Vice-président de la république de Chine (Taïwan)
| Vice-président de la république de Chine (Taïwan) | ||
Emblème de la république de Chine (Taïwan) | ||
Titulaire actuelle Hsiao Bi-khim depuis le (2 ans et 2 jours) | ||
| Durée du mandat | 4 ans | |
|---|---|---|
| Premier titulaire | Li Zongren | |
| Dernière titulaire | Hsiao Bi-khim | |
| Résidence officielle | Résidence Anping, District de Daan, Taipei | |
| Rémunération | 398,270 TWD par mois (2024) | |
| Site internet | http://english.president.gov.tw/ | |
Le vice-président de la république de Chine, communément appelé vice-président de Taïwan, est le deuxième plus haut poste constitutionnel du gouvernement taïwanais, après le président, et occupe le premier rang dans l'ordre de succession présidentielle.
Pouvoirs
Selon les termes de l'article 49 de la Constitution de la république de Chine, en cas de vacance du poste de président, le vice-président assure l'intérim jusqu'à la fin du mandat présidentiel initial[1],[2]. Si les postes de président et de vice-président sont tous deux vacants, le président du Yuan exécutif (aussi appelé le Premier ministre) exerce les fonctions de président. Si le président est empêché d'exercer ses fonctions pour quelque raison que ce soit, le vice-président assure l'intérim. Si le Président et le vice-président sont tous deux empêchés d'exercer leurs fonctions, le président du Yuan exécutif doit assurer l'intérim.
Selon la Constitution originale, adoptée en 1948, le poste de vice-président devait rester vacant jusqu'à la fin du mandat et l'accession d'un nouveau vice-président à ce poste; cependant, en vertu des articles additionnels de la Constitution de la république de Chine, votés en 2005, si la vice-présidence devient vacante pour quelque raison que ce soit, le Yuan législatif doit élire un nouveau vice-président parmi les candidats proposés par le Président.
Hormis le fait de succéder au président en cas de décès, de démission ou de destitution de celui-ci, ainsi que l'exercice des fonctions du Président si celui-ci devient incapable d'exercer ses fonctions, le vice-président ne détient que peu de pouvoirs formels au sein du gouvernement.
Jusqu'en 1996, le vice-président était élu par l'Assemblée nationale de la république de Chine. Depuis les élections présidentielles taïwanaises de 1996 (en) (les premières au suffrage universel direct), il est élu au suffrage universel direct par les citoyens domiciliés dans la « zone libre de la république de Chine », sur le même ticket que le Président.
Précédents
Deux vice-présidents ont accédé à la présidence à la suite du décès du président. L'économiste Yen Chia-kan est devenu président en 1975 à la mort du président Chiang Kai-shek [3], et Lee Teng-hui en 1988 après celle du président Chiang Ching-kuo. Yen décide de démissionner trois ans plus tard en faveur de Chiang Ching-kuo, l'héritier désigné de Chiang Kai-shek. Ces deux successions se sont produites à l'époque dictatoriale de Taïwan.
Un autre, le général Li Zongren, exerça officiellement les fonctions de Président du au du fait du retrait du Président Chiang Kai-shek. Celui-ci avait décidé, sous pression du parti nationaliste, de se retirer du fait des lourdes pertes subies par le campa nationaliste pendant la guerre civile chinoise[4]. Chiang demeura directeur général du Kuomintang, conservant le flou sur la nature de sa retraite. Il continua de donner des ordres à l'armée, dont certains commandants lui restaient fidèles, débutant une lutte de pouvoir avec Li Zongren. Li partit finalement se faire soigner aux États-Unis en , après la chute de Chongqing, capitale provisoire, aux mains des forces communistes. Le gouvernement américain le reconnu comme chef d'État étranger[5]. Chiang se replia d'abord à Chengdu et puis finalement à Taïwan en , exerçant de facto les fonctions de dirigeant jusqu'à sa « reprise » officielle en mars suivant. Li conserva nominalement le poste de vice-président « par contumace » jusqu'en 1954, date à laquelle il fut destitué par le Yuan de contrôle pour « manquement à ses devoirs dû à une conduite illégale »[6].
