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S moyen scots
Image illustrative de l’article Ꟗ
Graphies
Capitale Ꟗ
Bas de casse ꟗ

La lettre Ꟗ en majuscule et ꟗ en minuscule, aussi appelée s moyen scots, est une lettre additionnelle abréviative de l’alphabet latin utilisée, principalement pour représenté sis ou ser dans certains mots ou comme symbole pour des mots commençant par s, en latin, en moyen anglais, en moyen français, en moyen néerlandais, en moyen scots du XVe au XVIe.

Utilisation

En latin, le ꟗ est utilisé comme abréviation de sis ou ser[1] ou de séquences similaires ou plus longues, par exemple dans menꟗ (mensis)[2], ꟗmo (sermo), cōmiſꟗii (commissarii). Elle a initialement la forme d’un s long barré ẜ[3],[4], et ses formes plus récentes se confondent avec certaines ligatures comme le ss (ſs ou ſꟙ) ou l’eszett allemand[5],[1].

Les formes abréviées de seruit, sermo, asserit, seruatis, commissarij dans Reusens 1899.

Anglais

En anglais, cette lettre est notamment utilisée comme abréviation de ser[6], sir ou sire.

Moyen scots

Dans les manuscrits en moyen scots, cette lettre a des formes similaires et est une abréviation similaire utilisée pour ser ou sis, mais aussi parfois au lieu de s, ss, is.

Dans les éditions imprimées de textes moyen scots du xixe et xxe siècles, des caractères spécifiques sont utilisés. Ceux-ci sont notamment distincts du eszett allemand ‹ ß › lorsqu’il a la forme d’une ligature de ſz, s long et z.L’orthographe du moyen scots s’anglicise et les digrammes et trigrammes tht, ss et ꟗ ne sont plus utilisés après 1570[7].

Le s moyen scots est utilisé comme ligature de ſs, s long et s ou deux s, comme le eszett allemand ‹ ß ›, mais contrairement à celui-ci pas comme ligature ſz, s long et z. Il a donc parfois une forme identique aux eszetts composés de deux s.

Texte de Bernardus de cura rei famuliaris avec le s moyen scots dans un ouvrage de J. Rawson Lumby de 1870.
Texte de The Bruce (en vieux scots) avec le s moyen scots dans un ouvrage de Walter W. Skeat publié en 1877.
Texte de Original Chronicle of Andrew of Wyntoun avec le s moyen scots dans un ouvrage de François Joseph Amours publié en 1913.
Commentaires de F. J. Amours de 1903 sur le s moyen scots, le yogh et le thorn utilisés en moyen scots.
Description de la lettre dans une étude de Barbour de Carl Horstmann publiée en allemand en 1881.

Moyen français

Cette lettre a aussi été utilisée en moyen français dans des abréviations pour une contraction après une s, comme ser dans certains mots comme service, servant ou serviteur, sir, sieu, sser, ssieu, saire, ssemen, sain, saint, ses[8], ou encore pour seigneur[9],[10] ou sire notamment dans monseigneur ou messire, dans des mots comme suivant ou enseignement[11]. Elle a aussi été utilisée pour son dans raison.

ledit messire Baudin seigneur de Molambais imprimé dans Verzameling van XXIV. origineele charters, 1788 (reproduit d’un texte du xve siècle).

Moyen néerlandais et néerlandais

En néerlandais, la lettre est utilisée dans des abréviations pour une contraction après un s comme dans voorꟗ (voorseid) ou voirꟗ (voirseid), deꟗ (desen), deſꟗ (dessus)[11], pour stuivers[12], ou dans des patronymes comme Jansꟗ (Janszoon)[13],[14]. Elle est généralement remplacée par ss. ou sz. dans les documents imprimées ou numériques, par exemple voorss. ou Jansz.

Italien

En italien, la lettre ou le ſ long barré diagonalement ont été utilisés comme abréviation de sier ou ser, forme courte de signore, dans messer, ou dans d’autres mots.

Catalan

En catalan médiéval et en catalan, la lettre ou le ſ long barré diagonalement ont été utilisés dans l’abréviation de mossen.

Symbole

L’abréviation est aussi utilisée pour le signe demi, semis en latin, en médecine ou alchémie au durant le Moyen Âge et la Renaissance, ainsi que pour le signe du solidus (ou du sou) jusqu’au xixe siècle[15],[16].

Représentations informatiques

Le s moyen scots peut être représenté avec les caractères Unicode (latin étendu D) suivants :

formes représentations chaînes
de caractères
points de code descriptions
capitale Ꟗ ꟖU+A7D6 U+A7D6 letter majuscule latine s moyen scots
minuscule ꟗ ꟗU+A7D7 U+A7D7 lettre minuscule latine s moyen scots

