Temsamane (tribu)
ⴰⵢⵜ ⵜⴻⵎⵙⴰⵎⴰⵏ
تمسمان

| Échelon |
Tribu |
|---|
| Région principale | |
|---|---|
| Province principale | |
| Territoire | |
| Chef-Lieu |
| Période d'apparition |
VIIIe |
|---|---|
| Mode de vie |
Sédentaire |
| Fait partie du groupe tribal | |
| Nombre de fractions |
5 |
| Fractions |
Ait Taaban, Ait Bou Idir (ou Ait Amghar), Trougout, Aït Marghnine, Rba’ Rfouqani |
| Langue principale | |
|---|---|
| Personnages marquants |
Les Temsamane ou Ait Temsamane (en rifain: ⴰⵢⵜ ⵜⴻⵎⵙⴰⵎⴰⵏ, en arabe: تمسمان) sont une tribu berbère rifaine millénaire localisée dans le Nord-Est du Maroc, dans le Rif central entre Nador et Al Hoceïma. La région est peuplée de plusieurs communautés berbères faisant partie de l'espace culturel et linguistique rifain : à l'ouest se trouve la tribu des Ait Waryaghar, au nord-est celle des Ait Saïd, à l'est celle des Ait Ourish, au sud celle des Ait Touzine, au sud-est celle des Tafersit. Le Nord est marqué par la côte méditerranéenne, sa partie ouest est bordée par la baie d'Al Hoceïma.
Les Temsamane sont réputés être une grande tribu guerrière[1],[2]. Ils sont historiquement célèbres pour avoir rejoint la rébellion dès le début de la guerre du Rif (1921 à 1926) accompagnés des Ait Waryaghar, Tafersit, Ait Ourish, Iqer'iyen et des Ait Touzine, formant ainsi un petit groupe solide de résistants face à l'armée coloniale espagnole, dont la défaite historique à Anoual déboucha sur la proclamation de l'indépendance de la région ainsi que la création de la République du Rif par Abdelkrim El-Khattabi.
Fractionnement
Clans
Historiquement, la tribu de Temsaman est composée de 5 fractions ou clans appelés « tharfiqt » en rifain[3] :
- Ait Ta'ban
- Ait Bou Idir
- Trougout
- Ait Marghnine
- Rba’ Rfouqani
Origine
La tribu de Temsamane était à l'origine divisé en deux principales fractions parmi lesquelles les Awlad Bulund (Iblundiyen) et les Banu Wartadda (à ne pas confondre avec les Banu Ourtendin chez les Iqer'iyen dans les temps médiévaux). Ces deux fractions appartenaient à la grande confédération tribale des Battuya[4].
Étymologie
L'origine étymologique du nom de la tribu est assez obscure. D'aucuns comme Auguste Mouliéras suggère qu'il s'agirait de la contraction entre les termes berbères thimsi (feu) et aman (eau)[5].
Selon l'historien Ahmed Tahiri dans son ouvrage Rif Al Magrib y Al-Andalus,[6] Temsamane aurait une tout autre signification, le terme dériverait de messaman qui signifie l'endroit qui touche et qui borde l'eau.
Société et culture
La société de Temsamane se distingue par une organisation structurée, une vie religieuse intense et un mode de vie profondément lié à la richesse naturelle de son territoire. La population est traditionnellement décrite comme laborieuse et paisible[5].
Organisation sociale et démographie
Sur le plan démographique et militaire, la tribu est historiquement puissante : chacune de ces fractions pouvait lever environ 4 000 fusils, ce qui représente une force totale de 20 000 hommes pour l'ensemble de la tribu[5].
Religion et éducation
Temsamane constitua un centre intellectuel et spirituel d’importance dans la région du Rif. La stabilité sociale et la sécurité qui y régnaient favorisèrent l’installation et la circulation d’étrangers et d’étudiants, attirés par les activités commerciales et les institutions d’enseignement locales, comme le souligne Mouliéras[5]. Le territoire se caractérisait par la densité de ses zaouïas, au sein desquelles étaient dispensés l’enseignement du Coran et des sciences religieuses islamiques. Les confréries soufies y occupaient une place structurante, notamment celles de Sidi Ah'med ben Aïssa, de Sidi Ah'med ben Nacer ainsi que la confrérie Derk'aoua. Leurs membres, désignés sous le nom d’Akhouan, formaient un réseau religieux largement implanté à l’échelle tribale[5].