En raison du manque relatif de pouvoir formel associé à cette fonction, elle a été par le passé couplée à celle de Premier ministre de la république de Chine. Les vice-présidents Chen Cheng, Yen Chia-kan et Lien Chan ont tous cumulé les fonctions de Premier ministre et de vice-président durant une partie de leur mandat, et le nom de la vice-présidente Annette Lu a parfois été évoqué comme possible candidate au poste de Premier ministre.
Liste
| N° | Portrait | Nom
(dates) |
Début de mandat | Fin de mandat | Parti politique | Président | Assemblée | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 |
|
Li Yuanhong
黎元洪 (1864–1928) |
1er janvier 1912 | 10 octobre 1913 | Indépendant | Sun Yat-sen | Assemblée provisoire (1911 (en)) | |
| Yuan Shikai | Assemblée provisoire (1912 (en)) | |||||||
| 2 |
|
Li Yuanhong
黎元洪 (1864–1928) |
10 octobre 1913 | 6 juin 1916 | Parti progressiste chinois | Yuan Shikai | (1912 (en)) | |
| 3 |
|
Feng Guozhang
馮國璋 (1859–1919) |
6 juin 1916 | 17 juillet 1917 | Clique de Beiyang | Li Yuanhong | (1916 (en)) | |
La République de Beiyang existe de la révolution chinoise de 1911 jusqu'à l'effondrement général du pouvoir de la Clique de Beiyang après la tentative ratée de restauration mandchoue de 1917. La Chine s'enfonce ensuite dans l'ère des seigneurs de la guerre.
Après l'expédition du Nord, le Kuomintang instaure une dictature à parti unique, sans constitution digne de ce nom. De fait, le poste de vice-président n'existe pas pendant la période dite de « tutelle du peuple ». À la fin de la guerre contre le Japon, le président Chiang Kai-shek accepte, sous pression d'une partie du parti et des intellectuels, de faire proclamer la Constitution de 1947, qui rétablit le poste de vice-président. Celui-ci est à l'époque élu au suffrage indirect par l'Assemblée nationale. Le parti, en fronde contre Chiang Kai-shek décide d'élire Li Zongren, un rival politique et militaire, au détriment de Sun Ke, favorisé par le Président[5].
| N° | Portrait | Nom
(dates) |
Début de mandat | Fin de mandat | Parti politique | Président | Mandat | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 |
|
Li Zongren
李宗仁 (1890–1969) |
20 mai 1948 | 12 mars 1954 | Kuomintang | Chiang Kai-shek | 1 (1948) | |
| Pas de titulaire 12 mars - 19 mai 1954 (destitution de Li Zongren) | ||||||||
| 2 |
|
Chen Cheng
陳誠 (1898–1965) |
20 mai 1954 | 5 mars 1965 | Kuomintang | 2 (1954 (en)) | ||
| 3 (1960 (en)) | ||||||||
| Pas de titulaire 5 mars 1965 - 19 mai 1966 (mort de Chen Cheng) | ||||||||
| 3 |
|
Yen Chia-kan
(C.K. Yen) 嚴家淦 (1905–1993) |
20 mai 1966 | 5 avril 1975 | Kuomintang | 4 (1966 (en)) | ||
| 5 (1972 (en)) | ||||||||
| Pas de titulaire 5 avril 1975 - 19 mai 1978 (mort de Chiang Kai-shek) | Yen Chia-kan | |||||||
| 4 |
|
Hsieh Tung-min (en)
謝東閔 (1908–2001) |
20 mai 1978 | 19 mai 1984 | Kuomintang | Chiang Ching-kuo | 6 (1978 (en)) | |
| 5 |
|
Lee Teng-hui
李登輝 (1923–2020) |
20 mai 1984 | 13 janvier 1988 | Kuomintang | 7 (1984 (en)) | ||
| Pas de titulaire 13 janvier 1988 - 19 mai 1990 (mort de Chiang Ching-kuo) | Lee Teng-hui | |||||||
| 6 |
|
Li Yuan-tsu
李元簇 (1923–2017) |
20 mai 1990 | 20 mai 1996 | Kuomintang | 8 (1990 (en)) | ||
La mort de Chiang Kai-shek propulse l'économiste Yen Chia-kan au pouvoir, qui se retire à la faveur de Chiang Ching-kuo. Celui-ci entame une politique de « taïwanisation » du parti et fait élire Lee Teng-hui, un Taïwanais, au poste de vice-président. Celui-ci devient ainsi le premier taïwanais à occuper la fonction. Après la mort de Chiang Ching-kuo, Lee Teng-hui entame un processus de démocratisation pour sortir de la dictature et de la terreur blanche. Ce processus aboutit avec la réforme constitutionnelle qui fixe les premières élections au suffrage universel en 1996. Le pouvoir alterne pour la première fois en 2000, avec l'élection du ticket indépendantiste Chen Shui-bian - Annette Lu, cette dernière étant la première femme élue à ce poste.
