Élection présidentielle chinoise de 1948

Élection présidentielle chinoise de 1948
Type d’élection Élection présidentielle
Corps électoral et résultats
Inscrits 3 045
Votants 2 734
 
89,79 %
Votes exprimés 2 699
Blancs et nuls 35
Tchang Kaï-chek – Kuomintang
Voix 2 430
90,03 %
 
Ju Zheng – Kuomintang
Voix 269
9,97 %
 
Président de la République de Chine
Sortant Élu
Tchang Kaï-chek
(de facto)
KMT
Tchang Kaï-chek
KMT

L'élection présidentielle chinoise de 1948 est la première élection présidentielle depuis l'adoption de la constitution de la république de Chine en 1947, et la dernière à avoir lieu avant la retraite du gouvernement nationaliste à Taïwan. Elle se déroule le afin d'élire le président et le vice-président de la Chine pour un mandat de six ans.

Le président sortant du gouvernement nationaliste, Tchang Kaï-chek, remporte une victoire écrasante contre son adversaire Ju Zheng, président du Yuan judiciaire[1]. La vice-présidence est remportée par Li Zongren contre le candidat favorisé par Tchang, Sun Ke[2].

Contexte

Depuis la fin de l'expédition du nord en 1928, le Kuomintang (KMT) domine la vie politique de la république de Chine, officiellement unifiée. Conformément à la doctrine politique de Sun Yat-sen, le parti exerce alors une tutelle politique sur le gouvernement jusqu'à la rédaction d'une constitution[3]. Mais la rédaction de cette constitution, entamée en 1936 avec l'élection de l'Assemblée nationale constituante, est retardée par le chef du Kuomintang, Tchang Kaï-chek, qui prend pour prétexte la lutte contre les derniers seigneurs de la guerre et la guerre civile contre les communistes.

Au cours de la seconde guerre sino-japonaise, la mission Marshall est mise en place par les États-Unis alliés à la Chine pour mettre fin au système de la tutelle politique et garantir la démocratisation du régime après la guerre. Bien que le Parti communiste ait initialement donné son accord à cette transition démocratique, la rédaction de la constitution de 1947 est boycottée par le PCC.

La constitution de la république de Chine est adoptée par l'Assemblée nationale constituante le et prend effet le . Entre-temps, le , l'Assemblée nationale chargée d'élire le président de la république de Chine est élue, lors d'élections boycottées par le PCC et largement remportées par le KMT.

Modalités du scrutin

En vertu de la Constitution de la république de Chine, le président et le vice-président sont élus au suffrage indirect par l'Assemblée nationale, pour un mandat de six ans renouvelable une fois[4].

Les candidats doivent obtenir le suffrage de la majorité absolue des inscrits. Si, au bout de trois tours de scrutin, aucun candidat n'a obtenu le nombre de voix suffisant, le quatrième tour se déroule à la majorité simple des suffrages exprimés.

Résultats

Président

Résultats[3]
Candidat Parti Premier tour
Voix %
Tchang Kaï-chek Kuomintang 2 430 90,03
Ju Zheng Kuomintang 269 9,97
Majorité requise[N 1] 1 523 voix
Suffrages exprimés 2 699 98,72
Votes blancs et nuls 35 1,28
Total 2 734 100
Inscrits / participation 3 045 89,79

Vice-président

Résultats[3]
Candidat Partis Premier tour Deuxième tour Troisième tour Quatrième tour
Voix % Voix % Voix % Voix %
Li Zongren Kuomintang 754 27,30 1 163 42,69 1 156 42,64 1 438 52,62
Sun Ke Kuomintang 559 20,24 945 34,69 1 040 38,36 1 295 47,38
Cheng Qian Kuomintang 522 18,90 616 22,61 515 19,00
Yu Youren Kuomintang 493 17,85
Mo Teh-hui Indépendant 218 7,89
Xu Fulin Parti social-démocrate de Chine 216 7,82
Majorité requise 1 523 voix[N 1] 1 367 voix[N 2]
Total 2 762 100 2 724 100 2 711 100 2 733 100
Inscrits / participation 3 045 90,70 3 045 89,45 3 045 89,03 3 045 89,75

Conséquences

Tchang Kaï-chek et Li Zongren prêtent serment le . Quelques jours auparavant, le , les dispositions temporaires applicables pendant la période de rébellion communiste entrent en vigueur, élargissant considérablement les pouvoirs du président de la république et supprimant la limite de mandats[5],[6].

Face à l'avancée de l'Armée populaire de libération, Tchang démissionne de son poste de président le , Li devenant ainsi président par intérim, mais cela ne suffit pas à endiguer l'avancée communiste[2]. Alors que l'Armée nationale révolutionnaire subit de lourdes défaites, le gouvernement nationaliste décide de faire retraite vers l'île de Taïwan, protégée par la flotte américaine. La constitution de 1947 cesse de s'appliquer en Chine continentale le , lorsque Mao Zedong proclame la république populaire de Chine, mais elle demeure en vigueur à Taïwan. Tchang Kaï-chek, resté président du Kuomintang et chef de l'Armée nationale révolutionnaire, retrouve son poste de président de la république de Chine le .

Les dispositions temporaires à la Constitution restant en vigueur à Taïwan, Tchang se représente à sa succession jusqu'à sa mort en 1975.

Notes et références

Notes

  1. La majorité absolue des inscrits est requise.
  2. ↑ Le quatrième tour ne requiert que la majorité relative des suffrages exprimés.

Références

  1. ↑ (en) « Chiang Kai-shek (1st - 5th terms) », sur Office of the President Republic of China (Taiwan) (consulté le )
  2. Xavier Paulès, La République de Chine : 1912-1949, Paris, Les Belles Lettres, , 412 p. (ISBN 978-2-251-44945-6, présentation en ligne), p. 174-175
  3. Jean-A. Keim, « Une page d'histoire contemporaine : Nankin 1948 », Politique étrangère, no 6,‎ , p. 553-564 (e-ISSN 1958-8992, lire en ligne)
  4. ↑ (en) « Constitution of the Republic of China (Taiwan) », sur Office of the President of the Republic of China (Taiwan) (consulté le )
  5. ↑ (en) « Constitution of the Republic of China (Taiwan) : Temporary Provisions », sur Office of the President of the Republic of China (Taiwan) (consulté le )
  6. ↑ André Duboscq, « La démocratie et la guerre civile en Chine », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant)

Voir aussi

Articles connexes

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