Mode de vie et coutumes
Le quotidien des habitants fut également historiquement centré sur le travail de la terre et l'adaptation aux conditions géographiques du territoire[5].

Les pratiques vestimentaires étaient adaptées au cycle saisonnier, ainsi la laine était privilégiée en hiver, tandis que le haïk, plus léger, était porté en été. Les hommes portaient généralement une djellaba noire. Le costume ainsi que l’armement présentaient de fortes similitudes avec ceux de la tribu voisine des Beni-Ouriaghel. En matière d’armement, si les fusils à répétition d’origine espagnole se diffusaient progressivement, le fusil traditionnel de type moukh’ala tar’zouthienne restait largement en usage au XIXè siècle[5].
En raison de leur implantation littorale, les Temsamane développaient une familiarité importante avec le milieu maritime et étaient réputés pour leurs aptitudes à la nage. Dès l’enfance, entre 10 et 15 ans, les jeunes s’exerçaient régulièrement en mer, été comme hiver. À l’âge adulte, une partie d’entre eux se spécialisait dans la pêche, assurant la commercialisation de leurs prises aussi bien sur le littoral que dans l’arrière-pays[5].
Économie et solidarité
Le système économique de Temsamane reposait sur une agriculture intensive et une gestion collective de l’abondance favorisant l’entraide matérielle. Les plaines étaient exploitées de manière rigoureuse, sans laisser d’espaces en friche, grâce à un réseau de canaux et de rigoles destinés à l’irrigation. Cette organisation permettait une production importante d’orge, de fèves, de lentilles, de maïs et de divers légumes. Les vergers assuraient également une production fruitière variée, comprenant notamment des figues, des amandes, des grenades, des abricots et des pêches. La prospérité agricole était telle, disait Mouliéras, que certaines denrées, en particulier les figues de Barbarie et les légumes, étaient produites en excédent. Plutôt que d’être systématiquement écoulés sur les marchés, ces surplus faisaient l’objet d’une redistribution directe au sein de la communauté, sous forme de dons aux personnes en situation de besoin, traduisant l’existence d’une culture de solidarité structurante dans la gestion des ressources[5].
Histoire
Émirat de Nekor (710 – 1019)
Fondation de l'émirat
Selon les sources médiévales, la fondation de l’Émirat de Nekor est attribuée à Ṣāliḥ ibn Manṣūr , surnommé al-ʿAbd aṣ-Ṣāliḥ (« le bon serviteur »), dont l'origine est débattu entre Himyarite (Yeménite) et berbère Nefza selon Al-Yaqubi dans son livre Kitab Al-Buldan. Arrivé au Maghreb lors des premières conquêtes islamiques sous le règne du calife omeyyade Al-Walid ibn Abd al-Malik (705-715), il s’établit dans la région de Temsaman, au port situé à une vingtaine de milles de la future ville de Nekor[7],[8].
Il entreprit l’islamisation des tribus berbères locales. Après une première conversion, celles-ci se révoltèrent et l’expulsèrent, avant de revenir à l’islam et de le rappeler. Cet épisode marque les débuts de l’organisation politique qui donnera naissance à l’émirat, dont Nekor devint le centre[8].
Ṣāliḥ ibn Manṣūr termina sa vie dans la région de Temsaman ; il mourut et fut enterré à Agta, village situé sur le littoral[8].
Développement de l'Émirat
Après la mort de Ṣāliḥ ibn Manṣūr , son fils aîné al-Muʿtaṣim lui succéda à la tête de l’Émirat . Il est présenté comme un dirigeant pieux et respecté : il dirigeait lui-même les prières et prononçait le prêche du vendredi. Toutefois, son règne fut très bref, puisqu’il mourut quelques jours seulement après son père[9].
Son frère Idrīs lui succéda ensuite. C’est à lui que l’on attribue le tracé et le début de la fondation de la ville de Nekor au milieu du VIIIe siècle (mort en 143 H / 760-761). Cependant, il ne transféra pas la capitale dans cette nouvelle ville, qui resta inachevée ; le centre du pouvoir demeura à Temsaman, comme sous leur père. La consolidation définitive de Nekor comme capitale interviendra plus tard, sous l’émir Saʿīd Ibn Idrīs[9].