| N° | Portrait | Nom
(dates) |
Début de mandat | Fin de mandat | Parti Politique | Président | Mandat | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 |
|
Lien Chan
連戰 (né en 1936) |
20 mai 1996 | 20 mai 2000 | Kuomintang | Lee Teng-hui | 9 (1996) | |
| 2 |
|
Annette Lu
(Lü Hsiu-lien) 呂秀蓮 (née en 1944) |
20 mai 2000 | 20 mai 2008 | Parti démocrate progressiste | Chen Shui-bian
(DPP) |
10 (2000) | |
| 11 (2004) | ||||||||
| 3 |
|
Vincent Siew (en)
(Siew Wan-chang) 蕭萬長 (né en 1939) |
20 mai 2008 | 20 mai 2012 | Kuomintang | Ma Ying-jeou | 12 (2008) | |
| 4 |
|
Wu Den-yih
吳敦義 (né en 1948) |
20 mai 2012 | 20 mai 2016 | Kuomintang | 13 (2012) | ||
| 5 |
|
Chen Chien-jen
陳建仁 (né en 1951) |
20 mai 2016 | 20 mai 2020 | Indépendant | Tsai Ing-wen
(DPP) |
14 (2016) | |
| 6 |
|
Lai Ching-te
賴清德 (né en 1959) |
20 mai 2020 | 20 mai 2024 | Parti démocrate-progressiste | 15 (2020) | ||
| 7 |
|
Hsiao Bi-khim
蕭美琴 (née en 1971) |
20 mai 2024 | en cours | Parti démocrate-progressiste | Lai Ching-te
(DPP) |
16 (2024) | |
La république de Chine a connu seize vice-présidents, dont trois durant la Période de Beiyang. Deux d'entre eux sont des femmes ( Annette Lu et Hsiao Bi-khim). L'écrasante majorité, neuf d'entre eux, sont issus du Kuomintang du fait de la période de dictature. Le Parti démocrate progressiste arrive en deuxième position avec trois vice-présidents issus du parti, plus un vice-président (Chen Chien-jen) proche du PDP sans être encarté.
Insigne
L'étendard du vice-président de la république de Chine a été institué par la « loi relative aux pavillons de la marine de la république de Chine » . Cet insigne a été aboli lors de l'abrogation de cette loi le .
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Références
- ↑ Wang et Chou, « The Emergence of Modern Constitutional Culture in Taiwan », National Taiwan University Law Review, vol. 5, , p. 17 (lire en ligne)
- ↑ Chang, « Political Succession in the Republic of China on Taiwan », Asian Survey, vol. 24, no 4, , p. 425 (ISSN 0004-4687, DOI 10.2307/2644336, JSTOR 2644336, lire en ligne
) :« According to Article 49 of the ROC Constitution, on the death or incapacitation of the incumbent president, the vice president (now Shieh Tung-min) would succeed to the presidency. »
- ↑ Wakeman, « Revolutionary Rites: The Remains of Chiang Kai-shek and Mao Tse-tung », Representations, no 10, , p. 163 (ISSN 0734-6018, DOI 10.2307/3043803, lire en ligne
) :« Three hours later, in accordance with article 49 of the constitution of the Republic of China, C. K. Yen, facing a portrait of Sun Yat-sen, was sworn in as president in Taipei. »
- ↑ (en) Lin Hsiao-ting 林孝庭, Accidental State: Chiang Kai-shek, the United States and the Making of Taiwan, Cambridge, Harvard University Press, , 338 p. (ISBN 9780674659810), pp.74-82
- (en) Lin Hsiao-ting 林孝庭, Accidental State: Chiang Kai-shek, the United States and the Making of Taiwan, Cambridge, Harvard University Press, , 338 p. (ISBN 9780674659810), p. 185
- ↑ (en) GIGON Fernand, Formose ou les tentations de la guerre, Paris, Documents du Monde, , p.158
Articles connexes
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