Aït Oulichek

Aït Ourish
Montagnes du Rif
Informations générales
Échelon
Tribu
Géographie
Région principale
Province principale
Territoire
Massif du Rif, autour de Ben Taïeb
Chef-Lieu
Histoire et anthropologie
Période d'apparition
Inconnue (antique), mention sous le règne de Sidi Mohammed ben Abdallah (1766)
Mode de vie
Sédentaire, agricole et montagnard
Fait partie du groupe tribal
Amazighs rifains
Nombre de fractions
5
Fractions
Imzilen, Aït Azrou, Aït Jabar, Aït Abdeslam
Culture
Langue principale
Tamazight (Rif)
Personnages marquants
Nordin Amrabat(Footballer)
Sofyan Amrabat(Footballer)
Omar Raddad (Condamné)
Cheikh Muhend (Savant)

Ait Oulichek (en rifain: ⴰⵢⵜ ⵓⵔⵉⵛ, en arabe : بني أولشيك 'Beni Oulichek') ou encore Aït Ourich est une tribu berbère de la branche Zénète et située au nord-est du Maroc dans le massif montagneux du Rif dans l'actuelle province de Driouch autour de la ville de Ben Taieb.

Elle est située entre la tribu de Ait Said au nord-est, Ait Temsamane à l'ouest, Tafersit au sud-ouest et celles de Ibdarsen (Metalsa en darija). C'est sur son territoire que s'est déroulée la célèbre bataille d'Annoual.

Chacune de ces tribus possède un centre administratif regroupant les représentants de l’État et des services publics et où a lieu le marché hebdomadaire, le souk. Le centre administratif de Ait Ourish est la municipalité de Ben Taïeb.

Subdivision

La tribu est composée de cinq fractions, appelées tharfiqt en rifain, chacune d'elles possédant des clans appelés ighes ou azwar (os ou racine) en rifain eux meme regroupés en hameaux appelés Dchar/Dchour au pluriel[1]. Certains clan sont qualifiés de Igharbiyen car ils seraient d'origine arabe (i.e Chorfa Ikaderiouen qui descendent de Abdel Qadir Al Jilani). D'autres clans sont appelés Ikharijen car ils seraient issues d'élement berbère extérieur à la tribu qui se seraient rattachés

  • Imzilen (les forgerons)
    • Ait Abderrahman - Taghilast - Iaabdellaten - Ikeddaren - El Muien - Ikharchichen - Bouchidad - Iftaten - Icharqien - Aman Aitzman - Ibenouhen - Laari Ouchen - Ibacheriouen - Tanout - Ilbaien - Isekkouren - Iyouchikhen - Izerwalen
  • Aït Azrou (les gens du rocher)
    • Imdahariouen - Ait Mehand Ou Ahmed - Ait Frassen - Ait Bouzian - Ait Abdelaali - Idaharien - Imerabten - Issoussanen - Talghant - M'hajer - Tarbiaat - Tisbaa' - Dar Aarab - Igarraguen - Ifakihen - Ait Et-Tahan
  • Aït Jabar (les descendants de Jaber)
    • Ait Yarrour - Ait Raho - Ifekharen - Ait Ali - Ikaabounen - Ihakkounen - Iaayaden - Yahyaten - Ait M'hand Ou Alí - Ibezaaroujjen- Iaallouchen - Chorfa Ikaderiouen -
  • Aït Abdeslam (les descendants d'Abdeslam)
    • Imahmuden - Irandanen - Aït El Haj Ali - Imalqiouiyine - Aït El Haj Mohand - Ifillusen- Aït Ben Haddou - Aït El Haj Ahmed - Iaattaren - Taliouine- Iwardanen

Histoire

Au IXᵉ siècle, Al-Bakri mentionne déjà les principales tribus rifaines, parmi lesquelles figurent les Beni Yaslitan, aux côtés des Bakoya, Bottoya, Ghassassa, Beni Wartada, Kebdana, Beni Ouriaghel et Gzenaya. En revanche, les Beni Oulichek n’apparaissent pas explicitement dans ses écrits.

