Émile Trélat

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(à 86 ans) Boulevard Raspail (14e arrondissement de Paris) |
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Madame Trélat-de Lavigne (d) |
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Gaston Trélat (d) |
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Louis-Charles Mary (d) |
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Émile Trélat, né le à Paris 12e et mort le à Paris 14e, est un ingénieur et architecte français.
Biographie
Fils d'Ulysse Trélat, il entre très jeune à l’École centrale des arts et Manufactures, nouvellement fondée en 1829, élève de Louis-Charles Mary (d), et en sort en 1840, à l’issue de brillantes études, dans la même promotion qu’Alfred Belpaire, Mathias, Yvon-Villarceau, etc. Grâce à une recommandation de Dumas, qui avait été son maitre à l’École centrale, il débute dans l’industrie céramique à Rubelles, où il s’attache à la fabrication des émaux ombrants, qui ne dure pas longtemps[1].
Entré au bureau de l’architecte Louis Visconti, il est chargé de l’inspection des travaux de restauration exécutés au château de Vaux-le-Vicomte, puis il collabore à un projet d’achèvement du palais du Louvre, que Visconti avait à préparer, projet qui détermine sa passion pour l’architecture. Admirateur de Viollet-le-Duc, il prône une approche utilitariste de l'architecture civile, sans cependant négliger l'ornementation[2].
En 1848, il a participé à la fondation de la Société des ingénieurs civils de France[1]. En 1849, il est nommé architecte du département de Seine-et-Marne, il construit les prisons cellulaires de Melun et Provins[3]. En 1854, il est appelé à la chaire nouvellement créée de construction civile du Conservatoire des arts et métiers, cours qu’il professe jusqu’en 1895[4]. C’est également sur son initiative qu’a été créée, dans le même établissement, en 1897, la chaire de l’Art appliqué aux métiers[1].
En 1865, il fonde, avec le concours de quelques hautes personnalités, l'École spéciale d'architecture, dont il deviendra le directeur[5]. Il a apporté, jusqu’à son dernier souffle, toute sa sollicitude à cette création qui a été sa préférée, celle à laquelle il a le plus imprimé la marque de son talent et de sa tournure d’esprit, en ce qui concerne les rapports de l’Art et de la Science[1].
Pendant le siège de Paris, en 1870, il est capitaine des Mobiles de la Seine, ce qui lui vaudra la Légion d'honneur, à titre militaire[3]. Nommé architecte en chef du département de la Seine, en 1871, il occupera ce poste jusqu’en 1891, date à laquelle il est élu député de la deuxième circonscription du 5e arrondissement de Paris, qu’il a représenté à la Chambre, du à . Républicain modéré, il s'est intéressé aux bâtiments parisiens : reconstruction de l'Opéra-Comique, construction de la gare des Invalides, de la gare d'Orsay... ; la salubrité publique (assainissement des égouts) a été une autre de ses préoccupations[6].
En 1882, élu président de la Société des ingénieurs civils de France, il y a fait de nombreuses communications, particulièrement sur les questions d’hygiène, où son opinion faisait autorité tant au point de vue technique qu’au point de vue administratif[1]. Il a également participé à la fondation de la revue Le Génie civil (d), aux côtés de son ami Émile Muller, président de la Société des ingénieurs civils de France, et, jusqu’à 1906, il a tenu, malgré ses 85 ans, à assister aux séances du Comité supérieur de rédaction du Génie civil, où ses avis étaient toujours très écoutés et où son aménité et la vivacité de son esprit étaient fort appréciées de ses collègues[1].
À l’issue de ses obsèques, à Saint-Pierre de Montrouge[7], il a été inhumé au cimetière du Montparnasse, où a été érigé, par le fils du défunt, Gaston Trélat (d), directeur de l’École spéciale d'architecture, un monument en granit gris composé d’une pierre pyramidale au soubassement de laquelle est placé le tombeau, scellé d’une lourde porte de bronze[8].
Notes et références
- « Nécrologie », Le Génie civil, Paris, vol. 28, no 4, , p. 62 (ISSN 0016-6812, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Valérie Nègre et Jean-Philippe Garric (dir.), Bibliothèques d’atelier : édition et enseignement de l’architecture, Paris 1785-1871, Paris, INHA, coll. « Panoramas », , 80 p. (ISBN 978-2-91790-278-3, OCLC 755169025, DOI 10.4000/books.inha.3183), « Architecture et construction dans les cours de l’École centrale des arts et manufactures (1833-1864) et du Conservatoire national des arts et métiers (1854-1894) ».
- « Nécrologie », L’Écho nogentais, Nogent-sur-Seine, vol. 89, no 89, , p. 2 (ISSN 2540-4040, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Frédéric Seitz, « L'enseignement de la construction, de l'architecture et du dessin à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. L'apport d'Emile Trélat et Jules Pillet », Les cahiers du CNAM, nos 2-3, , p. 155-174 (lire en ligne).
- ↑ Frédéric Seitz, « L’Enseignement de l'architecture en France au XIXe siècle », Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques, no 11, , p. 1-49 (ISSN 1760-7906, lire en ligne).
- ↑ « Trélat Émile », sur CTHS (consulté le )
- ↑ « les Obsèques de M. Trélat », Le Bien public, Dijon, vol. 57, no 302, , p. 3 (ISSN 2274-6056, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Inauguration du monument Trélat », L'Univers, Paris, no 14736, , p. 4 (ISSN 2419-5820, lire en ligne sur Gallica).
Sources
- « Émile Trélat », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960
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