Conflits de l'Émirat
Après la mort de l’émir Saʿīd, son fils Ṣāliḥ II lui succéda à la tête de l’Émirat de Nekor. Fidèle à l’orientation politique et religieuse de ses prédécesseurs, il dut néanmoins faire face à d’importantes oppositions internes[10].
Une révolte éclata lorsque certaines tribus, notamment les Banū Waryāghal et les Igzennayen, se rallièrent à son frère Idrīs. Battu dans un premier affrontement en montagne, Ṣāliḥ parvint toutefois à reprendre l’initiative : grâce à la loyauté du gouverneur de Nekor, il réussit à faire capturer Idrīs, qu’il fit finalement exécuter après hésitation, consolidant ainsi son pouvoir[10].
Il dut également affronter la résistance de la tribu des Miknasa, qui refusa de payer l'Impôt. Par une démarche à la fois politique et symbolique, il obtint finalement leur soumission[10].
Après la mort de Ṣāliḥ II, son plus jeune fils Saʿīd ibn Ṣāliḥ prit le pouvoir à Nekor. Son accession fut immédiatement contestée par son frère ʿAbd Allāh et son oncle al-Rāḍī, qui se révoltèrent contre lui et prirent les armes. La ville fut alors le théâtre de combats violents, où les partisans de Saʿīd affrontèrent également les troupes d’esclaves Slaves (ṣaqāliba), installées dans une colline surplombant la ville. Après plusieurs jours de luttes, Saʿīd parvint à vaincre ses ennemis : il fit exécuter certains opposants, exiler d’autres et consolider son autorité sur Nekor[10].
Par la suite, il mena plusieurs campagnes pour étendre l’influence de son émirat. Il conquit des tribus voisines, soumit leurs habitants et prit le contrôle de leurs terres. Ces campagnes lui permirent de renforcer l’assise de l’émirat dans les régions nord et sud autour de Nekor[10].
Première expédition Fatimide à Nekor
En 917, le calife fatimide Ubayd Allah al-Mahdi envoya son général Messala ibn Habbous, gouverneur de Tahert, attaquer l’émirat de Nekor, dirigé alors par Saʿīd ibn Ṣāliḥ . Après plusieurs jours de combats, Saʿīd trouva la mort et Nekor fut pillée ; ses habitants furent capturés et les enfants de Saʿīd se réfugièrent en al-Andalus, accueillie par Abd al-Rahman III[8].
Quelques mois plus tard, ses enfants se décidèrent de revenir à Nekor. Le plus jeune, Salih ibn Saïd, arrivé le premier à Temsamane, fut proclamé chef par les tribus berbères sous le surnom d’« al-Yatîm » (« l’Orphelin »). Salih ibn Saïd accompagnés des tribus locales décidèrent donc de marcher contre le gouverneur de Nekor mis en place par les Fatimides, ils le firent prisonniers ainsi que ses partisans et les mirent tous en croix sur les deux bords de la ville de Nekor. Ainsi, l'Emirat de Nekor des Banu Salih fut restauré[8].
Seconde expédition Fatimide à Nekor
En 935 a lieu la seconde expédition Fatimide sur Nekor. Abou Al-Kacem, souverain de l’Ifrîkiya, envoya Sandal, son serviteur, pour soumettre la ville de Nekor. Sandal marcha sur Le Chateau d'Egri , où Ismail, alors gouverneur de l'Emirat à ce moment , s’était retranché. Après huit jours de combats, il prit la forteresse : Ismail et la plupart de ses partisans furent tués, et un gouverneur fatimide, Mermazou, fut installé[8].
Dans la même année, les tribus locales choisirent comme chef Mouça ibn Roumi, surnommé Ibn Roumi, un membre de la famille des Salihide installés dans le mont Abu l-Hassan à Temsaman. Sous sa direction, ils attaquèrent et firent exécuter Mermazou ainsi que tous ses hommes, éliminant ainsi la présence fatimide dans la ville. La tête de Mermazou fut envoyée à l’émir des croyants, Abd er-Rahman III, comme signe de défi et de réaffirmation de l’autorité locale[8].