Cependant, une chronique de Ibn Hazm rapporte que les Beni Yaslitan se réclament d’un ancêtre nommé « Warishik ». Cet élément onomastique permet d’établir un rapprochement plausible avec les Beni Oulichek actuels. De plus, la répartition géographique actuelle des Beni Oulichek (notamment autour de Ben Taieb et Taliouine) correspond à l’aire d’implantation historiquement attribuée aux Beni Yaslitan, ce qui renforce la continuité entre ces groupes. Plus largement, plusieurs sous-tribus rifaines contemporaines semblent ainsi dériver d’anciennes entités comme les Beni Yaslitan, à la suite de divisions internes successives.

Dès lors, deux hypothèses cohérentes se dégagent : soit les Beni Oulichek correspondent à l’appellation plus récente des anciens Beni Yaslitan, soit ils constituent une branche issue de cette tribu, qui se serait progressivement individualisée au fil du temps. Cette seconde hypothèse s’inscrit dans un processus bien attesté de fragmentation tribale dans le Rif.

Comme bon nombre de tribus rifaines, la tribu garde pendant très longtemps une relative autonomie vis-à-vis du sultan marocain, faisant alors partie du bled es-siba. Les Beni Oulichek étaient une tribu réputée pour fournir des contingents de soldats au Jayrch Er-Rifi, contribuant ainsi à la défense et aux campagnes militaires des cotes marocaines.

En 1766, le sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah mena une expédition punitive contre eux pour tenter de les soumettre, et si un Caïd représentant le Sultan était toléré à Ben Taïeb à la fin du XIXᵉ siècle, la tribu conservait l'essentiel de son autorité locale. Au tournant du XXᵉ siècle, après avoir brièvement été soumis à Bou Hmara avant qu'il ne soit chassé du Rif par le Chérif Mohammed Ameziane en 1909, les Beni Oulichek se sont retrouvés en première ligne face aux ambitions coloniales.

En 1912, le traité de Fès est signé, plaçant le Rif sous protectorat espagnol. Les Beni Oulichek, ainsi que plusieurs tribus du centre et de l’est du Rif, résistent à l’Espagne, marquant le début de la guerre de pacification menée par le général Sylvestre.

À la fin de 1920, le général Sylvestre lance une campagne dans l’intérieur du Rif. Il est d’abord arrêté à Tawarda par les Beni Oulichek, qui se sont armés pour défendre leur territoire. Cependant, à l’été 1921, Sylvestre profite du fait que les paysans Rifains soient retournés moissonner leurs champs pour reprendre l’offensive et soumettre les territoires des Beni Oulichek et des Beni Said. Des campements espagnols sont alors établis sur le territoire des Beni Oulichek, notamment à Ben Taieb, Annoual et Ighriben.

Alliés aux partisans d’Abdelkrim El Khattabi, les Beni Oulichek se soulèvent contre les Espagnols et, avec les tribus Temsaman, Beni Touzine et Beni Ouriaghel, infligent de lourdes défaites aux forces espagnoles à lors de la bataille d'Annoual.

Ils participent ensuite à la création de l’éphémère République du Rif.

Après la guerre du Rif, la région est frappée par une grave famine et de nombreuses épidémies, poussant une partie importante des Rifains à émigrer, soit vers l’Algérie française, soit vers d’autres villes marocaines comme Tanger. En 1945, on estima à environ 25 000 le nombre de Rifains qui arrivèrent à Tanger, ces Rifains étaient principalement issue des Beni Oulichek, Temsaman, Tafersit et Beni Touzine. Comme d’autres tribus rifaines, à partir de 1964, les Beni Oulichek ont également fourni un contingent significatif à la diaspora marocaine en Europe, notamment en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Personnalité célèbres

Notes et références

  1. (es) Abdelhak Aoufi, « Haj Simohame - Sa profession », sur www.mohamedaoufi.com (consulté le )
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