Notes et références

  1. Dekker, Baetens et Maarschalkerweerd-Dechamps 1992, p. xxiv.
  2. ↑ Dekker, Baetens et Maarschalkerweerd-Dechamps 1992, p. xxxiv.
  3. ↑ Michaelis et 1881 235.
  4. ↑ Reusens 1899, p. 100.
  5. ↑ Michaelis et 1881 238.
  6. ↑ (en) The National Archives, « Document 6: Part of the particulars for the sale of the manor of Bulmershe, following Henry VIII's dissolution of the monasteries, dated 17 June 1544 (Catalogue reference: E 318/11/507) », dans Paleography Tutorial, (lire en ligne)
  7. ↑ Kniezsa 2019, p. 46.
  8. ↑ Messervy 1897, p. xii.
  9. ↑ de Wailly 1838a, p. 626.
  10. ↑ Chassant 1839, table III.
  11. Dekker, Baetens et Maarschalkerweerd-Dechamps 1992, p. xxxiv-xxxv.
  12. ↑ Rijksarchief in Friesland ca. 1995, p. 5.
  13. ↑ Regionaal Archief Alkmaar ca. 2000, p. 32.
  14. ↑ (nl) Peter Horsman et Peter Sigmond, Schriftspiegel: Oud-Nederlandse handschriften van de 13e tot in de 18e eeuw, Verloren, (ISBN 9789087049607, lire en ligne), p. 20
  15. ↑ Cappelli 1929, p. 336-337 ; 411.
  16. ↑ Chassant 1884, p. 86.

Bibliographie

  • (it) Adriano Cappelli, Dizionario di abbreviature latini ed italiani, Milan, , 3e éd. (Archive.org, Archive.org)
  • (de) Adriano Cappelli, Lexicon abbreviaturarum, Leipzig, J. J. Weber, , 2e éd. (Archive.org, Universität zu Köln)
  • Alphonse Chassant, Paléographie des chartes et des manuscrits du XIe, au XVIIe siècle, Évreux, J.-J. Ancelle fils, (lire en ligne) (Paris, A. Aubry, 1867 : Archive.org, Archive.org)
  • Alphonse Chassant, Dictionnaire des abréviations latines et françaises usitées dans les inscriptions lapidaires et métalliques, les manuscrits et les chartes du Moyen Âge, Jules Martin, (lire en ligne)
  • Nicolas Chuquet et Aristide Marre, Problèmes numériques faisant suite et servant d'application au Triparty en la Science des nombres de Nicolas Chuquet, Parisien : Extrait de la seconde partie du ms. no 1346 du fonds français de la Bibliothèque nationale, annoté et publié par Aristide Marre, Rome, (Archive.org, Google Livres, SUB)
  • Nicolas Chuquet, Le Triparty − Bibliothèque nationale de France Français 1346, (lire en ligne)
  • (en) Guillaume Coatalen, « Transcribed words », sur Early Modern Hands (1450-1700),
  • (nl + fr) C. Dekker, R. Baetens et S. Maarschalkerweerd-Dechamps, Album Palaeographicum XVII Provinciarum, Brepols, (ISBN 978-90-6194-118-7, lire en ligne)
  • Natalis de Wailly, Éléments de paléographie, vol. 1, 1838a (lire en ligne), p. 626
  • Natalis de Wailly, Éléments de paléographie, vol. 2, 1838b (lire en ligne), p. 274
  • (en) Michael Everson, Proposal to add two characters for Middle Scots to the UCS (no N5045R, L2/19-180R), (lire en ligne)
  • (en) Michael Everson, Revised proposal to add two characters for Middle Scots to the UCS (no N5144, L2/20-267), (lire en ligne)
  • Pierre Haschaert, La maniere d'escripre par abbreuiatiōs: Auec vn petit traicté de l’orthographe Françoise, Gand, Josse Lambert, (lire en ligne)
  • (de) Carl Horstmann, Barbour's, des schottischen Nationaldichters Legendensammlung, vol. 2, (Archive.org, Google Livres, HathiTrust, MDZ), p. 306
  • (en) Veronika Kniesza, « The Origins of Scots orthography », dans Charles Jones, Edinburgh History of the Scots Language, Edinburgh University Press, (ISBN 9781474469630, DOI 10.1515/9781474410977-004)
  • J. Alfred Messervy, Actes des États de l'île de Jersey 1524-1596, Jersey, Labey et Blampied, (lire en ligne), « Explication des abréviations », x-xii
  • (de) Gustav Michaelis, « Über das ß in deutſchen und romaniſchen Drucken », Archiv für das Studium der neueren Sprachen und Literaturen, vol. 35, no 65,‎ , p. 233-250 (lire en ligne)
  • (en) National Records of Scotland, Scottish handwriting 1500–1700 : A self-help pack, National Records of Scotland, (1re éd. 1994) (présentation en ligne, lire en ligne)
  • (es) Estéban Paluzie y Cantalozella, Paleografía española, (lire en ligne), p. 456
  • (nl) Regionaal Archief Alkmaar, Inleiding cursus paleografie, ca. 2000 (oudlisse.nl, regionaalarchiefalkmaar.nl)
  • Edmond Henri Joseph Reusens, Éléments de paléographie, Louvain, Reusens, (lire en ligne)
  • (nl) Rijksarchief in Friesland, Afkortingen in het oude schrift (nederlandse teksten), ca. 1995 (lire en ligne)
  • (de) Wilhelm Wattenbach, Anleitung zur lateinischen Palaeographie, (HathiTrust, MDZ, MDZ, ÖNB, ÖNB) (1872 : HathiTrust, MDZ ; 1878 : Archive.org, HathiTrust, HathiTrust ; 1886 : Archive.org, HathiTrust, MDZ, MDZ)

Voir aussi

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