reliefs et des retraits de briques qui animent les volumes[1].
Intérieur
L’intérieur est couvert de coupoles en béton et structuré par des piliers en pierre blanche d’Euville. Il se caractérise par un vocabulaire formel géométrique et anguleux, visible dans les arcs, les balcons et les consoles de la tribune d’orgue. Le mobilier liturgique, dessiné par les architectes, est réalisé en céramique vernissée par les ateliers de la Maison Helman de Célestin Joseph Helman. Il comprend notamment le banc de communion, le lutrin, la chaire, les autels et les confessionnaux, conçus pour s’intégrer pleinement à l’architecture. Les orgues, les vitraux et les ferronneries sont contemporains de la reconstruction. Le lustre central constitue une pièce majeure de cet ensemble décoratif, renforçant l’unité stylistique de l’édifice[1],[2].
L'ancienne Chaire de vérité, réalisée en 1697 par Jean Vernieuwen[14], a survécu à la destruction de l'église lors de la Première Guerre mondiale car il est évacué par les Allemands durant l'occupation. Elle est actuellement conservée au Grand Séminaire de Bruges (nl). Dans les années 1930-1933, la chaire est placée dans la chapelle du grand séminaire de Bruges et permet aux séminaristes de s'exercer à y prononcer leur première homélie. En 2016, la Société d'histoire de Comines-Warneton demande que la chaire soit restituée[15].
Les fonts baptismaux réalisés en 1697 et amenés par bateau depuis Tournai[16], survivent également à la destriction et se trouvent dans l'église paroissiale actuelle de Warneton. Ils ont été réalisés en marbre de Rance[1].
Des stalles de style baroque réalisées en 1714 par L. Gombette, sont sauvegardées après la destruction de 1915 par l'organisation d'un transport vers le béguinage de Courtrai et replacées dans le chœur de l’église actuelle[1].
Les vitraux relatent notamment les aspects de la vie de Jean de Warneton, évêque de Thérouanne de 1099 à 1130[17].
Notes et références
- Thérèse Van Den Noortgaete, « Église Saints-Pierre-et-Paul de Warneton », Notice tirée de l'inventaire du patrimoine culturel immobilier de la SPW, sur guides.archi (consulté le ).
- Thomas Ellboudt, « L'église Saints-Pierre-Et-Paul de Warneton : un édifice art déco unique en Wallonie », La lettre du Patrimoine, Wallonie patrimoine - AWaP, no 63, (lire en ligne).
- « Eglise Saints-Pierre-et-Paul », sur Office du Tourisme de Comines-Warneton (consulté le ).
- ↑ Jean Bourgeois, « Les sites fossoyés médiévaux de la région de Comines-Warneton (province de Hainaut, Belgique) », Revue du Nord, vol. 353, no 5, , p. 141–159 (ISSN 0035-2624, DOI 10.3917/rdn.353.0141, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Bernard Delmaire, « L’organisation religieuse de la vallée de la Lys entre Aire et Comines au Moyen Âge », Revue belge de Philologie et d'Histoire, vol. 89, no 1, , p. 239–253 (DOI 10.3406/rbph.2011.8170, lire en ligne, consulté le ).
- Jean Baptiste Courouble, Histoire de Warneton: suivie de la vie du B. Jean, Van den Berghe-Denaux, (lire en ligne).
- ↑ Marie-France Philippo, « La glorieuse histoire de Warneton », sur L'Avenir, (consulté le ).
- Jean-Marie Duvosquel, « Les tombeaux polychromes de Warneton », Hainaut-Tourisme, no 148, , p. 161-164.
- ↑ « Une richesse archéologique méconnue : Les tombeaux polychromes de Warneton », Les cahiers de la Toison d'Or, no 26, , p. 22-23.
- ↑ SPW, « L'Eglise des Saints-Pierre-et-Paul de Warneton classée - Valérie DE BUE », sur Valérie DE BUE- Ministre (consulté le ).
- ↑ Angélique Tasiaux, « Classement de l'église Saints-Pierre-et-Paul de Warneton », sur CathoBel, (consulté le ).
- ↑ « L'église Saints-Pierre-et-Paul de Warneton bientôt classée », sur notele.be, (consulté le ).
- ↑ Sudpresse, « Warneton (B) : l’église Saints Pierre-et-Paul sera-t-elle bientôt classée ? », sur La Voix du Nord, (consulté le ).
- ↑ Francis De Simpel, « La chaire de vérité et les fonts baptismaux de Warneton, chefs-d'oeuvre de la fin du XVIIe siècle », Mémoires de la Société d'histoire de Comines-Warneton, t. 17, .
- ↑ « La chaire de vérité exilée au séminaire de Bruges », sur notele.be (consulté le ).
- ↑ Tournai, Archives de l'Etat, Fonds Châtellenie de Warneton, N°8489
- ↑ Office du Tourisme de Comines-Warneton, « Église Saints-Pierre-et-Paul à Warneton » (version du sur Internet Archive).
Liens externes
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