Deuxième étape la plus longue de ce Tour de France, elle est aussi la première de haute montagne, avec une arrivée inédite dans la station d'Hautacam, créée en 1972 et pour la première fois au programme des coureurs du Tour[1]. Le parcours, avant d'arriver au pied de l'ascension finale, est globalement plat : partant de Cahors, il traverse le piémont pyrénéen via les départements du Lot, du Tarn-et-Garonne et du Gers, avant l'arrivée dans les Hautes-Pyrénées. Classée hors-catégorie, l'ascension d'Hautacam est la première grande difficulté du Tour. Durant l'étape, elle est précédée de deux côtes classées en 4e catégorie. Enfin, deux sprints intermédiaires sont disputés à Auléry (lieu-dit de la commune de Lauzerte) et à Lourdes[2].
La course
Après une première tentative d'échappée menée par Thierry Marie, mais vite reprise par le peloton, la course reste calme jusqu'au 137e kilomètre, juste ponctuée par l'abandon de Christopher Boardman au ravitaillement de Fleurance. Un groupe de cinq coureurs se détache alors, avec Massimo Ghirotto, Emmanuel Magnien, Stephen Swart, Rolf Jaermann et Erik Dekker. L'échappée compte plus de six minutes d'avance, avant de voir son avantage se réduire rapidement sous l'impulsion du peloton, mené par les équipes Banesto et ONCE. Au pied d'Hautacam, leur avance est minime, et les échappés sont revus un-à-un dans le premier kilomètre d'ascension[2].
Vainqueur de deux étapes lors du Tour d'Italie quelques semaines plus tôt, Marco Pantani attaque à onze kilomètres du sommet. Dans le même temps, plusieurs coureurs connaissent des difficultés, à l'instar des ItaliensGianni Bugno et Claudio Chiappucci, victime de vomissements et qui ne prendra pas le départ de l'étape suivante[3]. À six kilomètres de l'arrivée, les Banesto accélèrent l'allure, et provoquent la défaillance de Tony Rominger, lui aussi malade, qui reste second du général à l'arrivée, mais concède plus de deux minutes supplémentaires. Miguel Indurain en profite et décroche ses adversaires un à un, à l'exception de Luc Leblanc. Les deux hommes reviennent sur Pantani à deux kilomètres du sommet, puis le lâchent. Après plusieurs attaques, Leblanc réussit à se détacher dans les derniers mètres de l'ascension, et s'offre la première victoire d'étape de sa carrière sur le Tour, relançant une carrière jusque-là en dents de scie[4].
Deuxième de l'étape, Miguel Indurain fait un grand pas vers un quatrième succès dans le Tour, semblant au-dessus de ses principaux adversaires, tous désormais relégués à plus de quatre minutes. Le quatrième du classement général, Piotr Ugrumov, accuse lui plus de huit minutes de débours[5].