Fin des Salihides à Nekor
Suite à la reprise de Nekor par Mouça ibn Roumi, la dynastie salihide continua de gouverner la ville à travers ses différentes branches. Cependant, en 1019, les Azdadja vainquirent les Djorthemides ( branche des Salihides) et les contraignirent à se réfugier à Malaga. Bien que les Beni Djorthem revinrent temporairement à Nekor après le retrait des Azdadja vers la région d’Oran, ils furent finalement expulsés par Yala, fils d’El-Fotouh l’Azdadjien. À partir de 1067-1068, Nekor passa définitivement sous l’autorité des descendants de Yala jusque l'arrivée des Almoravides dans la région , marquant la disparition effective du pouvoir Salihide dans la région[8].
Période Almohade
À l’époque des Almohades, la tribu des Battuya, auxquels les Temsaman appartenaient , jouèrent un rôle stratégique déterminant dans le Rif. La tribu fut l’un des soutiens essentiels de la prédication Almohade dès 1144, soit avant même la chute des Almoravides à Marrakech[11].
Après le ralliement des Ghomara, ʿAbd al-Muʾmin se rendit dans le Rif chez les Battuya, qui servirent de base d’appui militaire et politique. Grâce à ce soutien, le mouvement almohade consolida sa force dans le Nord et put lancer l’offensive décisive contre Marrakech en 1147[11].
Le Jaych Riffi et l'influence des Temsaman (XVIIe siècle)
Le Jaych Riffi (jaish r-rifi), ou « armée rifaine », désigne un corps d'élite formé sous les premiers sultans alaouites. Cette armée, composée de guerriers issus principalement de la tribu Temsaman, mais aussi des Aith Waryaghar, des Ait Said, des Ait Oulichek , des Iqer'iyen et d'autres tribus rifaines a joué un rôle décisif dans la reconquête des villes côtières occupés par les puissances européennes[12],[13].
Le commandement du Jaych Riffi est resté une prérogative de la famille des Awlad Hamama, originaire de Temsaman. À la mort d'Amar ben Haddou en 1681, son frère Ahmed ben Haddou lui succède. D'autres membres de la lignée, comme leur neveu Ali ben Abdallah Er-Rifi, ont également occupé des postes de commandement majeurs, notamment après la prise de Tanger[13],[12].
Campagnes militaires et tactiques de siège
Le Jaych Riffi, sous la direction de ces chefs issus de Temsaman, fut l'instrument principal de la reconquête des cités côtières occupées par les puissances européennes sous le règne de Mulay Isma'il[12],[13]. En 1681, 'Amar b. Haddu mena les troupes rifaines lors de la reconquête de la ville de Mehdia occupée par les Portugais. Le Jaych Riffi sous le commandement de Ali Ben Abdellah Er-Rifi mit le siège devant Tanger (alors sous contrôle britannique) dès 1678. En 1684, après l'évacuation des troupes britanniques, l'armée rifaine prit possession de la ville. En 1689, Ahmed b. Haddu s'empara de Larache, suivie d'Assilah en 1690.
Impact démographique et héritage
La victoire du Jaych Riffi a durablement transformé le nord du Maroc. Après le départ des Anglais, la ville de Tanger a été repeuplée par les familles des combattants rifains. Cette influence a été si forte que le parler rifain était encore utilisé dans certains quartiers de Tanger jusqu'au début du XXe siècle[13]. Plusieurs grandes familles tangéroises descendent ainsi directement des chefs de Temsaman du Jaych Riffi, parmi lesquels les Ulad ben 'Abbu (descendants d'Amar ben Haddou) et les Ulad 'Abd s-Sadaq (descendants d'Ali ben Abdallah)[13]. Les villes de Larache et Assilah ont analogiquement connu un repeuplement par des contingents rifains suite à leur libération, consolidant l'influence de la tribu Temsaman et de ses alliés sur le littoral[13].
Guerre de Melilla
Les Temsaman furent parmi les tribus présentes au côté de Sidi Mohamed Ameziane, résistant de la tribu des Iqer'iyen, de 1909 à 1912. En effet les Temsaman sont mentionnés comme combattants à ses côtés[14].
Sidi Mohamed Améziane est considéré comme la première grande figure de la résistance rifaine au début du XXe siècle. Dès , il s’oppose frontalement à la progression des troupes espagnoles dans la région du Rif oriental. Sous son commandement, les tribus locales, dont les Temsaman, mènent plus d’une centaine de combats contre l’armée espagnole[15].
La tribu de Temsaman dans la guerre du Rif (1921-1926)
La tribu de Temsaman a constitué l'un des piliers stratégiques et militaires de la résistance rifaine dirigée par Mohammed ben Abd el-Krim el-Khattabi. Son territoire a servi de base arrière et de théâtre d'opérations majeur, tandis que ses guerriers ont formé l'un des contingents les plus importants de l'armée rifaine.
Ralliement et légitimité
Dès l'été 1921, les Temsaman rejoignent la coalition initiale formée par Abd el-Krim, aux côtés des Aith Ouriaghel, des Ait Touzin , des Ait Ammart, des Ibeqoyen etc[16]. Leur adhésion définitive au mouvement présente une particularité diplomatique. Contrairement à la coutume, Abd el-Krim n'a pas obtenu leur soutien par le rituel de l'« 'ar » (le sacrifice d'un taureau), mais par le prestige de la victoire de Dhar Ubarran[17].
Le territoire de Temsaman comme épicentre des opérations
La position géographique de la tribu a placé son territoire au cœur des affrontements décisifs de l'année 1921.
La bataille de Dhar Ubarran fût la première bataille de la guerre du Rif opposant les Rifains et les Espagnols. Elle se solda en une première victoire rifaine.
Le , Abd el-Krim occupe une position dominant le poste espagnol d'Ighriben et mène son siège, situé dans l'est du territoire de Temsaman (territoire du clan r-Rba' r-Fuqani). La chute de ce poste le , sous l'assaut des forces combinées des Aith Waryaghar et des Temsaman, brisa le moral espagnol et précipita le désastre d'Anoual[17].
En pays Temsaman, le front de Tizi 'Azza a été le lieu d'une résistance acharnée où les femmes même de la tribu participèrent aux combats en jetant des pierres[17].
Organisation militaire et commandement
Les combattants de Temsaman étaient renommés pour leur intelligence tactique (shrewd).Au plus fort de la guerre, à l'été 1925, la tribu de Temsaman fournissait un contingent de 6 000 hommes aux levées tribales (harkas). Il s'agissait de la tribu fournissant le deuxième contingent le plus massif de toute l'armée rifaine, surpassé uniquement par celui des Aith Waryaghar[18].
Plusieurs membres de la tribu ont occupé des postes de commandement stratégiques dans le gouvernement de guerre de la République du Rif, parmi lesquels Sh'aib el Yacoubi, commandait l'intégralité du front oriental[19] et Sh'aib n-Muh, commandant de la zone frontalière entre les protectorats français et espagnol, au nord de la rivière Wergha[19].
Mémoire et aspects socioculturels
L'engagement de la tribu est immortalisé dans les izran (chants traditionnels rifains), qui relatent la ferveur des combattants. Les chants célèbrent par exemple les femmes du clan des Aith 'Azza chez les Temsaman, devenues mujahidin, qui escaladaient les ravins sous le feu pour apporter nourriture et eau aux hommes[17].
Bien que dispensés par le contexte de combat, les guerriers de Temsaman tenaient à observer strictement le jeûne du Ramadan durant les batailles, notamment lors de l'épisode de Dhar Ubarran[17].
Personnalités publiques
- Anissa Temsamani, femme politique belge d'origine marocaine, née à Tanger.
- Driss Temsamani, banquier américain d'origine marocaine, né à Tanger.
- Mo Temsamani, chanteur néerlandais d'expression amazigh né Eindhoven (Pays-Bas).
- Abdelhamid Temsamani Chebagouda, écrivain né le au Maroc.
- Mohamed Ben Larbi Temsamani, musicien et chef d'orchestre marocain né à Tanger en 1920 et mort à Tétouan le
- Hassan El-Fakiri, ancien footballeur international norvégien d'origine marocaine né Temsamane
- Ahmed Ammi, ancien footballeur marocain, né à Temsamane au Maroc.
- Khalid Boudou, écrivain né à Temsamane au Maroc.
- Mohamed Touchassie, kickboxeur néerlando-marocain, originaire de Temsamane.
Galerie photos
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Figuier dans le paysage Rifain -
"Athmone"/paille à Temsamane
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Olivier aux bords de la mer Méditerranée -
Aperçu de plage, Temsamane -
Montagne du Rif accidentées
Notes et références
- ↑ Mohammed Azeddine Refass, « Historical Migration Patterns in the Eastern Rif Mountains », Mountain Research and Development, vol. 12, no 4, , p. 383–388 (ISSN 0276-4741, DOI 10.2307/3673689, lire en ligne, consulté le )
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